Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

23 novembre 2017

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7 février 2014

Ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Sotchi

Des cérémonies hautes en couleur marquent l'ouverture des XXIIe Jeux olympiques d'hiver qui se déroulent à Sotchi, en Russie. C'est la première fois que ce pays accueille ces jeux depuis l'éclatement du bloc communiste, au début des années 1990.

Moscou avait été l'hôte des Jeux olympiques d'été de 1980. Il faut toutefois attendre 2007 avant de voir une ville russe obtenir la présentation des Jeux d'hiver, soit ceux de 2014. Lors du vote, Sotchi, une ville balnéaire bordant la mer Noire, devance de justesse Pyongyang, en Corée de Sud. Le budget initial, fixé à 12 milliards de dollars américains, est rapidement dépassé. Selon les analystes, le coût de l'ensemble des nouvelles installations, combiné aux infrastructures permanentes mises sur pied pour l'occasion, atteindrait 50 milliards de dollars, un record. Les années qui précèdent cette grande compétition sont également marquées par quelques controverses. Des rumeurs de corruption, des dommages environnementaux à la région hôtesse ainsi que le déplacement de familles habitant sur l'emplacement des nouvelles constructions suscitent du mécontentement. Sur la scène internationale, la situation des libertés individuelles en Russie, notamment des gais et lesbiennes qui sont visés par une loi adoptée en 2013, cause des préoccupations et même des appels au boycottage. À la suite d'attentats-suicides faisant des dizaines de morts à Volgograd à la mi-décembre 2013, la sécurité des 2 873 athlètes et des visiteurs est également un enjeu. Un impressionnant dispositif est mis en place. La cérémonie d'ouverture, qui a lieu le 7 février 2014 en présence du président Vladimir Poutine, s'avère un succès. Il en va de même de la présentation des jeux qui, dans l'ensemble, se déroulent sans anicroche. Les Russes arrivent en tête au classement des médailles - 13 d'or, 11 d'argent et 9 de bronze - alors qu'un des objectifs du président Poutine, présenter au monde un visage de la Russie moderne, est atteint puisque des centaines de millions de téléspectateurs ont pu suivre les compétitions et les cérémonies.

Pour en savoir plus: Discours du président du CIO lors de l'ouverture des Jeux de Sotchi

Dans les médias...


Vladimir Milov, « Vladimir Poutine ne gagnera pas l'or olympique »

«...Gaspiller les abondants revenus générés par le gaz et le pétrole dans des « projets Potemkine » entachés d'une omniprésente corruption, au lieu d'alléger le poids des impôts sur l'économie ou de dépenser de l'argent pour la santé, l'éducation ou les transports, est devenu la marque de l'ère Poutine. Ainsi, les Jeux de Sotchi ont déjà acquis la réputation d'être sans doute les plus corrompus de l'histoire. Et cela ne s'arrêtera pas avec les Jeux: la Russie accueillera en 2018 la Coupe du monde de football, et de nombreux sommets internationaux fourniront d'excellents prétextes pour se livrer à de nouveaux gaspillages. Tout cela dans le contexte d'une économie qui s'enfonce dans la stagnation. Mais est-ce au fond si négatif pour M. Poutine? Pas nécessairement. Comme l'a montré l'élection présidentielle de 2012, il lui reste deux moyens efficaces de continuer à se présenter comme « la seule solution d'avenir » sur la scène politique russe: l'exploitation des peurs de la société russe à l'égard des conséquences des changements radicaux et l'appel au soutien des régions russes contre l'intelligentsia moscovite, perçue comme déconnectée des réalités en raison de son programme, bien trop radical pour le citoyen russe ordinaire. Jusqu'à présent, cette tactique a aidé Poutine à survivre. »

Le Temps (Suisse), 21 février 2014.

Philippe Gélie, « La médaille de l'hypocrisie »

«...Les « Jeux de Poutine » n'échappent pas à la polémique. Le président russe s'y est tellement investi que certains Occidentaux ont la tentation d'organiser, en marge des épreuves, un référendum planétaire sur son bilan. Dans leur viseur : le coût pharaonique du chantier olympique, les soupçons de corruption et, surtout, les infractions aux droits de l'homme. Il est clair que les lois dirigées contre l'opposition, les homosexuels, les médias et les ONG sont loin de l'idéal démocratique. Mais apparemment, ce n'est pas assez grave, aux yeux des gardiens de la morale, pour appeler au boycottage de Sotchi. Cela mérite tout juste quelques provocations qui donneront bonne conscience à leurs auteurs, sans émouvoir Vladimir Poutine. Les « symboles » de la cause homosexuelle choisis par Barack Obama, David Cameron ou le gouvernement norvégien pour les représenter à Sotchi ont permis d'apaiser leurs électorats tout en infligeant une « vexation » publique mineure au maître du Kremlin. Qui est dupe de cette hypocrisie, venant d'une communauté internationale qui se bouscule auprès des Russes pour le commerce ou la diplomatie ? Pas Poutine, en tout cas, qui a retourné la démonstration : de la cérémonie d'ouverture, hier, il a fait une exaltation de la Russie éternelle et un forum diplomatique anti-occidental. Tout pays organisateur des Jeux s'expose tel qu'il est, dans ses contradictions. Ainsi de la Russie actuelle...»

Le Figaro (France), 8 février 2014, p. 1.

Jean-Paul Marthoz, « L'hyper-politisation du sport par les États »

«...À court terme, ces événements mondiaux peuvent sans doute provoquer une certaine décrispation. La Russie aurait-elle libéré Khodorskovsky et les Pussy Riot s'il n'y avait pas eu la proximité de Sotchi? On peut en douter. Mais ces mesures circonstancielles ne changent en rien la «verticale du pouvoir» à Moscou. Vladimir Poutine a, dans le même temps, renforcé son emprise sur la presse. Dodj, l'une des dernières chaînes de télévision critiques, a été brutalement expulsée de la plupart des écrans, dénonce RSF et, selon un récent rapport du Comité de protection des journalistes (CPJ, New York), les pressions se sont multipliées sur les journalistes et les activistes qui chantent faux l'hymne de Sotchi. En fait, les méga-événements sportifs ont généralement confirmé voire renforcé l'autoritarisme des pays qui les ont accueillis. (...) Face à cette hyper-politisation du sport par les États, Amnesty International ou Human Rights Watch ne font que réagir. Avec des moyens dérisoires. En s'abstenant d'ailleurs le plus souvent d'appeler au boycott afin de ne pas pénaliser les athlètes et les spectateurs. En sachant qu'une partie majoritaire du public hausse les épaules, s'agace ou se bouche les oreilles. En se disant qu'en fin de compte, ce n'est pas le sport qui est en cause, mais une certaine nature humaine, avec sa soif de pouvoir, ses crispations identitaires, ses instincts grégaires ou son déni des questions qui dérangent...»

Le Soir (Belgique), 7 février 2014, p. 23.

Alexandre Minkine, « Les caprices de Poutine »

«...Poutine a voulu vérifier si la Russie était prête à lui passer tous ses caprices. Manifestement, la réponse est oui. Ensuite, il a eu envie de vérifier si le monde était prêt à lui passer tous ses caprices (par exemple, l'organisation de JO d'hiver dans une zone subtropicale). Manifestement, oui. Et comment le peuple russe voit-il les JO de Sotchi? Impossible de répondre. La notion de « peuple » n'a rien à voir ici. Notre unité vient du fait que nous parlons russe. Mais l'unité face aux Jeux n'existe pas. Au contraire, la fracture de la société devient de plus en plus profonde et impitoyable. Nombreux sont ceux qui y sont indifférents. Nombreux sont ceux qui se réjouissent sincèrement de la beauté de la cérémonie d'ouverture et des succès des sportifs. Nombreux sont ceux qui ne peuvent surmonter leur aversion pour ces Jeux que toutes ces années d'incroyable pillage ont suscitée. Lesquels sont les plus nombreux? Nous ne le savons pas et nous ne le saurons jamais. Ces Jeux sont les plus onéreux de tous les temps. On pourrait s'en glorifier si ces 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros) avaient été dépensés pour les routes, les stades, les tremplins de saut. Mais, si sur cette somme, 30 milliards ont été détournés, de quoi pourrait-on être fier? »

Le Monde (France), 19 février 2014, p. 15.

Cole Moreton, « So was it worth it ? »

«...The Games gave him (Poutine) the perfect opportunity to state his case by standing up to those who protested about Russia's treatment of gay people, which is often brutal. Beatings and murders are often ignored by the police. Last year a law was passed banning the passing on of information about homosexuality to anyone under the age of 18. Mr Putin refers to it as « a ban on the propaganda of homosexuality and paedophilia » and routinely conflates the two. Gay workers and athletes would still be welcome in Sochi, the president insisted. (...) The Olympic movement likes to consider itself bigger than politics. However, in this case, there is every reason to believe that the President of the Russian Federation will believe the Games have furthered his political aims nicely. They have been secure, spectacular and a perfect platform on which to strike a pose as a strong man defending his own particular version of traditional Russian values. Russia has hosted an Olympic event for the first time since the heady days of 1980, and even more successfully. And if his mates have made a few bob along the way, why should he worry? »

Sunday Telegraph (Royaume-Uni), 23 février 2014, p. 21.

Gouvernance et gouvernement [ 7 février 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéVladimir PoutineDmitry Medvedev

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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décembre
2011
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2012
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mars
2012
[Résultats] Élection présidentielle

février
2014
Ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie

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Tenue d'un référendum en Crimée

juillet
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Écrasement d'un avion de la Malaysia Airline au-dessus du territoire ukrainien

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Attentat contre un avion de la compagnie russe Metrojet

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septembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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