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22 mai 2014

Début des élections législatives au Parlement européen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jean-Paul Juncker

Le Parti populaire européen (PPE), de centre droit, arrive en tête aux élections législatives européennes avec 28,5% des voix et 214 des 751 sièges en jeu. Il s'agit toutefois d'un recul par rapport à 2009 qui s'explique en partie par le succès des formations contestant le fonctionnement, voire même l'existence, de l'Union européenne (UE).

Depuis les dernières législatives européennes, en 2009, les répercussions de la crise économique ont miné le climat politique en Europe. La crise de l'euro et le marasme prolongé, notamment en Grèce et en Espagne, ont entraîné une grogne croissante à l'endroit des politiques d'austérité et des institutions européennes. Des partis critiques de l'UE, tant de droite que de gauche, connaissent du succès aux élections nationales. Les législatives européennes se déroulant du 22 au 25 mai 2014 donnent un autre aperçu de leur progression. Deux formations favorables à l'UE, le PPE et le Parti socialiste européen (PSE), arrivent en tête avec respectivement 214 et 188 élus sur les 751 du Parlement européen. Pour le PPE, il s'agit cependant d'une chute de 51 sièges. L'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe (ALDE), des centristes, est aussi en recul avec 64 sièges, soit 20 de moins qu'en 2009. Il en va de même pour les Verts qui gagnent 52 sièges, contre 55 en 2009. Les gains se font surtout du côté des formations eurosceptiques, ou très critiques envers l'UE, qui auraient obtenu environ le quart des sièges. L'arrivée en tête du Front national (FN) en France, avec 25% des voix, et celle du United Kingdom Independence Party (UKIP), avec 27,5%, constitue une première. D'autres formations eurosceptiques font également de bons scores, entre autres au Danemark, en Autriche, en Pologne et en Italie. En Grèce, Syriza, un parti de gauche radicale, domine avec 26,6% des votes. Même si le courant eurosceptique reste minoritaire, les analystes s'interrogent sur son impact au Parlement européen. Un autre point d'intérêt est le nouveau mode de désignation du président de la Commission européenne, élu par les parlementaires en tenant compte des résultats du scrutin. Candidat du PPE, l'ex-premier ministre du Luxembourg, Jean-Paul Juncker, sera désigné à ce poste le 27 juin 2014. Il l'occupera à partir de novembre.

Dans les médias...


S.A., « Union européenne : l'urgence de réformes radicales »

«...Sur le fond, deux questions doivent recevoir toute l'attention des prochains responsables des institutions européennes : la conduite de l'économie et la maîtrise de l'immigration. Ces deux thèmes expliquent le résultat de l'élection de dimanche. Tant que l'on rêvera d'une « réorientation » sans avoir assaini les comptes d'un État-providence en faillite et fait les réformes pour ramener une croissance créatrice d'emplois, tant que l'on n'aura pas repris le contrôle de l'immigration, le vote « populiste » , ou plutôt anti-européen, aura de beaux jours devant lui. Alors que la crise ukrainienne réclame des décisions fortes en matière d'énergie et de défense, les tractations pour les postes à pourvoir vont maintenant occuper les esprits pendant des semaines. Il serait bon que le choix se fasse dans la transparence et le plus rapidement possible pour éviter de donner le spectacle des habituels marchandages dans le dos des électeurs. Alors que le vide s'installe à l'Élysée pour encore trois ans, l'Europe affaiblie est à la croisée des chemins. La formation de la nouvelle Commission et les autres nominations à la tête de l'Union européenne doivent faire la preuve que les choses peuvent changer. L'occasion ne se représentera pas de sitôt. »

Le Figaro (France), 29 mai 2014, p. 17.

Bernard Guetta, « Le paysage après la bataille »

«...Séisme, il y a mais son intensité n'est vraiment forte que parce qu'il commence à faire voir à quel point la faillite soviétique a bouleversé les échiquiers politiques en Europe. Les droites ne sont plus cimentées par la peur du communisme. Les gauches ne sont plus définies par le rejet du capitalisme. Avec des exceptions confirmant la règle, l'acceptation de l'économie de marché est devenue générale et les différences politiques entre droites et gauches ne sont donc plus ce qu'elles furent. Y compris au sein de ces deux forces, elles tiennent maintenant à des degrés divers de régulation et de redistribution à imposer au capital, de prise en compte des dangers environnementaux, d'adaptation de la loi à l'évolution des moeurs et de mise en commun des souverainetés nationales. Ce ne sont pas de petites différences. Elles sont, bien au contraire, fondamentales et dessinent en pointillés de nouvelles frontières politiques qui se cherchent encore. »

Libération (France), 28 mai 2014, p. 25.

Dominique Quinio, « Si rien ne change...»

«...les résultats du vote devraient alerter, bousculer ces dirigeants: l'abstention reste très importante et elle frappe notamment les jeunes générations. Les partis traditionnels sont fragilisés et devront s'allier pour construire des majorités. La France, l'un des pays fondateurs de l'Europe, se trouve considérablement affaiblie au sein de ces deux groupes. Quant aux eurosceptiques-europhobes, outre qu'ils contestent la politique économique et monétaire de l'Union, ils ont pour point commun un rejet des étrangers, une dénonciation de l'immigration qui dépasse sans doute les frontières de leurs partis. Dans ces deux domaines clés, courage et lucidité sont nécessaires, et fidélité aux valeurs de solidarité qui sous-tendent le projet européen. Que choisiront les dirigeants des États membres? De « gérer » les résultats de l'élection, en se perdant en tractations autour de la désignation du nouveau président de la Commission? Ou prendront-ils le signal du 25 mai au sérieux, pour donner un souffle nouveau à l'idée d'Europe, pour répondre aux inquiétudes sans simplisme ni démagogie, pour donner un cap et les moyens de l'atteindre. Ce qui vaut pour les dirigeants européens vaut - ô combien - pour la classe politique française, car la double semonce de l'abstention et du vote Front national s'adresse à tous. Les responsables ne peuvent se contenter de règlements de comptes entre leaders et courants et de se renvoyer la responsabilité des échecs et des affaires. Il leur faut retrouver de la crédibilité, dans l'action menée mais également dans la manière d'être. La politique autrement, c'est aussi maintenant. »

La Croix (France), 27 mai 2014, p. 1.

Jocelyn Coulon, « Vive l'Europe ! »

«...Si les partis pro-européens, environ 70% des voix, ont obtenu mauvaise presse, c'est bien en raison de leur fragmentation. De gauche à droite, les listes sont nombreuses et éparpillent les votes pro-européens, donnant l'impression que les anti triomphent. Les pro-européens ont donc gagné l'élection, et il est bon de le rappeler. Chez les europhobes, on a dit qu'ils étaient contre l'Europe au point de s'en détacher. C'est vrai et faux. Ainsi, l'UKIP (UK Independence Party) britannique prône ouvertement le retrait de la Grande-Bretagne. En Grèce, cependant, l'extrême gauche anti-européenne, qui a obtenu 30% des voix, veut, elle, une «autre Europe», ce qui n'est pas la même chose. Ces distinctions faites, et elles sont importantes, les électeurs ont envoyé deux messages. Le premier, en direction de leur gouvernement national: c'est souvent celui-ci et ses politiques migratoires, économiques et sociales - en France, en Grèce, en Grande-Bretagne - qui ont été sanctionnés lors du scrutin, pas l'Europe. Le deuxième, en direction des politiciens et des eurocrates: rendez l'Europe plus transparente, plus lisible, plus proche des réalités quotidiennes. »

La Presse (Québec, Canada), 28 mai 2014, p. A22.

Ian Traynor, « What next for Europe's battered post-election political leaders ? »

«...The establishment response is likely to be a Berlin-style, grand coalition of mainstream Christian and social democrats blithely ignoring the upstarts and pushing through their « more Europe » agenda. The problem here is that the two big blocs make up a mere 53% of the new chamber, down from 61%, highlighting the erosion of centrist political appeal and the domination of politics by the centre-right and the centre-left. At the last election in 2009, the two big Spanish parties took 80% between them. On Sunday that collapsed to just under 50%. The other problem with grand coalitions is that when it comes to countering demagoguery and populism, they commonly become part of the problem rather than the solution. Deals and policies are stitched up behind the scenes, rubber-stamped by safe parliamentary majorities, leaving the only opposition to the anti-elitist movements hammering on the closed doors. The weekend elections supplied what used to be called a Kodak moment, freezing a picture of European politics and exposing how what started as a banking disaster five years ago, then developed into a financial, debt, and currency emergency, has come home to roost as a political crisis, testing the competence of and confidence in European leadership. »

The Guardian (Royaume-Uni), 27 mai 2014.

Gouvernance et gouvernement [ 22 mai 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéFrançois HollandeManuel Valls

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIDavid Cameron

Allemagne
ÉlevéJoachim GauckAngela Merkel

Italie
ÉlevéGiorgio NapolitanoMatteo Renzi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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mai
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Arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York

avril
2012
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2012
Élection de François Hollande à la présidence de la République française

juin
2012
Élection d'une majorité de gauche aux législatives en France

juin
2012
[Résultats] Élections législatives

mai
2014
Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


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