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5 avril 2014

Élection présidentielle en Afghanistan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ashraf Ghani

Huit candidats sont sur les rangs lors du premier tour de l'élection présidentielle qui se déroule le 5 avril 2014 en Afghanistan. Deux anciens ministres, Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, sont les favoris pour succéder à Hamid Karzaï qui ne peut se présenter de nouveau après avoir effectué deux mandats d'une durée de 5 ans.

Le règne de Hamid Karzaï, qui s'étale sur deux mandats (2004-2014), est marqué du sceau de la controverse. Fraude électorale, corruption ainsi que la pauvreté et l'insécurité persistante des Afghans figurent au passif du président sortant, maintenant âgé de 56 ans. Une dizaine de candidats sont sur les rangs pour lui succéder, mais seulement huit sont encore en lice lors du premier tour de l'élection présidentielle, le 5 avril 2014. Du nombre, deux favoris se dégagent. Il s'agit, d'une part, de l'ex-ministre des Affaires étrangères (2001-2005) Abdullah Abdullah, sous la bannière de la Coalition nationale de l'Afghanistan. Son principal adversaire est Ashraf Ghani, un spécialiste des questions économiques de renommée internationale qui a été ministre des Finances de 2002 à 2004. Des débats opposent les principaux candidats. Parmi les sujets discutés, on aborde la question de la corruption, mais aussi celle de l'approche à développer face aux talibans, particulièrement à la lumière du désengagement des troupes de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord. Le 5 avril, Abdullah et Ghani arrivent facilement en tête avec respectivement 45 % et 31,6 % des voix. Zalmai Rassoul, un autre indépendant, termine au troisième rang avec 11,4%. Au deuxième tour, le 14 juin, Ghani renverse toutefois la vapeur et obtient la victoire avec 56,4 %. Abdullah refuse de reconnaître cette victoire, prétendant que des irrégularités ont entaché le scrutin. Des observateurs redoutent une possible instabilité politique à cause de cette controverse, mais la plupart ne croit pas qu'elle entraînera un conflit. En 2014, l'Afghanistan demeure un des pays les plus pauvres au monde, se classant parmi les derniers en ce qui a trait à l'Indice de développement humain.

Pour en savoir plus: Discours inaugural du nouveau président de l'Afghanistan

Dans les médias...


Philippe Regnier, « Quel président afghan face aux talibans ? »

«...Le scénario du pire, qui menace en Irak avec les cinglants succès militaires des insurgés de l'État islamique en Irak et au Levant, est-il appelé à se répéter sous peu en Afghanistan ? La question hante certainement Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani, les candidats à l'élection présidentielle dans ce pays. Les deux hommes s'affrontent ce samedi pour un second tour, sous la menace de l'« offensive de printemps » promise par les talibans contre «les envahisseurs étrangers et ceux qui les soutiennent » - le pouvoir à Kaboul. Ces fondamentalistes armés s'étaient emparés de Kaboul en 1996 pour instaurer l'Émirat islamique, avant d'être chassés du pouvoir par une armada américano-britannique à la fin 2001. Le talibans vont-ils prendre à leur tour leur revanche ? La question taraude les Afghans mais aussi les pays membres de l'Otan qui, appuyés par une vingtaine d'alliés, s'apprêtent à mettre un terme en décembre à leur mission de combat engagée depuis plus d'une décennie en Afghanistan. Un retour des insurgés aux affaires constituerait évidemment un revers majeur pour la «communauté internationale ». »

Le Soir (Belgique), 13 juin 2014, p. 13.

Emmanuel Derville, « L'Afghanistan aux urnes avant le retrait de l'Otan »

«...Reste que pas plus Abdullah Abdullah qu'Ashraf Ghani n'ont exposé de mesures claires pour relever les défis du futur chef de l'exécutif. Une des principales attentes des électeurs porte sur l'économie. Le retrait de l'Otan s'achève à la fin de l'année et beaucoup d'Afghans craignent la récession. Après 2001, l'aide internationale et les dépenses de sécurité avaient soutenu la création d'emplois et créé une vaste bulle immobilière, en particulier à Kaboul. Que se passera-t-il en 2015 ? Le prochain président devra trouver des relais de croissance pour maintenir l'économie à flot. Dans un rapport paru à l'automne 2013, la Banque mondiale recommandait de concentrer les investissements et les réformes sur les secteurs de l'agriculture et des matières premières. Le pays possède d'importantes réserves de cuivre, de plomb, de lithium, sans oublier six bassins pétroliers et gaziers. Mais faute d'une législation adaptée, les mines restent sous-exploitées. Difficile également d'attirer les investisseurs tant que l'insécurité demeure. L'insurrection talibane sera le second défi du prochain président. Une réconciliation paraît difficile. Les insurgés ne reconnaissent ni cette « élection fantoche » , ni la légitimité des candidats. Aujourd'hui, ils feront tout pour dissuader la population d'aller voter. »

Le Figaro (France), 14 juin 2014, p. 9.

Agnès Gruda, « L'élection de tous les dangers »

«...quand on enlève ses lunettes roses, le vote d'aujourd'hui se tient dans un pays au bord du gouffre qui risque de basculer dans une nouvelle guerre civile dès que les troupes étrangères seront parties. Douze ans et des poussières après avoir été chassés par les troupes internationales, les talibans attendent le grand départ pour tenter de reconquérir le pays. Dans ce contexte hautement explosif, l'élection qui désignera le successeur d'Hamid Karzaï porte sur deux questions cruciales. Le prochain président signera-t-il une entente de sécurité avec l'OTAN et Washington, ce qui permettrait de garder en Afghanistan une présence militaire étrangère significative, au-delà de l'horizon de 2014? Et réussira-t-il à ouvrir un canal de dialogue avec les plus modérés parmi les insurgés talibans, de manière à les convaincre de mettre fin à leur guérilla? En cas de réponse négative à ces deux questions, l'Afghanistan fonce tout droit vers un mur. Les trois principaux candidats à la présidence acceptent tous de signer une entente de sécurité bilatérale - idée rejetée par Hamid Karzaï. Mais ça, c'est la théorie. Il faut voir ce que ça donnera concrètement à l'issue du second tour de scrutin, à la fin du mois de mai. »

La Presse (Québec, Canada), 5 avril 2014, p. A22.

S.A., « Banyan : a gesture of defiance »

«...The expectation was for another flawed election like the one in 2009. Jeremiahs predicted that a combination of fraud, intimidation and violence would produce only a tainted, illegitimate government. That would give weary donors of international aid all the excuse they needed to stop signing the cheques keeping the country afloat. The only real winners would be the Taliban. Yet in this election Afghans of all kinds rejected that account of their country. Despite the threat of Taliban reprisals (and rotten weather), over 7m Afghans, about 60% of those eligible, appear to have voted, half as many again as in 2009. Around 35% of those who cast a ballot were women. Burka-clad voters raising an ink-stained finger as they left the polling booths became a symbol of defiance. Contributing to the buzz on the day was the belief among voters that the election was genuinely open and the result no foregone conclusion. The candidates themselves campaigned on bread-and-butter and security issues and showed a commitment to the democratic process. (...) in this election ordinary Afghans have sent a message: to their own politicians that stability is more important than sectional interest; to the rest of the world that their country is worthy of continued support; and to the Taliban that its claims to represent Afghanistan are hollow. »

The Economist (Royaume-Uni), 12 avril 2014

Gouvernance et gouvernement [ 5 avril 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afghanistan
TransitionHamid Karzaiinformation non-pertinente

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2004 - 2016



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Tenue d'une élection présidentielle en Afghanistan

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2014
Élection présidentielle en Afghanistan

avril
2014
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