Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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17 juillet 2014

Écrasement d'un avion de la Malaysia Airline au-dessus du territoire ukrainien

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Vol 370 Malaysia Airlines

Après avoir été atteint par un projectile qui n'a pas été identifié, un avion de la Malaysia Airline s'écrase sur le territoire ukrainien, ne laissant aucun survivant. Russes et Ukrainiens s'attribuent mtuellement la responsabilité de cette tragédie qui survient au coeur d'une période de tensions politiques dans cette partie du monde.

Après la proclamation d'indépendance de la Crimée, en mars 2013, puis son rattachement à la Fédération de Russie, d'autres régions de l'Ukraine sont bouleversées par des affrontements entre l'armée et des nationalistes pro-russes qui rejettent le pouvoir de Kiev. On craint même que cette crise ne dégénère en conflit plus important. C'est dans ce contexte que, le 17 juillet 2014, un avion de la Malysia Airline, survolant à quelque 10 000 mètres d'altitude au-dessus de l'Ukraine, est abattu par un projectile qui n'est pas identifié. Les 283 passagers, dont la majorité vient des Pays-Bas, et les 15 membres de l'équipage perdent la vie. L'avion s'écrase à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe, dans le Donbass, une région où des combats ont lieu entre les troupes ukariniennes et les nationalistes pro-russes. Ces derniers sont rapidement pointés du doigt dans le monde occidental pour la responsabilité de cet attentat qui aurait été commis par un missile sol-air, alors que d'autres accusent les Russes eux-mêmes. Pour sa part, Moscou réagit en mettant en cause le rôle de l'armée ukrainienne dans cet écrasement qui fait la manchette autour du monde. Selon une hypothèse, lancée lors d'un bulletin d'information, cette attaque aurait même pu être une tentative ratée d'abattre l'avion transportant le président russe, Vladimir Poutine. Le fait que les débris de l'avion sont dans une région éprouvée par un contexte politique tendu, sous contrôle pro-russe, ne facilite pas le déclenchement de l'enquête. Des organismes indépendants procèdent néanmoins à la récupération d'éléments susceptibles de faire la lumière sur cette tragédie. En mars 2014, la Malaysia Airline avait été au centre d'une autre controverse alors que le vol 370, entre Kuala Lumpur et Beijing, avait complètement disparu, entraînant 239 personnes dans la mort.

Dans les médias...


Jean-Jacques Mével, « L'Europe, horrifiée par le drame du vol MH17, cherche la riposte »

«...Pour que la Russie renonce à déstabiliser l'Ukraine, faut-il continuer d'alterner la pression et le dialogue, comme le soutiennent la France, l'Allemagne et l'Italie ? Ou au contraire menacer Vladimir Poutine d'isolement, comme le laissent entendre le Royaume-Uni, la Pologne et les pays Baltes. Outre-Manche, le raidissement est patent. David Cameron regrette « la réticence d'un trop grand nombre de pays européens à faire face aux conséquences » de ce qui s'est passé en Ukraine. Hier, il s'est interrogé sur la livraison de navires de guerre Mistral par la France à la Russie, ajoutant qu'elle serait « inimaginable » en Grande-Bretagne. La Russie, enchaîne son nouveau ministre de la Défense Philip Hammond, s'expose à devenir « un paria » en Europe. Jusqu'ici l'option de sanctions économiques efficaces, voire d'un embargo européen sur les armes, s'est toujours heurtée à la trinité des intérêts des plus grands pays. Pour les Britanniques, la City qui jouit directement de placements russes massifs. Pour les Allemands, l'énergie et les contrats géants passés avec Gazprom, sur les approvisionnements comme pour la fourniture de technologie. Et pour les Français, les contrats d'armement. Londres vient de laisser entendre, pour la première fois, qu'elle serait prête à payer sa part d'un sacrifice collectif. Reste maintenant à savoir si Paris et Berlin pourraient emboîter le pas. »

Le Figaro (France), 22 juillet 2014, p. 5.

Marie Jégo, « Ukraine : M. Poutine piégé par ses contradictions »

«...L'annexion de la Crimée et la déstabilisation organisée par Moscou dans l'est de l'Ukraine a gonflé à bloc la cote de popularité de Vladimir Poutine. Dans son discours du 17 avril, son allusion au « code génétique russe très souple, très résistant, notre avantage concurrentiel » , ainsi que la mise en exergue de « l'homme du monde russe » (Rousski mir) mû par « un objectif moral supérieur » ont ravivé les démons du nationalisme. (...) La catastrophe du Boeing de la Malaysia Airlines place Vladimir Poutine à la croisée des chemins. Soit il rappelle ses chiens de guerre, soit il continue de mener une guerre hybride au risque de voir son pays mis au ban de la communauté internationale. La première option le priverait du soutien des milieux ultranationalistes, sur lesquels il s'appuie depuis sa réélection en 2012. La seconde reviendrait à renoncer à son projet nationaliste et revanchard de vassalisation de l'Ukraine. À trop jouer avec les vieux démons du nationalisme, M. Poutine risque de les voir se retourner contre lui. Reste le choix de la fuite en avant. En maintenant un foyer d'instabilité chronique chez le voisin slave, l'élite politico-militaire au pouvoir en Russie restera fidèle à son désir de confrontation avec l'Occident, accusé d'organiser les « révolutions » qui furent à l'origine des renversements de régime dans les capitales arabes et en Ukraine. »

Le Monde (France), 21 juillet 2014, p. 2.

Pierre Asselin, « L'oeuvre de M. Poutine »

«...Il y a suffisamment d'indications pour effacer le doute quant à l'origine de cette bavure, horrible et monumentale. Le missile a été tiré d'une zone contrôlée par les rebelles, a confirmé le président Obama. Mais la responsabilité remonte, ultimement, jusqu'au Kremlin. (...) Les États-Unis ont déjà durci leurs sanctions à l'endroit de la Russie cette semaine, et l'Europe également, mais avec prudence, car l'Union risque de souffrir elle aussi d'une dégradation de ses relations économiques avec Moscou. La mort de plus de 180 citoyens des Pays-Bas vient de changer la donne. Maintenant, l'Europe est confrontée à une nouvelle réalité, et il lui sera beaucoup plus difficile de ne pas être entraînée dans une dangereuse spirale. À peu près tout le monde aura intérêt à trouver des boucs émissaires, les Européens comme les Russes, pour empêcher une escalade. Les boucs émissaires - c'est-à-dire les séparatistes - feront tout pour effacer leurs traces et empêcher les enquêteurs de faire leur travail, et c'est ce qu'ils font déjà. Il faudra exercer beaucoup plus de pression, si on veut vraiment punir les responsables de ce drame. »

Le Soleil (Québec, Canada), 19 juillet 2014, p. 27.

François Heisbourg (propos recueillis par Marc Semo), « La Russie est entrée dans une phase revanchiste »

«...L'acte de guerre qui a eu lieu oblige le monde - et en premier lieu les Occidentaux - à constater que ce qui se déroule dans l'est de l'Ukraine est bien une guerre, une vraie guerre, avec l'emploi de missiles sol-air puissants, de chars d'assaut et d'artillerie lourde. Les Etats-Unis et l'Union européenne n'ont pas trop envie d'entendre cela car ils seraient obligés d'en tirer toutes les conséquences. Ils auraient préféré oublier l'annexion de la Crimée, sans trop regarder la réalité de ce qui est en train de se passer dans l'est du pays. C'est aussi un tournant pour Moscou, qui avait choisi de mener ce que d'aucuns ont appelé «une guerre non linéaire», soutenant avec plus ou moins de discrétion les rebelles prorusses. Cette politique a montré sa limite parce que Kiev a réussi à monter une riposte militaire conséquente avec la reprise de Slaviansk, le siège de Lougansk et l'encerclement de Donetsk. Légitimés par les urnes, le nouveau pouvoir ukrainien et son président, Petro Porochenko, sont en train de répondre avec succès à un triple défi sécuritaire, politique et économique. Cela oblige le Kremlin à devoir choisir entre l'escalade ou un échec annoncé, qui serait en premier lieu celui de Vladimir Poutine. Mais continuer l'escalade dans les conditions actuelles aurait un prix diplomatique et politique encore plus élevé. »

Libération (France), 19 juillet 2014, p. 4.

S.A. « Is Europe angry now ? »

«...Washington believes separatist fighters blew the plane out of the sky with a Russian-built missile, and Secretary of State John Kerry said they would have needed Russian training to operate the system. U.S. intelligence indicates that the launcher was spirited out of Ukraine and into Russia -- presumably because Putin and his allies in Ukraine knew transparency would not make them look good. But the damage to their cause has been done. In his brutal seizure of Crimea and support for rebels elsewhere in Ukraine, Putin probably didn't plan for a commercial airliner to be destroyed, killing 298 people. But he recklessly assisted and encourage the rebels, in a ruthless attempt to undermine a government that leans too much toward the West for his convenience. He can't escape blame for the bloody consequences. Whether he will escape accountability, though, is an open question. The invasion of Crimea was a brazen violation of Ukrainian sovereignty and the international order, the worst aggression in Europe in decades. But for months, as Putin did his best to destabilize the rest of Ukraine, his European neighbors have shied away from making him pay a high price for behaving like a global outlaw. Obama urged stronger sanctions, but he also hesitated to push Putin too hard, refusing to ship military weapons and gear that would put the Kiev government in a stronger position to resist. He and other Western leaders seemed willing to do just enough to let everyone know they were unhappy -- not enough to change the outcome. »

Chicago Tribune (États-Unis), 22 juillet 2014.

Gouvernance et gouvernement [ 17 juillet 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéVladimir PoutineDmitry Medvedev

Ukraine
LimitéPetro PorochenkoArseni Yatseniouk

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 2009 - 2016



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Réélection du parti Russie unie en Russie

décembre
2011
[Résultats] Élections législatives

mars
2012
Élection de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie

mars
2012
[Résultats] Élection présidentielle

février
2014
Ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie

mars
2014
Tenue d'un référendum en Crimée

juillet
2014
Écrasement d'un avion de la Malaysia Airline au-dessus du territoire ukrainien

janvier
2015
Chute importante du prix du baril de pétrole

octobre
2015
Attentat contre un avion de la compagnie russe Metrojet

septembre
2016
Réélection en Russie du parti Russie unie

septembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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