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8 août 2014

Annoce de l'Organisation mondiale de la santé sur le virus Ebola

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Épidémie d'Ebola

La propagation du virus Ebola en Afrique de l'Ouest depuis mars 2014 est responsable de plus de 1000 morts en quelques mois. La gravité de la situation incite l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à anoncer que celle-ci constitue « une urgence de santé publique de portée mondiale ».

Le virus Ebola avait frappé pour la première fois en 1976 en République démocratique du Congo et au Soudan, faisant plus de 400 morts. Les spécialistes croient qu'il aurait été porté à l'origine par des chauves-souris. En revanche, entre les hommes et les femmes, il ne peut être transmis que par les fluides corporels. Après l'apparition de symptômes préliminaires, la victime de l'Ebola peut être saisie de vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, d'insuffisances rénale et hépatique ainsi que d'hémorragies internes et externes pouvant entraîner la mort. Différents épisodes sont relevés au fil des ans, tous en Afrique. De nouveaux cas sont identifiés en mars 2014, cette fois en Afrique de l'Ouest - Guinée, Liberia, Sierra Leone - , alors qu'habituellement la zone touchée était l'Afrique centrale. Des cas sont également dépistés au Nigeria, le pays le plus peuplé du continent, mais leur nombre demeure marginal. Dans les autres pays, par contre, la situation dégénère. Malgré l'aide internationale, plus de 2000 personnes sont affectées, la moitié trouvant la mort avant le mois d'août 2014. L'état d'urgence est décrété au Liberia et l'armée est déployée afin d'enrayer la propagation du virus et de rassurer la population. L'OMS, qui coordonne les secours étrangers, auxquels participe notamment Médecins sans frontières, constate en août qu'il s'agit maintenant d'une « urgence de santé publique de portée mondiale ». Elle affirme même que l'étendue du problème est « sous-évaluée ». Il n'existe pas encore de vaccin permettant d'endiguer le virus Ebola. Toutefois, un traitement expérimental sera tenté dans les régions affectées. Son efficacité reste cependant à démontrer.

Pour en savoir plus: Déclaration sur la situation du virus Ebola en Afrique de l'Ouest

Dans les médias...


Damien Roustel, « La pauvreté, vecteur d'Ebola »

«...La défiance vis-à-vis des autorités locales mais aussi des ONG occidentales, accusées par une partie des populations locales de propager le virus et non de le combattre, empêche les médecins de bien communiquer autour du virus Ebola. « Le fossé entre les populations et les responsables politiques n'est pas un phénomène nouveau. Creusé par la corruption, les promesses non tenues, la mauvaise gouvernance et le népotisme, il se traduit, par exemple, par des taux d'abstention effarants lors des consultations électorales. Mais aujourd'hui, il tue », poursuit l'éditorialiste (Marwane Ben Yahmed de Jeune Afrique). Près de quarante ans après la découverte du virus Ebola, il n'existe toujours pas de traitement et encore moins de vaccins. Ce n'est pas le fruit du hasard. « C'est parce qu'Ebola touche un nombre très faible de patients. Cela ne représente pas un marché pour les laboratoires privés », assure Pierre Mendiharat, de Médecins sans frontières (MSF). « Il est clair qu'il n'y a pas de marché solvable », affirme Pierre Piot, dans le Monde. « Une fois l'épidémie terminée, il n'y aura plus d'efforts d'investissement dans la recherche sur les traitements et les vaccins » et « les prochaines flambées épidémiques d'Ebola auront encore lieu dans des pays pauvres », poursuit-il. La fébrilité qui s'est emparée des pays riches face à la plus grave épidémie d'Ebola en cours pourrait changer la donne. Le grand laboratoire britannique GSK travaille à un vaccin qui pourrait être disponible en 2015. Il faut donc agir vite. Avant que la fièvre ne retombe. »

L'Humanité (France), 12 août 2014.

Colette Braeckman, « Ebola : le luxe de l'indifférence »

«...Le témoignage du Docteur Peter Piot au sujet de la découverte du virus Ebola donne à réfléchir. Au début, les malades, les cas désespérés, c'étaient les autres. Lointains, pauvres, ignorants, superstitieux. Le virus Ebola ne leur laissait aucune chance et durant quatre décennies, la mise en quarantaine fut considérée comme le seul remède. Qu'ils meurent donc, et qu'on n'en parle plus... La recherche fut maigre et peu rentable, les résultats quasi nuls. Pourquoi se soucier de ceux qui vivaient dans les marges du monde, dans des régions abandonnées ou hantées par des guerres auxquelles on ne comprenait rien? L'exemple du sida aurait pourtant dû servir d'avertissement. (...) Comment ne pas comprendre que dans notre monde globalisé, les victimes d'Ebola, ou d'autres maladies encore trop peu combattues, ce sont nos voisins? Des voisins qui arrivent par route ou par avion, près desquels nous passons d'inconscientes vacances? Aujourd'hui, plus rien, plus personne n'est loin, et au coeur des foyers de tension dont nous détournons les yeux grossissent des bombes à retardement. Des bombes sanitaires, épidémiologiques, certes. Des bombes politiques aussi, lorsque des jeunes de chez nous s'en vont combattre pour des causes auxquelles nous refusons de nous intéresser ou de tenter de porter remède. De nos jours, ne traiter que par l'indifférence ou l'ignorance les banlieues les plus brûlantes du monde où les cataclysmes s'additionnent ne représente pas seulement une faute morale et une erreur politique. C'est aussi un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. »

Le Soir (Belgique), 12 août 2014.

S.A., « Ebola : la terreur utile »

«...que penser de la victoire par KO de la recherche sur le VIH ou l'hépatite C sur celle d'Ebola ? Que le marché dicte même les énoncés des appels d'offres de la recherche publique. Un virus qui ne génère pas de marché significatif reste négligé, fut-il dangereux. Le marché émerge lorsque le virus sort d'un pays où l'Occident voudrait bien qu'il reste. Et alors, la guerre des brevets et des kits de diagnostics éclate brutalement. C'est le cas d'Ebola, qui vient de poser son premier jalon commercial. Les diagnostiqueurs se frottent les mains. Ebola reste le virus de propagande par excellence. Il y a presque 40 ans que cela dure, depuis sa découverte en 1976. Cette année-là, c'est aussi la date de la première introduction du terme « biopouvoir », par Michel Foucault. Laisser faire, ou plutôt faire vivre et laisser mourir, pilier essentiel du dispositif pour que les affaires continuent. En 2014, Ebola entre peut-être durablement dans la panoplie de la terreur utile. »

Le Monde (France), 13 août 2014.

Pascale Breton, « La leçon d'Ebola »

«...l'ampleur de la crise - qui a fait plus d'un millier de morts à ce jour - a incité l'OMS à déclarer «éthiquement acceptable» l'administration d'un traitement qui n'a pas été testé sur des humains, pourvu que le consentement soit éclairé. Mais l'organisation a omis de répondre à une question cruciale: qui doit en bénéficier en priorité? Les doses accessibles sont malheureusement en quantité limitée. Il faudra des mois pour en produire davantage. Même chose pour le vaccin expérimental rendu disponible par le Canada. L'ennui est que le virus Ebola, bien que mortel, n'a fait «que» 2000 victimes depuis 40 ans. C'est beaucoup moins que des maladies comme le sida ou la malaria. Résultat, en dehors des épisodes de crise, la recherche suscite moins d'intérêt et peine à obtenir du financement pour permettre le développement de traitements et de vaccins. C'est pourtant la seule façon d'espérer, un jour, éradiquer le virus Ebola. S'il y a une leçon à tirer de la crise actuelle, c'est bien celle-là. »

La Presse (Québec, Canada), 14 août 2014, p. A20.

Sophie Harman, «Ebola, polio, HIV: it's dangerous to mix healthcare and foreign policy »

«...There are reasons to be fearful of the Ebola crisis gripping parts of west Africa: death; the risk of contagion; overburdened health infrastructure; and concern as neighbouring countries worry about what the WHO now admits is an international health emergency. These difficulties are exacerbated by the population's fear not just of the virus itself, but also of the health workers there to help. While this fear is primarily related to contagion, there are other, more deeply rooted factors at play. Mistrust of outsiders, particularly western health workers, is bound up in the history of Africa and colonial medicine. When much of the continent was under colonial rule, great powers used these outposts of their empires as laboratories, and Africans as their test subjects. Much work has been done through the years to counter this negative legacy: decentralised health systems, collaborations with local partners, training for African health workers, and partnerships between government, civil society and international donors. The Ebola outbreak underlines how quickly such progress can unravel in times of crisis, and how the legacy of past mistakes by western powers can resurface to speed up that unravelling, to the detriment of health and security locally and globally. »

The Guardian (Royaume-Uni), 14 août 2014.

Gouvernance et gouvernement [ 8 août 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Guinée
LimitéAlpha CondéMohamad Said Fofana

Liberia
IntermédiaireEllen Johnson Sirleaf

Sierra Leone
IntermédiaireErnest Bai KoromaChristian Kamara-Taylor

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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