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14 avril 2014

Enlèvement de lycéennes nigérianes par le Boko Haram

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Abubakar Shekau

Le Boko Haram, un mouvement armé réclamant l'instauration d'un État islamique dans le nord du Nigeria, multiplie les attentats et les enlèvements. Sa décision d'enlever 276 lycéennes à Chibok, le 14 avril 2014, suscite un mouvement de protestation sur la scène internationale.

Fondé en 2002, le Boko Haram est en état d'insurrection depuis 2009 dans le but d'établir un État islamiste dans le nord du Nigeria. Il multiplie les coups d'éclat violents, s'attaquant particulièrement aux écoles dispensant un enseignement jugé trop occidental. Il y commet des exécutions et des enlèvements. Plusieurs cas sont relevés depuis 2013, dont des massacres de professeurs et d'étudiants. Le 14 avril 2014, le mouvement dirigé par Abubakar Shekau intervient dans une école située à Chibok, dans l'État de Borneo. Ses membres brûlent le lycée, puis amènent avec eux 276 jeunes filles, âgées entre 12 et 17 ans, dans le but de les marier, les vendre ou en faire des esclaves. En retour de leur libération, le Boko Haram réclame que l'on relâche des djihadistes emprisonnés, ce qui est refusé. Cet enlèvement collectif suscite de fortes réactions sur la scène internationale. Des chefs d'État et de gouvernement occidentaux ainsi que de nombreuses personnalités appuient une campagne intitulée « Bring back our girls », demandant la libération des jeunes filles. Des observateurs s'interrogent sur la pertinence d'une telle mobilisation à cette occasion alors que l'organisation sévit depuis longtemps. Selon eux, cette campagne contribue surtout à donner une notoriété au Boko Haram. Un de ses aspects positifs est toutefois la pression qu'elle met sur le gouvernement nigérian du président Goodluck Jonathan, dénoncé pour son apathie face à ces actions des islamistes. Quelques étudiantes réussissent à s'échapper et l'armée nigériane livre des combats au Boko Haram. On soupçonne toutefois que, malgré cette intervention et l'aide logistique provenant de l'extérieur, les victimes ont été transportées dans d'autres pays voisins.

Dans les médias...


Seidik Abba, « Le Nigeria face à ses démons »

«...La faiblesse du maillage administratif des États du Nord et du Nord-Est a par ailleurs favorisé la percée fulgurante du groupe extrémiste, qui en a profité pour occuper des villages des heures durant à plusieurs reprises sans être inquiété par les forces de défense et de sécurité, dont les casernes les plus proches se trouvent à des centaines de kilomètres. Symbole de la perte de contrôle de la situation par le pouvoir fédéral : le président Jonathan en appelle désormais à des puissances occidentales pour libérer les lycéennes enlevées mi-avril dans la ville de Chibok, au Borno. Autre signe de défiance envers l'État fédéral, les familles des jeunes filles kidnappées se sont cotisées pour lancer elles-mêmes la traque des ravisseurs. Dans un pays qui se verrait bien en leader continental et se dit fier de sa richesse nationale, la gestion du dossier Boko Haram provoque une profonde amertume. Et le pouvoir fédéral redoute qu'elle ne se transforme en sanction dans les urnes lors de la présidentielle de 2015. La rue nigériane, pour sa part, a déjà marqué sa nette désapprobation. »

Jeune Afrique (France), 11 au 17 mai 2014, p. 35.

Véronique Kiesel, « Boko Haram frappe Abuja au coeur »

«...Alors que l'économie nigériane vient de dépasser, en volume, celle de l'Afrique du Sud, ce pays reste hautement inégalitaire. La plupart des Nigérians, surtout dans le nord-est musulman, sont plus pauvres qu'à l'époque de l'indépendance en 1960 alors que le sud, chrétien, abrite une importante zone de production pétrolière. En cause, une corruption endémique, et un gouvernement incapable d'amener dans certaines régions les services les plus basiques. Toutes ces frustrations ont mené à un raidissement et à un repli communautaire hostile au pouvoir central. C'est sur ce terreau que, au début des années 2000, un prêcheur charismatique, Mohammed Yusuf a créé Boko Haram (ce qui veut dire «l'éducation occidentale est interdite»), un mouvement regroupant de nombreux jeunes musulmans voulant instaurer de façon pacifique la charia dans les Etats du nord. (...) Le mouvement est maintenant incontrôlable, il a essaimé dans des pays limitrophes, près de 400.000 Nigérians ont fui leur village et les violences, ce qui ruine l'agriculture dans cette région. Fin mars, le gouvernement a reconnu que la force seule ne permettrait pas de venir à bout de Boko Haram, qu'il fallait privilégier le développement du nord et le dialogue avec les populations. Un peu tard. »

Le Soir (Belgique), 15 avril 2014, p. 9.

Claude Lévesque, « Le délire criminel de Boko Haram »

«...Mafieux sanguinaires, esclavagistes, fous de dieu, fous furieux ? Toutes ces descriptions semblent s'appliquer aux membres de ce qu'on appelle Boko Haram, qui terrorisent le nord du Nigeria et les régions avoisinantes. Ce groupe, qui s'apparente aussi à une secte, avait reçu jusqu'ici relativement peu de couverture de la part des médias internationaux malgré la longue liste de gestes répugnants qu'il a revendiqués. La récente vidéo dans laquelle son chef présumé, Aboubakar Shekau, annonce qu'il va vendre sur le marché les adolescentes enlevées dans une école a déclenché une tardive prise de conscience. En offrant au Nigeria de l'aider à combattre Boko Haram, la France devient pour sa part le premier pays du Nord à réagir officiellement et de façon concrète à la campagne de terreur menée par la sinistre organisation. Si la vidéo a finalement alerté les médias traditionnels, il faut dire que des pétitions circulaient déjà dans divers médias sociaux, surtout depuis que certains parents des jeunes filles enlevées, constatant l'impuissance de l'État nigérian, se sont armés et sont partis à la recherche de leurs enfants. »

Le Devoir (Québec, Canada), 8 mai 2014, p. A5.

S.A., « Failure of government, security and legitimacy »

«...The abduction of about 90 girls by Boko Haram in a boarding house in North East of Nigeria, and the decision of some of the parents to search for their daughters, in spite of the dangers inherent in that effort, is a clear sign of a lack of confidence in government''s actions on the search and that is that is also a potent sign of failure of government. A government, anywhere and by definition must be able to guarantee the security of lives and property in its territory and must have the confidence and trust of its citizens in carrying out this onerous and legitimate duty. If citizens usurp this major duty of any government, then they are questioning its authority and legitimacy to protect them and that again can lead to a breakdown of law and order as well as the machinery of governance. (...) the major challenge facing the military over Boko Haram is the vastness of the land mass of the North East of Nigeria from which six states had been carved out and the inaccessibility of the Cameroon Mountains spreading from Gwoza to Mubi and beyond, which Boko Haram has turned into a veritable hideout and a terrible danger zone from which the frustrated parents of the captured school girls have now gone to retrieve their daughters in the face of evident government incapacity to rescue them from their Boko Haram captors. (...) Evidently Boko Haram is conducting a guerrilla warfare against the Nigerian army which is used to regular warfare. »

The Nation (Nigeria), 19 avril 2014.

Gouvernance et gouvernement [ 14 avril 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Nigeria
LimitéGoodluck Jonathanposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2007
[Résultats] Élections législatives

avril
2011
[Résultats] Élection présidentielle

avril
2011
[Résultats] Élections législatives

avril
2014
Enlèvement de lycéennes nigérianes par le Boko Haram

mars
2015
Élection de Muhammadu Buhari à la présidence du Nigeria

mars
2015
[Résultats] Élection présidentielle


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