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26 août 2014

Annonce d'un cessez-le-feu mettant fin à un conflit dans la bande de Gaza

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Benyamin Netanyahou

Sept semaines après le début de l'intervention israélienne dans la bande de Gaza (opération «Bordure protectrice»), un cessez-le-feu est conclu avec les négociateurs palestiniens. Il met un terme à un conflit qui a fait plus de 2000 morts, la grande majorité des civils habitant à Gaza.

La décision du Fatah et du Hamas de former un gouvernement palestinien d'union nationale, le 2 juin 2014, suscite de vives réactions en Israël. Le Hamas, qui se bat pour reprendre les territoires occupés par Israël depuis 1967 et établir un État islamiste, est considéré dans plusieurs pays comme une organisation terroriste. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, dénonce ce gouvernement et annonce la relance de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Les Palestiniens s'y opposent et réclament également la fin du barrage entourant la bande de Gaza. Les tensions sont accentuées en juin par l'enlèvement, puis le meurtre, de trois adolescents israéliens. Israël réplique avec des arrestations en Cisjordanie. Les tirs de roquettes, tant du Hamas que du Jihad islamique ou d'Israël, s'intensifient, alors qu'un jeune Palestinien est assassiné à Jérusalem. Le 8 juillet, Israël lance l'opération «Bordure protectrice». Des frappes sont effectuées contre le Hamas et une offensive terrestre vise à détruire des tunnels approvisionnant celui-ci ou reliant Gaza à Israël. En tout, plus de 2000 Palestiniens, la majorité des civils, trouvent la mort. Accusé d'utiliser les civils comme des « boucliers humains », le Hamas, dont les roquettes visent les grandes villes israéliennes, fait aussi des victimes, mais leur nombre est limité par un système anti-missile (Dôme de fer). Une soixantaine de soldats israéliens sont tués. Plusieurs tentatives de médiation échouent, avant qu'un cessez-le-feu ne soit conclu le 26 août. Les observateurs s'interrogent cependant sur sa portée, soulignant que ce n'est pas le premier conflit dans cette partie du monde et que les litiges les plus importants ne seront débattus que lors de négociations ultérieures.

Dans les médias...


Loos Baudouin, « Gaza : des perdants à perte de vue »

«...Les termes d'un cessez-le-feu déjà promu par les Egyptiens le 15 juillet et rejeté par le Hamas ressemblaient à s'y méprendre à ce que le même Hamas, très affaibli, vient d'accepter. Certes, l'image du Hamas résistant, résilient, peut être portée aux nues par ses partisans. Les militants, audacieux, inventifs et courageux aux dires mêmes de plusieurs observateurs israéliens, ont infligé à Israël des pertes militaires (64 soldats) sans précédent de la part d'une organisation palestinienne. Ils ont aussi paralysé le sud d'Israël et même, pendant deux jours, l'aéroport de Tel-Aviv. Mais tout cela à quel prix? Une destruction d'une partie importante de la bande de Gaza, des pertes humaines sans précédent non plus (2.100 morts dont 500 enfants, 11.000 blessés). Et une diminution importante des capacités offensives du Hamas, privé de ses tunnels secrets et de la majeure partie de ses roquettes, sans parler de la mort d'un nombre inconnu d'activistes et de plusieurs de ses chefs militaires tués en fin de conflit. Le Hamas osera-t-il se présenter devant les électeurs avec un tel bilan? L'exécution sommaire d'une vingtaine de «collaborateurs» la semaine dernière n'ajoutera rien de positif à sa réputation sauf qu'elle peut apparaître comme une sinistre mise en garde à la population contre toute velléité de contestation. »

Le Soir (Belgique), 28 août 2014, p. 10.

Pascal Airault, « Gaza, un conflit qui se joue à qui perd gagne ? »

«...Quand le Hamas jubile, Israël se lève donc avec la gueule de bois. Pourtant, les vainqueurs ne sont peut-être pas ceux qui le clament. Netanyahu savait, dès le début de l'offensive, qu'il n'aurait pas les moyens d'éliminer la branche armée du Hamas estimée à plus de 10 000 combattants. « Attaqué par les faucons de sa coalition (Lieberman, Bennett) à qui il a su résister, il a toujours été en phase avec son ministre de la Défense et le chef d'état-major de l'armée. L'objectif principal était de détruire les tunnels et d'affaiblir l'aile militaire » , assure Denis Charbit, professeur en sciences politiques à l'Université ouverte d'Israël. Un résultat partiellement atteint. Israël a aussi pu mesurer la solidité de son alliance avec l'Égypte. Lors des négociations du Caire, les Egyptiens étaient sur une ligne au moins aussi dure qu'Israël, et le Hamas n'a jamais réussi à imposer la double médiation du Qatar et de la Turquie. Derrière ce conflit, se joue une guerre contre les Frères musulmans (la branche politique du Hamas en est une émanation) que le président Abdel-Fattah Al-Sissi combat farouchement. « Netanyahu est affaibli aujourd'hui, ajoute Denis Charbit. Mais, dans quelques jours, les Israéliens lui sauront gré d'avoir pu reprendre une vie normale. Dans le sud, les enfants pourront avoir leur rentrée des classes, le 1er septembre, ce qui était inimaginable il y a peu.»»

L'Opinion (France), 28 août 2014, p. 5.

Françoise Germain-Robin, « Acculé, Benyamin Netanyahou consent à un cessez-le-feu »

«...L'impression générale est que la stratégie du premier ministre Benyamin Netanyahou a échoué. Il s'est vu imposer un cessez-le-feu alors qu'il n'avait pas atteint ses buts de guerre : désarmer le Hamas et casser l'entente entre l'organisation islamiste et l'Autorité palestinienne : c'est le président palestinien Mahmoud Abbas qui a annoncé le cessez-le-feu à la télévision. Deux éléments ont amené Netanyahou à signer l'accord du Caire : les pressions internationales et l'isolement grandissant d'Israël dans le monde ; les dissensions et les critiques internes, de plus en plus vives. La pression des États-Unis, de l'ONU et, dans une moindre mesure, de l'Union européenne en faveur d'un cessez-le-feu s'est faite plus forte ces dernières semaines, face aux images insoutenables des victimes civiles, surtout les enfants. (...) Au plan intérieur, le dernier sondage du Jerusalem Post montre que seulement 38 % des Israéliens approuvent l'action de Netanyahou contre 82 % il y a un mois. Les critiques viennent de son propre camp : le comité central du Likoud est convoqué pour tirer les conclusions de la guerre contre Gaza, car, dit son président, « la guerre se termine dans la honte et la confusion pour Israël ». Quatre ministres d'extrême droite ont publiquement désavoué le cessez-le-feu et le Conseil des colonies l'a qualifié de « reddition face au terrorisme ». Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann, parle déjà d'élections anticipées. »

L'Humanité (France), 28 août 2014.

Agnès Gruda, « Une guerre pour rien »

«...Les dirigeants du Hamas doivent être drôlement déconnectés de la réalité pour prétendre avoir «accompli l'impossible» et «triomphé du pouvoir destructeur d'Israël». Quel triomphe? (...) La seule victoire du Hamas est d'ordre politique et psychologique. Le mouvement a montré qu'il peut terroriser les Israéliens pendant presque deux mois. Et qu'il est un partenaire incontournable pour négocier un cessez-le-feu. Pour résumer, le Hamas n'a vraiment pas de quoi bomber le torse. Et il faut vraiment tordre le cou à la réalité pour juger que ces tout petits gains valaient le sacrifice de plus de 2000 vies. Les dirigeants israéliens essaient également de s'attribuer la victoire à l'issue de cette nouvelle guerre avec Gaza. Mais là aussi, la réalité ne correspond pas à cette vision triomphaliste. Quels bénéfices réels Israël a-t-il bien réalisés en 50 jours de guerre? La bande de Gaza ne sera pas démilitarisée, elle reste contrôlée par le Hamas, la menace des roquettes demeure réelle et les tunnels détruits seront vraisemblablement reconstruits dans les mois ou les années qui viennent. Soit d'ici le prochain affrontement qui, dans l'état actuel des choses, reste inévitable. Car c'est bien le constat le plus tragique au sortir de ce dernier conflit: à moins d'un changement de cap politique radical de la part d'Israël, cette guerre n'est malheureusement pas la dernière. »

La Presse (Québec, Canada), 28 août 2014, p. A11.

Jodi Rudoren, « 50 days of War Leave Israelis and Palestinians Only More Entrenched »

«...any gains for either side appear at best incremental and relatively short term, analysts said. The prospect of resolving the broader Israeli-Palestinian conflict, already a long shot, was dealt a significant setback, many experts believe, with both sides dug deeper into intransigent, irreconcilable positions. (...) After a cease-fire agreement this week finally appeared to halt the hostilities, leaders on both sides rushed to claim victory, pointing to their specific battlefield achievements and the other's weaknesses. But Hamas, the militant Islamist group that dominates Gaza, stood down without winning the concessions it repeatedly said it would require to halt the fighting. Many Israelis complain that their campaign lacked clear, ambitious goals, and even Prime Minister Benjamin Netanyahu acknowledged in a television interview Friday that there was «not a certainty but a chance for us to have an extended period of quiet.» In terms of the big picture, long-term aspirations of people on both sides of the fences that divide the land between the Jordan River and the Mediterranean Sea, analysts see a bleaker terrain than before this latest battle began. The vast majority of Israeli Jews want, most of all, to feel safe, physically, and to secure the future of Israel as a Jewish democracy. Polls and interviews in recent days suggest most now feel more vulnerable. »

New York Times (États-Unis), 30 août 2014, p. A10.

Gouvernance et gouvernement [ 26 août 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireReuven RivlinBenyamin Netanyahou

null
Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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[Résultats] Élections législatives

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Annonce d'un cessez-le-feu mettant fin à un conflit dans la bande de Gaza

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