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18 septembre 2014

Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Alex Salmond

Un an après l'adoption d'une loi à cet effet par le Parlement écossais, un référendum permet à la population de se prononcer sur l'accession de l'Écosse à l'indépendance. Après une campagne mouvementée, les électeurs se prononcent à 55,3 % pour demeurer au sein du Royaume-Uni.

Le Parti national écossais (PNE) d'Alex Salmond, une formation politique favorable à l'indépendance de l'Écosse, forme un gouvernement minoritaire en 2007. Devenu majoritaire quatre ans plus tard, il enclenche les démarches visant à tenir un référendum sur cette question. Une entente sur les modalités de cette consultation est conclue en 2012 entre les Parlements écossais et britannique, et un Livre blanc sur le cadre d'une éventuelle accession à l'indépendance déposé à Édimbourg en novembre 2013. La date du référendum est fixée au 18 septembre 2014 et la question retenue est : « Est-ce que l'Écosse devrait devenir un pays indépendant ? » Les grands débats tournent autour de la monnaie qu'utiliserait une Écosse indépendante, des ententes douanières à prévoir, de l'intégration éventuelle du nouveau pays à l'Union européenne et du partage des revenus pétroliers tirés du forage dans la mer du Nord, la grande majorité de la ressource étant située en eaux territoriales écossaises. La plupart des sondages donnent le Non gagnant par une marge variant entre 12 et 15 %. À l'approche de la consultation, le Oui rétrécit cependant l'écart. De bonnes performances de Salmond lors de débats télévisés contribuent à la remontée du camp Yes Scotland. Des personnalités, comme le premier ministre britannique David Cameron et l'ex-premier ministre Gordon Brown, un Écossais, font campagne activement pour le Non (Better Together). Cameron s'engage même à faire adopter à Londres une loi donnant davantage de pouvoirs à Édimbourg et à réaménager le partage fiscal afin de satisfaire les revendications écossaises. Le 18 septembre, le Non remporte une nette majorité avec 55,3 % des voix contre 44,7 %, avec un taux de participation de 84,6 %. En réaction, Salmond annonce qu'il quittera ses fonctions en novembre.

Pour en savoir plus: Discours en cas de victoire du Oui lors du référendum en Écosse

Dans les médias...


Sonia Delesalle-Stolper, « Écosse : Londres paiera la consultation »

«...Plus que la joie d'une victoire, c'est le sentiment de soulagement qui prévalait. Même le Premier ministre David Cameron s'est gardé de tout triomphalisme. (...) Le Premier ministre est conscient de n'avoir échappé à la catastrophe - et probablement à la fin de sa carrière politique - que par la grâce de concessions monumentales, accordées dans la panique à quelques jours du scrutin. Parce que le choix offert jeudi aux Écossais différait sensiblement de celui proposé il y a encore dix jours. En promettant à la dernière minute un transfert supplémentaire de pouvoirs au Parlement écossais, une «dévolution plus», notamment en matière fiscale et de sécurité sociale, le trio du non (conservateurs, libéraux-démocrates et travaillistes) proposait finalement aux Écossais une quasi-indépendance, voire un début d'État fédéral. Paradoxalement, David Cameron, officiellement vainqueur de ce scrutin, se retrouve dans une situation très inconfortable. Le fait que deux Écossais sur cinq aient voté en faveur de l'indépendance, que les jeunes de 16 et 17 ans, autorisés pour la première fois à voter et qui l'ont fait en masse, aient choisi le oui, n'a rien d'anodin. D'où la rapidité avec laquelle il a promis d'honorer les promesses de campagne, en assurant que le transfert des pouvoirs respecterait le calendrier proposé avec une finalisation avant les prochaines élections générales au Royaume-Uni, en mai. »

Libération (France), 20 septembre 2014, p. 8-9.

Philippe Bernard, « Les Écossais disent « no » à l'indépendance »

«...La raison et le porte-monnaie ont finalement primé sur l'orgueil nationaliste et l'hostilité à l'égard de « Westminster », symbole de la condescendance anglaise aux yeux des nationalistes. Le rêve ambitieux brandi par Alex Salmond, chef de file des indépendantistes, d'une Écosse « success story » mondiale, modèle de croissance économique et championne de la justice sociale, n'a pas été jugé crédible. Selon les derniers sondages avant le scrutin, seuls 35 % des électeurs étaient convaincus que l'indépendance améliorerait leur situation, contre 40 % un mois plus tôt. Le Blitzkrieg anti-indépendance lancé à la dernière minute par les hauts responsables d'entreprises et d'institutions financières, menaçant l'Écosse indépendante de délocalisations d'emplois vers l'Angleterre et de turbulences financières, a pu aussi jouer dans ce sens. Alors que les sondages prédisaient la courte victoire du non, le déséquilibre entre la campagne dynamique et omniprésente du « Yes Scotland » et la discrétion des partisans du « Better together » (« Mieux ensemble », unioniste) pouvaient laisser croire que le « yes », porté par un élan certain, allait l'emporter. C'est finalement une majorité silencieuse qui est sortie des urnes. Mais comment les partisans de l'indépendance, qui avaient su élargir leur audience chez les jeunes, en particulier les 16-18 ans, nouvellement invités à participer au vote, vont-ils digérer leur défaite? »

Le Monde (France), 20 septembre 2014, p. 2.

Daniel Bosque, « Les Catalans ne sont pas douchés par l'échec écossais »

«...les aspirations à l'indépendance n'ont cessé de croître en Catalogne, privée en 2010, sur décision de la justice espagnole, d'une partie de son statut d'autonomie élargie. Dans cette région puissante du nord-est de l'Espagne, le ressentiment envers Madrid s'est nourri aussi de la crise économique, la Catalogne accusant Madrid de répartir inégalement les richesses. Face à la poussée indépendantiste, le gouvernement de Mariano Rajoy reste de marbre. À l'inverse de Londres face à l'Écosse, il se dit déterminé à empêcher le référendum promis par Artur Mas, un conservateur allié aux indépendantistes d'ERC. Après avoir promis qu'il n'agirait que dans la légalité, Artur Mas pourrait très bientôt se retrouver dans une impasse, le Tribunal constitutionnel se préparant à déclarer son projet contraire à la Constitution. Alors qu'un oui de l'Écosse aurait pu, selon lui, enclencher au sein de l'Union européenne un processus favorable à l'indépendance d'autres régions, le non porte un coup sévère à son projet. « J'aurais aimé que le oui l'emporte pour que s'ouvre le débat au niveau européen. Mais ce débat, nous espérons qu'il s'ouvrira en Catalogne », confie le maire d'Arenys. « Si nous avions eu un David Cameron au lieu d'un Mariano Rajoy... », soupire-t-il. « Cameron a autorisé le vote, offert des contreparties, tenté de séduire. Ici, ils ne font que nous étouffer.»

AFP dans Le Temps (Suisse), 19 septembre 2014.

Marco Fortier, « Lendemain de veille en Écosse »

«...Le premier ministre britannique s'est engagé vendredi à entamer des négociations visant à accorder des pouvoirs accrus au Parlement écossais, notamment en matière de taxation. Il devra également résoudre un casse-tête difficile : avant même le jour du référendum cette semaine, les premiers ministres des trois autres « nations » du Royaume-Uni (Angleterre, pays de Galles et Irlande du Nord) ont réclamé eux aussi leur part du gâteau. Pas évident, parce que le Royaume-Uni est un État unitaire, très centralisateur, qui n'a que récemment délégué des pouvoirs aux quatre nations membres. (...) Les négociations complexes qui s'amorcent entre Londres et les nations peuvent prendre la forme d'un vaste remue-ménage constitutionnel (...) ou plus simplement d'une entente qui serait entérinée par une loi. Il est fort probable que David Cameron soit tenté de prendre cette voie rapide vers un accord avec l'Écosse, explique (le politologue) Stéphane Beaulac. Le chef conservateur, qui dirige une fragile coalition avec le Parti travailliste et avec les libéraux démocrates, doit affronter l'électorat britannique dans un an, à l'automne 2015. Une entente avec l'Écosse, qui mettrait fin aux tiraillements au sein de l'union, représenterait un argument électoral de taille pour Cameron. Il pourrait mettre les trois autres membres de l'union devant le fait accompli et leur proposer un « deal » similaire. Il n'existe de toute façon que de très faibles pressions séparatistes à l'extérieur de l'Écosse. »

Le Devoir (Québec, Canada), 20 septembre 2014, p. A1.

Editorial, « Scotland's Pro-Unity Vote »

«...The reason the no ballots prevailed despite polls that showed the ayes, who were more passionate and visible, gathering momentum in the final weeks, is not hard to understand. For the cautious majority, the allure of self-rule failed to quell the real advantages of union. Untangling 300 years of joint institutions -- military, diplomatic, commercial, cultural, social -- would have been messy and contentious. It would have meant finding a new home for Britain's nuclear-armed Trident submarines, which are based in western Scotland, and finding a way for Scotland to continue using the pound as its currency. A chorus of economists had warned that breaking out of the United Kingdom would hurt Scotland, and a parade of British politicians like Mr. Cameron had made impassioned pleas to the Scots not to break away. Yet all these facts and difficulties were well known to voters, and did not prevent 45 percent of them -- more than 1,617,900 -- from voting for independence. The Scots demonstrated that even in countries where there is no ostensible suppression of national culture on a continent that is supposed to be in the process of forming a more perfect union, a people with a shared history and identity can still be swayed by powerful longings for full self-rule. »

New York Times (États-Unis), 20 septembre 2014, p. A22.

Gouvernance et gouvernement [ 18 septembre 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIDavid Cameron

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 2009 - 2016



avril
2009
Tenue du Sommet du G20 à Londres

mai
2010
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement dirigé par le conservateur David Cameron

mai
2010
[Résultats] Élections législatives

juillet
2012
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

septembre
2014
Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


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