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26 septembre 2014

Mouvement de protestation populaire à Hong Kong

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Hong Kong, 2014

Un profond différend sur les modalités qui seront utilisées afin d'élire le chef de l'exécutif de Hong Kong en 2017 provoque un vaste mouvement de protestation. Des rassemblements populaires d'envergure ne parviennent cependant pas à faire changer la position de la République populaire de Chine.

Hong Kong a le statut de Région administrative spéciale depuis sa rétrocession par le Royaume-Uni à la République populaire de Chine, en 1997. Le principe « un pays, deux systèmes » s'applique sur le plan polique et législatif, mais le chef de l'exécutif est élu par un comité de 800 Hongkongais - 1200 à partir de 2012 - provenant des élites et généralement favorables à Beijing. Des manifestations et un référendum, celui-ci à caractère non officiel, sont organisés en 2014 afin d'obtenir que le chef de l'exécutif soit élu au suffrage universel à partir de 2017, un engagement qui a été repoussé dans le passé. Le 31 août, la Chine annonce son accord, mais précise que seulement 2 ou 3 candidats, issus d'une sélection faite par un comité de nomination, seront éligibles. Un mouvement se forme en réaction : Occupy Central with Love and Peace (OCLP). Ce nom se veut un clin d'oeil à Occupy Wall Street, un mouvement de contestation populaire formé à New York en 2011. OCLP regroupe intellectuels, parlementaires, citoyens et beaucoup d'étudiants qui réclament que les restrictions aux candidatures soient abolies. Ceux-ci occupent un emplacement public près des bureaux du gouvernement central ainsi qu'un lieu devenu privé, le « civic square », d'où ils sont expulsés. Ils reviennent cependant par dizaines de milliers, entraînant des affrontements avec les policiers ainsi que des contre-manifestants satisfaits du statu quo. Cette « révolution des parapluies » - l'objet utilisé pour se protéger des gaz lacrymogènes - fait le tour du monde. On demande la démission de l'actuel chef de l'exécutif, Leung Chun-ying, mais la Chine demeure inflexible. Elle maintient ses positions, accusant les contestataires de recevoir des appuis de l'extérieur du pays. Une grogne s'exprime aussi à Hong Kong contre ces perturbations qui entravent le fonctionnement normal de l'économie. Le mouvement perd graduellement de son ampleur par la suite, sans changement.

Dans les médias...


Gabriel Gresillon, « À Hong Kong, le défi lancé à Pékin pour la démocratie »

«...Derrière ce débat d'apparence technique pointe un bras de fer qui se joue entre David et Goliath. Entre un petit territoire économiquement aspiré dans le giron de son voisin géant, alors qu'au même moment il s'en éloigne au plan identitaire, et un pouvoir chinois jouant de toute sa puissance pour faire taire les oppositions. Entre une frange plutôt majoritaire de la population hongkongaise, se prenant à rêver d'une démocratie pleine et entière, et une élite financière locale, de plus en plus dépendante de la Chine pour prospérer. Et prête à relayer sur place ses arguments. Plus de 70 patrons hongkongais viennent ainsi de se rendre, en groupe, à Pékin, pour rencontrer le chef de l'État. Ils jugent, non seulement que la proposition de Pékin pour le scrutin de 2017 est bonne, mais aussi qu'il faut cesser les manifestations à Hong Kong. Il en va, selon eux, de la crédibilité de la ville au plan économique : à trop manifester, l'ancienne star incontestée de la finance asiatique risquerait de perdre son statut, face notamment à l'irrésistible ascension de Singapour. D'où la volonté du mouvement Occupy Central de tout faire pour ne pas être perçu comme provocateur. (...) Et tenter d'instiller dans les esprits des Hongkongais l'idée que le fauteur de troubles n'est pas celui qui prend le porte-voix pour s'exprimer, mais plutôt celui qui noyaute les oppositions et empêche la société d'avancer. »

Les Échos (France), 29 septembre 2014, p. 13.

S.A., « Des différends insurmontables avec Pékin »

«...Le mouvement de boycott des cours lancé par des étudiants (le 22 septembre) pour protester contre le refus de Pékin de laisser élire le chef de l'exécutif hongkongais au suffrage universel a reçu un large soutien dans le milieu universitaire. Il reste à voir si le mouvement Occupy et ses alliés étudiants remporteront le même succès auprès d'autres secteurs de l'opinion. Mais il est parfaitement clair qu'une majorité de jeunes Hongkongais ne veulent pas être traités par Pékin comme le reste de la Chine. La grande question est de savoir si les Chinois continentaux - à condition qu'ils parviennent à s'informer sur les événements de Hong Kong malgré la censure des médias - voudront savoir pourquoi ils n'ont pas droit aux mêmes libertés. Si la situation à Taïwan peut être considérée comme un présage des événements à venir, ce danger est réel. Il y a cinq ou six ans, les milieux gouvernementaux taïwanais affichaient un fort désir de réunification, et l'opinion publique se détournait des forces indépendantistes. Aujourd'hui, la tendance est en train de s'inverser. Les sondages récents montrent que les manifestations de Hong Kong ont rendu Taïwan plus prudent dans son positionnement vis-à-vis de son voisin continental. La Chine apparaît aujourd'hui comme une poudrière dans laquelle les événements de Hong Kong pourraient avoir l'effet d'un déclencheur. »

Asia Central (Hong Kong) dans Courrier international, 2 octobre 2014, p. 20 (publié à l'origine le 29 septembre).

Agnès Gruda, « L'épreuve de force »

«...Hong Kong a beau jouir d'un statut particulier, les dirigeants (chinois) craignent par-dessus tout l'effet de contagion. Si les électeurs de Hong Kong devaient pouvoir voter pour des candidats librement choisis, comment justifier que leurs compatriotes de la Chine continentale ne puissent en faire autant? La crise qui secoue Hong Kong n'est donc pas un soubresaut périphérique. C'est une crise de fond. Dans la forme, le mouvement de protestation fait écho à d'autres soulèvements populaires récents. Il a un symbole: celui des parapluies dont les manifestants se servent pour se protéger contre les gaz lacrymogènes. Il a un slogan: #occupycentral. Il a même une chanson thème: À la volonté du peuple, tirée des Misérables. Comme on l'a vu ailleurs, aussi, le mouvement de protestation pacifique s'est étendu, plutôt que de plier devant la répression. «Au début, beaucoup de gens étaient ambivalents, mais la répression de jeunes étudiants en a incité plusieurs à les rejoindre, constate Jeff Wasserstrom (un professeur d'histoire). Ils ont eu peur que leur avenir ne soit bien sombre s'ils n'agissent pas.» Une vague de protestation qui s'amplifie et qui devient de plus en plus intransigeante dans ses demandes. Un régime qui se braque. L'affrontement violent est-il encore évitable? »

La Presse (Québec, Canada), 1er octobre 2014, p. A12.

S.A., « No Exit »

«...this crisis is a test less of Mr Leung (Chun-ying) than it is of his boss in Beijing. Mr Xi has consolidated power more effectively than any other leader since Deng Xiaoping, who in the 1980s struck the deal with Britain under which Hong Kong was returned to China. He has tightened controls over the media and cracked down on independent intellectuals and activists. His government has been tough in restive border regions, including Xinjiang, where ethnically charged violence, terrorist acts and suppression by police of Uighurs, a mostly Muslim minority, have led to hundreds of deaths in the past two years (50 of them just a day before Hong Kong's students began their class boycott). As the boycott began, a court in Xinjiang sentenced Ilham Tohti, a university professor and moderate voice among Uighurs, to life in prison for "separatism" - the harshest punishment a dissident has received for many years. Given all this, there seems no chance that Mr Xi will allow free elections in Hong Kong, and with them the possibility of a friend of the West running a part of China. Surrendering the head of Mr Leung might be a short-term concession that could send protesters home. But as Mr Leung himself has noted, he would merely be replaced with another appointee of the central leadership's liking. »

The Economist (Royaume-Uni), 4 au 10 octobre 2014, p. 51-52.

Gouvernance et gouvernement [ 26 septembre 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleXi JinpingLi Keqiang

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



novembre
2012
Ouverture du XVIIIe congrès du Parti communiste chinois

septembre
2014
Mouvement de protestation populaire à Hong Kong

octobre
2015
Fin de la politique de l'enfant unique en Chine


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