25 août 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

9 novembre 2014

Tenue d'une consultation sur l'auto-détermination de la Catalogne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Manifestation à Barcelone

Deux mois après la tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse, les Catalans sont appelés à se prononcer sur l'indépendance de leur État. Cette consultation, qui n'a qu'un caractère symbolique, se solde par un résultat positif à 80%, avec un taux de participation d'environ 40 %.

La Catalogne, une communauté autonome de 7 millions et demi d'habitants située dans l'est de l'Espagne, obtient un statut d'autonomie en 1979. Des revendications nationalistes entraînent l'adoption d'une réforme de ce statut, notamment des pouvoirs accrus et la reconnaissance comme nation. Il s'agit de demandes de longue date des Catalans, dont l'économie prospère constitue 20 % du produit intérieur brut espagnol. La réforme est adoptée par les parlementaires en 2006, puis approuvée par un vote référendaire favorable à 73,2 %. Le débat persiste entre opposants et partisans à ces changements, ces derniers organisant des référendums sur l'auto-détermination dans plusieurs villes. Leur mécontentement s'accentue en 2010 alors qu'un Tribunal constitutionnel annule ou remet en question l'interprétation de certains articles du statut de 2006. La cour décide par exemple que l'usage du mot « nation » dans le préambule n'a pas de portée légale. D'autres dispositions sur la langue et la justice contribuent à la grogne et à une manifestation monstre à Barcelone. Une autre a lieu le 11 septembre 2012, journée nationale de la Catalogne. En décembre, une entente est conclue entre les principaux partis catalans pour tenir un référendum sur la sécession de l'Espagne. Deux questions sont adoptées en décembre 2013 : Voulez-vous que la Catalogne devienne un État? En cas de réponse affirmative, voulez-vous que cet État soit indépendant? La Cour constitutionnelle espagnole statue toutefois qu'un tel référendum est inconstitutionnel. La consultation, qui a lieu le 9 novembre, n'a donc qu'une portée symbolique. Elle est remportée par les tenants du oui-oui à 80 %, mais avec un faible taux de participation avoisinant les 40 %, conséquence du boycott des partisans du statu quo. Encouragés par les résultats, les tenants de l'indépendance continuent pour leur part de revendiquer la tenue d'un référendum en bonne et due forme.

Dans les médias...


Guillaume Bontoux, « En Catalogne, une consultation symbolique qui ne résout rien »

«...Madrid a cherché ces derniers jours à relativiser la portée du vote d'hier, répétant notamment que le scrutin n'offrait pas les garanties habituelles, comme une commission électorale indépendante ou des listes électorales en bonne et due forme. Au-delà des résultats qui seront connus aujourd'hui et auxquels personne, pour une raison ou pour une autre, ne semble accorder beaucoup d'importance, le principal enseignement à tirer de ce simulacre de référendum est identique à celui de ces derniers mois sur la «question catalane»: un blocage absolu et une absence de dialogue entre les autorités de Madrid et Barcelone. Le «processus participatif» est une étape de plus dans cette crise politique, un long bras de fer à l'issue incertaine. Artur Mas, qui sort renforcé d'un scrutin qu'il s'était engagé à organiser et son principal partenaire, le leader d'ERC Oriol Junqueras, considèrent que la prochaine étape est désormais «la convocation d'un référendum légal». Mariano Rajoy, qui souhaitait «récupérer le bon sens à partir de (ce) lundi», ne devrait pas voir son voeu exaucé. »»

Le Soir (Belgique), 10 novembre 2014, p. 13.

François Musseau, « Simulacre de référendum en Catalogne »

«...Désireux de ménager la chèvre et le chou, Artur Mas a toutefois dû réviser son discours à la baisse. « La tenue d'un véritable référendum, jugé illégal et insensé par Madrid, aurait constitué un dangereux acte de désobéissance, analyse le juriste Perez Rojo. Il en allait aussi de l'image de sérieux de la Catalogne dans le monde. » D'où le fait que désormais, Artur Mas ne parle plus de « référendum » ou de « consultation », mais seulement de « processus participatif ». « Ce n'est pas une question de loi, mais de liberté d'expression pour un peuple », a proclamé vendredi le leader nationaliste. En clair, cette initiative n'a pas de valeur juridique en soi, son objectif est de mettre en scène une forme de souveraineté exercée par les Catalans. Dans cette bataille, chaque camp a intérêt de ferrailler à fleurets mouchetés. Pour tranquilliser Madrid et éviter une possible intervention policière, Artur Mas a promis de laisser agir les organisations civiles - même si la page web de son exécutif promeut sans fard la consultation. De son côté, le chef du gouvernement central, Mariano Rajoy, a aussi abaissé la tension: « Pas d'objection à ce que des citoyens s'expriment, mais les autorités, obligées par la loi commune, doivent rester neutres. » Aux yeux du politologue Enrique Gil Calvo, il s'agit avant tout d'une manoeuvre: « Madrid cherche ainsi à désamorcer la rage de très nombreux Catalans ne comprenant pas qu'on ne les laisse pas voter. L'objectif est de limiter leur mobilisation dimanche. »»

Le Temps (Suisse), 8 novembre 2014.

Agnès Gruda, « La double victoire d'Artur Mas »

«...l'enjeu de cette journée historique était davantage dans la participation au vote que dans son résultat. Or, quelque 2,2 millions de Catalans, soit environ le tiers des électeurs, ont répondu à l'invitation du président catalan Artur Mas, dimanche. Dans un référendum normal, ce taux de participation aurait été décevant. Mais c'était tout sauf un référendum normal. Les électeurs savaient qu'ils participaient à un exercice illégal, que leur vote n'aurait aucune conséquence concrète et qu'il pourrait même leur attirer des ennuis. C'est particulièrement vrai pour les employés de la fonction publique espagnole qui ont participé à l'organisation du scrutin, au risque de subir des représailles. Que plus de 2 millions de personnes aient pris la peine de se rendre voter, souvent par familles entières, en ces circonstances, c'est énorme. Et c'est le signe d'un appui significatif à l'indépendance pure et dure de la Catalogne, du moins à la démarche du président Artur Mas, qui veut soumettre le statut de la Catalogne à un référendum en bonne et due forme. C'est d'ailleurs lui, le grand gagnant de ce qu'il a lui-même décrit comme un «mi-sondage, mi-référendum.» Il a pris un pari risqué, et il l'a remporté, en renforçant sa position autant par rapport à Madrid que sur l'échiquier politique catalan. »

La Presse (Québec, Canada), 11 novembre 2014, p. A16.

Alistair Dawber, « Madrid only has itself to blame for Catalan problem »

«...The government in Madrid, by refusing to engage with the Catalans, has created a problem from which it cannot easily extract itself. Madrid has consistently used the constitution as an argument to hide behind. It will now point to the fact that turnout on Sunday was about 33 per cent, but this ignores that fact that the poll was in doubt until a few days before it went ahead, and that there were few polling stations. The Spanish constitution may render the plebiscite invalid - but when support is so strongly in favour of change, the failing is perhaps with the inflexibility of the constitution. In Artur Mas, the canny Catalan President, the government in Madrid had a man with whom it might have done business. Even yesterday, he called for greater dialogue with Madrid, rather than immediate elections that would probably usher in a more pro-independence administration in Barcelona. Mr Mas backed the Yes vote, but is only a relatively recent convert to the idea. Had Madrid been more flexible, taken Catalan arguments more seriously and offered more autonomy to Barcelona - the Basque country already has more powers than the Catalans enjoy - the guns of the independence movement might have been spiked, and those supporting it left in the margins. »

The Independent (Royaume-Uni), 12 novembre 2014, p. 34.

Gouvernance et gouvernement [ 9 novembre 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Espagne
ÉlevéPhilippe VI (Felipe VI)Mariano Rajoy Brey

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



novembre
2011
Élection du Parti populaire de Mariano Rajoy en Espagne

novembre
2011
[Résultats] Élections législatives

juin
2014
Annonce de l'abdication du roi d'Espagne, Juan Carlos 1er

novembre
2014
Tenue d'une consultation sur l'auto-détermination de la Catalogne

septembre
2015
Élections régionales au Parlement de Catalogne

décembre
2015
Tenue d'élections législatives en Espagne

décembre
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


mars
2019
Le procès des indépendantistes catalans vient mettre de l'huile sur le feu

septembre
2017
Les socialistes espagnols se tournent vers Sánchez pour contrer la chute

octobre
2016
Le parti Podemos est-il en mesure de briser la tendance vers la droite en Europe?

février
2016
Des élections sans gagnants en Espagne

septembre
2015
Espagne : relance réelle ou mirage économique ?

février
2015
Économie espagnole : une première en six ans

octobre
2014
La polémique de l'immigration clandestine en Espagne

septembre
2014
Le gouvernement espagnol abandonne un projet de loi controversé

septembre
2014
Un démocrate espagnol s'éteint

novembre
2013
Le chemin tortueux de l'indépendance basque


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019