25 juin 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

16 décembre 2014

Attentat dans une école du Pakistan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Manifestation à Barcelone

Le Mouvement des talibans du Pakistan (MTP), en lutte contre le gouvernement pakistanais depuis plusieurs années, revendique un attentat contre une école de la ville de Peshawar. Il fait plus de 140 morts et une centaine de blessés, ce qui constituerait l'attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire du pays.

Depuis sa création, en 2007, le MTP est en lutte contre le gouvernement. Il réunit des islamistes, favorables à une application stricte de la charia, qui s'opposent à la présence de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en Afghanistan et à l'appui que leur donne le Pakistan. Implantés dans le nord-ouest du pays, près de la frontière afghane, ils commettent de nombreux attentats dans différentes villes. Un rapprochement est fait avec le gouvernement en 2014, mais une offensive de l'armée, au cours de l'été, accentue les tensions. Le 16 décembre, un commando de sept membres du MTP investit une école de la ville de Peshawar, l'Army Public School, où étudient notamment des adolescents dont les parents font partie du personnel militaire. Ils ouvrent le feu sur eux, faisant plusieurs victimes avant que des forces d'intervention n'arrivent sur place pour les combattre. Les assaillants, qui prévoyaient tenir un long siège, sont rapidement confinés puis tués. Le bilan de leur attentat est lourd : plus de 140 morts, la grande majorité des étudiants, ainsi que des membres du personnel et quelques soldats. Il s'agirait de l'attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire du pays. Le MTP revendique l'assaut qui serait une réaction aux attaques portées au cours de l'été contre ses leaders, ses membres ainsi que leurs familles et qui auraient fait plus d'un millier de morts. Le fait d'avoir ciblé des étudiants accentue la réprobation à cet acte qui est exprimée par des politiciens pakistanais, des dirigeants d'autres pays et même un porte-parole d'al-Qaïda. Un deuil national de trois jours est décrété alors que le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif annonce la levée du moratoire sur l'application de la peine de mort pour les crimes liés au terrorisme.

Dans les médias...


Lucie Peyterman, « Les talibans font un carnage dans une école »

«...Affaibli et désorganisé en factions dissidentes, le TTP n'a plus les moyens d'organiser des opérations d'envergure contre l'armée ou les forces de sécurité. Ces derniers mois, il s'est donc rabattu sur des cibles « molles » (faciles). Ainsi, 55 personnes, en majorité des familles venues voir la relève de la garde, ont été tuées début novembre à la frontière entre le Pakistan et l'Inde lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser. « Les talibans veulent répliquer à l'opération de l'armée dans les zones tribales, mais ils ne peuvent plus viser des cibles difficiles comme les forces de sécurité, alors ils frappent des cibles faciles, pour créer un choc parmi la population et dissuader le gouvernement de poursuivre l'opération », explique ainsi l'analyste Hasan Askari. Plus largement, de nombreuses voix ont appelé à un sursaut des partis politiques afin qu'ils mettent enfin de côté leurs divergences et travaillent ensemble à en finir avec le terrorisme. La semaine dernière encore, le Prix Nobel de la paix était remis à Malala Yousafzai, violemment attaquée elle aussi par les talibans dans sa vallée de Swat (nord-ouest) en octobre 2012 alors qu'elle rentrait de l'école. Exilée en Angleterre, elle a dit vouloir consacrer son avenir à défendre l'éducation des filles dans le monde, ce que les talibans rejettent catégoriquement. Mais dans sa région natale, ce combat est d'une urgence encore plus criante depuis cette attaque dramatique à Peshawar. »

Le Temps (Suisse), 17 décembre 2014.

S.A., « Les leçons du massacre de Peshawar »

«...Face à l'impensable de Peshawar, les réactions d'horreur et d'indignation au Pakistan comme à travers le monde sonnent juste. Mais elles seraient plus convaincantes encore si les leçons du drame pouvaient en être tirées. L'armée pakistanaise, pourtant frappée en son coeur, pourra-t-elle longtemps faire l'économie d'une douloureuse mais salutaire introspection? La guerre qu'elle mène aujourd'hui contre le TTP est sans équivoque, mais ses connexions avec d'autres groupes djihadistes soulèvent de troublantes questions. Parce que ces groupes-là frappent l'Afghanistan ou l'Inde, l'armée d'Islamabad les tolère, voire les instrumentalise pour servir ses intérêts stratégiques en Asie du Sud. Les prétoriens du Pakistan jouent un jeu éminemment dangereux à vouloir distinguer entre les « bons » et les « mauvais » talibans, sans voir que la lutte doit s'exercer contre l'ensemble de la mouvance. Ils laissent ainsi fleurir une culture radicale dont les civils sont les victimes en fin de course. Il faut espérer que la tragédie de Peshawar ouvre les yeux sur la nécessité de repenser le puzzle stratégique de la région. »

Le Monde (France), 18 décembre 2014, p. 27.

Agnès Gruda, « Après la tuerie »

«...Dans ce contexte ultra compliqué, quel peut être l'impact de l'attentat d'hier? Peut-être créera-t-il le point de rupture qui détournera les élites politiques du pays des groupes les plus violents. C'est en tout cas ce que souhaitaient de nombreux observateurs pakistanais, hier. Peut-être assistera-t-on à un déblocage politique, peut-être le vent tournera-t-il à tout le moins en faveur de ceux que l'on appelle les «bons talibans». Peut-être aussi, qui sait, le gouvernement d'Islamabad changera-t-il de stratégie dans ces régions rebelles. Puisque de toute évidence, la stratégie strictement militaire ne fonctionne pas, comme le constate le centre de recherche International Crisis Group dans une analyse récente. Celle-ci suggère, entre autres, de normaliser les lois qui régissent ces régions tribales, soumises à un statut particulier, et d'y réinstaurer les institutions de l'État. Mais tous ces efforts risquent de dérailler le jour où les troupes étrangères quitteront l'Afghanistan, ouvrant un nouveau champ de possibilités aux talibans des deux côtés de la frontière. »

La Presse (Québec, Canada), 17 décembre 2014, p. A5.

Saba Imtiaz, « Can Peshawar outrage finally unite Pakistan against vile militancy ? »

«...It may seem ludicrous that this (les protestations contre l'attentat) is happening only after years of assassinations, bombings and mass executions by the Pakistani Taliban and militant groups such as the anti-Shia Lashkar-e-Jhangvi. For years, terrorist attacks have been justified by their perpetrators and their supporters, on the grounds that their targets were apostates or that they were justified to enact revenge. The scenes in Peshawar - bloodied classrooms, described by a Dawn reporter as a "crawl through a nightmare", and dozens of coffins - have united people on this much at least: there is no justification for killing children. Is this a turning point in Pakistan and can this clarity lead to a consensus on how to act against militants? The cynical - and realistic view - is that it is not. Despite the impact of a rare protest against clerics, the basic reality is that the Pakistani state is unwilling to channel this anger into reform or action, or to address how militant networks have expanded to the point where they can besiege a school, a mosque or a neighbourhood. »

The Observer (Royaume-Uni), 21 décembre 2014.

Gouvernance et gouvernement [ 16 décembre 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pakistan
IntermédiaireMamnoon HussainNawaz Sharif

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



juillet
2010
Inondations d'envergure au Pakistan

mai
2011
Assassinat d'Oussama Ben Laden au Pakistan

décembre
2014
Attentat dans une école du Pakistan


Dans l'actualité


décembre
2018
Baloutchistan : un conflit méconnu qui s'éternise

octobre
2018
Élections fédérales au Pakistan : progrès et controverse

octobre
2018
Élections au Pakistan : la violence encore au rendez-vous

septembre
2018
Le peuple pakistanais pleure la mort d'Asma Jilani Jahangir

mars
2018
Smog au Pakistan : une situation environnementale inquiétante

novembre
2016
Climat extrêmement tendu sur la frontière indo-pakistanaise

septembre
2016
Attentat au Pakistan : la lutte au terrorisme n'est toujours pas gagnée

septembre
2015
Visite de Xi Jinping au Pakistan : un nouveau corridor économique s'ouvre

novembre
2014
Le Baloutchistan : une région au coeur des grands intérêts asiatiques

septembre
2014
Le Pakistan encore secoué par une attaque terroriste


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016