Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

10 décembre 2018

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12 novembre 2014

Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Barack Obama

Après plusieurs mois de négociations, le président des États-Unis, Barack Obama, et son homologue chinois, Xi Jinping, concluent une entente à Beijing. Les deux pays considérés comme les plus grands pollueurs de la planète s'engagent par celle-ci à accélérer les mesures visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Responsables collectivement de plus de 40% des émissions de GES sur l'ensemble du globe, les États-Unis et la Chine sont souvent pointés du doigt pour leur réticence à mettre de l'avant des initiatives d'envergure dans le but de remédier à cette situation. Au printemps 2014, des négociations secrètes sont amorcées entre les deux pays à la suite d'une lettre du président américain à son homologue chinois. Le 12 novembre, les deux hommes étonnent en rendant publique une entente proposant une révision des objectifs de leurs pays en matière d'émissions polluantes au cours des prochaines années. Les États-Unis s'engagent à réduire leurs émissions de GES de 26 à 28% d'ici 2025 par rapport à 2005. Pour sa part, la Chine veut plafonner ses émissions de dioxyde de carbone d'ici 2030 et porter à 20%, d'ici 2030, la part des énergies renouvelables dans sa production énergétique. Dans les deux cas, il faudra un effort significatif pour atteindre ces objectifs. Les deux pays mettront aussi sur pied des organisations où ils coopéreront afin de faire avancer l'innovation technologique dans le domaine environnemental. Même si des doutes subsistent quant au réalisme des cibles, plusieurs espèrent que cette entente entre les États-Unis et la Chine aura un effet d'entraînement sur d'autres pays, favorisant un succès à la conférence climatique qui aura lieu à Paris en 2015. Le but des Nations unies (ONU) est de limiter à 2 degrés la hausse de température sur Terre entre l'ère pré-industrielle et 2100. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se réjouit de l'annonce de Beijing. Il y a également des réactions négatives, notamment de la part des républicains aux États-Unis qui, depuis les élections de mi-mandat du 4 novembre 2014, sont majoritaires au Sénat et à la Chambre des représentants.

Pour en savoir plus: Annonce conjointe sur les changements climatiques

Dans les médias...


Stéphane Bussard, « L'audacieux pari sino-américain sur le débat »

«...L'accord sino-américain n'est pas arrivé par hasard. Le président démocrate a multiplié les efforts diplomatiques auprès de la Chine. Il a dépêché le secrétaire d'État John Kerry à Pékin en février, puis s'est fendu d'une lettre adressée ce printemps au président chinois avant de rencontrer le vice-premier ministre Zhang Gaoli, en charge des questions environnementales, à l'ONU à New York en septembre. C'est finalement le conseiller de Barack Obama pour les questions climatiques, John Podesta, qui s'est rendu dans la capitale chinoise pour finaliser l'accord. L'accord Obama-Xi redonne au président américain des couleurs après la cuisante défaite des élections de mi-mandat. Mais il suscite déjà de virulentes réactions de la part des républicains, à l'image du président de la Chambre des représentants, John Boehner: « Cette annonce est un nouveau signal montrant que le président a l'intention de poursuivre sa politique destructrice d'emplois. » Le républicain fustige la croisade de Barack Obama en faveur des énergies renouvelables. Cette posture pourrait toutefois produire l'effet d'un boomerang. Confrontés aux conséquences du réchauffement climatique aux États-Unis, une majorité d'Américains jugent désormais prioritaire d'agir en faveur du climat. »

Le Temps (Suisse), 13 novembre 2014.

Li Shuo, « La Chine va-t-elle amorcer sa « révolution verte » »?

«...Pour le président chinois, Xi Jinping, cette annonce, qualifiée d' « historique » par son homologue américain, Barack Obama, est une double aubaine. Sur le plan international, elle montre que les deux premières puissances mondiales sont capables de s'entendre sur le climat pour faire enfin bouger les lignes. Régulièrement critiquée sur les droits de l'homme, l'absence de démocratie et de libertés, la République populaire présente ainsi le visage d'une « puissance responsable » avec laquelle il faudra compter. Xi rêve la Chine en grande puissance faisant jeu égal avec les États-Unis. En imposant la relation sino-américaine comme prédominante dans le jeu diplomatique mondial, il pense avancer dans le bon sens. Sur le plan intérieur, l'engagement international de Xi pour le climat lui permet aussi de démontrer sa détermination à combattre le smog. Depuis deux ans, les grandes villes chinoises battent des records mondiaux de pollution atmosphérique. De nombreux Chinois sont révoltés par le prix à payer pour le développement économique. Si elle veut vraiment réduire les émissions de gaz à effet de serre, la Chine devra réduire l'addiction au charbon de son industrie. Cela aura aussi pour effet d'améliorer la qualité de l'air dans les mégalopoles chinoises. »

Le Figaro (France), 14 novembre 2014, p. 17.

Élisabeth Fleury, « Il y a loin de la coupe aux lèvres »

«...L'accord sur le climat signé cette semaine par les deux plus grands pollueurs de la planète, la Chine et les États-Unis, est peut-être «historique» par son caractère inédit, mais il n'en demeure pas moins limité. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, de zones d'ombre à éclaircir et d'obstacles à lever avant d'espérer aboutir à la fin de 2015 à un accord global suffisamment ambitieux pour limiter la hausse des températures mondiales à 2 °C. Que la Chine et les États-Unis, qui représentent à eux deux 45 % des émissions de CO2 de la planète et dont les divergences avaient mené à l'échec de Copenhague en 2009, se soient engagés ensemble à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) est en soi une excellente nouvelle. Surtout que c'est la première fois que Pékin accepte de fixer une date («autour de 2030») à partir de laquelle il commencera à les diminuer, lui qui a toujours défendu le principe des «responsabilités communes mais différenciées», selon lequel la responsabilité de la lutte aux changements climatiques incombe d'abord et avant tout à l'Occident industrialisé. Sauf que l'engagement du premier émetteur mondial de GES est insuffisant. »

Le Devoir (Québec, Canada), 14 novembre 2014, p. 19.

Geoffrey Lean, « China and the US clean up on emissions »

«...China is not stupid - or altruistic. Its change of course arises from a hardheaded calculation of its interests. Partly, it is about cleaning up air pollution from burning coal, linked to more than 1.2 million deaths a year. And partly it is because it knows it would be hit particularly hard by climate change. But more than that, the new policy is fuelled by a realisation that the world will, sooner or later, move to a low-carbon economy - and by a determination to develop and market the technologies that will power it. The Chinese aim to clean up in more senses than one. Cleaning up is in US interests as well, but here the motivation is more personal. Barack Obama privately counted his failure to act on global warming as the greatest of his first term and - spurred on by his daughters - has made it a legacy issue for his second one. And Mr Kerry is the US politician who has shown most concern about climate change in recent decades. The triumphant Republican party will naturally seek to frustrate Mr Obama, but the action he plans is not subject to congressional approval, and has been endorsed by the Supreme Court. »

The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 13 novembre 2014, p. 25.

Gouvernance et gouvernement [ 12 novembre 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéBarack H. Obama

Chine
FaibleXi JinpingLi Keqiang

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



janvier
2009
Assermentation de Barack Obama à la présidence des États-Unis

juin
2009
Discours de Barack Obama à l'université du Caire

mars
2010
Adoption d'une réforme majeure du système de santé aux États-Unis

avril
2010
Déversement de pétrole dans le golfe du Mexique

juillet
2010
Création par les Nations unies d’une structure pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

novembre
2010
Tenue des élections de mi-mandat aux États-Unis

novembre
2010
[Résultats] Élections législatives

août
2011
Abaissement de la cote de crédit du gouvernement des États-Unis

septembre
2011
Début du mouvement « Occupons Wall Street » à New York

octobre
2012
Déferlement de l'ouragan Sandy sur les Caraïbes et les États-Unis

novembre
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

novembre
2012
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2012
[Résultats] Élections législatives

septembre
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
[Résultats] Élections législatives

décembre
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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