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22 janvier 2015

Démission du président yéménite Abd Rado Mansour Hadi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Abd Rado Mansour Radi

En 2014 et 2015, le Yémen est secoué par des conflits entre l'armée et les Houthis. La capture du chef de cabinet du président Abd Rado Mansour Hadi et l'encerclement du palais présidentiel, à Sanaa, sont suivis par la démission du chef de l'État, du premier ministre Khaled Bahah et de son cabinet. Cette instabilité fait craindre une guerre civile.

Les Houthis, une minorité chiite qui exerce un contrôle sur le nord du pays, manifestent leur mécontentement à l'endroit du gouvernement de Sanaa, la capitale. Ils dénoncent la corruption et un projet de Constitution auquel ils s'opposent, alors que le gouvernement soutient que leur objectif est l'établissement de la loi religieuse chiite, ce pour quoi ils auraient l'appui de l'Iran. La majorité des Yéménites sont sunnites, dont le président Abd Rado Mansour Hadi qui a le support de l'Arabie saoudite et des États-Unis. Des combats à Sanaa, en septembre 2014, mènent à une entente et au départ du premier ministre Muhammad Basindawa. Toutefois, le mécontentement persiste. Le conflit s'envenime et, en janvier, les Houthis, qui auraient l'appui de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, enlèvent le chef de cabinet de Mansour Hadi et encerclent le palais présidentiel. Le 21 janvier, une entente de cessez-le-feu est conclue. Malgré le soutien de la communauté internationale, le président, le premier ministre Khaled Bahah et son cabinet démissionnent. Cette nouvelle ajoute au climat d'instabilité, incitant plusieurs habitants à quitter la capitale. La situation est complexe et les spéculations nombreuses quant à la suite des choses. On craint que le Yémen ne devienne le théâtre d'un bras de fer entre l'Iran, d'une part, l'Arabie saoudite et les États-Unis, de l'autre. S'ajoute à cela la présence d'al-Qaïda dans la péninsule arabique, un adversaire des Houthis, combattu par les Américains, dont l'influence pourrait s'étendre chez les sunnites. Une menace sécessionniste est également évoquée, des tensions entre le nord et le sud, qui formaient deux États distincts avant 1990, étant susceptibles de s'accentuer avec l'affaiblissement du pouvoir central.

Dans les médias...


Bruce Riedel, « Le double échec américain »

«...Le Yémen ne figurant pas souvent au menu des discussions sur la politique étrangère des États-Unis, il n'est guère étonnant que le président Barack Obama ne l'ait même pas mentionné lors de son dernier discours sur l'état de l'Union. C'est d'ailleurs assez logique quand on considère le peu de poids que nous avons pour influencer les événements au Yémen. Hadi était la meilleure carte américaine. Mais cet échec rappelle les défis complexes auxquels les États-Unis sont confrontés dans le monde islamique. Le 20 janvier, Obama a souligné à juste titre que l'Amérique avait besoin d'une meilleure stratégie pour combattre le terrorisme tout en évitant d'être entraînée dans des situations inextricables comme l'Irak. Il a raison de dire que l'Amérique a besoin de partenaires locaux pour combattre l'extrémisme. Il a raison de dire qu'envoyer de gros contingents de troupes américaines dans des guerres civiles serait une erreur. Le Yémen était précisément censé être le modèle de cette nouvelle approche visant à mettre sur pied des capacités locales et à amener nos alliés à prendre en charge une plus grande part de la tâche. Le fait que cette approche se solde par un échec est une leçon qui doit nous faire réfléchir. »

Al-Monitor (États-Unis), reproduit dans Courrier International, 29 janvier 2015, p. 26.

Luis Lema, « Le coup de force des chiites place le Yémen au bord du précipice »

«...Tandis que les fronts ne cessent de se durcir, nombreux sont ceux qui voient se transformer Ansaruallah en une sorte de Hezbollah libanais, soit un avant-poste des intérêts iraniens. L'ardeur avec laquelle les pays du Golfe ont dénoncé le coup de force des Houthis et proclamé leur soutien au président Abd Rabbo Mansour Hadi montre assez que les craintes saoudiennes sont partagées dans la région. (...) Et face à cette nouvelle excroissance de « l'arc chiite » - « C'est presque mécanique: une montée en puissance des Houthis s'accompagnera d'un renforcement d'Al-Qaida », souligne David Rigoulet-Roze (chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique). Comme l'a rappelé la récente attaque contre Charlie Hebdo, Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) est aujourd'hui la « franchise » la plus puissante de la nébuleuse terroriste. Le danger que représente, aux yeux des extrémistes sunnites, une avancée des ennemis chiites aurait déjà provoqué l'arrivée de centaines de djihadistes venus en renfort. Paradoxe ultime: c'est sur ces djihadistes que l'Arabie saoudite pourrait compter contre les chiites. Alors que, dans le même temps, Riyad fait partie aujourd'hui de la coalition qui, en Irak, bombarde leurs cousins de l'État islamique, en Irak et en Syrie. »

Le Temps (Suisse), 22 janvier 2015.

Hassane Zerrouky, « Le pays de la reine de Saba menacé par le chaos »

«...Tout en laissant planer le doute sur le sort réservé au président yéménite élu en février 2012, le chef d'Ansarullah, Abdelmalek Al Houthi, trente-cinq ans, qui avait déclaré lundi que « toutes les options sont ouvertes » et que « personne, qu'il soit président ou non, ne sera au-dessus de nos mesures s'il fomente un complot contre le pays », n'a pas manqué d'accuser le président Hadi de « couvrir la corruption » qui règne au sommet de l'État. À l'origine de cette crise, qui risque d'un moment à l'autre de faire basculer le Yémen dans une guerre civile interconfessionnelle généralisée - chiites zaïdites d'un côté et sunnites de l'autre - , le projet de fédéralisation du pays en six provinces dont les contours sont contenus dans le nouveau projet de constitution. Aussi le chef chiite a-t-il exigé la réécriture de ce projet, dont le concepteur, Ahmed Awad Ben Moubarak, chef de cabinet du chef de l'État, est détenu par ses troupes, projet qui, a-t-il indiqué, aboutirait à démanteler le Yémen. Qui plus est, accusant le pouvoir en place de ne pas l'avoir associé à la rédaction du projet de constitution, Abdelmalek Al Houthi est d'autant plus furieux que le découpage du pays prive le mouvement chiite d'une région ayant un accès à la mer alors que par ailleurs il contrôle le port de Hodeida, sur la mer Rouge. »

L'Humanité (France), 22 janvier 2015.

S.A., « Instability in Yemen : Held Hostage »

«...Many ordinary Yemenis share some of the Houthis' grievances. These include concerns about poverty and corruption, which were aired but never dealt with after the 2011 revolution. But people worry that the fighting will never end. Yemen's instability is born of long-standing internal rivalries that are exacerbated by competition between regional rivals - Saudi Arabia, which supports the government, and Iran, which is said to back the Houthis. The Houthis find politics "a time-consuming and ineffective tool compared with their guns", says Farea al-Muslimi, a Yemeni columnist. The challenge from the Houthis has also allowed for a regrouping of AQAP, against whom the army had made significant progress. Last year Saudi Arabia froze all funding to Yemen in response to the Houthi takeover of Sana'a, and America led a push for UN sanctions against senior Houthi military commanders. This week the UN Security Council issued a unanimous statement backing Mr Hadi. But there is little appetite for intervention to support him. Instead, a Houthi-run Yemen is likely to become increasingly isolated and economically unstable. That could, in turn, strengthen southern Yemeni separatists and AQAP, which claimed responsibility for the attack in Paris against the offices of Charlie Hebdo earlier this month. The consequences of instability in Yemen extend far beyond its borders. »

The Economist (Royaume-Uni), 24 janvier 2015.

Gouvernance et gouvernement [ 22 janvier 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Yémen
TransitionAbdul Rab Mansur al-HadiKhaled Bahah

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2005 - 2016



juin
2011
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janvier
2015
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