Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

23 novembre 2017

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janvier 2015

Chute importante du prix du baril de pétrole

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Chevalet de pompage

Après avoir connu une baisse de 40 % en 2014, le prix du baril de pétrole termine l'année à environ 60 $ US, du jamais vu depuis 2009. Cette chute significative, qui s'explique par différents facteurs, a des répercussions sur la situation économique de plusieurs pays.

La demande accrue de pays populeux comme la Chine et l'Inde contribue à une augmentation continue du prix du baril de pétrole à partir de la fin des années 1990. Un sommet de 145 $ est enregistré au cours de l'été 2008. La crise économique mondiale de 2008 entraîne par la suite une baisse de consommation significative. Le prix du baril se stabilise autour de 100 $ à 110 $. La donne change à l'été 2014. La production à la hausse de pétrole de schiste aux États-Unis, conjuguée à une baisse de consommation dans les pays émergents, favorise une chute importante qui se poursuit pendant la deuxième moitié de l'année. Cette nouvelle réjouit les consommateurs qui profitent de la réduction du prix de l'essence à la pompe. En revanche, cette baisse de revenus bouleverse la situation de plusieurs pays, particulièrement ceux dont l'économie est centrée autour de l'industrie pétrolière (Russie, Iran, Libye, Nigeria, Algérie, Venezuela, etc.). Des membres de l'Organisation des produits exportateurs de pétrole (OPEP) souhaitent une révision à la baisse de la production qui enrayerait cette chute des prix. L'Arabie Saoudite, un acteur clef, s'y oppose et, en novembre 2014, l'OPEP annonce qu'elle maintient sa production à 30 millions de barils par jour. Plusieurs hypothèses sont évoquées pour justifier cette position. Aux yeux de certains, elle vise à contrer l'expansion du pétrole de schiste ou d'autres méthodes d'extraction dont les coûts de production sont plus élevés. D'autres y perçoivent une volonté de déstabiliser la Russie, déjà en proie à des sanctions adoptées en réaction à son comportement en Ukraine, ainsi que l'Iran. Les spéculations sur le long terme affluent, alors que la tendance à la baisse se poursuit au début de 2015, le prix du baril continuant sa course et atteignant la barre des 50 $ US.

Dans les médias...


David Rigoulet-Roze, « Pourquoi l'Arabie saoudite est nettement plus forte (et dangereuse) qu'on le croyait »

«...Certes, il n'est pas douteux que la chute des cours du brut affecte tout particulièrement au premier chef l'économie russe qui a besoin d'un baril à 100-110 dollars sur le plan budgétaire et dans une moindre mesure l'économie iranienne qui a théoriquement besoin d'un baril à 130-140 dollars pour être en mesure de financer les subventions gouvernementales destinées à la population. Le fait est que le gouvernement iranien, soumis à de sévères sanctions internationales pour ses activités nucléaires (des sanctions ayant réduit ses exportations à 1,2 million de barils contre le double en 2011) a, pour prendre en compte la chute du cours du brut, défini son budget annuel allant de mars 2015 à mars 2016 sur la base d'un baril à 70-80 dollars quand il avait été établi une base de à 100 dollars sur l'année budgétaire courant de mars 2014 à mars 2015. Mais l'Iran compte sans doute beaucoup sur la perspective d'une levée éventuelle des sanctions en cas de finalisation d'un accord sur le nucléaire souhaitée par les États-Unis - mais justement pas par l'Arabie saoudite. Cette levée permettrait à Téhéran de récupérer quelque 100 milliards de pétro-dollars aujourd'hui encore bloqués par lesdites sanctions. C'est là que l'on retrouve les calculs géopolitiques qui peuvent sous-tendre cette brutale chute des cours de près de 50 % depuis le début de l'été 2014 alimentant les théories du complot. »

Atlantico (France), 25 décembre 2014.

Christophe Ayad, Isabelle Mandraud, Ghazal Golshiri, Paulo L. Paranagua, Charlotte Bozonnet, Cyril Bensimon, « Les grands perdants de la chute des cours du pétrole »

«...Très dépendante des hydrocarbures, qui représentent 97 % de ses recettes d'exportation et 40 % de son PIB, l'Algérie voit dans la dégringolade des prix du brut une menace quasi existentielle. « L'Algérie est-elle préparée à un nouveau choc pétrolier? », s'interrogeait ainsi le quotidien El Watan au lendemain de la décision de l'OPEP de maintenir son niveau de production, résumant la crainte d'un pays déjà victime dans les années 1980 de l'écroulement des cours du brut. Alors que le pays vit dans l'angoisse et les incertitudes liées à la succession d'Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, personne n'a oublié l'explosion sociale de 1988, qui avait ouvert une décennie de troubles. (...) La crise actuelle rappelle les failles de l'économie algérienne qui, prisonnière de la manne des hydrocarbures, n'a jamais pu se diversifier. L'agriculture ne pèse que 2 % du PIB; l'industrie environ 4 %. Le coup pourrait être d'autant plus rude pour le pays que la rente pétro-gazière a depuis toujours permis au régime d'assurer la paix sociale. En 2011, alors que le « printemps arabe » s'étendait à Alger, le pouvoir avait octroyé jusqu'à 100 % d'augmentation de salaires à certaines professions. »

Le Monde (France), 4 décembre 2014, p. 2.

Frédéric Autran, « Le pétrole de schiste paie la fracture »

«...Le «miracle économique» du pétrole de schiste américain était-il un mirage ? Face à la chute vertigineuse du prix du brut, passé en sept mois de plus de 105 dollars à moins de 50 dollars le baril, ce secteur apparaît en tout cas fragilisé. «La révolution du pétrole de schiste est en danger», s'alarme ainsi le magazine Fortune. De quelle révolution parle-t-on ? Ces six dernières années, le boom de la fracturation hydraulique - méthode très controversée qui permet de libérer du pétrole enfermé dans la roche - a fait exploser la production américaine de brut, avec près de 9,2 millions de barils par jour contre 5 millions en 2008, soit une hausse de 84%. Cette croissance record, combinée à un ralentissement de la demande en Chine, en Inde ou au Brésil, et au refus des pays de l'Opep de réduire leur production, a entraîné une offre surabondante qui tire les cours du brut vers le bas. Depuis l'été, le baril de pétrole léger américain, l'une des références sur le marché mondial, a ainsi perdu près de 55% de sa valeur. A tel point que de nombreux industriels américains vendent à perte. (...) Outre son impact environnemental, le shale oil (pétrole de schiste), exploité principalement au Texas et dans le Dakota du Nord, a en effet un inconvénient majeur : il est beaucoup plus difficile et donc coûteux à extraire que le pétrole «conventionnel». »

Libération (France), 31 janvier 2015, p. 18.

David Mitchell, propos rapportés par Maurin Picard, « Le déclin des prix pétroliers ? Une arme à double tranchant »

«...l'Opep en général, et l'Arabie saoudite en particulier ont laissé les prix baisser et engrangent les bénéfices de cette opération. Un, cela affecte l'Iran. Deux, cela enclenche le processus de limitation du nombre de concurrents américains capables de produire du pétrole. Ils espèrent que le crash des prix va entraîner la banqueroute du plus grand nombre de firmes américaines et ainsi réduire l'offre sur le long terme. Le problème avec cette approche est que, une fois que les prix vont recommencer à grimper, car cela est inéluctable, la production de schiste va redevenir profitable et les firmes mises à l'écart vont replonger dans ce filon et pomper du pétrole de plus belle. C'est beaucoup plus simple et plus rapide de puiser dans ces gisements que dans l'Arctique ou dans les eaux profondes. La révolution technologique du drilling et du fracking a probablement provoqué un déclin à moyen, voire à long terme, du prix du pétrole: les producteurs ont des coûts d'exploitation si faibles qu'ils peuvent réagir à un changement du prix du baril en adaptant instantanément leur volume de production. Il se trouve justement que la demande en pétrole a baissé récemment à travers le monde, du fait de la détérioration des conditions économiques, notamment en Chine et en Europe. Ce qui constitue un facteur aggravant pour la baisse générale des prix. »

Le Soir (Belgique), 26 décembre 2014, p. 14.

Eduardo Porter, « Behind Drop in Oil Prices, Washington's Hand »

«...A price of $45 a barrel does not portend a great future for American shale oil, which is comparatively expensive to produce. As investment in new shale production dwindles, oil prices are likely to recover. But even if a bunch of shale producers are driven out of business, the industry - which can add or cut production more quickly in response to price signals - might still change oil markets for good, putting a ceiling on oil prices closer to $50 a barrel than to OPEC's preferred $100. « We probably won't see $100 a barrel for a while, » said Jeff Colgan, a political scientist at Brown University who has studied the evolution of global oil. « Fracking does put a bit of a ceiling on the price. » An important question is what this will do to efforts to combat climate change. Just as the surge in natural gas from shale sharply reduced carbon emissions from the nation's power plants, the plunge in oil prices offers a sobering reminder of the power of markets over policy. »

New York Times (États-Unis), 20 janvier 2015.

Gouvernance et gouvernement [ 0 janvier 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéVladimir PoutineDmitry Medvedev

Iran
FaibleHassan Rouhaniposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2010 - 2016



décembre
2011
Réélection du parti Russie unie en Russie

décembre
2011
[Résultats] Élections législatives

mars
2012
Élection de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie

mars
2012
[Résultats] Élection présidentielle

février
2014
Ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie

mars
2014
Tenue d'un référendum en Crimée

juillet
2014
Écrasement d'un avion de la Malaysia Airline au-dessus du territoire ukrainien

janvier
2015
Chute importante du prix du baril de pétrole

octobre
2015
Attentat contre un avion de la compagnie russe Metrojet

septembre
2016
Réélection en Russie du parti Russie unie

septembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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