Université de Sherbrooke
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16 octobre 1978
Élection du pape Jean-Paul II

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Jean-Paul II

Le décès du pape Jean-Paul 1e entraîne la tenue d'un conclave au cours duquel les cardinaux élisent l'archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, pour lui succéder. Celui-ci prendra le nom de Jean-Paul II.

C'est le deuxième conclave qui se déroule en 1978. Le premier, qui a eu lieu au mois d'août, avait fait d'Albino Luciani (Jean-Paul 1e), l'archevêque de Venise, le successeur de Paul VI, décédé quelques jours auparavant. Jean-Paul 1e décédera à son tour le 28 septembre, un mois seulement après son élection. Cette fois, les cardinaux rompent avec la tradition en élisant un Polonais, l'archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, pour être son successeur. C'est la première fois depuis le XVIe siècle que le pape n'est pas Italien. À 58 ans, Wojtyla est également le plus jeune souverain pontife depuis le milieu du XIXe siècle. Il prendra le nom de Jean-Paul II en hommage à son prédécesseur. Dès juin 1979, le pape réalise un précédent en visitant un pays communiste, sa Pologne natale. Deux ans plus tard, en mai 1981, il échappera de peu à une tentative d'assassinat sur la place Saint-Pierre. Le charisme et le conservatisme de Jean-Paul II seront en évidence au cours de son pontificat qui se poursuivra au XXIe siècle, malgré une santé déclinante qui limitera ses déplacements.

Pour en savoir plus: Discours radiophonique du nouveau pape de l'Église catholique romaine

Dans les médias...


Amal Naccache, « Un pape qui vient du froid »

«...Jean Paul II sera le premier pape à connaître d'aussi près la réalité du catholicisme, et du christianisme en général, dans les pays de l'Est. Ce fils d'ouvrier, ouvrier lui-même pendant ses années de séminaire, n'a pratiquement exercé son apostolat que sous le règne de la Pologne communiste. (...) Quelle sera, du Vatican où il siège désormais, son attitude vis-à-vis de l'Union soviétique et de l'Europe de l'Est ? Entre l'hostilité traditionnelle de la Pologne à l'égard de l'URSS, plusieurs fois « puissance occupante » au cours de l'histoire, et le pragmatisme des Églises catholiques contemporaines vis-à-vis des régimes communistes qui gouvernent leurs pays, comment se situera Jean Paul II ? Certains se demandent s'il sera le Zbigniew Brzezinski de l'Église ou, au contraire, son Willy Brandt. Il est trop tôt pour trancher, mais on voit mal ce prélat, intellectuel, nourri d'Emmanuel Mounier, et dont le premier discours révèle l'attachement à Vatican II et à l'oecuménisme, emprunter vis-à-vis du monde communiste le chemin de la rigidité. »

Jeune Afrique (France), 25 octobre 1978, p. 33.

Jean-François Revel, « Ex Oriente lux »

«...La coopération de l'Église catholique avec la monarchie de droit divin était payée de retour : l'Église fournissait la justification idéologique, et la monarchie fournissait le pouvoir. Son adaptation au marxisme-léninisme ne saurait l'être, puisque le marxisme-léninisme fournit précisément à lui seul à la fois la justification idéologique et le pouvoir absolu. En élisant un cardinal polonais, pour qui cette évidence est depuis longtemps réalité expérimentale quotidienne vécue, le conclave s'est arraché d'un seul coup aux fioritures du double jeu. Il a remis en pleine lumière cette vérité fondamentale de notre temps, qu'on ne saurait attendre la justice d'un système qui l'a toujours détruite, partout, de façon irréversible. Ensuite, même en politique intérieure italienne, contrairement à ce que l'on pourrait croire, la présence d'un Polonais au Vatican ne sera pas sans influence. Dans la pratique politique, certes, le nouvel évêque de Rome sait qu'il devra compter avec cette donnée énorme qu'est le Parti communiste italien. Mais, dans le « discours » politique, l'ancien évêque de Cracovie sera vraisemblablement assez difficile à envoûter. »

Le Nouvel Observateur (France), 21 au 28 octobre 1978, p. 43.

Marcel Adam, « Jean Paul II : un choix audacieux »

«...voilà que les conclavistes, contre toutes les attentes - sinon contre toutes les espérances - , ont mis fin à la tradition et fait un triple pari. D'abord, ils ont nommé encore une fois un pasteur qui n'a, comme son prédécesseur, aucune expérience de l'appareil gouvernemental de l'Église, dont on connaît la lourdeur et la complexité. Ensuite, de choisir un prélat qui vient de l'Église du silence, derrière le Rideau de fer, malgré tous les problèmes religieux et politiques d'une incroyable délicatesse qui pourraient en surgir. Enfin, à l'encontre de l'opinion courante voulant que s'il n'est pas bon d'avoir un pape trop âgé, il n'est pas meilleur d'en choisir un trop jeune (c'est-à-dire de moins de 60 ans), de peur que son règne soit trop long, les cardinaux ont élu un homme jeune, du même âge, justement, que certains qu'on disait exclus pour cette raison. Ce choix, qui aura probablement déçu un peu nombre d'Italiens pour des raisons humaines faciles à comprendre, suscitera dans le monde un immense intérêt. »

La Presse (Québec, Canada), 17 octobre 1978, p. A4.

Éditorial

«...the new pope embodies truly striking change for the Roman Catholic Church. The changes reaches well beyond the immediate surprises : the fact that he is Polish and the first non-Italian pope in five centuries, is the youngest pope of this century and comes from a communist country. But it is directly related to all three. Even the unchanging symbols and style of the papacy, so richly Italian from the Vatican art of Michelangelo to the massing of the boisterous Roman crowds to greet a new pope, could not obscure the fact that the choice of this Polish cardinal launched the church on a new course of greater reach and universality. The Vatican overnight has ceased to be an Italian preserve. In terms of world outlook, the church has new eyes that are bound to be different from those of men, one after another, whose entire lives had been spent in the Italian church and whose views and sensitivities, no matter how strong the intellects behind them, were bound to have some provincial limitations. »

Detroit Free Press (États-Unis), 18 octobre 1978.

Gouvernance et gouvernement [ 16 octobre 1978 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pologne
FaibleWojciech JaruzelskiPiotr Jaroszewicz

Italie
ÉlevéAlessando (Sandro) PertiniGiulio Andreotti

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [1973 - 1983]



6 novembre 1975Wojciech Jaruzelski : chef d'État (investiture/assermentation)
16 octobre 1978 Élection du pape Jean-Paul II
2 juin 1979 Premier voyage du pape Jean-Paul II en Pologne
22 septembre 1980 Fondation du syndicat Solidarnosc en Pologne

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension