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2 avril 2015

Entente préliminaire sur l'utilisation de l'énergie nucléaire en Iran

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après de longues négociations, la République islamique d'Iran et un groupe de puissances internationales (le 5 + 1) en viennent à une entente préliminaire sur les grandes lignes d'un éventuel accord sur l'usage de l'énergie nucléaire en Iran. Les paramètres de cet accord feront l'objet d'autres discussions devant aboutir avant la fin du mois de juin 2015.

En 2006, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) adopte une résolution prévoyant des sanctions si l'Iran persiste à développer son programme d'enrichissement de l'uranium. L'ONU accepte que l'Iran maintienne son programme nucléaire civil, mais veut l'empêcher de développer une arme nucléaire. Les effets économiques de ces sanctions se font sentir. En juillet 2013, la donne change alors qu'Hassan Rohani, un ancien négociateur dans le dossier nucléaire, accède à la présidence. Il est considéré comme plus modéré que son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad. Des négociations avec le groupe international 5 + 1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) mènent à un Plan d'action conjoint en novembre 2013. Il prévoit des restrictions au programme nucléaire iranien contre un desserrement des sanctions. Le plan entre en vigueur en janvier 2014, mais des négociations se poursuivent avec le 5 + 1 ainsi qu'entre l'Iran et les États-Unis sur une base bilatérale. Des dates butoirs sont fixées, mais ne peuvent être respectées. Les pierres d'achoppement sont le nombre autorisé de centrifugeuses produisant du combustible nucléaire et les moyens de vérification acceptés sur le territoire iranien. Une entente préliminaire est conclue le 2 avril 2015. L'Iran accepte des restrictions à son programme ainsi que des vérifications accrues de l'Agence internationale de l'énergie atomique. En retour, des sanctions seraient levées par les États-Unis et l'Union européenne. Les modalités seront à négocier au cours de l'été, mais les présidents Barack Obama et Hassan Rohani expriment leur optimisme. Des critiques se manifestent aussi, notamment de la part d'Israël qui redoute la menace que ferait peser sur elle une arme nucléaire iranienne. Par ailleurs, des observateurs s'inquiètent de ce qui arrivera une fois que les échéances prévues par les dispositions de l'entente, soit une décennie et plus, seront terminées. L'accord sera finalement signé le 21 juillet 2015.

Dans les médias...


Yves-Michel Riols, « Nucléaire iranien : l'espoir renaît à Lausanne »

«...Dans la foulée de l'accord intérimaire, de novembre 2013, entre l'Iran et les Six, qui a ouvert la voie à un gel du programme nucléaire iranien et à une levée partielle des sanctions contre Téhéran, il était encore légitime de plaider la patience, en raison de l'innovation majeure que constituait la simple existence de ce dialogue avec l'Iran après tant d'années d'impasse. Mais aujourd'hui, après seize mois de consultations diplomatiques intenses, pendant lesquels tous les scénarios techniques ont été passés au crible, les prolongations s'apparentent davantage à un constat d'échec. La grande difficulté de ces pourparlers, d'une complexité technique inouïe, est qu'il faut, en fait, mener trois négociations de front. L'une entre les pays du « P5 + 1 » , dont les priorités ne sont pas forcément concordantes. Une autre, encore plus difficile, entre l'administration Obama et un Congrès dominé par les républicains, particulièrement hostiles à l'Iran. Et une dernière, en Iran, entre les réformateurs, incarnés par le président Hassan Rohani, et l'aile dure du régime, qui redoute un affaiblissement de son influence en cas de règlement du conflit nucléaire qui entraînerait une ouverture vers l'Occident. La conclusion d'un accord politique à Lausanne entre l'Iran et les grandes puissances, qui permettrait de poursuivre les discussions sur les annexes techniques jusqu'à l'échéance finale du 30 juin, serait une étape fondamentale. »

Le Monde (France), 3 avril 2015, p. 2.

Baudouin Loos, « Accord à Lausanne : entre satisfaction et méfiance »

«...les négociateurs iraniens, américains, chinois, russes et européens ont réussi à convenir d'autre chose qu'un accord pour poursuivre les négociations; cette fois, il y a un résultat concret, une percée décisive et, donc, un accord-cadre. La crise, ouverte il y a treize ans déjà, avec la révélation de sites nucléaires secrets à Natanz et Arak, paraît donc en voie de résolution. (...) les négociateurs savaient que l'Iran devait sortir de cette crise la tête haute. L'attitude satisfaite de Mohammad Javad Zarif, son sourire, indiquent que cette condition a été remplie. Les Iraniens ne s'y sont pas trompés, célébrant par centaines l'accord dans les rues de Téhéran. En même temps, les dirigeants israéliens faisaient grise mine (...). L'élément clé, à l'avenir, se situera sans doute, dans les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique, où la bonne foi de Téhéran sera mise à l'épreuve. Mais cela prendra du temps. En attendant, le scepticisme des ennemis de la République islamique risque de l'emporter au moins jusqu'à la fameuse date limite du 30 juin prochain. Et ces ennemis sont nombreux, qu'on en juge: depuis les républicains aux États-Unis, majoritaires au Congrès, jusqu'aux Saoudiens et ceux parmi les États sunnites qui partagent leur phobie des ayatollahs, en passant par des Israéliens qui entendent depuis plus de dix ans leurs dirigeants affirmer que l'existence même de leur État est en cause...»

Le Soir (Belgique), 3 avril 2015, p. 13.

Pierre Barbancey, « Nouveaux atomes crochus entre l'Iran et les grandes puissances »

«...les États-Unis sont particulièrement en pointe dans la recherche d'un accord, même si certains généraux continuent à brandir la menace d'une intervention militaire en cas d'échec. C'est que Washington sait trop la nécessité aujourd'hui de composer avec l'Iran pour combattre l'« État islamique », en Irak et en Syrie. D'ailleurs, sans l'Iran, l'Irak serait-il aujourd'hui capable de sortir la tête hors de l'eau, de reprendre Tikrit et d'envisager une nouvelle offensive à Mossoul pour défaire les djihadistes ? Les États-Unis peuvent d'autant plus se comporter ainsi que le développement du gaz de schiste sur leur propre sol les rend moins dépendants énergétiquement. Composer avec l'Arabie saoudite n'est plus aussi vital. Et les marchés iraniens qui pourraient s'ouvrir aux entreprises états-uniennes ne pèsent pas peu dans la balance. Quant aux critiques venues d'Israël, Barack Obama n'en a pas vraiment cure. Les relations se sont dégradées mais ne se rompront jamais. »

L'Humanité (France), 3 avril 2015.

Jocelyn Coulon, « L'Iran, acteur incontournable »

«...À la faveur de la détérioration du processus de paix israélo-palestinien, des luttes de pouvoir au Liban, de la catastrophique intervention américano-britannique en Irak et des agissements de groupes terroristes comme l'État islamique, Téhéran a patiemment avancé ses pions en soutenant le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais, en prenant le contrôle du pouvoir en Irak et en appuyant la lutte contre les ambitions religieuses et territoriales de l'EI. L'Iran s'est ainsi constitué une zone d'influence à prédominance chiite dont le dernier domino tombé sous son emprise est le Yémen. Avec de telles cartes en main, un monde arabe sunnite craintif, mais divisé face à Téhéran et aux enjeux régionaux, et des Occidentaux tournés vers leurs problèmes internes ou attirés par les sirènes du commerce avec l'Asie, l'Iran retrouve sa place et la négocie chèrement. D'où les interminables pourparlers sur le nucléaire militaire et dont l'accord probable pourrait bien permettre à l'Iran de conserver la capacité résiduelle de fabriquer une bombe atomique. Pas surprenant que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou estime que le régime des mollahs est plus dangereux que l'EI, car « vaincre l'EI et laisser l'Iran devenir une puissance nucléaire potentielle, c'est remporter la bataille, mais perdre la guerre », a-t-il affirmé devant l'ONU en septembre dernier. »

La Presse (Québec, Canada), 2 avril 2015, p. A18.

Joby Warrick, « With outlines of a deal, Iran embarks on uncharted territory with the U.S. »

«...Statements by U.S. and Iranian officials made clear that the two countries are nowhere close to normalizing relations. But to longtime Iran observers, the talks themselves were a milestone achievement, a pivotal point in Iran's post-revolutionary history and the beginning of a new chapter in the country's relations with the outside world. « We have entered uncharted territory, » said Karim Sadjadpour, an Iran expert at the Carnegie Endowment for International Peace. (...) President Obama, in announcing the agreement, acknowledged that it « will not end the deep divisions and mistrust between our two countries. » Yet the deal represents a remarkable shift for a country that, just three years ago, was firing at U.S. surveillance drones over international waters in the Persian Gulf and allegedly plotting to assassinate a Saudi diplomat by bombing a restaurant in Washington. While Iran's security establishment and many of its leading clerics remain vehemently anti-American, ordinary Iranians will now see rapprochement with the West as not only possible but desirable, said Trita Parsi, president of the National Iranian American Council. « For many people this closes the chapter on 1979, » said Parsi, referring to the year when Iranians overthrew the country's pro-American ruler, Shah Mohammad Reza Pahlavi, allowing fiercely anti-American Ayatollah Ruhollah Khomeini to come to power. « It's not that the revolution is undone, but the enmity with the United States is finally neutralized. »»

The Washington Post (États-Unis), 3 avril 2015.

Gouvernance et gouvernement [ 2 avril 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Iran
FaibleHassan Rouhaniposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 2010 - 2016



juin
2013
Élection de Hassan Rohani à la présidence de l'Iran

juin
2013
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2013
Entente internationale intérimaire sur le développement du programme nucléaire iranien

avril
2015
Entente préliminaire sur l'utilisation de l'énergie nucléaire en Iran


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Nucléaire iranien : un accord historique réjouit la communauté internationale

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Élection de Rohani : naissance d'un espoir international

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