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22 décembre 2008

Décès du président guinéen Lansana Conté

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après 24 années au pouvoir, le président guinéen Lansana Conté décède à l'âge de 74 ans. Les dernières années de son règne ont été marquées par une forte contestation sociale, notamment une grève générale qui fait l'objet d'une sévère répression.

La mort d'Ahmed Sékou Touré, le 26 mars 1984, met fin au règne du seul président que la Guinée a connu depuis son accession à l'indépendance, en 1958. Des élections sont prévues et un président intérimaire nommé, mais un coup d'État est effectué le 3 avril. La Constitution est suspendue, une junte prend le pouvoir et le colonel Lansana Conté devient président. Le nouveau dirigeant effectue un virage vers un modèle économique libéral. Il met également un terme à la domination du Parti démocratique guinéen comme parti unique et fait libérer des prisonniers politiques enfermés sous le régime précédent. Malgré la tenue d'élections à partir de 1993, Conté et son Parti de l'unité et du progrès dominent la vie politique. Un référendum, remporté de façon décisive en 2001, lui permet de prolonger le mandat présidentiel à 7 ans et de se porter candidat aussi souvent qu'il le désire. Quelques coups d'État contre lui échouent, mais les critiques persistent contre l'autoritarisme croissant du régime, la corruption et des manquements aux droits humains. Le dernier mandat de Conté est marqué, en 2007, par une grève générale qui est réprimée brutalement. Fragile depuis quelques années, l'état de santé du président se détériore avant son décès, le 22 décembre 2008. Un deuil de 40 jours est décrété et des funérailles grandioses sont organisées à Conakry. Hormis une courte transition, seulement deux hommes, Sékou Touré et Conté, ont présidé la Guinée en 50 ans d'histoire. La situation évolue rapidement alors que des militaires, réunis au sein du Conseil national pour la démocratie et le développement, prennent le pouvoir le 24 décembre et portent le capitaine Moussa Dadis Camara à la présidence. Malgré l'engagement de celui-ci à restaurer la démocratie, la situation du pays demeurera instable.

Dans les médias...


François Soudan, « Le pont de Nzérékoré »

«...La violence quotidienne en moins, beaucoup de tares congénitales du défunt régime Sékou Touré continuent d'imprégner les mentalités et de polluer le présent guinéen de leur arrière-faix. L'armée a succédé au parti-État, aucun leader de l'opposition ne suscite d'adhésion transversale susceptible de transcender les clivages ethniques ou régionaux, et Lansana Conté continua jusqu'au bout de détenir seul ou presque les clés du coffre. Régulièrement pourtant, tel ou tel Premier ministre tenta de secouer le cocotier du pouvoir, avec la bénédiction initiale d'un président que l'on savait malade, mais qui, bien vite et avec un malin plaisir, déjouait les pronostics en poussant l'imprudent vers la sortie. Tant que n'était pas résolue l'hypothèque de la succession de Lansana Conté, les calculs empoisonnés et les manoeuvres politiciennes continuaient de paralyser toute perspective de développement. Qu'en sera-t-il demain, alors que le scénario redouté par la plupart des observateurs d'une nouvelle intervention « régulatrice » de l'armée augure mal d'une transition républicaine et démocratique ? »

Jeune Afrique (France), spécial Guinée, décembre 2008, p. 3.

Angélique Mounier-Kuhn, « La mort du président Lansana Conté plonge la Guinée-Conakry dans l'inconnu »

«....il s'était emparé du pouvoir au terme d'un putsch en 1984, une semaine après la mort du «Père» de la Guinée indépendante, Ahmed Sekou Touré. Il ne l'avait plus lâché, manipulant avec constance les résultats électoraux depuis qu'il avait été contraint d'introduire le multipartisme dans les années 1990. Diabétique et leucémique, le défunt autocrate ne se déplaçait que pour se faire soigner à l'étranger, à Genève notamment. Il laisse derrière lui un pays en pleine déliquescence sociale, travaillé depuis plus de deux ans par les mutineries, les grèves et les manifestations de rue réprimées dans le sang. «Le premier problème de la Guinée est le président Conté lui-même et son clan. [...] Sa vision militaire et prédatrice de l'exercice du pouvoir est anachronique», dénonçait un rapport de l'International Crisis Group en juin passé. Clairvoyante, l'organisation mettait aussi en garde contre «un départ dans des conditions non maîtrisées du président à court terme qui serait porteur d'un risque réel de chaos, d'explosion de violence et de divisions ethniques». »

Le Temps (Suisse), 24 décembre 2008.

T.H., « Fin d'un président fantôme »

«.....Celui qui se définissait avant tout comme un «paysan soldat», fervent défenseur de la culture du riz, régnait sans partage depuis avril 1984, date à laquelle un coup d'État militaire l'avait porté au pouvoir, dix jours après la disparition du père de l'indépendance guinéenne, Sékou Touré. Colonel, Lansana Conté était alors le plus haut gradé de l'armée. Arrivé presque par accident au sommet de l'État, il s'y est accroché en réprimant sévèrement plusieurs mutineries et soulèvements populaires. Sous son règne d'un quart de siècle, la Guinée, déjà mal partie avec le marxiste Sékou Touré, n'a cessé de s'enfoncer dans la crise. En revanche, l'ancien colonel, formé par les Français et qui avait notamment servi en Algérie, a su préserver son pays des affres de la guerre civile qui a ravagé ses voisins, le Liberia et la Sierra Leone. Un point positif, sans doute le seul. »

Libération (France), 24 décembre 2008, p. 11.

Gouvernance et gouvernement [ 22 décembre 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Guinée
FaibleLansana ContéLansana Kouyaté

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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[Résultats] Élection présidentielle


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