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17 décembre 2002

Signature d'un accord de paix relatif au conflit en République démocratique du Congo

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Joseph Kabila

À partir d'août 1998, un conflit opposant des rebelles au gouvernement de Kinshasa déchire la République démocratique du Congo (RDC). Cette guerre, qui implique plusieurs pays avoisinants, fera des millions de victimes, dont plusieurs qui succombent à des famines et des maladies.

Le génocide au Rwanda et la guerre civile au Burundi amènent des Hutus à se réfugier dans la partie est de la RDC au milieu des années 1990. Cette présence provoque des tensions entre ces pays. Des rebelles tutsis, armés par le Rwanda et appuyés par l'Ouganda, aident Laurent-Désiré Kabila, un opposant au président congolais Sese Seko Mobutu qui est renversé en 1997. Par la suite, Kabila prend toutefois ses distances avec le Rwanda et l'Ouganda. Ces derniers réagissent en épaulant le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) qui entre en lutte avec les troupes gouvernementales. Celles-ci ont le support d'autres pays de la région - Angola, Zimbabwe, Namibie, etc. - , ce qui, avec la convoitise des importantes ressources minières de la RDC, donne aux affrontements une dimension internationale. Cette diversité des enjeux et des fronts contribue aussi à la complexité de la situation. Malgré un accord de cessez-le-feu à Lusaka, en juillet 1999, et l'intervention d'une mission des Nations unies (MONUC), la même année, les combats se poursuivent. En plus des morts qui en résultent, des millions de Congolais sont déplacés ou succombent, victimes de famines et de maladies. Une des pires tragédies depuis la Deuxième Guerre mondiale, la guerre civile congolaise prend une nouvelle tournure en 2001 avec l'assassinat du président Kabila et son remplacement par son fils Joseph. L'année suivante, des ententes amènent le départ des troupes rwandaises et ougandaises. Les intervenants concluent un accord de paix global à Pretoria, le 17 décembre 2002, avec un plan de transition prévoyant des élections. Des tensions et des combats persisteront néanmoins, même si l'on considère que le conflit, qualifié par certains de « première guerre continentale africaine », prend fin à l'été 2003. Il aurait fait, selon les estimations, plus de 3 millions de morts et un nombre encore plus grand de déplacés.

Dans les médias...


Mbaye Gueye, « RDC : Un plus quatre... égale cinq »

«...Un président et quatre vice-présidents pour conduire la transition politique. C'est la formule magique que le facilitateur sud-africain et l'envoyé spécial des Nations unies peinent à appliquer au dialogue intercongolais enlisé depuis son ouverture officielle à Sun City. Et pendant le dialogue, le pillage continue... Pour les Congolais, l'année 2002 a d'abord été celle de la poursuite d'interminables pourparlers pour la mise en place d'un nouvel ordre politique dans le pays. Mais de quel ordre politique s'agit-il ? Aujourd'hui encore, la question divise largement la classe politico-militaire congolaise. Dans l'immédiat, les préoccupations portent plutôt sur le court terme. La priorité des priorités est ainsi la conclusion d'un accord portant sur une transition politique qui satisfasse tout le monde. Cette mission, redoutable à plus d'un titre, a été confiée à la facilitation sud-africaine épaulée par un co-médiateur, en l'occurrence Moustapha Niasse, envoyé spécial du secrétaire général de l'Onu. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), janvier 2003, p. 14.

S.A., « Le Congo-Kinshasa dans l'antichambre de la paix »

«...Durant la période de transition, Joseph Kabila, porté au pouvoir en janvier 2001 après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, conservera la présidence. Les composantes de la société congolaise doivent, pour leur part, se partager les postes de vice-présidents et les portefeuilles ministériels. Le schéma est séduisant. Presque inespéré après tant de massacres et de haine. Reste à savoir si le pari - « construire ensemble l'avenir d'un Congo démocratique, prospère et stable », selon la formule des autorités belges - peut être définitivement gagné. Le médiateur des Nations unies, le Sénégalais Moustapha Niasse, a peut-être fait preuve d'une emphase excessive en affirmant que « les fleurs de la paix » allaient « bientôt parfumer le superbe Congo ». Car la route vers une paix totale reste parsemée d'embûches. En témoignent les arrière-pensées politiques et la difficulté à faire taire les armes depuis la signature du protocole d'accord, en juillet dernier. En témoigne la difficulté à attribuer la présidence de l'Assemblée nationale, revendiquée par le Mouvement de libération du Congo mais que lui refusait le gouvernement de Kinshasa. En témoigne, encore, l'absence de partage des pouvoirs au sein de l'armée, pilier de la stabilité en Afrique. La prudence s'impose. Personne n'a oublié que les accords de Lusaka, signés à l'été 1999, sont restés lettre morte. Pour l'heure, il faut se contenter d'une formidable lueur d'espoir. Ce n'est déjà pas si mal... »

Les Échos (France), 18 décembre 2002, p. 76.

Jean-Dominique Geslin, « RD Congo Et maintenant ? »

«...Entamé laborieusement il y a plusieurs mois sous l'égide des Nations unies et de l'Afrique du Sud, le Dialogue intercongolais donne enfin ses premiers résultats tangibles. Même si l'accord signé à l'aube du 17 décembre à Pretoria pose plus de questions qu'il n'en résout. Le texte organise un savant partage des pouvoirs entre l'actuel gouvernement, les mouvements rebelles et l'opposition non armée. Mais les règles de la transition adoptées in fine suscitent la perplexité. (...) les ex-mobutistes vont devoir travailler avec les kabilistes de la première heure, et les ex-alliés de Kigali oeuvrer avec les amis de Luanda... Plutôt que d'un partage du pouvoir, certains préfèrent parler d'un partage du gâteau entre happy few, évoquant un arrangement à l'issue duquel « des chefs de guerre armés par des puissances étrangères se sont taillé la part du lion, et où des personnalités nommément citées pour crimes de sang ou pillage économique se retrouvent à la tête de l'État. »»

Jeune Afrique/L'Intelligent (France), 22 décembre 2002 au 4 janvier 2003, p. 13.

Thomas Hofnung, « Fragile accord de paix au Congo-Kinshasa »

«...Le pouvoir central conserve les portefeuilles de l'Intérieur, des Finances et de l'Industrie. Mais les deux principaux mouvements de rébellion obtiennent eux aussi des postes clés. Le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), contrôlé par le Rwanda, s'empare de la Défense, de l'Économie et des Entreprises d'État. Le Mouvement de libération du Congo (MLC), soutenu par l'Ouganda, gérera les Affaires étrangères, l'Agriculture et les Travaux publics. Les représentants de la société civile et de « l'opposition non armée » ont, quant à eux, obtenu la Justice, les Transports et les Affaires sociales. Enfin, le chef de l'État sera flanqué de quatre vice-présidents représentant chacune de ces quatre parties. (...) Mais la mise en oeuvre de l'accord risque de s'avérer problématique. Les différents groupes qui se disputent le contrôle de l'est et du nord-est du pays accepteront-ils sans réticence d'être intégrés au sein d'une armée réunifiée ? À Kinshasa, on s'inquiète déjà du retour éventuel des hommes du MLC ou du RCD, accusés d'exactions par les ONG dans les zones qu'ils contrôlent. Autre difficulté majeure : le partage des immenses ressources naturelles du sous-sol congolais pillées allégrement par les différents protagonistes, étrangers et locaux, de la guerre congolaise. Les uns et les autres seront-ils prêts à renoncer à leurs florissantes rentes de situation ? Rien n'est moins sûr. »

Libération (France), 18 décembre 2002, p. 11.

Rachel L. Swarns, « Congo and Its Rebels Sign Accord to End War »

«...South African officials, who helped broker the recent deals, hailed the string of agreements as the best chance for peace in Congo. At its height, the Congo war embroiled about six African nations in what was called Africa's first world war. About two million people are believed to have died since fighting began in Congo in 1998. But Congolese officials were cautious in their evaluation of the agreement today, mindful of the failed peace efforts in the past and the enormous problems ahead. In eastern Congo, tribal groups and traditional warriors are still battling for territory. Earlier peace accords have collapsed, including the Lusaka peace deal, which was signed by all warring nations in 1999. In the coming months, the government and rebels must also find a way to create a national army, an effort some fear could renew tensions. « The combination of these agreements with these aggressor states and with the rebel movements will pave the way for peace, we hope, » Kikaya bin Karubi, Congo's information minister, said today in a telephone interview from Kinshasa. « I'm being cautious. I don't see problems ahead, but you can never be 100 percent sure. I hope everybody is as determined as we are to see peace prevail,» he said. If peace does hold in Congo, historians may well point to this year as a turning point for several African countries rattled by seemingly relentless conflict. »

New York Times (États-Unis), 18 décembre 2002, p. A12.

Gouvernance et gouvernement [ 17 décembre 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Congo (rep. dem.)
TransitionJoseph Kabilaposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1997 - 2007



mai
1997
Renversement du président congolais Mobutu Sese Seko

décembre
2002
Signature d'un accord de paix relatif au conflit en République démocratique du Congo

juillet
2006
[Résultats] Élection présidentielle

juillet
2006
[Résultats] Élections législatives

octobre
2006
Élection de Joseph Kabila à la présidence de la République démocratique du Congo


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