24 juillet 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

4 novembre 1979

Occupation de l'ambassade des États-Unis à Téhéran

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ruhollah Khomeiny

Des étudiants iraniens occupent l'ambassade américaine à Téhéran et retiennent en otage une cinquantaine de personnes. En retour de leurs prisonniers, ils réclament qu'on leur rende leur ancien souverain, le shah Mohammad Reza Pahlavi, en exil aux États-Unis.

Le pouvoir du shah Mohammed Reza Pahlavi, souverain d'Iran depuis le décès de son père, en 1941, est fortement contesté au cours des années 70. La loi martiale est adoptée en septembre 1978, mais les mesures répressives ne suffisent pas à endiguer le mécontentement. Le départ de Pahlavi, le 16 janvier 1979, est suivi par le retour triomphal de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, en exil depuis plusieurs années. Un référendum précède la proclamation de la République islamique qui survient au début du mois d'avril. Le 4 novembre, des étudiants iraniens occupent l'ambassade américaine à Téhéran et exigent qu'on leur rende le shah, hospitalisé aux États-Unis. Malgré des représailles économiques américaines, la crise des otages perdure tout au long de 1980. Cette situation humiliante jouera pour beaucoup dans la défaite du président Jimmy Carter lors des élections de l'automne 1980. Il faudra attendre l'assermentation de son successeur, Ronald Reagan, en janvier 1981, avant que les otages ne rentrent aux États-Unis. Un conflit meurtrier opposera l'Iran à l'Irak dès l'année suivante.

Dans les médias...


Josette Alia, Pierre Blanchet, «Pourquoi Khomeini défie Carter»

«...Entre le souverain traqué et le peuple prosterné sur le trottoir, il y a une épaisseur de haine que les États-Unis, semble-t-il, ont complètement sous-estimée. «Le chah ? Il a été pour nous pire que Hitler», dit Abol Hassan Bani Sadr, membre du Conseil de la Révolution islamique. Alors, fallait-il l'accueillir et le soigner ? Les Américains l'ont fait sans hésiter, en un geste humanitaire que la conscience occidentale tout entière approuve. Mais, en Iran, il en va autrement. États-Unis-chah, chah-États-Unis : la conjonction frappe l'imagination populaire iranienne. Pendant des décennies, les Américains ont, dans l'ombre, conforté le pouvoir et tiré les ficelles de la tyrannie Pahlavi. Pendant des décennies, le petit peuple d'Iran a confondu dans la même haine le chah, «Satan», et son suppôt, l'Amérique, symbole d'un Occident aujourd'hui détesté, rejeté. Alors... Alors, le dimanche 4 novembre, l'irréparable se produit.»

Le Nouvel Observateur (France), 12 novembre 1979, p. 56.

Jean-François Revel, «Hors la loi ?»,

«...Susceptible d'être plus ou moins tragique sur le plan humanitaire, le dénouement de la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran ne pouvait, dès le départ, quoi qu'il arrivât, être pour Washington qu'une débâcle politique. Pis : le signe révélateur d'une déchéance plus prononcée encore qu'on ne l'imaginait. Car il ne s'agit pas d'un simple accident, d'une de ces malchances auxquelles les États, même les plus forts, ne peuvent totalement échapper. Cette lugubre et ridicule affaire est bien plutôt la démonstration spectaculaire, sur un cas limite, presque sur une hypothèse d'école, du recul généralisé de l'influence américaine dans le monde, et même de la perte par l'Amérique de sa stature de première grande puissance. Réduite à choisir, ou à ne pas choisir, entre la prudence d'une négociation incertaine et le quitte ou double d'un commando aventureux ? Dans les deux cas, l'Amérique sortait de son rôle de puissance planétaire.»

L'Express (France), 24 novembre 1979, p. 62.

Michel Roy, «Washington devant la provocation»

«...On peut donc penser que le chef religieux, aux prises avec des problèmes intérieurs, contesté par une fraction des révolutionnaires plus laïcs, éprouvant quelques difficultés à contrôler ses troupes, gêné par les problème des Kurdes, déplorant que la révolution ne s'oriente pas toujours dans le sens voulu, a suivi l'exemple de bien des chefs d'État avant lui : il a exploité le sentiment très répandu de l'anti-américanisme en Iran pour tenter, à la faveur de l'épreuve, de créer plus d'unité, de raffermir son autorité, d'accroître ses pouvoirs (...) Pour les besoins de la révolution iranienne, tantôt culturelle, tantôt sociale, l'ayatollah est conduit à prendre des décisions et à cautionner des excès qui confèrent à cette immense entreprise son caractère déraisonnable, impensable, fanatique.»

Le Devoir (Québec, Canada), 12 novembre 1979, p. 4.

Éditorial

«...With the Ayatollah Khomeini giving sanction to the demonstrators' actions, and lending support to their demand for the extradition of the former shah of Iran from the United States, the Iranian government itself is not in control of the events surrounding the hostages. So in the context -given the vulnerability of the hostages in the embassy and given the industrialized countries' continuing dependence on Iranian oil- the U.S. has had little choice but to try to work out the release of the embassy hostages in as low-key a manner as possible. Negociating over the extradition of the shah is, of course, unthinkable. But our government must for the moment try to work through the Iranian government to achieve an end to the siege. The frustration of being in this position ought to goad us, if nothing else will, to get on with cutting our dependence on imported oil. Even if the hostages in the embassy itself were the only consideration, to be sure, our only reasonable recourse might well be to walk softly and try to talk them out of trouble. But it is galling to see, again, how vulnerable we are.»

Detroit Free Press (États-Unis), 6 novembre 1979.

Gouvernance et gouvernement [ 4 novembre 1979 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Iran
TransitionRouhollah Mousavi KhomeiniMehdi Bazargan

États-Unis
ÉlevéJimmy Carter

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1974 - 1984



février
1979
Retour d'exil de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny

mars
1979
Début du deuxième « choc pétrolier »

novembre
1979
Occupation de l'ambassade des États-Unis à Téhéran

septembre
1980
Début de la guerre Iran-Irak

août
1981
Assassinat du président et du premier ministre de l’Iran


Dans l'actualité


septembre
2017
Réélection de Rouhani en Iran : vers l'ouverture et la modération

septembre
2017
Téhéran frappé par le groupe État islamique

février
2017
L'accord nucléaire iranien remis en question

mars
2016
Iran - Arabie Saoudite : des décennies de relations abruptes

février
2016
L'Iran entre réforme et tradition

décembre
2015
L'Iran : une population qui sombre dans la drogue

janvier
2014
Signature d'un accord historique sur le nucléaire iranien

décembre
2013
Nucléaire iranien : un accord historique réjouit la communauté internationale

octobre
2013
Élection de Rohani : naissance d'un espoir international

mai
2012
Enjeux géostratégiques autour de l'or noir : l'Iran lance un combat à tout prix


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019