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19 septembre 2015

Tenue d'élections législatives en Grèce

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Au coeur d'une année mouvementée, déjà marquée par des élections législatives et un référendum, le premier ministre grec Alexis Tsipras convie de nouveau ses compatriotes aux urnes le 19 septembre 2015. Comme en janvier, son parti, la Coalition de la gauche radicale (Syriza), arrive encore en tête avec 35,5% des votes et 145 sièges.

Syriza, un parti d'extrême gauche, arrive en tête lors des législatives de janvier 2015. Il s'engage à ne pas accepter les conditions que veulent imposer les créanciers européens de la Grèce pour sortir celle-ci de sa crise financière. Les négociations avec la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne s'avèrent difficiles. Pour briser l'impasse, le premier ministre Tsipras annonce un référendum le 5 juillet. Suivant sa recommandation, les Grecs repoussent à 61,3% le plan proposé pour la restructuration de leur dette. Le 15 juillet, le Parlement accepte toutefois un plan, suscitant la grogne au sein des éléments radicaux de Syriza. Ils forment un nouveau parti politique, Unité populaire, plaçant Syriza en position minoritaire. Le 20 août, Tsipras démissionne. Une juge, Vassikili Thanou-Christophilou assure l'intérim et des élections sont annoncées pour le 19 septembre. Un coude-à-coude se dessine entre Syriza et Nouvelle démocratie (ND), une formation de centre droit. Les résultats des deux formations sont toutefois à peu près identiques à ceux de janvier 2015, Syriza obtenant 35,5% des votes et 145 sièges, alors que ND termine deuxième avec 28,1% et 75 élus. Le parti d'extrême droite Aube dorée, dont plusieurs leaders font face à la justice, termine loin derrière avec 7% et 18 sièges, juste devant le Pasok, une formation socialiste. En tout, 8 partis font élire des candidats, un record illustrant la chute de popularité des partis traditionnels. D'ailleurs, seulement 56,6% des Grecs se sont rendus aux urnes. Tsipras, qui gouvernera avec l'appui des Grecs indépendants, parle de « victoire du peuple » et du « mandat clair » qu'il a reçu. Les analystes prévoient toutefois d'autres turbulences alors que des mesures économiques sévères restent encore à appliquer.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Maria Malagardis, « Alexis Tsipras, deuxième du non »

«...Tsípras est attendu au tournant au Parlement. Il ne pourra plus faire passer les lois impopulaires avec le soutien de son opposition, comme ce fut le cas cet été après la menace de sortie de la zone euro. Et à défaut d'obtenir une majorité absolue, le Premier ministre grec a dû à nouveau s'allier avec le petit parti des Grecs indépendants, l'Anel, comme ce fut le cas en janvier. Une alliance parfois jugée contre-nature, qui a été critiquée lundi par Martin Schulz, le président du Parlement européen. Mais, vu d'Athènes, l'Anel est moins un parti d'extrême droite qu'une formation qui s'est d'abord créée sur le refus de l'austérité, après une scission de Nouvelle Démocratie. C'est la ligne de partage fondamentale dans la vie politique grecque. Par ailleurs, les conservateurs de Nouvelle Démocratie ont plus souvent flirté avec l'extrême droite néonazie que les Grecs indépendants. Enfin, Panos Kammenos, le leader de l'Anel, est aujourd'hui récompensé pour son soutien sans failles à Tsípras, jamais démenti même quand les sondages lui prédisaient un score insuffisant pour entrer au Parlement. Avec le même allié qu'en janvier, le nouveau gouvernement grec ressemble sans surprise à celui formé en janvier. Pourtant, la donne a bien changé. Et c'est un nouveau Tsípras, acculé par ses partenaires européens et lâché dans la foulée par certains de ses amis, qui se rendra à Bruxelles mercredi pour le sommet européen sur les migrants.»

Libération (France), 22 septembre 2015, p. 4 et 5.

Adéa Guillot, Alain Salles, « Les Grecs valident la politique de réformes et d'austérité de Tsipras »

«...« (par) Le non au référendum (...) On lui a demandé de rester dans l'Europe en mettant fin à l'austérité, mais il a compris qu'on voulait majoritairement rester dans l'euro et l'Europe », poursuit-elle (Vasso Dritsoulas, une militante de Syriza). La déconfiture à la gauche de Syriza en témoigne. Unité populaire, le parti créé par le chef de la Plate-forme de gauche au Syriza, Panagiotis Lafazanis, ne parvient pas à se qualifier, après avoir fait campagne sur le non des électeurs, « volés » par M. Tsipras quand il a signé le mémorandum. Le soutien de l'ancien ministre des finances Yanis Varoufakis, de l'ancienne présidente du Parlement Zoé Konstantopoulou et du héros de la résistance grecque Manolis Glézos n'ont pas suffi à M. Lafazanis pour s'imposer. Sa campagne prônant ouvertement la sortie de l'euro a effrayé les Grecs, attachés à la monnaie unique. Moins historique que les élections de janvier, qui marquaient l'accession de la gauche radicale au pouvoir dans un pays européen, le scrutin du 20 septembre constitue un tournant pour la politique grecque. Pour la première fois, un homme politique l'a emporté sans faire de promesses démesurées et en reconnaissant ses fautes. Il a simplement promis d'essayer d'humaniser la mise en oeuvre du mémorandum. Et il l'a emporté avec un programme qui prévoit des baisses de retraites ou des augmentations d'impôts. »

Le Monde (France), 22 septembre 2015, p. 1.

Thierry Portes, « Le chef de Syriza gagne son pari électoral »

«...Passé ainsi, en sept mois de pouvoir, de l'extrême gauche à un discours quasiment social-démocrate, il a juré pendant la campagne qu'il mettrait en oeuvre le programme qu'il avait signé avec les créanciers européens. Mais en veillant à amoindrir ses effets sur les classes populaires et les défavorisés. C'est justement pour « gauchiser » un peu son action que le futur premier ministre grec peut être tenté de tordre les accords tout juste signés avec ses partenaires européens. La victoire, nette, d'Alexis Tsipras, prouve en tout cas qu'il n'y a pas aujourd'hui d'homme ou de force politique susceptible d'incarner une alternative en Grèce. Après avoir signé un mémorandum avec l'Europe et provoqué la scission de son parti, c'est un vrai tour de force électoral qu'il vient de réaliser. Certes, l'abstention, qui s'élevait en janvier à 35,13 %, semblait avoir progressé autour de 40 %. C'est beaucoup, d'autant qu'il faut ajouter, pour réellement prendre la mesure de la désaffection des électeurs grecs, le score réalisé par Vassilis Leventis, un hurluberlu, qui devrait entrer à la Vouli. Et une bonne part du vote pour Aube Dorée n'exprime pas seulement une adhésion aux valeurs de ce parti néonazi, mais aussi le même rejet du système politique. Son positionnement à l'extrême droite la plus xénophobe n'a pourtant pas permis à cette formation de surfer sur la crise des réfugiés. Aube Dorée, que l'on donnait dimanche soir entre 7 et 8 %, n'en demeure pas moins, comme en janvier, la troisième force politique du Parlement grec. »

Le Figaro (France), 21 septembre 2015, p. 6.

Guy Taillefer, « Grèce - L'occasion de gouverner »

«...Si l'électorat grec a décidé de refaire confiance à Syriza (35,5 % des voix), c'est en partie par défaut, sans doute. Si les électeurs avaient choisi de punir le premier ministre pour ses pirouettes, cela aurait ouvert la porte au retour des conservateurs du vieux parti de la Nouvelle Démocratie (ND, 28 % des votes), incarnation de la Grèce clientéliste et corrompue. Les purs et durs de la gauche auront ensuite eu l'intelligence d'éviter de diviser le vote. Le fort taux d'abstention (environ 44 %) a traduit de la fatigue électorale, certes, mais il s'expliquerait aussi par le fait qu'une partie de la gauche, ne pouvant se résigner à revoter pour Syriza, ne se serait tout simplement pas présentée aux urnes. Avec le résultat que l'Unité populaire, créée par des dissidents de Syriza après la capitulation de Tsipras en juillet dernier aux pieds créanciers, n'a même pas réussi à franchir la barre des 3 % de votes nécessaires pour entrer au Parlement. Tout cela pour dire que les Grecs, contents de pouvoir garder encore la tête hors de l'eau et de continuer de faire partie de la zone euro, se sont réveillés lundi matin dans un état d'expectative. Alexis Tsipras est demeuré populaire auprès d'eux envers et contre tout parce que sa résistance et sa reddition à Bruxelles furent aussi les leurs. D'élections en référendum en élections, l'homme a fait preuve jusqu'à maintenant d'un flair politicien impressionnant. »

Le Devoir (Québec, Canada), 22 septembre 2015, p. A6.

S.A., « Neo-fascist Greek party takes third place in wave of voter fury »

«...The party won 6.8% of the vote in the election in January despite most of its leadership being behind bars. MPs, including Nikos Michaloliakos, the group's founder, and Kasidiaris, his anointed dauphin, were released this year after serving the pre-trial maximum of 18 months in prison. Analysts had predicted a dip in Golden Dawn's popularity after Michaloliakos admitted to « political responsibility » for the brutal murder of an anti-fascist Greek rap singer in September 2013. The diminutive leader, an admirer of Hitler, has denied neo-Nazi links. Fascist paraphernalia were discovered in his Athens home upon his arrest. Golden Dawn's emblem resembles a swastika. With the ultra-nationalists using the refugee crisis and economic despair of Greeks to gain ground, political scientists said Sunday's election was further proof that the Golden Dawn phenomenon had assumed particularly worrying dimensions. All agreed that the virulent anti-immigrant, antisemitic, anti-EU party had spread its tentacles deep into Greek society. « It tells us that Golden Dawn is not just a symptom of the crisis but is here to stay, » said Dimitris Keridis, professor of international political science at Athens' Panteion University. « And it shows that the Greek disease is not superficial, it's much deeper than many think. » Before the outbreak of Greece's great debt crisis, the far-rightists were a fringe party on the political scene gaining less than 0.5% of the vote. »

The Guardian (Royaume-Uni), 21 septembre 2015.

Gouvernance et gouvernement [ 19 septembre 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Grèce
ÉlevéProkópis PavlópoulosVassiliki Thanou-Christophilou

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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