24 juin 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

4 mai 1980

Décès du maréchal Tito en Yougoslavie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Josip Broz (Tito)

Avec la mort du maréchal Tito (Josip Broz), s'éteint celui qui fut la figure de proue de la République fédérative socialiste de Yougoslavie depuis sa proclamation, en 1945.

À la tête de la Yougoslavie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le maréchal Tito demeure, 35 ans plus tard, un symbole du non-alignement. Ses années de pouvoir furent marquées par une volonté de neutralisme par rapport aux superpuissances, une attitude qui a entraîné des relations difficiles, parfois tendues, avec l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). La place de Tito parmi les grands chefs d'État de son époque est soulignée par les nombreux témoignages de solidarité qui suivent son décès et la présence à ses funérailles de leaders prestigieux comme Leonid Brejnev (URSS), Hua Kuo-feng (Chine), Margaret Thatcher (Royaume-Uni) et Helmut Schmidt (République fédérale d'Allemagne). La longue maladie du maréchal, qui avait été nommé président à vie en 1974, a permis aux dirigeants du pays de planifier sa succession. Après une courte période de transition, Cvijetin Mijatovic accédera à la présidence en mai. La direction de la Ligue des communistes, qu'assumait également Tito par le passé, sera occupée par Stevan Doronjski.

Dans les médias...


K.S. Karol, «Tito l'irrécupérable»

«...Les Yougoslaves tirent un orgueil légitime de cette venue dans leur capitale de tous ceux qui comptent dans la politique d'aujourd'hui et des centaines de délégations des partis de gauche. Mais, à l'étranger aussi, cet hommage à Tito oblige à une réflexion sur l'importance de son oeuvre et sur le message qu'il nous laisse pour l'avenir (...) Tito n'est donc récupérable par aucun des blocs. Il a été le précurseur d'un ordre mondial dans lequel chaque pays pourra choisir librement son système social et sa destinée propre. Cet ordre n'existe pas encore -loin de là- mais il commence lentement à se dessiner à travers mille contradictions et en butant encore sur mille obstacles. Mais, pour avoir exprimé et défendu des idées qui font leur chemin depuis la Chine jusqu'à l'Europe, Josip Broz Tito n'est pas l'un de ces grands qui tombent facilement dans l'oubli. Nous avons toutes les chances de rencontrer de plus en plus souvent le titisme dans notre avenir.»

Le Nouvel Observateur (France), 12 mai 1980, pp. 28 et 30.

Emile Guikovaty, «Tito : le Sommet d'outre-tombe»

«...C'est un spectacle jamais vu dans le passé et sans chance de se répéter dans l'avenir : les chefs de file des quatre variantes du communisme se trouvent réunis, mais uniquement pour enterrer le père fondateur de l'ex-hérésie titiste. Les Soviétiques sont arrivés avec Brejnev, les Chinois avec Hua Guofeng, les «neutralistes» avec Ceausescu, et Kim Il-Sung et les «eurocommunistes» avec Berlinguer et Carrillo. C'est un hommage d'une autre nature que la foule a rendu, de Ljubljana à Belgrade, via Zagreb, à celui qui a gouverné le pays trente-cinq ans sans interruption, record de durée dans le monde communiste, ex aequo avec l'Albanais Enver Hodja. Un hommage d'autant plus ressenti à Belgrade que, surgi au pouvoir dans la démence de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre civile yougoslave, Tito avait conquis sa légitimité en 1948. Les décisions brutales de Staline lui avaient permis de montrer qu'au sein du communisme les circonstances pouvaient transformer un militant discipliné comme lui en lion de l'indépendance nationale. En bref, le grand talent d'organisateur et de praticien de Tito consista, toute sa vie, à tirer parti de la moindre occasion pour accélérer sa carrière, asseoir son règne et accroître son prestige.»

L'Express (France), 17 mai 1980, p. 60.

Guy Cormier, «Après la mort du maréchal Tito»

«...Dans nos démocraties libérales, les successions ne sont pas toujours assurées dans l'harmonie. À plus forte raison dans les régimes de type autoritaire la disparition d'une très forte personnalité à la barre pendant un grand nombre d'années ouvre-t-elle naturellement une période de flottement. La position vraiment très particulière de la Yougoslavie, la composition même d'une république fédérative qui comprend plusieurs ethnies qui ont été longtemps en concurrence, les relations complexes entre le parti et l'État ajoutent, dans le cas présent, aux interrogations. La question est surtout de savoir si le non-alignement auquel Tito a attaché son nom peut survivre à Tito. La question est de savoir si la Yougoslavie sans le Président Tito pourra encore jouir de la paix et conserver sa liberté. La question n'intéresse pas que la Yougoslavie. Elle concerne l'Europe, elle concerne le monde. Si le pays devient instable, les grandes puissances seront tentées de «corriger» ses écarts. On devine où cela peut mener dans la conjoncture présente.»

La Presse (Québec, Canada), 5 mai 1980, p. A6.

Éditorial

«...The question now is whether the old marshal's successors can hold the country together. Yugoslavia has two alphabets, three religions, four languages, five major nationalities and six autonomous regions. For 35 years the great unifying force was Tito; Djilas once called him the only true Yugoslav. Now that he is gone, there is no other leader whose appeal cuts so cleanly across ethnic lines. Ostensibly, the question of succession was settled long ago. Yugoslavia will continue to be ruled by the collective eight-man presidency, designed by Tito himself, in which each nationality is represented. The danger is that, without Tito, the old quarrels and animosities among the country's disparate ethnic groups will break out anew, setting off a personal power struggle within the hand-picked inner circle that Tito leaves behind. If that happens, the Soviet Union may be tempted to intervene on the grounds that it has been invited in by one group or another to «defend socialism».»»

Los Angeles Times (États-Unis), 5 mai 1980.

Gouvernance et gouvernement [ 4 mai 1980 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Serbie
Faibleinformation non-pertinenteinformation non-pertinente

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1975 - 1985



mai
1980
Décès du maréchal Tito en Yougoslavie


Dans l'actualité


mars
2019
Meurtre de Dragoslav Ognjanović : le dangereux métier d'avocat en Serbie

février
2017
Serbie : le premier ministre Vučić a les yeux sur la présidence

octobre
2014
Radovan Karadzic clame son innocence lors de son procès devant le TPIY

septembre
2014
Démocratie prudente au Kosovo

février
2014
Serbie : l'étape des négociations d'adhésion à l'Union européenne commence enfin

octobre
2013
Tensions pré-électorales au Kosovo

mars
2013
La relation Belgrade-Pristina sous pression européenne

septembre
2011
Le boucher de Srebrenica devant la justice

novembre
2010
Résolution de la Serbie à l'ONU: l'Union européenne applaudit

février
2010
Nouveau patriarche en Serbie : le voeu d'ouverture de l'Église orthodoxe


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016