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21 septembre 2015

Adoption d'un plan par l'Union européenne afin de répartir 120 000 demandeurs d'asile

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Migrants à la frontière de la Grèce

Aux prises avec la vague d'immigration la plus importante depuis la Deuxième Guerre mondiale, l'Union européenne (UE) adopte un plan de partage des réfugiés entre ses différents pays membres. Il concerne 120 000 demandeurs d'asile, un total nettement inférieur à la demande observée au cours de cette année record.

Le nombre d'immigrants qui quittent l'Asie et l'Afrique pour se rendre en Europe augmente de façon significative au cours des dernières années. En 2014, on estime que 280 000 immigrants seraient entrés de façon illégale dans l'UE, des milliers d'autres échouant ou perdant même la vie en essayant. L'expansion du nombre de demandeurs d'asile se poursuit en 2015. Selon les évaluations, 137 000 personnes auraient traversé la Méditerranée au cours des six premiers mois de 2015. Le conflit en Syrie explique la présence massive de Syriens qui arrivent aussi par voie terrestre. Les migrants arrivent aussi d'Afghanistan, d'Irak, d'Érythrée, de Lybie et d'une foule de pays africains et asiatiques. La situation dégénère en juillet et en août avec 250 000 nouveaux arrivants. La gravité de la crise, qui atteint un nouveau sommet, est illustrée par une photographie prise le 2 septembre. Elle représente le cadavre d'un enfant de 3 ans, Alan Kurdi, mort noyé près de la frontière turque alors qu'il tentait de rejoindre l'Europe avec sa famille. L'Allemagne, qui anticipe 800 000 demandeurs d'asile, invite ses partenaires européens à faire davantage pour dénouer l'impasse. Le 21 septembre, le Parlement se prononce sur un plan, proposé par la Commission européenne le 9, qui est approuvé malgré l'opposition de 4 pays d'Europe de l'Est. Il prévoit la répartition entre les pays de l'UE de 120 000 personnes demandant l'asile. Il s'ajoute à une relocalisation de quelques dizaines de milliers d'autres migrants entreprise précédemment. Aux yeux des analystes, la mesure demeure cependant insuffisante à répondre à la demande. Des tensions s'expriment d'ailleurs à différentes frontières où des migrants s'entassent dans l'espoir de rejoindre la destination de leur choix. Une situation qui reste précaire, malgré l'engagement d'autres pays non Européens à accueillir davantage de réfugiés.

Dans les médias...


Jean-Louis Thériot, « Pourquoi l'Allemagne ouvre ses portes »

«...En ne voyant les migrants que comme des malheureux à sauver et des agents économiques à mettre au travail, (la chancelière allemande) Merkel a pris un risque. Mais le risque est calculé. Dans son esprit, elle ne renie rien de ses propos de 2010 : « Le credo multiculturel a complètement échoué au sens où nous vivons côte à côte et nous nous en réjouissons » , car elle s'engage aussi à « défendre la culture de référence allemande contre le multiculturalisme » . Dans le débat à la française, cela signifierait « assimilation » contre « intégration ». Merkel y croit dur comme fer. Les milliards annoncés pour les migrants sont destinés à les assimiler par la langue, le travail, la transmission des « valeurs constitutionnelles » et de l'héritage chrétien défini comme « le bien commun de tous les Allemands » , même si « l'islam a toute sa place dans notre pays». Le remplacement décidé ces jours-ci de l'aide en numéraire par des aides en nature va dans le même sens. Les migrants ont vocation à devenir de bons soldats de l'économie sociale de marché, travailleurs et responsables. Elle est convaincue que 800 000 migrants sur une population de 80 millions d'habitants sont « gérables ». Mais 800 000 ne sont pas les trois ou quatre millions qui pourraient se présenter si la guerre continuait en Syrie ou en Libye. La source doit être tarie. Or, sur ce sujet, le silence de l'Allemagne est assourdissant. Elle ne peut éternellement invoquer son statut de puissance empêchée par l'histoire pour rester en retrait. »

Le Figaro (France), 9 septembre 2015, p. 16.

S.A., « L'UE se répartit 120 000 réfugiés dans la douleur »

«...Étalant leurs divisions, les 28 pays de l'UE ont accepté mardi soir à Bruxelles de se répartir 120 000 réfugiés irakiens, syriens et érythréens arrivés depuis fin août en Grèce et en Italie, par un vote à la majorité qualifiée. La décision, très controversée, s'applique aussi aux quatre pays de l'Est - République tchèque, Hongrie, Slovaquie et Roumanie - qui ont voté contre mais devront malgré tout recevoir plusieurs milliers de personnes. À Bratislava, le premier ministre slovaque Robert Fico, dont le pays devra accueillir 802 migrants, a fustigé le « diktat » de l'UE, disant préférer « transgresser les règles européennes » que d'accepter des quotas. « L'avenir montrera à quel point ceci a été une erreur », s'est également insurgé le président tchèque, Milos Zeman, qui « espère » que la décision pourra être « révoquée » par les chefs d'État et de gouvernement, réunis en sommet à partir de 16h00 GMT à Bruxelles. Ses espoirs risquent d'être déçus: le commissaire européen à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos, a salué mercredi « une victoire pour l'UE » . Pour le chef de l'État français François Hollande, « l'Europe a pris ses responsabilités » envers les réfugiés. Après avoir parlé à la chancelière allemande Angela Merkel, le président américain Barack Obama a ouvertement soutenu la mesure, appelant chaque pays de l'UE à accueillir sa « juste part » de réfugiés. »

Le Temps (Suisse), 23 septembre 2015.

Jérôme Fenoglio, « Ouvrir les yeux »

«...Cette photo, celle de l'enfant, témoigne très exactement de ce qui se passe. Une partie du Proche-Orient s'effondre à nos portes. Des États qui étaient des piliers de la région se décomposent - la Syrie et l'Irak, notamment. Les pays voisins immédiats croulent sous une masse de réfugiés qui représentent souvent près du quart de leur population - en Jordanie et au Liban. Ces États-là, si l'on n'y prend garde, vont commencer à vaciller à leur tour. Par dizaines de milliers, chaque mois, chaque semaine, Syriens, Irakiens, mais aussi Afghans et autres, fuient. Nos querelles juridiques sur l'exacte nature de ces migrants ont quelque chose d'ubuesque. Aux termes de conventions datant de l'immédiat après-guerre, il y aurait les migrants économiques et les migrants politiques : les premiers fuient la misère, les autres les persécutions politiques et la guerre. Ils n'ont pas les mêmes droits. Mais l'enfant, lui, l'enfant de la plage, le petit Aylan, où faut-il le ranger? La vérité est que ce ne sont plus seulement des hommes jeunes en quête d'emploi et d'un avenir meilleur qui forment le flux migratoire de l'heure; ce sont des familles entières, femmes et enfants compris, qui fuient et la misère et les combats. Il faudra encore des années avant que le mélange de guerres civiles, religieuses et régionales nourrissant le chaos proche-oriental ne s'apaise. L'exode ne fait que commencer, il ne s'arrêtera pas de sitôt. Et l'Union européenne est sa destination naturelle. Peut-être faudra-t-il cette photo pour que l'Europe ouvre les yeux. Et comprenne un peu ce qui arrive. »

Le Monde (France), 4 septembre 2015, p. 1.

Lysiane Gagnon, « Note sur les migrants »

«...il serait naïf de croire que l'actuelle marée humaine en quête d'asile n'a rien de problématique. Il s'y trouve aussi des Afghans (dont le pays n'est plus en guerre) et des Pakistanais, un autre foyer du salafisme. Il s'y trouve probablement un nombre indéterminé de djihadistes potentiels, voire quelques djihadistes confirmés, envoyés en mission par le groupe armé État islamique pour semer la terreur en Europe. D'où la nécessité, pour des gouvernements responsables, de faire un tri et d'ignorer les appels déraisonnables, comme celui que vient de lancer le Haut-Commissaire aux réfugiés de l'ONU, qui juge que les pays européens pourraient accueillir sans problème des centaines de milliers de demandeurs d'asile à court terme. Ce monsieur veut-il voir l'Europe basculer dans le camp de l'extrême droite? On évoque souvent, ces temps-ci, l'accueil chaleureux réservé aux boat people des années 70 pour fustiger la prudence des gouvernements, mais la comparaison ne tient pas. Les Vietnamiens fuyaient un régime communiste et ne représentaient aucune menace pour les pays d'accueil. La situation actuelle est beaucoup plus complexe.»

La Presse (Québec, Canada), 10 septembre 2015, p. A19.

Gouvernance et gouvernement [ 21 septembre 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéJoachim GauckAngela Merkel

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2010 - 2016



septembre
2013
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2013
[Résultats] Élections législatives

septembre
2015
Adoption d'un plan par l'Union européenne afin de répartir 120 000 demandeurs d'asile

décembre
2015
Fin d’une année record pour l’immigration en Allemagne


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