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13 novembre 2015

Attentats terroristes en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le Bataclan

Une série d'attentats-suicides secouent la France le 13 novembre 2015, faisant 130 morts et plus de 300 blessés, dont plusieurs sont dans un état critique. Ces actions sont revendiquées par l'État islamique (EI), qui aurait aussi à son actif un autre attentat meurtrier la veille, à Beyrouth au Liban.

Après l'explosion et le crash d'un avion en direction de Saint-Pétersbourg le 31 octobre, faisant 224 morts, un quartier chiite du sud de Beyrouth est la cible de deux explosions le 12 novembre. Elles font 43 morts et plus de 200 blessés. Ces attentats sont revendiqués par l'État islamique. Le 13 novembre, c'est au tour de la France d'être la cible du terrorisme. Dans un court laps de temps, six attaques sont déclenchées dans la région Île-de-France, dont l'explosion de kamikazes près du Stade de France, alors qu'un match de football s'y déroule. La plus meurtrière résulte toutefois d'une fusillade, suivie d'une prise d'otages et de l'explosion de bombes dans la salle de spectacles Le Bataclan du 11e arrondissement, à Paris. Un premier décompte évalue à 130 morts et plus de 300 blessés le nombre total de victimes des six attaques. Ces attentats terroristes, les pires en Europe depuis ceux du métro de Madrid, en 2004, sont qualifiés « d'acte de guerre » par le président François Hollande. L'état d'urgence est décrété, des militaires sont dépêchés et les frontières fermées. Un deuil national de trois jours est également annoncé. L'enquête permet d'identifier des terroristes et de déterminer que le complot aurait été organisé en Belgique. L'EI revendique les attentats, une réaction contre l'intervention de l'aviation française contre ses troupes, en Syrie. Le 15 novembre, la France réplique en bombardant la ville de Rakka, en Syrie, un fief de l'EI. Des messages d'appuis viennent de partout dans le monde. À la lumière de cette attaque, les gouvernements s'interrogent sur la stratégie à adopter face à l'EI. Le 16 novembre, devant les parlementaires, François Hollande annonce qu'il demandera un prolongement de l'état d'urgence à trois mois, l'ajout de forces policières, des mesures favorisant l'expulsion d'étrangers représentant une menace et une meilleure concertation internationale contre l'EI.

Pour en savoir plus: Discours dans les jours suivant les attentats commis à Paris par le groupe armé État islamique

Dans les médias...


Pierre-Alain Furbury, « Hollande au pied du mur dans la « guerre » contre le terrorisme »

«...Les mesures sécuritaires décidées après les attentats de janvier n'ont pas suffi à assurer la protection du territoire, pas plus que les frappes en Irak et en Syrie n'ont empêché les terroristes d'agir. L'affrontement avec les djihadistes a, en outre, changé de nature. En raison du nombre de victimes (le bilan de ces attaques est le plus lourd en Europe depuis 2004), mais aussi parce que les terroristes, qui avaient ciblé en janvier des journalistes, des juifs et des policiers, ont cette fois frappé aveuglement des gens qui profitaient de leur soirée... (...) François Hollande est une nouvelle fois au pied du mur. « Il faut des actes forts. Forcément », glisse un de ses soutiens. Mais la tâche reste titanesque. Cette « guerre » est loin d'être classique puisqu'elle n'oppose pas deux pays et deux armées. « Elle est sans visage », s'inquiète un socialiste. Sans compter que le chef de l'Etat doit composer avec un budget et des ressources militaires limités. Et que la France rentre dans une période à hauts risques, avec les élections régionales de décembre et la conférence de Paris sur le climat, qui s'ouvre fin novembre. Quant à « l'unité nationale » prônée par l'exécutif, elle est mal en point. En témoignent les interventions de la droite, qui a réclamé et obtenu un débat après l'allocution du président. Seule certitude, aux yeux de nombreux socialistes : l'impact des attentats sera « énorme » . Sans qu'il soit à ce stade possible, soupirent-ils, « de prévoir quoi que ce soit... »»

Les Échos (France), 16 novembre 2015, p. 2.

Benjamin Barthe, Nathalie Guibert, « Ce pays que les djihadistes aiment haïr »

«...Dans la logorrhée djihadiste, Paris est le gardien honni du temple " Sykes-Picot ". Cet accord secret signé en 1916 a acté le démantèlement de l'Empire ottoman, et le partage de ses dépouilles entre Paris et Londres sous la forme d'États aux frontières arbitrairement dessinées. En tant qu'ancienne puissance coloniale, défenseure de l'intégrité du Liban, un État créé là encore par ses soins, en soutien aux minorités chrétiennes du Levant, et allié de l'État d'Israël, la France est ce pays que les djihadistes aiment haïr, presque autant que les États-Unis. À cela s'ajoute un ensemble de valeurs, au premier rang desquels la laïcité, qui heurte de front le credo des extrémistes. Pour beaucoup d'entre eux, l'interdiction du voile islamique intégral dans l'espace public nourrit un ressentiment fondateur, qui a conditionné leur relation à la France. La présence au sein de sa population d'une importante communauté musulmane constitue un ultime aimant pour les djihadistes. Le sentiment de relégation sociale qu'éprouve une partie de ses membres leur offre une porte d'entrée rêvée, un terreau potentiellement fertile. Comme en Irak et au Liban, où il vise principalement les chiites, pour les dresser contre les sunnites, l'État islamique joue, avec un plaisir pervers, sur les fractures sociales et identitaires françaises. »

Le Monde (France), 16 novembre 2015, p. 13.

Issa Goraieb, « Sacrée vraiment, l'unité ? »

«...Singulier demeure néanmoins le cas d'une France qui doit faire face, tout à la fois, à deux types de terroristes : ceux qui arrivent à se glisser dans le flot d'immigrants en suivant diverses filières européennes ; et ces jeunes illuminés bien français, indécelables dans leurs jeans et baskets, pas forcément barbus ou cagoulés, qui se sont laissé séduire par la rhétorique de l'État islamique et qui, mettant à profit les failles policières, s'en prennent criminellement à leur propre pays. Comme on pouvait s'y attendre, l'hécatombe du week-end dernier n'aura pas manqué de relancer plus d'un débat. Le premier revêt une dimension continentale et promet de raviver les dissensions entre Européens sur la politique d'immigration. Le second est limité à l'Hexagone et l'on y voit se lézarder déjà cet indispensable bouclier qu'est l'union sacrée des citoyens face à l'adversité. Car cette fois, il ne s'agit plus seulement d'opter, comme lors des agressions terroristes passées, entre les impératifs policiers de sécurité et le caractère sacro-saint des libertés publiques : entre, par exemple, un Patriot Act à la française s'ajoutant à d'autres mesures d'exception autorisées par l'état d'urgence qu'a décrété le président Hollande, et l'horreur de toute atteinte à la vie privée. Fait sans précédent, c'est ainsi la politique étrangère de la France, dans ses deux volets politico-diplomatique et militaire, qui se trouve en ce moment remise en question par l'opposition, sans que l'on sache trop où finissent les convictions stratégiques et où commencent les considérations politiciennes et électorales. »

L'Orient Le Jour (Liban), 16 novembre 2015.

Agnès Gruda, « Tuer l'insouciance »

«...Ces adresses ne représentent ni le pouvoir, ni la puissance, ni la richesse, bien au contraire. Ce ne sont pas des symboles de défi ou de liberté d'expression, comme Charlie Hebdo. En réalité, ce ne sont des symboles de rien du tout. Ce n'est que le Paris qui vit, le Paris insouciant qui vibre jusqu'au petit matin, porté par une inlassable énergie. Le Paris vrai et jeune, sans artifices ni flonflons, qui vaque à ses petites affaires dans des quartiers qui forment autant de villages. C'est précisément ce Paris-là que des terroristes ont frappé, hier, avec leur série d'attentats d'une ampleur sans précédent. Un peu comme s'ils avaient voulu tuer la joie, la jeunesse, l'insouciance. Comme s'ils avaient voulu tuer la vie même... (...) Il y a eu d'autres attentats, au fil des ans. Celui contre un restaurant juif de la rue des Rosiers, en 1982. Les attentats du métro de Paris, en 1995. Puis, il y a eu l'attaque contre Charlie Hebdo, en janvier dernier. C'étaient, chaque fois, de terribles carnages. Mais l'horreur se déclinait en 10, ou 12 morts. Hier, c'était Charlie Hebdo à la puissance 100. »

La Presse (Québec, Canada), 14 novembre 2015, p. A10.

Gouvernance et gouvernement [ 13 novembre 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéFrançois HollandeManuel Valls

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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mai
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Élection d'une majorité de gauche aux législatives en France

juin
2012
[Résultats] Élections législatives

mai
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janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


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