Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

23 novembre 2017

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31 octobre 2015

Attentat contre un avion de la compagnie russe Metrojet

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Débris de l'avion

L'explosion et le crash d'un avion de la compagnie russe Metrojet provoquent la mort de 224 passagers et membres de l'équipage. Cette tragédie, la plus meurtrière de l'aviation moderne russe, est revendiquée par l'État islamique qui commettra d'autres attaques dans différents pays en octobre et novembre 2015.

La guerre civile qui ravage la Syrie depuis mars 2011 déstabilise la région. Cette situation est exacerbée en 2013 par l'intervention de l'État islamique en Irak et au Levant qui s'impose rapidement comme un acteur de premier plan. Cette situation inquiète la Russie. En octobre 2015, à la demande du président Bachar el-Assad, Moscou vient en appui au régime de ce dernier en bombardant ses opposants. Les centaines de frappes effectuées ont plusieurs cibles, dont les troupes de l'État islamique (EI) que le président Vladimir Poutine dénonce comme une menace. Le 31 octobre 2015, le vol 9268 de la compagnie russe Metrojet, à destination de Saint-Pétersbourg, s'écrase dans la péninsule du Sinaï, en territoire égyptien. Des débris de l'appareil et des restes des victimes de cet Airbus A321 sont retrouvés sur un large périmètre. En tout, 224 personnes ont perdu la vie, la quasi-totalité des Russes. L'hypothèse d'un complot est considérée, d'autant plus que l'EI revendique rapidement cette tragédie. Elle constituerait une riposte aux bombardements russes en Syrie. Les autorités russes et égyptiennes tardent à utiliser le mot attentat, mais elles le font finalement le 17 novembre, après une enquête minutieuse démontrant qu'une explosion, provenant d'une bombe artisanale, a eu lieu à bord. Ce qui expliquerait le crash subséquent. Face à cette catastrophe, la pire de l'aviation moderne russe, le président Poutine annonce une intensification des attaques contre l'EI en Syrie. Le mois de novembre est néanmoins fructueux pour ce groupe armé, puisqu'il revendique plusieurs attentats terroristes dans différentes capitales du monde (Beyrouth, Paris, Bamako), accentuant la pression pour une action concertée contre lui.

Dans les médias...


Allan Kaval, Benjamin Barthe, « Assailli sur ses terres, l'EI frappe tous azimuts »

«...En élargissant aujourd'hui son éventail de cibles, l'organisation se mondialise et se rapproche d'Al-Qaida, son concurrent, dont la lutte contre « l'ennemi lointain » - les États-Unis et autres pays « croisés » - constitue la marque de fabrique. « C'est un virage tactique, estime (le professeur) Fawaz Gerges « Daech [acronyme arabe de l'EI] doit se venger de ses ennemis pour préserver sa réputation d'invincibilité et continuer à attirer les jeunes sunnites qui forment sa base. Mais son objectif stratégique demeure la construction d'un califat. » (...) Le 26 juin, l'EI avait déjà frappé les esprits. Trois attaques, inspirées ou commanditées par lui, avaient été menées sur trois continents en l'espace de trois heures environ, sans que l'on puisse toutefois conclure à une coordination entre les différents assaillants (...) Cette fois-ci, la séquence terroriste est moins resserrée, mais le bilan humain (presque 400 morts), le niveau de sophistication et la probabilité d'une planification centrale sont nettement plus élevés. La série noire commence le 31 octobre, avec l'explosion en vol de l'Airbus de la compagnie russe Metrojet, reliant Charm El-Cheikh à Saint-Pétersbourg. Les 224 passagers périssent dans cette tragédie, que la plupart des enquêteurs attribuent à une bombe placée à bord de l'appareil. C'est un saut qualitatif majeur pour la Province du Sinaï, la branche égyptienne de l'EI, qui, mis à part la décapitation d'un expatrié croate, n'avait jusque-là mené que des actions de guérilla contre l'armée régulière. »

Le Monde (France), 17 novembre 2015, p. 22.

Sarah Halifa-Legrand, « Paris ? Pourquoi des attentats maintenant ? Ce n'est pas un hasard de calendrier »

«...Ce sont les Russes qui ont été visés les premiers au moment de la première conférence internationale de Vienne sur l'avenir de la Syrie le 30 octobre : l'État islamique avait revendiqué le crash, le lendemain, dans le Sinaï d'un Airbus A321 de la compagnie russe Metrojet qui a coûté la vie à 224 personnes. L'enquête sur les causes de l'accident est toujours en cours mais la thèse d'un attentat à la bombe est jugée la plus probable par plusieurs pays. La veille, la réunion de Vienne avait débouché sur un communiqué dans lequels les grandes puissances et les pays de la région s'accordaient pour essayer d'aller vers une transition politique et chargeaient l'ONU d'obtenir un cessez-le-feu, sans cependant s'entendre sur l'avenir d'Assad. L'Iran chiite avait été invité pour la première fois, le 30 octobre, à la table des négociations sur la crise syrienne. Deux semaines plus tard, elle était à son tour la cible d'un attentat perpétré par Daech. Car à travers l'attaque kamikaze de jeudi dernier à Beyrouth, c'est la milice chiite du Hezbollah (...) , qui est visée, et à travers elle son grand allié Téhéran. France, Russie, Iran : trois grands acteurs des négociations de Vienne qui se sont récemment illustrés sur le territoire de Daech. Alors que le groupe islamiste enchaîne les revers ces derniers temps face à l'offensive des forces kurdes, soutenues par les États-Unis, et des troupes du régime syrien, appuyées par Moscou et Téhéran, il réplique en frappant directement ses ennemis, un par un, et s'invite dans les discussions de la capitale autrichienne qu'il n'a pas intérêt à voir aboutir. »

L'Obs (France), 14 novembre 2015.

Benjamin Quenelle, « Quand les Russes expriment leur solidarité »

«...Depuis hier, dans plusieurs écoles de Moscou, c'est la Semaine de la solidarité. Sous les banderoles des préaux, les enfants apprennent l'entraide. Cette année, la traditionnelle fête a pris une autre dimension. Sur les murs, de sobres et émouvantes affiches rappellent que « nous sommes en deuil ». Des photomontages en hommage aux 224 morts du crash de l'A321 de la compagnie russe Metrojet dans le Sinaï le 31 octobre. Alors que les médias officiels continuent de préférer la piste de l'accident technique à celle de l'attentat islamiste, certains parents ne cachent pas leurs émotions et n'hésitent pas à faire le parallèle avec les attaques à Paris. Le choc est palpable. « En dix ans de Russie, je n'ai jamais senti une telle solidarité », raconte l'un des Français expatriés venus se joindre à la foule de Russes se succédant depuis tôt samedi devant l'ambassade de France à Moscou. (...) après le crash, la pire catastrophe aérienne ayant frappé la Russie, les messes se sont multipliées dans les églises et, dans la société civile, les initiatives ont été nombreuses. Des écoles privées ont proposé d'accepter gratuitement les enfants laissés orphelins par le drame. Avec son habituel sens de l'abnégation, le pays sait se retrouver dans le deuil et la solidarité. »

Les Échos (France), 17 novembre 2015, p. 16.

Agnès Gruda, « Le mystère du vol KGL-9268 »

«...Pourquoi donc la Russie et l'Égypte rejettent-elles toutes deux avec une telle véhémence la thèse de l'attentat? Pour l'Égypte, c'est assez simple: en raison des conséquences catastrophiques sur son industrie touristique, déjà passablement écorchée, merci. Le week-end dernier, l'Égypte devait d'ailleurs présenter son nouveau plan touristique au World Travel Market, la grande foire de l'industrie touristique, à Londres. Inutile de dire que sa présentation a été annulée... Et la Russie? Alain Rodier souligne que l'engagement militaire en Syrie a été vendu à la population russe comme une guerre à «zéro mort». Autrement dit, qu'il n'y aurait pas de pertes de vies russes, militaires ou civiles. Un éventuel attentat contre un avion russe fait voler cette illusion en éclats. Mais c'est à supposer que Vladimir Poutine se soucie minimalement de l'opinion de ses citoyens. Pas sûr. Ce qui est prévisible, en revanche, c'est que si jamais l'hypothèse de l'attentat devait se confirmer, les brigades syriennes de l'EI finiront par goûter vraiment à la colère et aux bombes russes. »

La Presse (Québec, Canada), 3 novembre 2015, p. A13.

S.A., « Syria and world await Putin's reaction to apparent bombing of Russian jet »

«...More than a month after Russia began airstrikes against targets in Syria, western capitals remain uncertain of Vladimir Putin's endgame in the country, as the world waits to see what effect, if any, the apparent bombing of a Russian jet in Egypt last week has had. Officially, Russia has not commented on claims that the plane was brought down over Sinai by a bomb on board. However, the indefinite suspension of all flights to Egypt, as well as Russian tourists being evacuated from the country and having their luggage flown home separately, would seem to point to Russian security services having the same suspicions as voiced by UK and US officials. Speaking to a conference of international politicians and analysts last month, Putin said Russia's move in Syria was a pre-emptive strike: « Fifty years ago, the streets of Leningrad taught me one thing: if a fight's inevitable, you must strike first. » If the Metrojet crash is indeed shown to be the work of terrorists, then it will pose a new dilemma for Putin. Does he double down on the Syria operations, or instead make a push for the negotiating table holding the hand he currently has? »

The Guardian (Royaume-Uni), 11 novembre 2015.

Gouvernance et gouvernement [ 31 octobre 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéVladimir PoutineDmitry Medvedev

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2010 - 2016



décembre
2011
Réélection du parti Russie unie en Russie

décembre
2011
[Résultats] Élections législatives

mars
2012
Élection de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie

mars
2012
[Résultats] Élection présidentielle

février
2014
Ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie

mars
2014
Tenue d'un référendum en Crimée

juillet
2014
Écrasement d'un avion de la Malaysia Airline au-dessus du territoire ukrainien

janvier
2015
Chute importante du prix du baril de pétrole

octobre
2015
Attentat contre un avion de la compagnie russe Metrojet

septembre
2016
Réélection en Russie du parti Russie unie

septembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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