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12 mars 2003

Alerte au SRAS par l'Organisation mondiale de la santé

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Hôpital français

En février 2003, un chercheur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) diagnostique officiellement un cas du syndrome respiration aigu sévère (SRAS). Le 12 mars, cette organisation lance une alerte mondiale afin d'enrayer sa propagation, une situation qui sème des inquiétudes dans plusieurs régions du monde.

Le SRAS, une affection du système respiratoire que l'on décrit comme une pneumonie atypique, aurait fait son apparition dans la province de Canton, en Chine, à l'automne 2002. Ses symptômes sont une fièvre vigoureuse ainsi qu'une toux sèche ou autre difficulté respiratoire. Des cas sont détectés en 2003 dans un hôtel de Hanoï, au Vietnam, et en Chine. D'autres sont ensuite identifiés dans différents pays, notamment en Amérique du Nord, propulsant le SRAS à la une de l'actualité internationale. Le 12 mars, l'OMS lance une alerte mondiale. La recherche s'accentue afin de contrôler ce syndrome dont la diffusion serait favorisée par un contact de personne à personne, par proche contact avec les sécrétions respiratoires. Des hypothèses sont également formulées relativement au rôle joué par des animaux, comme la chauve-souris ou la civette, dans la propagation de ce coronavirus. Une conférence mondiale sur ce sujet a lieu les 17 et 18 juin à Kuala Lumpur, en Malaisie. Des personnes sont mises en quarantaine et des lieux de contagion, comme les écoles ou les hôpitaux, sont l'objet d'une étroite surveillance. Malgré cela, en août 2003, on chiffre à plus de 8000 le nombre de personnes infectées et à 916 celui des victimes de cette épidémie. La Chine est le pays le plus affecté par le SRAS qui préoccupe toutefois d'autres coins du monde. Une des stratégies pour contenir la diffusion est de restreindre les voyages dans les principaux pays affectés. Cette mesure a d'importantes conséquences financières, cette baisse d'achalandage se traduisant par des pertes très élevées. Même si des questions persistent relativement au SRAS, le nombre de victimes chute rapidement. En juillet 2003, l'OMS affirme même que l'épidémie est sous contrôle. De fait, on ne détectera que quelques rares cas par la suite, notamment en Chine.

Dans les médias...


Erik Izraelewicz, « Nous sommes tous chinois »

«...Le SRAS ? une épidémie de plus ! Alors que chaque jour apporte son lot de lugubres statistiques (...), certains sont tentés de relativiser cette nouvelle pandémie, le syndrome respiratoire aigu sévère ». De rappeler alors que s'il n'y en avait pas déjà eu de bien plus dramatiques dans l'histoire, Camus n'aurait pas écrit « La Peste ». De rappeler aussi que le sida ou la malaria continuent de faire aujourd'hui des ravages d'une tout autre ampleur (trois millions de personnes meurent encore du sida chaque année) sans mobiliser pour autant l'opinion mondiale (il est vrai que ces virus se sont retirés dans les pays les plus pauvres de la planète). Parti de Chine il y a quelques semaines, ce virus, porteur de la « pneumonie atypique », se développe néanmoins sur un terreau très particulier, bien différent de celui qu'avaient connu nombre de ses prédécesseurs. Ce « syndrome chinois » est né à l'heure de la mondialisation ; il en illustre jusqu'à la caricature les risques... et les opportunités. La saga du SRAS confirme, s'il en était besoin, la réalité des interdépendances dans lesquelles nous vivons - c'est le petit battement d'aile de papillon dans la forêt de Bornéo, en Indonésie, qui provoque une tempête sur le lac Léman, en Suisse, un virus qui déstabilise l'économie dans son ensemble. Il oblige à reposer la question des souverainetés nationales dans un monde interconnecté comme le nôtre - le droit d'ingérence ne saurait être qu'humanitaire, ne doit-il pas devenir global ? »

Les Échos (France), 5 mai 2003, p. 52.

Pierre Haski, « Pékin déclare la guerre au virus et se coupe du monde »

«...Pékin a un double visage. D'un côté, une capitale ensoleillée qui vit au ralenti, sans embouteillages ni attente dans les magasins. De l'autre, l'image moins visible d'une métropole en guerre contre un nouvel ennemi, le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), qui a déjà contaminé près de 2 000 personnes et fait plus de 100 morts dans la capitale. La métaphore de la guerre est dans tous les messages de la propagande officielle depuis que le gouvernement a fait, le 20 avril, un virage à 180 degrés et reconnu l'ampleur de l'épidémie. Le champ de bataille en est une ville de 13 ou 14 millions d'habitants, où la bataille se mène sur deux fronts : celui de la population pour tenter de couper les «chaînes de transmission» du virus et celui des hôpitaux pour sauver les patients qui affluent au rythme de plusieurs dizaines chaque jour. Le choc a été rude pour un système hospitalier absolument pas préparé. Un médecin chinois témoigne, sous le sceau de l'anonymat : dans son hôpital généraliste, il a fallu constituer en toute hâte une zone isolée pour les patients du Sras, dans laquelle vit et travaille depuis un mois une équipe médicale désignée d'office, les membres du Parti communiste en tête. «Si les médecins étrangers voyaient les tenues des médecins et infirmières envoyés dans ces zones hautement contagieuses, ils en riraient», dit-il. »

Libération (France), 7 mai 2003, p. 4-5.

Anton Vos, « Le SRAS, première épidémie globale du XXIe siècle »

«...Le SRAS est une maladie typiquement de notre époque. Utilisant l'avion pour se propager d'un continent à l'autre, elle profite de la mobilité sans précédent des voyageurs du XXIe siècle. Ainsi, en quelques jours, un seul homme d'affaires de Hongkong s'est rendu à Munich, puis Barcelone, a continué son voyage vers Francfort et Londres avant de repasser par Munich et Francfort pour finalement retourner à Hongkong où il a été hospitalisé le 10 avril dernier avec tous les signes du syndrome respiratoire aigu sévère. L'OMS, elle aussi, s'est adaptée aux nouvelles technologies. «Sans Internet, je ne sais pas ce que nous aurions pu faire, s'exclame Isabelle Nuttall. Cela s'est avéré à la fois une source d'information précieuse - grâce à GPHIN, notamment - et un moyen de communication et de concertation indispensable entre spécialistes des quatre coins du monde.» Depuis avril 2000, l'OMS coordonne un réseau virtuel de 110 institutions (laboratoires, ministères de la santé...) réparties dans le monde entier qui, en cas d'alerte, se mobilisent et mettent à disposition des forces scientifiques et d'investigation. L'agence onusienne n'était donc pas démunie lorsque le SRAS est apparu. Elle avait un outil efficace qui a permis à une vitesse vertigineuse l'identification de l'agent infectieux et d'en décrypter le génome. »

Le Temps (Suisse), 14 mai 2003.

Frédéric Bobin, « En Chine, le SRAS risque de frapper des millions de défavorisés »

«...Les leçons seront-elles tirées ? Un dispositif d'alerte qui a failli, une bureaucratie fragmentée et opaque, des hôpitaux de Pékin saturés, des centres de quarantaine édifiés dans la confusion, un personnel médical sous une tension extrême - et dont les salaires sont augmentés dans l'urgence pour le remobiliser - des prédictions inquiétantes sur les dégâts potentiels du virus en milieu rural... : la liste des dysfonctionnements et des ratés que révèle le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) est longue. L'épidémie de pneumonie atypique aura eu au moins le mérite de braquer les projecteurs sur une santé publique chinoise en état de crise structurelle. Avec l'éducation, elle est devenue un terrain fracturé d'inégalités, d'où les plus faibles sont exclus. À rebours de l'élitisme flatté par l'ancienne équipe, la nouvelle direction du Parti communiste chinois (PCC), mise en place à l'automne 2002, ne ménage pas ses efforts visant à donner l'impression qu'elle est sensible aux doléances du petit peuple. Transparence, sens de l'Etat, sanctions contre les fonctionnaires incompétents, promesses d'un soutien financier au bénéfice des plus pauvres : les gestes se multiplient, ces derniers jours, illustrant une volonté de reconquérir un terrain en friche. Mais renverser une option stratégique - la priorité de la croissance sur le développement - vieille de deux décennies exigera plus que des pétitions de principe. »

Le Monde (France), 8 mai 2003, p. 2.

Lawrence K. Altman, « Lessons of AIDS, applied to SARS »

«...In mustering a vigorous battle against SARS, the W.H.O. sought to avoid the bureaucratic ineptitude that characterized the agency's early years fighting AIDS. The W.H.O. declared that SARS was "a worldwide health threat," activated its global monitoring system, and deliberately chose a name that would not offend any group as the early names for AIDS did. One was Grids, gay-related immune deficiency syndrome. The W.H.O. also challenged China after the agency learned that Chinese officials had tried to keep the new disease secret. The W.H.O. immediately sought to communicate more effectively to the public about SARS than it and other health agencies had done with AIDS. The W.H.O. issued news releases and the first travel advisories in its 55-year history, and supported quarantines. The W.H.O. has made public scientific information about SARS before it was sent to medical journals. The practice is unusual because journals often reject reports that have been covered by news organizations, and scientists, whose career advancement may depend on publication in prestigious journals, may not want to risk rejection by making their findings known. The W.H.O. took that step because poor communication in the early days of AIDS has been blamed for irrational public behavior. »

New York Times (États-Unis), 6 mai 2003, p. F 1.

Gouvernance et gouvernement [ 12 mars 2003 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleJiang ZeminZhu Rongji

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1998 - 2016



décembre
1999
Rétrocession de Macao à la Chine

décembre
2001
Adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce

novembre
2002
Ouverture du XVIe Congrès du Parti communiste chinois

mars
2003
Alerte au SRAS par l'Organisation mondiale de la santé

octobre
2003
Première mission chinoise envoyant un homme dans l'espace

octobre
2007
Ouverture du XVIIe Congrès du Parti communiste chinois

mars
2008
Montée de la violence dans les rues de Lhassa au Tibet

août
2008
Ouverture des Jeux olympiques de Beijing

novembre
2012
Ouverture du XVIIIe congrès du Parti communiste chinois

septembre
2014
Mouvement de protestation populaire à Hong Kong

octobre
2015
Fin de la politique de l'enfant unique en Chine


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