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26 décembre 2003

Tremblement de terre en Iran

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Tremblement de terre en Iran

Un violent tremblement de terre, d'une magnitude d'environ 6,6 sur l'échelle de Richter, secoue l'Iran. À quelque 10 kilomètres de l'épicentre, la ville forteresse de Bam est dévastée par ce séisme qui détruit ou endommage la grande majorité des bâtiments, en plus de faire 26 000 morts et encore plus de blessés.

L'Iran est particulièrement sensible aux tremblements de terre. L'un d'entre eux, de magnitude 7,7, a fait entre 40 000 et 50 000 morts le 21 juillet 1990 dans le nord-ouest du pays. Le 26 décembre 2003, à 5 heures 27 am, un séisme d'une intensité de 6,6 frappe la province de Kerman, dans le sud-ouest de l'Iran. Son épicentre est à 10 kilomètres de Bam, une vieille ville située à près de 1000 kilomètres de Téhéran. De petits chocs avaient été ressentis la veille, mais sans causer de dégâts. Celui du 26 décembre dévaste la ville. La majorité des bâtiments, dont plusieurs sont faits de brique crue, s'effondrent, tuant des milliers d'habitants dans leur sommeil. Le service d'électricité est rompu, celui des communications et de l'approvisionnement en eau potable aussi. Les hôpitaux et les écoles sont touchés et plusieurs membres du personnel tués, ce qui, avec le temps hivernal, accentue l'urgence d'intervenir. De l'aide extérieure se manifeste avec les Nations unies et des dizaines de pays. C'est le cas des États-Unis, qui n'ont pas de relations diplomatiques officielles avec Téhéran et dont le président George W. Bush avait déjà qualifié l'Iran de membre de « l'axe du mal ». Le président Mohammad Khatami s'engage en retour à favoriser le respect d'une entente avec l'Agence internationale de l'énergie atomique sur le programme nucléaire iranien. Selon lui, cette situation ne doit toutefois pas amener les pays à mêler enjeux humanitaires et « problème politiques chroniques ». Au final, on évalue le nombre de morts dans la région de Bam à 26 000, avec des dizaines de milliers d'autres blessés et déplacés. Selon les observateurs, cette catastrophe met en évidence la vulnérabilité de l'Iran aux tremblements de terre ainsi que le laxisme dans l'application des mesures de construction résistant aux séismes. Des gestes concrets seront posés afin de remédier à ce problème.

Dans les médias...


S.A., « Nous allons reconstruire la ville de Bam, mais cette fois plus solidement »

«...Alors qu'il flotte désormais une odeur de mort dans les quartiers de la vieille ville, les bulldozers devraient donc entrer en action à grande échelle, afin de retrouver les cadavres qui commencent à pourrir et éviter qu'une épidémie se propage. Des engins mécaniques ont d'ailleurs commencé à fouiller les décombres lundi, sans faire dans le détail. C'est dans ce contexte de chaotique retour à un semblant de normalité que le guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, s'est rendu lundi matin dans la ville sinistrée pour constater l'ampleur du désastre. Il a été suivi dans l'après-midi par le président réformateur Mohammad Khatami, accompagné de plusieurs de ses ministres, venu faire une tournée dans la région et visiter les équipes de secours, y compris les secouristes étrangers. «Je suis venu vous transmettre mes condoléances et vous dire que je partage votre douleur d'avoir perdu des êtres chers», a dit le guide suprême devant des centaines de rescapés. «Nous avons tous la responsabilité d'accéder aux demandes des survivants», a-t-il ajouté. «L'aide doit continuer d'arriver pour que, si Dieu le veut, la ville de Bam puisse être reconstruite, mieux, et cette fois plus solidement qu'avant. Nous pouvons bâtir une cité forte et développée sur cette dévastation.» La tâche s'annonce d'ores et déjà colossale. Comme l'a remarqué le président Khatami, en effet, l'ampleur de la catastrophe est telle que sur le seul plan humanitaire, l'aide apportée par le gouvernement et le peuple iranien ne pouvait répondre aux besoins. »

Le Temps (Suisse), 30 décembre 2003.

Pierre Cochez, « Séisme en Iran »

«...Répondant à l'appel lancé par Téhéran, c'est pratiquement l'ensemble de la communauté internationale qui a porté secours et assistance aux victimes iraniennes du tremblement de terre. Hier, quarante-cinq appareils étrangers, à bord desquels se trouvaient sauveteurs et équipements de première urgence, étaient déjà arrivés en Iran, et des équipes cynophiles originaires de 16 pays aidaient les secouristes iraniens à tenter de retrouver des survivants dans les décombres de la ville. Dès vendredi, devant l'ampleur de la catastrophe, l'Iran faisait appel à l'aide internationale. « Nous avons besoin de chiens et d'appareils de détection, de couvertures, de médicaments, de nourriture mais aussi de maisons préfabriquées car l'hiver arrive très rapidement », indiquait le ministère de l'Intérieur iranien, précisant que « la République islamique d'Iran accepte toutes sortes d'aides humanitaires de tous les pays et organisations internationales à l'exception du régime sioniste ». Cet appel incluait donc les États-Unis, avec lesquels l'Iran n'a pas de relations diplomatiques depuis près de 25 ans et qui ont rangé l'Iran parmi les pays de « l'axe du mal ». »

La Croix (France), 29 décembre 2003, p. 4.

Fabrice Rousselot, « La main tendue du « Grand Satan »»

«...L'initiative américaine pourrait surprendre, alors que Bush avait publiquement classé l'Iran parmi les pays de « l'axe du Mal » lors de son fameux discours devant l'ONU en janvier 2002. Depuis quelques semaines toutefois, Washington s'est déclaré «encouragé» par les ouvertures de l'Iran au sujet de son programme nucléaire. Les Américains ont salué publiquement l'accord signé il y a dix jours entre Téhéran et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui ouvre la voie à des inspections intrusives et sans préavis de ses sites nucléaires. « C'est indéniablement un pas dans la bonne direction », avait alors commenté la Maison Blanche. Pour George W. Bush, la « diplomatie humanitaire » est l'occasion de tester la réelle volonté d'ouverture de Téhéran. Les diplomates ont beau jurer « qu'il n'y a aucun angle politique derrière cette assistance », personne ne nie au département d'État que si le tremblement de terre permet de « rapprocher » l'Iran de la communauté internationale, « alors ce sera un élément positif ». Certains, au sein de l'administration, n'ont pas abandonné leur vision d'un Moyen-Orient « démocratisé » sous l'impact de l'intervention en Irak, mais aussi de la bonne volonté de Washington. (...) Pour l'instant, personne ne parle de « rapprochement » avec l'Iran à la Maison Blanche. Mais les Américains reconnaissent que le sous-secrétaire d'État Richard Armitage avait appelé le représentant iranien à l'ONU, Javad Zarif, pour lui proposer une assistance américaine.»

Libération (France), 29 décembre 2003, p. 4.

Neil MacFarquhar, « Iran thanks U. S. for help, but refrains from an embrace »

«...Other countries that have recently had tense relations with Iran, especially regional neighbors like Saudi Arabia, Egypt and Jordan, were also sending in assistance, signaling a certain thaw. There is, of course, a constituency within the Iranian government that acts as if maintaining hostility toward the United States and its allies is one of the pillars that keeps the Islamic revolution alive. After the quake, Iran announced that it would accept aid from all nations except Israel, and Tehran has long supported militant Palestinian fundamentalist groups. Similar predictions of thaws in the past have come to naught -- including one in 1990 after a private American relief plane landed in Tehran ferrying supplies to the victims of a devastating earthquake in the Caspian region. That year, though, Iran left the United States off its thank-you list. The Bush administration's comments on Tuesday were among several in recent months trying to take advantage of Iran's latest cooperation on its nuclear weapons program. But direct contacts with Iran would be resumed only if the government in Tehran made further progress in shutting down terrorist operatives based in Iranian territory, American officials have said. »

The New York Times (États-Unis), 31 décembre 2003, p. A3.

Gouvernance et gouvernement [ 26 décembre 2003 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Iran
LimitéMohammad Khatamiposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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