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20 mars 2016

Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Raul Castro

Après avoir annoncé le rapprochement de leurs pays et échangé une poignée de main en avril 2015, le président cubain Raoul Castro et son homologue américain Barack Obama se rencontrent à Cuba. C'est la première fois depuis 1928 qu'un président des États-Unis effectue une visite officielle à Cuba depuis Calvin Coolidge, en 1928.

L'annonce d'un rapprochement entre Cuba et les États-Unis, en décembre 2014, est suivie en 2015 par une poignée de main historique entre Raoul Castro et Barack Obama à Panama et la réouverture d'ambassades dans les deux pays. Une autre étape est franchie le 20 mars 2016, alors que le président des États-Unis entreprend une visite officielle à Cuba. Il s'agit d'une première en 88 ans. Le président est notamment accompagné par son épouse Michelle et leurs deux filles. Le président Castro ne l'accueille pas à l'aéroport, le 20 mars, mais les deux prennent ensuite part à une foule d'événements. Obama assiste à un dîner d'État au Palais présidentiel, à un hommage au mémorial de José Marti, un héros national, et même à une partie de baseball. Un de ses discours, qui est télévisé, suscite aussi beaucoup d'intérêt. La situation des droits de l'homme, un des points litigieux entre les deux pays, est évoquée lors de discussions. Castro y fait même référence directement en défiant un journaliste de lui montrer une liste des prisonniers politiques à Cuba. Un autre sujet chaud entre les deux pays est l'embargo économique qui perdure depuis 1962, à l'époque de la guerre froide, et dont les conséquences sur l'économie de l'île sont significatives. Obama évoque une éventuelle levée de cette mesure adoptée sous la présidence de John F. Kennedy, mais ne peut en préciser la date. Le premier président afro-américain de l'histoire des États-Unis reçoit un accueil chaleureux. Au cours de sa visite, il rencontre même des opposants au régime Castro. En dépit de ce climat de rapprochement, des critiques sont formulées. Elles proviennent de Cubains dissidents de leur gouvernement, mais aussi d'Américains qui reprochent à leur chef d'État une ouverture trop grande par rapport aux engagements du régime castriste en faveur des libertés individuelles.

Dans les médias...


Gérald Olivier, « Que pèsent encore les États-Unis sur la scène internationale ? »

«...Rétablir des relations avec Cuba peut importer à l'Amérique. Après tout ce fut longtemps son petit paradis tropical privé. Un jardin des délices où la bourgeoisie conservatrice américaine allait s'encanailler en toute discrétion... Mais dans un monde post 11 septembre et à l'heure du combat contre le terrorisme islamique, Cuba est devenu un sujet périphérique. L'île castriste n'a de toute façon, plus d'autre choix que de se rapprocher des Etats-Unis. Elle a perdu son premier protecteur, l'Union soviétique voici vingt-cinq ans. Son second protecteur, le Venezuela, est en voie de déliquescence. Personne ne viendra plus désormais à son chevet. La main tendue d'Obama, est celle qu'on tend à un noyé sur le point de sombrer. Rien à voir avec l'ouverture de Nixon à la Chine en 1971, même si certains à la Maison Blanche ont osé la comparaison... »

Atlantico (France), 24 mars 2016.

Christopher Sabatini, « Obama a fait le choix de s'adresser directement aux Cubains »

«...En fait, cette conférence de presse symbolise bien les victoires différentes que veulent revendiquer d'un côté l'administration Obama, de l'autre le régime cubain. Côté cubain, cette rencontre permet à Raul Castro de consolider le pouvoir du régime et ce, à l'approche du prochain congrès du parti communiste cubain qui se tiendra en avril. C'est une manière de dire que les États-Unis ne sont plus l'ennemi, mais aussi qu'il existe une ligne de sauvetage économique pour Cuba, que des revenus vont pouvoir entrer dans le pays, ce qui est nécessaire pour le redresser. C'est d'autant plus essentiel si l'approvisionnement en pétrole bon marché du Venezuela prend fin (...) Cela pourrait complètement changer la donne et provoquer une crise majeure à Cuba. Au bout du compte, il faut comprendre que Raul Castro souhaite que Cuba ressemble à la Chine ou au Vietnam : avoir une économie qui fonctionne, qui est en situation de croissance, en mesure de réduire la pauvreté, sans que cela signifie l'abandon du pouvoir politique. Et Barack Obama abonde en son sens : il a été en Chine, deux fois. Lors de son discours, il dit même que la Chine n'est pas franchement un modèle en matière de droits de l'homme, ni l'Arabie saoudite, ce qui n'empêche pas les États-Unis d'avoir des liens avec ces pays. »

Propos recueillis par Iris Deroeux pour Mediapart (France), 23 mars 2016.

Bruno Odetn, « L'embargo persiste mais ne fait plus recette »

«...Barack Obama fait monter la pression sur les élus justifiant le passage d'un cap, « la fin d'une période, argue-t-il, celle de la guerre froide ». Mais ces recommandations ne semblaient pas en mesure jusqu'alors de forcer l'hostilité du camp républicain. D'autant que deux des principaux candidats à la primaire du Grand Old Party (GOP), Marco Rubio et Ted Cruz, membres eux-mêmes de l'importante diaspora cubaine installée en Floride, s'opposaient avec la plus grande véhémence à la levée du blocus. Le président sait toutefois qu'il dispose d'un atout redoutable dans le bras de fer engagé avec les élus du GOP : l'opinion publique. Le basculement enregistré dès le début des années 2010 en faveur de la normalisation des relations entre les deux pays s'est amplifié. Selon un sondage réalisé pour le compte du Pew Research Center (centre de recherche Pew), quelque 73 % des citoyens des États-Unis sont désormais hostiles à l'embargo. Et parmi eux 59 % d'électeurs... républicains. Même au sein de la communauté cubano-états-unienne, le rapport des forces est bouleversé : s'ils n'étaient que 13 % d'opposants au blocus commercial en 1991 parmi les immigrés cubains et leurs descendants, il y en avait 44 % en 2011 et ils sont désormais majoritaires (52 %) selon tous les sondages. »

L'Humanité (France), 22 mars 2016.

Gilles Biassette, « Barack Obama tend la main au peuple cubain »

«...Vantant la démocratie et la confiance en l'individu, plus à même de s'épanouir s'il a les cartes en main, il (Obama) n'a pas nié la réalité des différences entre les deux nations, qui s'efforcent de normaliser leurs relations après un demi-siècle de confrontation. À cette occasion, il a salué les mérites du système éducatif américain, tout en appelant à libérer l'énergie individuelle, tous azimuts, du peuple cubain. « Je pense que les citoyens devraient être libres d'exprimer leurs opinions sans peur», a déclaré le président américain, offrant le « salut de la paix. » L'un des objectifs de cette intervention était de rendre inéluctable le changement en cours, au-delà du destin des hommes qui l'ont initié et qui, bientôt, passeront la main - Barack Obama l'année prochaine, Raul Castro la suivante. « Je connais l'histoire, mais je ne veux pas être pris à son piège», a-t-il déclaré, avant de conclure: « Il est temps de laisser le passé derrière nous. » Pour la Maison-Blanche, qui a fait le constat de l'échec d'un demi-siècle d'isolement, ce dégel est un pari: celui que les échanges économiques et culturels apporteront le changement à Cuba bien plus que les pressions politiques. »

La Croix (France), 22 mars 2016.

Rupert Cornwell, « Obama's Cuban revolution faces down the past »

«...This is a President often criticised for his passivity. That cannot be said for the way Mr Obama has seized the chance of normalising relations and his realisation, which seemed to elude his predecessors, that Washington's hostility helped the Communist regime in Havana, allowing the Castros to appeal to Cuban nationalism. That card is now much harder to play. A friendlier US should only hasten change in Cuba. As for the traditional anti-Cuba lobby in the swing state of Florida, once a crucial element in presidential election calculations, it is a fading force, conspicuous mainly for its silence over what is happening. A recent poll showed Americans favour normalisation by a 58/28 per cent margin. Normalisation, moreover, could not come at a better moment for US relations with the rest of Latin America. Hostility to Cuba has long been an obstacle to closer ties; that stumbling block is now being removed at the very moment the continent's two largest powers, Brazil and Argentina, battered by economic slowdown, are swinging to the right and thus ideologically in the direction of the US. »

The Independent (Royaume-Uni), 22 mars 2016, p. 22.

Gouvernance et gouvernement [ 20 mars 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Cuba
FaibleRaul CastroRaul Castro

États-Unis
ÉlevéBarack H. Obama

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2011 - 2016



mars
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

novembre
2016
Décès de l’ex-dirigeant cubain Fidel Castro


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