Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

20 février 2019

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5 septembre 1999

Tenue d'élections législatives en Inde

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Atal Bihari Vajpayee

Les électeurs indiens retournent aux urnes pour la deuxième fois en 18 mois. Comme ce fut le cas lors des scrutins précédents, le Parti du peuple indien (Bharatiya Janata Party)(BJP) arrive en tête avec 182 sièges. Il formera le gouvernement grâce à une coalition d'une vingtaine de partis, l'Alliance démocratique nationale (ADN), qui lui accorde son appui.

Au terme des élections de mars 1998, Atal Bihari Vajpayee du BJP devient premier ministre grâce à l'appui des partis formant l'ADN. Cette coalition semble cependant fragile. De fait, un an plus tard, le 17 avril, un parti secondaire, le All India Anna Dravida Munnetra Kazhagam, retire sa confiance au gouvernement. Le Congrès national indien (CNI), maintenant dirigé par Sonia Gandhi, s'avère incapable de former une coalition. Un retour aux urnes, les troisièmes législatives en Inde depuis 1996, est annoncé pour septembre 1999. Le succès relatif de l'économie et la façon dont Vajpayee mène entre mai et juillet la guerre de Kargil, une région frontalière avec le Pakistan, jouent en faveur du gouvernement. Le CNI est pour sa part divisé, le leadership de Gandhi, qui a vu le jour en Italie, étant contesté. Celle-ci démissionne, puis revient. Un groupe dissident quitte tout de même et forme un Parti du Congrès nationaliste qui obtient un succès marginal. Le BJP reçoit l'appui de 25,6 % des électeurs et arrive encore en tête au niveau des sièges, avec 182. Il peut gouverner grâce à l'appui d'une centaine de députés provenant de l'ADN. Ce support aurait été facilité par le ton modéré de Vajpayee, qui tempère le discours nationaliste hindou de sa formation. Malgré 25,8 % des voix, le CNI récolte pour sa part 114 sièges, un plancher historique. Même avec les partis l'appuyant, il reste nettement à court de l'ADN. Enfin, les partis de gauche subissent un net recul par rapport à 1998. Assermenté le 13 octobre, Vajpayee semble à la tête d'une coalition plus solide qu'en 1998, laissant espérer une certaine stabilité. L'économie, la lutte à la corruption et la tolérance figurent dans son programme. La nouvelle de cette assermentation est cependant éclipsée par celle du renversement du président pakistanais, Mohamad Nawaz Sharif, la veille.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Françoise Chipaux, « Les nationalistes hindous remportent une fragile victoire aux législatives »

«...Annoncée par tous les sondages, la victoire de la NDA est toutefois moins nette que prévu. Le premier ministre sortant, M. Atal Bihari Vajpayee, qui va de nouveau conduire le gouvernement, pourrait avoir du mal à conduire un attelage disparate, au sein duquel la part du lion revient à certains partis régionaux. Les nationalistes hindous, qui se présentaient pour la première fois sur un programme commun excluant leurs objectifs contestés, avaient même cédé plusieurs sièges à leurs alliés. Si le BJP n'améliore donc pas son score personnel, puisqu'il se contente de garder les 181 sièges qu'il avait dans la législature précédente, il dirigera le gouvernement grâce à la victoire de ces alliés. Principal parti d'opposition, conduit depuis un an par Sonia Gandhi, héritière de la dynastie Nehru-Gandhi, le Congrès connaît une défaite historique puisque qu'il descend en dessous de la barre des 120 sièges. Il en avait 141 dans la législature précédente. (...) La défaite du Congrès pourrait avoir de sérieuses conséquences pour Mme Gandhi. Déjà au sein du parti, les accusations pleuvent. L'appel à la dynastie ne suffit pas pour ranimer un parti qui n'a pas réussi à retrouver le vote des basses castes et qui n'a pas non plus totalement récupéré les voix des minorités. »

Le Monde (France), 8 octobre 1999, p. 4.

Anne Vaugier, « L'Inde paie sa démocratie au prix fort »

«...Peu de suspense dans ce scrutin car personne ne doutait de l'issue du vote. L'Alliance démocratique nationale, constituée par une vingtaine de petites formations politiques autour du noyau des nationalistes hindoux (sic), représentée par le Bharatiya Janata Party (BJP), a remporté la majorité. Le BJP ayant déjà dirigé la coalition sortante de mars 1998 à avril 1999, un sentiment de déjà vu accentue la futilité d'un exercice qui, s'il prouve la vitalité de la démocratie indienne, pèse néanmoins un peu trop lourd sur la population. Ces élections auront coûté plus de huit milliards de roupies (plus d'un milliard de francs), les plus onéreuses depuis l'indépendance. Il y a de quoi en indigner plus d'un quand on réalise les carences de développement du pays. La politique serait-elle devenue une fin en soi ? Seuls les politiciens pris au jeu de la course au pouvoir semblent préoccupés de la nature du prochain gouvernement. L'extrême personnalisation du jeu politique, symbolisée par les figures de proue de ce scrutin, Sonia Gandhi pour le Parti du Congrès, Atal Behari Vajpayee pour le BJP, donnent le ton de l'ensemble. Enfin, la question provocante de l'hebdomadaire Outlook : « Avons-nous vraiment besoin d'un gouvernement ? » résume bien l'humeur générale. »

La Croix (France), 11 octobre 1999, p. 16.

Jooneed Khan, « Inde : un autre coup pour rien »

«...Cela signifie, selon les grands quotidiens et hebdos indiens qui ont tous des pages Spécial-Élections sur l'Internet, que ces troisièmes législatives en 42 mois n'ont pas donné un mandat de stabilité à la plus grande démocratie au monde, économie émergente de près de un milliard d'habitants, puissance nucléaire, et l'un des piliers du continent asiatique. L'Inde, qui s'apprête donc à étrenner son sixième gouvernement depuis 1996, reste ainsi vouée à l'instabilité, une conclusion que la bourse de Bombay, la plus importante du pays, a vite tirée en finissant hier à la baisse. (...) les résultats projetés signifient aussi, estiment les médias indiens, que le BJP (Bharatiya Janata Party, ou Parti du peuple de l'Inde), devra, s'il veut gouverner, continuer à mettre de l'eau dans son « lait » hindouiste, en accommodant ses partenaires plutôt laïcisants ou régionalistes, quitte à s'aliéner sa base hindouiste pure et dure du Shiv Sena et du RSS, par exemple. Quant aux divers partis de gauche, notamment les communistes, les projections les créditaient de 32 sièges seulement, et les autres petits partis se partageaient le reste. »

La Presse (Québec, Canada), 7 octobre 1999, p. C1.

Associated Press, « India Aims for Stable Government »

«...The alliance crushed Sonia Gandhi's Congress party in the national election for the lower house of parliament, winning about 300 of the 543 seats. A new coalition government is expected to be in office next week. But Vajpayee faces challenges in the interim. One of the toughest: to pick from \the approximately 300 NDA legislators to form a cabinet that will please all the parties in the alliance. Vajpayee knows the troubles that can go along with trying to please different factions. His last government fell after Jayaram Jayalalitha, a former movie star and regional power broker, pulled her 18 legislators from the coalition and forced another election. « The biggest benefit of the last government was the experience we gained in running coalitions, » Fernandes said. Vajpayee's strong majority and personal popularity are expected to give him more control over the alliance and may let him govern for a full five-year term, which India's last four governments failed to do. »

dans The Chronicle-Herald (Canada), 9 octobre 1999, p. A15.

Gouvernance et gouvernement [ 5 septembre 1999 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Inde
ÉlevéKocheril Raman NarayananAtal Bihari Vajpayee

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1994 - 2004



avril
1996
Tenue d'élections législatives en Inde

mai
1996
[Résultats] Élections législatives

février
1998
Tenue d'élections législatives en Inde

mars
1998
[Résultats] Élections législatives

septembre
1999
Tenue d'élections législatives en Inde

octobre
1999
[Résultats] Élections législatives

janvier
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Tremblement de terre dévastateur à Gujarat, en Inde

avril
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Tenue d'élections législatives en Inde

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2004
[Résultats] Élections législatives


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