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16 avril 2009

Tenue d'élections législatives en Inde

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Manmohan Singh

Le premier ministre sortant Manmohan Singh et son parti, le Congrès national indien (CNI), terminent une fois de plus en tête des élections législatives avec 28,6 % des voix et 206 sièges. L'appui de la coalition de l'Alliance progressiste unie (APU) et d'autres formations permettra au CNI de former de nouveau le gouvernement avec une nette majorité.

La victoire du CNI, en 2004, marque le retour au pouvoir de la formation qui a dominé la vie politique indienne depuis l'indépendance. Des réformes économiques se poursuivent sous le premier ministre Manmohan Singh, lui-même un économiste. Le pays est aussi secoué par des vagues de violence, comme en décembre 2008 alors qu'un attentat terroriste fait 188 morts et des centaines de blessés à Bombay. L'opposition blâme le gouvernement pour son manque de vigilance. Une opération au coeur, en janvier 2009, laisse aussi sous l'impression que Singh, un septuagénaire, pourrait ne pas être sur les rangs lors des élections d'avril-mai 2009. Ce n'est pas le cas. Avec lui, et Sonia Gandhi à la direction du parti, le CNI arrive en tête avec 28,6 % des voix et 206 sièges. L'autre grand parti national, le Parti du peuple (Bharatiya Janata) (BJP), maintenant dirigé par Lal Krishna Advani, recule pour sa part à 18,8 % des votes et 116 sièges. Avec l'appui de la coalition de l'APU et d'autres formations, le CNI peut compter sur une majorité de plus de 300 sièges sur les 435 que compte la Lok Sabha. Cette situation contraste avec l'Alliance démocratique nationale (ADN), la coalition supportant le BJP, dont le nombre de partis et de sièges a diminué. Une autre coalition, le Troisième Front, termine derrière. Selon les analystes, la division des voix parmi les nombreux partis défendant des intérêts régionaux ou ethniques a joué en faveur du CNI qui a peu progressé en terme de votes. Dans l'ensemble, le support aux deux grands partis nationaux a d'ailleurs encore chuté, passant à 47,3 %. Il s'agit d'une constante depuis quelques élections en Inde. Singh, qui est assermenté de nouveau le 22 mai, est le premier premier ministre depuis Jawaharlal Nehru, dans les années 1950, à être élu pour un deuxième mandat consécutif de 5 ans.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Marie-France Calle, « L'Inde choisit la voie de la stabilité »

«...Il y a plusieurs manières de lire la victoire du Congrès. Elle est d'abord le refus du fondamentalisme, prêché par le BJP, le parti nationaliste hindou. Âgé de 81 ans, son chef, L. K. Advani, devrait démissionner dans les jours qui viennent. 714 millions d'Indiens ont rejeté, à une écrasante majorité, « les politiques fondées sur la caste et la religion » , comme l'a rappelé Rahul Gandhi. Cela prouve assez la maturité et la responsabilité de l'électorat indien. Surtout quand on songe que ces élections ont eu lieu quelques mois à peine après les attentats de Bombay qui ont fait près de 200 morts ; et à l'issue d'une année particulièrement meurtrière en Inde. Bref, la menace terroriste n'a pas entraîné les Indiens dans une spirale de haine. Le gouvernement sortant a sans doute aussi récolté les dividendes de sa politique en faveur des paysans. Le programme assurant cent jours de travail à un membre de chaque famille en zone rurale et l'effacement de la dette des fermiers au bord du gouffre a fini par trouver un écho favorable dans les campagnes, qui abritent 70 % de la population indienne. »

Le Figaro (France), 18 mai 2009, p. 6.

Raw Etwareea, « L'Inde opte pour un gouvernement fort et stable »

«...Des tambours et des cymbales ont sonné. Dans les villes et dans les villages, les Indiens sont sortis en grand nombre dans la rue pour acclamer les résultats sortis des urnes ce samedi. Mais, plus que la victoire du Parti du Congrès et de ses alliés, ils ont célébré l'avènement d'un nouveau gouvernement qui sera, grâce à sa nette majorité, fort et stable. Pendant les cinq dernières années, le premier ministre Manmohan Singh a été prisonnier d'une alliance disparate. Même les plus petits partenaires au pouvoir ont réussi à bloquer des initiatives importantes ou ont obtenu des décisions au profit de leurs intérêts partisans ou régionaux, alors même que celles-ci ne faisaient pas sens sur le plan national. Ces derniers jours, la grande crainte était que les résultats des élections soient très serrés et que les politiques s'engagent durant des semaines dans des manoeuvres de chantage et de marchandage pour former une majorité. Il n'en a rien été. (...) Désormais, les mains libres, Manmohan Singh a promis de se remettre immédiatement au travail. Il a de quoi faire, d'autant plus que le pays n'est pas épargné par la crise. Plusieurs pans de l'économie indienne, plus particulièrement les secteurs d'exportation - textile, informatique, tourisme - sont frappés de plein fouet. »

Le Temps (Suisse), 16 mai 2009.

Guy Taillefer, « Cohésion et trébuchement »

«...La victoire du Congrès vaut d'autant plus que les nationalistes hindous réunis autour du BJP perdent des plumes. Le BJP comptait sur le fait que les attentats commis à Mumbai en novembre dernier aiguiseraient le sentiment antimusulman et qu'ils lui seraient utiles lors des élections. Son candidat au poste de premier ministre était un pur et dur du parti, Lal Krishna Advani, le cerveau du mouvement qui conduisit à la destruction de la mosquée d'Ayodhya en 1992 et aux violences intercommunautaires qui firent des centaines de morts. Ceci expliquant cela, le fait que le pays n'ait pas connu d'affrontements religieux majeurs au cours des cinq dernières années aura également joué en faveur du Congrès. «Ce fut un vote contre l'extrémisme idéologique, contre l'extrémisme de classe, de caste et de langage, a commenté Ramachandra Guha, historien de premier plan. C'est une victoire du vote du milieu.» Que M. Singh sache maintenant s'y tenir. La quasi-majorité obtenue par l'alliance formée par le Congrès le libère par ailleurs de l'obstruction systématique aux tentatives de libéralisation économique que lui ont opposée les partis communistes, sur lesquels il avait dû s'appuyer pour former la coalition sortante. Reste à savoir ce qu'il fera de cette liberté. »

Le Devoir (Québec, Canada), 20 mai 2009, p. A8.

James Lamont, « Singh follows in the footsteps of Nehru »

«...Mr Singh had been seen as Mrs Gandhi's appointee for the past five years, a capable but non-threatening stand-in after she turned down the job of prime minister following the Congress party victory in 2004. A respected economist and former finance minister, Mr Singh found it difficult to shed a professorial image. His opponents taunted him as politically ingénu. This time, the Congress party put Mr Singh at the front of the campaign, backed strongly by the party and the powerful Nehru-Gandhi family to stay in the job. Mr Singh did not disappoint. He repelled attacks by L.K. Advani, the opposition Bharatiya Janata party leader, who dubbed him India's weakest prime minister. In retaliation, he castigated Mr Advani for his divisive past, and won. Now some commentators are going so far as to describe Mr Singh as treading in the steps of Jawaharlal Nehru, India's first prime minister. With this victory, Mr Singh joins Nehru as the only two Indian premiers re-elected after a full term in office. « This was a vote for prosperity, progress and principle. That's what the Manmohan Singh brand represents. He's turned from technocrat to politician, » says Suhel Seth, a marketing expert and commentator. Importantly, Mr Singh's first remarks upon reelection emphasised stability and the value of India's secular vision. The result has overturned fears of a weak coalition government, hamstrung by its divergent parts. »

Financial Time (Royaume-Uni), 18 mai 2009, p. 8.

Gouvernance et gouvernement [ 16 avril 2009 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Inde
ÉlevéPratibah PatilManmohan Singh

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2004 - 2016



avril
2004
Tenue d'élections législatives en Inde

mai
2004
[Résultats] Élections législatives

novembre
2008
Attentats terroristes à Bombay, en Inde

avril
2009
Tenue d'élections législatives en Inde

mai
2009
[Résultats] Élections législatives

avril
2014
Élection en Inde d'un gouvernement dirigé par le Parti Bharatiya Janata de Narendra Modi

mai
2014
[Résultats] Élections législatives


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