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23 juin 2016

Accord de cessez-le-feu entre le gouvernement colombien et les FARC

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Juan Manuel Santos

Le président colombien Juan Manuel Santos et le leader des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Rodrigo Londono Echeverri, s'entendent sur un accord de cessez-le-feu. Des négociations se poursuivront afin d'en venir rapidement à un traité de paix mettant fin à la lutte armée des FARC qui dure depuis les années 1960.

L'instabilité politique règne en Colombie depuis la fin des années 1940. Elle précède la création des FARC en 1964, dans le sillage de la révolution castriste à Cuba. Composé de petits fermiers et de travailleurs agricoles, ce mouvement d'inspiration marxiste, prêt à la lutte armée, s'insurge contre le contrôle des terres par un petit nombre de propriétaires. Au fil des ans, les FARC se livreront à des enlèvements, des actes terroristes et au trafic des drogues, une activité très lucrative. Le gouvernement, appuyé par les États-Unis, leur fait la lutte. Celle-ci s'intensifie au début du XXIe siècle, faisant en tout environ 220 000 morts et des millions de déplacés. La mort de certains leaders et l'ampleur de la répression à l'endroit des FARC favorisent des tentatives de rapprochements à différents moments. Des négociations entreprises à Cuba en 2012 aboutissent le 23 juin 2016 avec la signature d'un accord de cessez-le-feu. Il est célébré en présence du président colombien Juan Manuel Santos et du leader des FARC, Rodrigo Londono Echeverri (ou Timoléon « Timochenko » Jimenez). Le président cubain Raul Castro, qui a servi de modérateur, est sur place, de même que d'autres présidents d'Amérique latine et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Le président Santon parle de « jour historique », mais ce cessez-le-feu ne s'applique pas aux autres groupes armés moins importants. De plus, des négociations porteront sur le désarmement et la démobilisation des quelque 7000 FARC qui s'inquiètent du sort que leur réservera la population, malgré cette entente avec le gouvernement. Cet accord se veut le prélude à une entente de paix que l'on espère pour le 20 juillet, jour de la fête nationale colombienne, mais qui sera conclue le 24 août. Toutefois, elle sera rejetée de justesse lors d'un référendum, le 2 octobre, avant qu'une nouvelle entente ne soit conclue le 12 novembre. Par la suite, les FARC envisagent d'entrer dans le processus politique de façon démocratique, notamment en luttant pour une meilleure redistribution des richesses en milieu rural.

Dans les médias...


Philippe Boulet-Gercourt, « La Colombie sur le chemin de la paix »

«...Le jour même du vote sur le Brexit, un groupe d'hommes épuisés par trois ans et demi de négociations pariait contre ce que l'on pourrait appeler le « paixit », l'effort de tous ceux, emmenés par l'ancien président Álvaro Uribe, qui veulent torpiller la paix en refusant de « négocier avec des terroristes ». L'accord SANTA FE DE BOGOTA Florencia signé le 23 juin à La Havane ouvre la voie à une paix officielle que le président Santos espère voir signée le 20 juillet, anniversaire de l'indépendance de la Colombie, mais qui le sera plus probablement en août. Le cessez-le-feu officiel commencera ce jour-là et donnera le signal d'un ballet planifié dans ses moindres détails : les 6 000 à 7 000 guérilleros des Farc se regrouperont dans 23 zones protégées et 8 camps pour y déposer les armes. Le moment sera historique. Car ce conflit a battu tous les records : plus vieille guérilla au monde, plus longue guerre civile d'Amérique latine (cinquante-deux ans), avec 220 000 victimes et près de 7 millions de personnes déplacées à l'intérieur d'un pays. (...) « Pour les Colombiens, le naturel est la guerre et l'anormal, la paix. Nous avons tellement repoussé les frontières de l'horreur que les gens sont sceptiques, ils se demandent si l'on appliquera ce qui sera signé », explique Domingo Pérez Cuellar. »

L'Obs (France), 30 juin 2016.

Vincent Taillefumier, « La Colombie et les FARC signent l'armistice »

«...Avant d'appliquer l'armistice, il reste aux négociateurs à régler des points concrets de mise en oeuvre des accords et les conditions de son approbation - qui seront soumis à un référendum en septembre prochain. Ce dernier verra se mesurer les partisans de l'accord à la droite ultra-conservatrice emmenée par l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010). Ses sympathisants sillonnent actuellement les villes du pays pour récolter des pétitions contre les négociations. « Nous aurions aimé que l'accord prévoie la prison pour les responsables de crimes contre l'humanité et ne les récompense pas en les rendant éligibles », condamne Ivan Zuluaga, ex-candidat présidentiel uribiste. S'il s'impose malgré tout contre son prédécesseur, comme le lui promettent les sondages, Juan Manuel Santos devra enfin faire décoller des négociations parallèles avec l'Armée de libération nationale (ELN). Presque trois mois après leur ouverture officielle, cette guérilla cinq fois plus petite que les FARC, qui refuse de renoncer aux rapts contre rançon, n'a toujours pas rencontré les négociateurs du pouvoir. Milices mafieuses et violence ordinaire, enfin, font toujours de la Colombie, un pays 25 fois plus meurtrier que la moyenne des pays d'Europe occidental. »

Le Temps (Suisse), 24 juin 2016, p. 4.

Anne Proenza, « Les Farc quittent la jungle pour les livres d'histoire »

«...En plus du cessez-le-feu, les Farc et le gouvernement se sont aussi mis d'accord ce jeudi 23 juin sur les modalités de désarmement des guérilleros sous l'égide des observateurs des Nations Unies, un des points les plus délicats des négociations. Les deux parties ont aussi défini le nombre de zones où seront rassemblés de façon transitoire les guérilleros qui se démobilisent avant leur retour à la vie civile. Tandis que l'État s'engage pour sa part à lutter contre les organisations criminelles issues du paramilitarisme des années 90 qui continue, malgré la démobilisation de 2006, de semer la terreur dans nombre de régions du pays. Et sachant que les assassinats et les menaces contre des militants des droits de l'homme n'ont jamais cessé cette année. Les garanties de sécurité pour les guérilleros qui rendent les armes ont longtemps constitué une des principales préoccupations des Farc, compte tenu de l'extermination dans les années 80 et 90, de près de 4000 militants de l'Union Patriotique, un parti politique proche du parti communiste et rassemblant des guérilleros démobilisé. »

Le Soir (Belgique), 24 juin 2016.

Jim Wyss, « 'No turning back' after Colombian peace breakthrough »

«...The ceasefire and disarmament are just one of six points of the larger deal. Negotiators have already reached tentative agreements on rural development, transitional justice, the FARC's participation in politics and its role in helping eradicate the drug trade. They've also signed agreements on providing symbolic and material reparations to victims. Thursday's event was attended by U.N. General Secretary Ban-Ki Moon, Venezuelan President Nicolas Maduro and Chilean President Michelle Bachelet, among others. « There's no turning back from this peace process,» Cuban President Raul Castro said at the event. « Peace is a victory for all of Colombia but also all of our Americas.» In downtown Bogota, crowds gathered around large-screen TVs to watch the ceremony, hugging and singing the national anthem. But not everyone's ready to embrace the idea. Former President Alvaro Uribe, who remains enormously popular and influential, has questioned the concessions made in Havana. « The word peace has been wounded by allowing people who are responsible for crimes against humanity like kidnapping, car bombs, recruiting children and raping girls to be elected to public office without spending a day in jail,» he wrote in a letter. « These prizes to criminals only generate more violence.» »

Miami Herald (États-Unis), 23 juin 2016.

Gouvernance et gouvernement [ 23 juin 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Colombie
IntermédiaireJuan Manuel Santos

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Accord de cessez-le-feu entre le gouvernement colombien et les FARC


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