13 octobre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

6 juin 1982

Déclenchement de l'offensive israélienne « Paix en Galilée » au Liban

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Bechir Gemayel

Dans le cadre d'une offensive baptisée « Paix en Galilée », l'armée israélienne engage plusieurs milliers de soldats au Liban afin d'éliminer les bases palestiniennes établies à Beyrouth et de refouler les troupes syriennes hors des frontières libanaises.

Un cessez-le-feu conclu en juin 1981 n'empêche pas la poursuite d'accrochages entre Israéliens et Palestiniens près de la frontière du Liban. En juin 1982, le gouvernement dirigé par Menahem Begin déclenche une offensive armée d'envergure dans le but d'éliminer les bases de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de repousser les Syriens qui les appuient. Cernée et bombardée, la capitale Beyrouth devient un champ de bataille que les Palestiniens seront contraints de quitter. L'assassinat du président Bechir Gemayel, à la mi-septembre, est suivie par de nouveaux actes de violence, comme le massacre des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila par des miliciens phalangistes chrétiens. Le conflit sanglant qui déchire le Liban soulève un fort mécontentement, même à Israël où le ministre de la Défense, Ariel Sharon, doit démissionner en février 1983. D'autres attentats seront perpétrés, dont ceux visant les troupes américaines et françaises dépêchées afin de pacifier le territoire. Après de longues négociations, un autre cessez-le-feu sera conclu en 1983.

Dans les médias...


Jean Daniel, « Pourquoi ils ont abandonné les Palestiniens »

«...Il n'y a qu'un seul peuple en vérité à qui on ne puisse faire le procès de n'avoir pas soutenu les Palestiniens. C'est le peuple libanais. D'abord, parce que c'est celui qui les a le mieux accueillis pendant le plus longtemps. Ensuite, parce que du fait de la présence sur son sol d'une population armée équivalente au cinquième de la leur, le Liban avait fini par être curieusement le seul pays arabe à supporter les conséquences de la guerre contre Israël. Enfin, parce que les Libanais se sont sentis menacés dans leur identité par le combat des Palestiniens. En dehors de l'Égypte, qui a perdu deux cent mille soldats dans les différentes guerres avec Israël, il n'est aucun pays qui n'ait, plus que le Liban, payé un si lourd tribut. Au fait, ce n'est pas un hasard si les Palestiniens se tournent désormais vers cette Égypte si décriée. Vers la France aussi, semble-t-il. Alors, c'est peut-être l'occasion d'obtenir le retour des armées israéliennes en Israël et la constitution d'un gouvernement libanais, soutenu par des forces multinationales et qui aurait la possibilité d'imposer le retrait des forces syriennes et de négocier avec les Palestiniens des accords de coexistence. Il n'est pas de problème plus urgent pour le moment. »

Le Nouvel Observateur (France), 19 juin 1982, p. 20.

Paul Thibaud, « Devant Beyrouth »

«...Un mois et demi après son déclenchement, la guerre du Liban est comme suspendue, arrêtée dans sa trajectoire, sans conclusion politique ni militaire. On a spéculé les premiers jours sur les chances d'une « solution à chaud », on voit maintenant que même à chaud, les oppositions fondamentales ne se laissent pas oublier; la solution n'est pas difficile à imaginer, c'est une véritable reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP, dont le sceau serait un accord sur la Cisjordanie et Gaza. Quant à savoir comment cette solution pourrait être mise en oeuvre, c'est une toute autre affaire. L'enlisement de processus démocratiques dont on attendait des miracles à propos du sort de Beyrouth semble prouver que le moment de la solution n'est pas arrivé. Ce qui, de l'extérieur, semble être la solution, les adversaires n'en veulent pas. Pour eux, la paix serait que l'autre ne soit plus là. Ils s'ancrent d'autant plus dans cette conviction que l'adversaire les nie : vous voudriez que nous reconnaissions ces gens qui veulent notre mort sinon physique du moins politique ! Argument parfaitement réversible. Seule l'évidence que l'autre est bien là, et pour rester, peut faire bouger les mentalités. Qu'en est-il de la possibilité d'un pareil changement ? »

Esprit (France), septembre 1982, p. 162-163.

Jean-Pierre Proulx, « La guerre au Sud-Liban »

«...on ne peut prendre pour acquis qu'Israël ne se retirera pas du Sud-Liban tant qu'il n'aura pas acquis la conviction qu'il peut compter sur les forces de l'ONU. La communauté internationale a donc, à compter de maintenant, l'impérieux devoir de réexaminer l'efficacité de la force qu'elle maintient au Sud-Liban. En demandant dimanche, le retrait des soldats israéliens en deça de leur frontière, le Conseil de sécurité de l'ONU a fait ce qu'il fallait faire dans les circonstances. Il doit maintenant s'assurer que sa résolution puisse, en pratique, être respectée. Mais à plus long terme, rien n'est réglé. L'objectif ultime des efforts de la diplomatie internationale doit être double : amener l'OLP à renoncer à l'élimination physique d'Israël, et Israël à remettre aux Palestiniens la Cisjordanie. Pour l'instant, il semble que l'on soit plus proche du premier objectif que du second. »

Le Devoir (Québec, Canada), 8 juin 1982, p. 6.

Angus Deming et al., « Israel's Blitz »

«...West Bank and Gaza Palestinians watched the assault on the PLO in Lebanon in stunned helplessness. (...) But with the exception of a few student protest demonstrations, the occupied Arab territories remained calm : "The Palestinians are too shocked , too bitter, too isolated to do anything right away," commented one Western observer. "They haven't digested yet what's happening." If Sharon's conquest of Southern Lebanon freed the Galilee from the menace of PLO Katyushas, it also created new dilemmas for Israel. The Israelis evidently intend to make their Christian Lebanese ally, Saad Haddad, the policeman of large portions of newly captured southern Lebanese territory. To patrol the rest Israel would prefer a Sinai-type multinational force, with American participation; Washington would like a larger U.N. peace-keeping contingent. It was hard to see how either could be created soon. In the meantime Israel's advance had ravaged cities, killing civilians along with armed guerrillas, creating new droves of refugees and new hatreds that would not burn out soon. Operation Peace in Galilee may have ended one period of bloodshed, but it may also have set the stage for another one. »

Newsweek (États-Unis), 21 juin 1982, p. 20.

Gouvernance et gouvernement [ 6 juin 1982 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Liban
TransitionÉlias SarkisShafiq al-Wazzan

Israël
IntermédiaireYitzhak NavonMenahem Begin

Syrie
FaibleAbu Sulayman Hafez el-AssadAbd ar-Rauf al-Kasm

null
Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1977 - 1987



juin
1982
Déclenchement de l'offensive israélienne « Paix en Galilée » au Liban

octobre
1983
Attentat meurtrier au Liban contre des troupes américaines et françaises


Dans l'actualité


septembre
2019
Le Liban : une dette qui fait boule de neige

février
2018
L'appareil démocratique rouillé du Liban

novembre
2016
Michel Aoun : de militaire à président du Liban

février
2016
Liban : des actes de terrorisme aux conséquences multiples?

octobre
2014
La présidentielle libanaise : un casse-tête tant interne qu'externe

février
2010
« L'État » Hezbollah

février
2010
Le retour de la stabilité au pays du Cèdre?

février
2010
La politique étrangère d'Obama au Moyen-Orient

octobre
2008
Attaque du « Drakkar » au Liban : 25 ans déjà

mars
2008
Chrétiens et musulmans, main dans la main au Liban


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019