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24 août 2016

Tremblement de terre dévastateur en Italie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Amatrice, Italie

Une secousse estimée à 6,0 sur l'échelle de Richter frappe l'Italie centrale, détruisant trois villages et faisant 290 morts et environ 388 blessés. Ce n'est pas la première fois que cette région propice aux séismes est touchée de la sorte, puisque le 6 avril 2009 un tremblement de terre avait fait 308 morts dans la ville de L'Aquila, dans les Abruzzes.

Le séisme qui survient à 3 heures 36 minutes, donc en pleine nuit, surprend les habitants dans leur sommeil. Cette partie de l'Italie est habituée à ce phénomène, le 6 avril 2009 un tremblement de terre avait fait 308 morts et forcé le déplacement de 65 000 personnes. Le choc du 24 août 2016 secoue plutôt une région rurale. Amatrice, considéré comme un des plus beaux villages d'Italie, et Accumoli sont durement touchés par cette secousse qui, selon les analystes, s'expliquerait par l'étirement de la chaîne de montage des Apennins. L'évaluation du nombre des victimes s'avère difficile, car il s'agit d'endroits propices à la villégiature en période estivale. Cependant, plus de 90 % des 290 victimes, 229 à Amatrice seulement, sont des Italiens. Des milliers de secouristes se mettent à l'oeuvre dans les heures suivant la tragédie. Leur travail est compliqué par les multiples répliques déclenchées après le séisme du 24 août. Plus de 1000 personnes sont évacuées et environ 2500 laissées sans toit. Le ministère de la Culture observe également des dégâts sur près de 300 bâtiments de valeur patrimoniale. À cause de leur âge, ceux-ci n'ont pu profiter des mesures de protection adoptées contre les tremblements de terre. L'effondrement d'une école d'Amatrice construite récemment, et selon les normes de sécurité requises, suscite toutefois des interrogations. Le gouvernement de Matteo Renzi, qui décrète l'état d'urgence le 25 août, s'engage à enquêter sur le sujet, en plus de verser une aide initiale de 50 millions d'euros. Il exprime aussi la volonté de mettre sur pied un plan de prévention antisismique intitulé Casa Italia. Trois jours de deuil sont annoncés, dont des cérémonies émouvantes le samedi 27 août en présence de Renzi et du président Sergio Mattarella. Le 30 octobre, un séisme de magnitude 6,6, le plus fort depuis 1980, frappe de nouveau le centre de l'Italie.

Dans les médias...


S.A., « L'Italie pointe son « absence de culture de la prévention »»

«...L'objectif est d'assurer la mise en sécurité des habitations alors que seules 30 % des maisons italiennes respectent aujourd'hui les normes antisismiques. Les géologues estiment que 60 % des bâtiments transalpins sont exposés au risque d'un tremblement de terre plus ou moins violent. Dans ce contexte, le parquet de Rieti a ouvert une enquête pour «homicide involontaire» . En 2009, des fonctionnaires de l'administration communale d'Amatrice auraient envoyé en retard des formulaires pour permettre aux propriétaires d'accéder aux subventions gouvernementales (débloquées après le séisme de L'Aquila) afin de mettre aux normes leur domicile. Mais au-delà de l'erreur bureaucratique, des questions se posent plus généralement sur le manque de prévention. Alors qu'Amatrice avait déjà été rayée de la carte par un premier tremblement de terre au début du XVII e siècle, le responsable du Conseil national de géologie, Domenico Angelone, qui s'est rendu sur place ne cache pas sa colère : «La caserne des carabiniers est hors d'usage, le commissariat aussi. L'hôpital s'est à moitié effondré et l'école est complètement détruite. Les quatre bâtiments qui auraient dû être les derniers à tomber ont été les premiers. Cela nous fait comprendre combien, dans toute l'Italie, il n'existe pas de culture de la prévention. Il n'y a pas une sensibilité suffisante pour que l'on n'oublie pas ce qu'il s'est passé aujourd'hui. Dans dix jours on aura déjà tout oublié.» »

Libération (France), 26 août 2016.

S.A., « Les failles de la prévention des séismes en Italie »

«...«L'Italie doit avoir une vision qui ne se limite pas à la gestion des situations d'urgence», a-t-il encore ajouté, reconnaissant toutefois qu'en matière de protection antisismique, le pays, qui possède le plus de monuments inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, n'a pas la tâche facile. Selon le ministre des infrastructures et des transports, Graziano Delrio, interrogé par le Corriere della Sera , il faudrait débourser environ «360 milliards d'euros» pour mettre aux normes tous les bâtiments italiens. (...) Vendredi soir, Matteo Renzi a réuni autour de lui et du responsable de la protection civile les quatre présidents des régions concernées par le séisme - Latium, Ombrie, Marches et Abruzzes. À l'ordre du jour, la mise au point des mesures d'urgence mais surtout la confirmation que les bourgs détruits seront reconstruits au même endroit. C'en est ainsi fini du système des « new towns » voulu par l'ancien gouvernement Berlusconi, lors du séisme de L'Aquila il y a sept ans, c'est-à-dire le transfert des personnes relogées vers la périphérie avec de nouvelles constructions. Cette fois, Matteo Renzi a décidé que les habitants des zones dévastées resteront sur place pour « garantir l'identité des communautés ». »

Le Monde (France), 27 août 2016.

Olivier Tosseri, « Italie : après le drame, la polémique enfle »

«...Au total, 150 milliards d'euros ont été dépensés pour faire face aux urgences et aux reconstructions souvent incomplètes. Bien peu l'ont été pour limiter les potentiels dégâts de tremblements de terre, certes imprévisibles mais inéluctables. Le dernier en date ne déroge pas à la règle. Si l'heure est à la douleur et à l'action pour retrouver les survivants, comme l'a rappelé le président du Conseil, c'est également celle des polémiques. Enzo Boschi, sismologue et géophysicien, ancien président de l'Institut national de géophysique et vulcanologie, a immédiatement dénoncé l'insuffisance criante en matière de prévention. (...) Dans son dernier rapport, l'Enea, l'Agence nationale pour l'énergie et l'environnement, souligne que 70 % des bâtiments de la péninsule ne sont pas en mesure de résister à un tremblement de terre, dont 500 écoles et de nombreux ouvrages stratégiques indispensables pour assurer l'assistance aux victimes, dont les hôpitaux et les routes. 40 millions d'Italiens sont ainsi théoriquement en danger, dont 24 millions dans la zone sismique 1, celle présentant le plus gros risque, alors que leur pays est en pointe dans la recherche dans ce domaine. Une négligence qui ne trouve pas d'excuse financière puisque construire une maison aux normes antisismiques équivaut à un surcoût de seulement 10 %. C'est bien peu au regard des sommes dépensées pour l'assistance aux sinistrés et la reconstruction, mais surtout au regard du coût humain payé à chaque nouveau séisme. »

Les Échos (France) 26 août 2016, p. 5.

S.A., « Italy's Vulnerable Beauty Lacks Funds and Attention Against Earthquakes »

«...The reconstruction effort in L'Aquila, a 13th century city walloped by an earthquake in 2009, is still many years from completion. Seven building contractors were arrested in 2014 on allegations they were working with the Mafia. Other delays have been caused by often bewildering red tape that would surely snarl any significant campaign to retrofit buildings with anti-seismic protection. A recently introduced code for assigning public work contracts includes 220 norms. It is designed to root out graft but local authorities say it is a tangled nightmare to follow. (...) Ironically, not all the money that is currently offered by the government to encourage individuals to safeguard their property is used, partly because of bureaucracy. Following the L'Aquila calamity, the government earmarked almost 1 billion euros for earthquake programmes, but only 700 million euros have been committed to defined projects. In Amatrice, the local region said funds could be spent only on primary residences, despite the fact that many of the properties were secondary, holiday homes. A town clerk then forgot to put in the applications for the handful of local people who had applied for help, missing the deadline. Experts say that in Italy's old towns and villages, where houses are often crammed together around small squares and narrow lanes, everyone has to retrofit their homes to make it worthwhile. An earthquake proof house can survive a bad tremor only for an unproofed house to collapse into it and destroy it. With limited resources, working out priorities is tough. »

Reuters (Royaume-Uni), 29 août 2016.

Gouvernance et gouvernement [ 24 août 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéSergio MattarellaMatteo Renzi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2011 - 2016



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2011
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2013
Élections législatives en Italie

février
2013
[Résultats] Élections législatives

mars
2013
Élection du pape François

avril
2014
Canonisation de Jean XXIII et Jean Paul II

août
2016
Tremblement de terre dévastateur en Italie

décembre
2016
Tenue d’un référendum constitutionnel en Italie


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