Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

23 novembre 2017

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18 septembre 2016

Réélection en Russie du parti Russie unie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Dmitiri Medvedev

Le parti Russie unie (RU) du premier ministre Dmitri Medveded est reporté au pouvoir avec une majorité accrue, 343 sièges sur les 450 de la Douma, lors des législatives du 18 septembre 2016. Ce scrutin se déroule sans histoire et sans surprise, avec un taux de participation de 48 %, le plus faible depuis 1993.

Le mandat qui se termine est marqué par plusieurs événements importants en Russie, dont la tenue des Jeux olympiques d'hiver de 2014 et, surtout, la chute du prix de pétrole qui affecte durement l'économie. L'intervention en Crimée et celle dans la guerre civile syrienne surviennent également pendant cette période de tensions avec le monde occidental. La popularité du président Vladimir Poutine, du premier ministre Medvedev et de leur formation politique, Russie unie, semble en profiter. En effet, leurs opposants tirent de l'arrière dans les sondages, des résultats qui se concrétisent lors des législatives du 18 septembre 2016. Après une campagne sans surprise suscitant un intérêt mitigé, RU obtient la majorité des voix (54,2 %) et des sièges (343 sur 450), ce qui lui donnera les coudées franches au cours du mandat qui s'amorce. Il s'agit d'une nette progression par rapport à 2011, alors que RU n'avait pas récolté la majorité des voix (49,3 %) et s'était contentée de 238 sièges. Pour sa part, le Parti communiste de la Fédération russe (13,3 %, 42 sièges), en recul, n'arrive pas à poursuivre sur l'élan de 2011, alors que le Parti libéral démocratique de Russie de Vladimir Zhironosky (13,2 %, 39 sièges), une formation d'extrême droite, régresse au nombre total des votes et perd 17 sièges. Le grand perdant est cependant Russie juste, un parti de centre gauche qui chute au niveau des votes. Il perd environ 7 % de ses appuis et voit sa représentation baisser de 64 à 23 députés par rapport à 2011. Selon les observateurs, ces résultats démontrent que le parti au pouvoir a la situation bien en main, ce qui devrait lui profiter de nouveau lors de la présidentielle prévue pour 2018. Une victoire du président Poutine, qui avait accédé une première fois à la présidence en 1999, lui permettrait alors de demeurer à la tête du pays jusqu'en 2024.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Vadim Kamenka, « Le président Poutine à la conquête d'un nouveau mandat »

«...Au final, la seule véritable réaction politique des 110 millions de citoyens appelés aux urnes a été de bouder le scrutin. Le taux de participation s'avère excessivement bas - 47,9 %, contre 60 % en 2011 - , soit l'un des plus faibles pour des législatives depuis 1993. « L'abstention a été encore plus marquée dans les deux principales villes du pays, Moscou et Saint-Pétersbourg, là où les classes moyennes se sont largement mobilisées en 2011. Cette frange de la population doute clairement du processus électoral et du bulletin de vote comme moyens de faire changer les choses et d'offrir une alternative », observe Arnaud Dubien, directeur de l'Observatoire franco-russe à Moscou. Les plus désabusés ne sont pas allés voter car le Parlement, dans ce système présidentialiste, dispose d'une marge de manoeuvre limitée. La campagne relativement morne et sans affrontement idéologique ne favorise guère un élan populaire. Surtout, les électeurs attendent des réponses face à une crise économique profonde depuis 2014 : récession, dévaluation du rouble et un niveau de vie qui a chuté de 20 %. Les salaires, la relance économique et la hausse des prix font partie des principales préoccupations des Russes. »

L'Humanité (France), 20 septembre 2016.

S.A., « L'ambivalente victoire de Vladimir Poutine aux législatives »

«...« C'est avant tout une victoire de Poutine qui, pour mobiliser l'électorat, s'est impliqué dans la campagne dans la dernière ligne droite. Les électeurs ont voté pour une Russie forte, surtout face aux pressions américaines » , insiste Sergueï Markov, analyste proche des autorités, temporisant les méfaits de la forte abstention: « 45-50 %, c'est une participation à l'européenne... » Au siège de Russie unie, le chef du Kremlin s'est même permis de jouer la victoire modeste: « Nous savons que la vie est dure pour le peuple, il y a beaucoup de problèmes, beaucoup de problèmes qui ne sont pas résolus » , a-t-il déclaré. La crise économique imposera de sérieuses restrictions budgétaires, mais le président et son gouvernement auront les coudées franches pour faire adopter des budgets de rigueur sans protestation parlementaire. « C'est là où la victoire tactique de Russie unie pourrait se transformer en défaites stratégiques à terme: à cause de la forte abstention, beaucoup de Russes ne sont pas représentés à la Douma; et avec une telle domination parlementaire, le pouvoir écoutera encore moins les voix protestataires et les simples frustrations de la population, prévient l'analyste libérale Lilia Chevtsova. C'est dangereux pour la stabilité d'un pays... »»

La Croix (France), 20 septembre 2016, p. 8.

S.A., « Poutine vers un quatrième mandat »

«...M. Poutine n'a pas de concurrent. Cette fois encore, l'opposition, désunie et vilipendée à longueur de temps, accusée d'être manipulée par les États-Unis, n'est pas parvenue à franchir l'épreuve des élections. La fraude, du moins à Moscou et Saint-Pétersbourg, les deux principales villes du pays, n'a même pas atteint l'ampleur des falsifications constatées lors des précédentes législatives, en 2011. Nul besoin. Russie unie a fait le plein de son électorat. Ses obligés et les convaincus sont allés voter. Les mécontents, eux, sont restés chez eux. Ils sont pourtant majoritaires. Pour la première fois depuis 1993, date des premières élections législatives organisées en Russie après l'effondrement de l'URSS, moins de 50 % des électeurs ont été aux urnes. Les autres étaient convaincus que leur voix ne changerait rien à la situation. Le terrain avait été préparé. Commencée pendant l'été, la campagne, pour ces élections anticipées de trois mois, a été étouffée. Aucun programme n'a été débattu, aucune grande réunion publique n'a eu lieu. En parallèle, les organisations russes indépendantes sont toujours un peu plus discréditées et enregistrées les unes après les autres sur la liste des « agents de l'étranger » tenue par le ministère de la justice. Juste avant le scrutin, l'institut de sondages Levada a été à son tour affublé de cette étiquette infamante. L'espace des voix critiques se réduit. »

Le Monde (France), 19 septembre 2016.

S.A., « Behind Mr. Putin's easy victory »

«...It's true that after almost 17 years in power as president or prime minister, Mr. Putin enjoys an astounding approval rating hovering around 80 percent -- founded in part on his demagogic claims to be standing up to a United States that he accuses of engineering all Russia's woes and thus restoring Russia's imperial greatness. Yet the larger truth is that Mr. Putin's political opponents have been systematically imprisoned, driven into exile, harassed, intimidated and sometimes -- as in the case of the opposition leader Boris Nemtsov -- killed. Sadly, the few opposition candidates who did run seemed incapable of uniting into a cohesive block, but they also got no television time, their donors were scared off and their campaigns were dogged by hecklers and provocateurs. (...) If there was a way the voters expressed discontent, it was by not voting. (...) In Moscow, less than 30 percent of eligible voters cast ballots, compared with more than 50 percent in 2011. Mr. Putin is free to run for yet another six-year term as president in 2018 should he choose to. Until then, his grip on power seems secure. All the parliamentary election really showed was that those Russians who had once tried to shape a real democracy had been crushed or swept aside, or had given up for now. »

The New York Times (États-Unis), 21 septembre 2016, p. A 16.

Gouvernance et gouvernement [ 18 septembre 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéVladimir PoutineDmitry Medvedev

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2011 - 2016



décembre
2011
Réélection du parti Russie unie en Russie

décembre
2011
[Résultats] Élections législatives

mars
2012
Élection de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie

mars
2012
[Résultats] Élection présidentielle

février
2014
Ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie

mars
2014
Tenue d'un référendum en Crimée

juillet
2014
Écrasement d'un avion de la Malaysia Airline au-dessus du territoire ukrainien

janvier
2015
Chute importante du prix du baril de pétrole

octobre
2015
Attentat contre un avion de la compagnie russe Metrojet

septembre
2016
Réélection en Russie du parti Russie unie

septembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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