Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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8 novembre 2016

Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Donald Trump

Après avoir déjoué les calculs en obtenant l’investiture républicaine, l’homme d’affaires Donald Trump crée une autre surprise en remportant l’élection présidentielle américaine contre la démocrate Hillary Clinton. Bien que devancé au niveau du vote populaire, Trump obtient l’appui de la majorité des grands électeurs, soit 304 sur 538.

Après deux mandats consécutifs, Barack Obama, le premier président Afro-Américain de l’histoire des États-Unis, quittera son poste en janvier 2017 conformément au XXIIe amendement de la Constitution. Le taux d’approbation à son endroit est supérieur à 50 %, ce qui est élevé. La course à sa succession oppose un homme d’affaires new-yorkais très connu, le républicain Donald Trump, et une ex-secrétaire d’État (2009-2013), la démocrate Hillary Clinton. Cette dernière est la première femme candidate d’un parti majeur à l’élection présidentielle aux États-Unis. Lorsque Trump annonce sa candidature, en juin 2015, peu de gens croient dans ses chances. L’absence d’expérience politique de ce milliardaire semble toutefois jouer en sa faveur dans un contexte où les élus sont perçus négativement. En dépit de ses déclarations controversées, notamment sur les femmes, les immigrants latinos et musulmans ou la construction d’un mur entre les États-Unis et le Mexique, il obtient facilement l’investiture républicaine en juillet 2016. En revanche, Hillary Clinton, l’épouse de l’ex-président Bill Clinton, livre une longue bataille au sénateur du Vermont, Bernie Sanders, qui a l’appui des démocrates plus à gauche. Une fois désignés Clinton et Trump s’affrontent lors de trois débats télévisés très suivis. La campagne est rude, les attaques prenant parfois un ton personnel. Selon un sondage, les électeurs perçoivent les candidats comme deux des plus impopulaires de l’histoire des présidentielles aux États-Unis. Le 8 novembre, Donald Trump étonne en obtenant la majorité des grands électeurs, même si Clinton l’emporte au vote populaire, avec 48 % contre 46 % pour le président élu. Cette surprise, une des plus grandes de l’histoire politique du pays, suscite la joie des partisans de Trump. Elle provoque aussi de l’incertitude, notamment chez ceux qui s’inquiètent de sa vision protectionniste sur le plan économique. Le vice-président sera le gouverneur de l’Indiana, Mike Pence.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Frédéric Autran, « États-Unis, l’empire du pire »

«…la carte de ce séisme électoral offre un enseignement majeur : Donald Trump a bénéficié d'une mobilisation massive de l'Amérique rurale blanche. D'après les sondages de sortie des urnes, il a par exemple remporté le vote des campagnes et des petites villes de Pennsylvanie à une écrasante majorité : 71 % contre 26 % pour Hillary Clinton, soit douze points de mieux que le score de Mitt Romney en 2012. Scénario identique dans le Wisconsin, où Trump a amélioré de dix points le score réalisé par le candidat républicain il y a quatre ans, et dans une moindre mesure dans le Michigan. Pour compenser cette mobilisation massive en faveur de son rival, Hillary Clinton avait besoin d'une participation record des électeurs urbains et des minorités dans les grandes villes et les banlieues qui ne s'est jamais matérialisée. (…) Au-delà des statistiques, le résultat de ce scrutin témoigne d'un bouleversement dans la façon de mener - et de gagner - une campagne électorale. Malgré une puissance financière colossale, trois fois supérieure à celle de son adversaire, malgré une organisation de terrain tentaculaire et l'utilisation d'outils statistiques et de données ultra perfectionnés, le camp Clinton n'est pas parvenu à stopper le « mouvement » populaire incarné par Donald Trump. De quoi alimenter, sans doute, une réflexion sur les limites des campagnes électorales qui engloutissent des sommes démentielles, estimées cette année à sept milliards de dollars - un record. »

Libération (France), 10 novembre 2016.

Hélène Vissière, « L’homme le plus puissant du monde...»

«…Le magnat new-yorkais peut remercier aussi sa bonne étoile. Il a bénéficié d'abord, lors des primaires, de la multitude d'adversaires républicains, tous assez médiocres, qui ont divisé les soutiens au sein du parti. Il s'est retrouvé ensuite confronté à Hillary Clinton, une candidate qui trimballe d'innombrables casseroles et est considérée par beaucoup d'Américains comme vénale, cynique, opportuniste... Les cyberpirates russes, qui ont, au dire des démocrates, torpillé le compte du directeur de campagne de Hillary, l'ont bien aidé également. S'il n'y a pas de bombes dans les courriels, cela dépeint la candidate sous un jour peu glorieux. Le FBI, enfin, a donné un sérieux coup de main à Trump en décidant de relancer l'enquête sur les e-mails du serveur privé de Hillary Clinton quand elle était au Département d'Etat, onze jours avant le scrutin. L'agence a finalement conclu, comme elle l'avait déjà fait en juillet, qu'il n'y avait pas matière à poursuites. Mais ce coup de théâtre a été un sacré coup pour la démocrate, qui a perdu son avance dans les sondages, malgré les millions dépensés et l'extraordinaire mobilisation d'une ribambelle de stars. »

Le Point (France), 10 novembre 2016.

Stéphane Bussard, « La stratégie du « milliardaire des cols bleus »»

«…La course à la présidence américaine avait fait une première victime de poids: le Parti républicain, en lambeaux après le succès de Donald Trump, un outsider, à la primaire. Son élection, mardi, dynamite l'autre grand parti, celui des démocrates, dont la défaite est totale: la présidence et le congrès sont désormais aux mains d'un homme qui doit sa victoire à lui seul, un homme d'affaires sans aucune expérience dans le secteur public. Du jamais vu. C'est une défaite pour Hillary Clinton, mais plus encore pour Barack Obama, dont l'héritage pourrait être entièrement détricoté par son successeur. C'est un camouflet enfin pour un parti qui a perdu le contact avec la classe moyenne. « Obama doit être effondré, c'est le rejet complet de sa politique, constate Daniel Warner, politologue américano-suisse. C'est aussi l'explosion du Parti démocrate, une révolution très profonde. » Au vu des premières analyses des résultats, il apparaît que le Parti démocrate s'est coupé de l'Amérique profonde, celle des électeurs blancs déclassés qui ne se reconnaissent plus dans une formation qui représente les élites intellectuelles et urbaines d'un côté, et les minorités de l'autre. »

Le Temps (Suisse), 10 novembre 2016, p. 4.

Marco Fortier, « Présidentielle - On efface tout et on recommence »

«…maintenant que Trump a les clés de la Maison-Blanche, les gros noms du GOP se disent qu'il vaut mieux influencer le président plutôt que de jouer les gérants d'estrade. Le sénateur Ted Cruz, qui a combattu Donald Trump durant les primaires républicaines, estime que le parti doit mettre de côté ses divisions internes et tenir sa promesse " d'assécher le marécage ". " Les Américains ont voté pour les républicains à cause de notre promesse de changer les choses à Washington. On doit maintenant passer de la parole aux actes ", a dit le sénateur du Texas au New York Times. Revenir en arrière " Passer aux actes ", pour les républicains, c'est renverser les programmes progressistes mis en place par le gouvernement Obama. La loi sur les soins de santé abordables, le fameux Obamacare, est le premier élément de l'héritage démocrate que les républicains comptent éliminer. Donald Trump a promis d'abolir cette initiative, qui accorde des soins de base à 20 millions d'Américains autrefois privés d'assurance-maladie. Les républicains font pression sur Trump pour qu'il livre aussi les importantes baisses d'impôt promises aux entreprises et aux contribuables, surtout les plus riches. Des membres influents du GOP cités dans les médias américains comptent aussi renier l'adhésion de Washington à l'Accord de Paris sur les changements climatiques. Trump a promis de renoncer aux investissements de milliards de dollars prévus pour réduire les changements climatiques et d'investir ces sommes dans la défense et dans la lutte contre le terrorisme. »

Le Devoir (Québec, Canada), 10 novembre 2016, p. A1 et A10.

S.A., « America and the world : the Peacemaker »

«…The assertion that the world is complicated is but a con-trick to befuddle honest Americans who wonder why their country seems less feared by enemies and less respected by allies. In his telling, America's problems are simple, self-inflicted and reversible. It is hard to think of a president-elect less versed in the workings of the world than Mr Trump; or of one more willing to upturn the global order shaped by America in the seven decades since the end of the second world war. Mr Trump has described his foreign policy in only the vaguest terms, preferring such bumper-sticker slogans as "America First" to detailed plans. To the extent that it can be divined, his programme involves threatening to slap tariffs on imports from China and Mexico; demanding that allies like Japan and the Europeans pay more for their defence; and being nicer to strongmen like Russia's president, Vladimir Putin. A good president, like a real-estate mogul, must be "prepared to walk" away from a bad deal; and it helps if he is unpredictable. Richard Nixon may have resorted to the madman theory of diplomacy to frighten enemies during the cold war. But Mr Trump's politics of deliberate uncertainty is terrifying America's friends and partners: no trade treaty, international institution or alliance is sacrosanct. »

The Economist (Royaume-Uni), 12 novembre 2016.

Gouvernance et gouvernement [ 8 novembre 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéBarack H. Obama

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2011 - 2016



août
2011
Abaissement de la cote de crédit du gouvernement des États-Unis

septembre
2011
Début du mouvement « Occupons Wall Street » à New York

octobre
2012
Déferlement de l'ouragan Sandy sur les Caraïbes et les États-Unis

novembre
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

novembre
2012
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2012
[Résultats] Élections législatives

septembre
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
[Résultats] Élections législatives

décembre
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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