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25 novembre 2016

Décès de l’ex-dirigeant cubain Fidel Castro

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Fidel Castro
Domaine public/Public domain

L’ex-dirigeant cubain Fidel Castro, une des figures politiques les plus marquantes de la deuxième moitié du XXe siècle, décède à l’âge de 90 ans. Même si celui-ci n’était plus au pouvoir depuis 2008, l’annonce de sa mort suscite de vives réactions à Cuba et partout autour du globe où il était connu depuis la révolution dont il fut un acteur clef en 1959.

Diplôme en droit, Fidel Castro est au cours des années 1950 un farouche opposant au régime autoritaire du président Fulgencio Batista. Emprisonné en 1953, il quitte pour les États-Unis après sa libération, en 1955, mais revient et participe à la lutte armée menant au renversement de Batista, en janvier 1959. Premier ministre à partir de février 1959, Castro est l’homme fort du nouveau gouvernement qui vit rapidement des tensions avec les États-Unis. Les nationalisations et le rapprochement cubain avec l’Union soviétique, devenu officiel en 1960, accentuent l’opposition avec Washington qui impose à l’île un blocus économique. Dans le contexte de la guerre froide, les relations entre les deux pays se détériorent avec l’invasion ratée de la baie des Cochons, en avril 1961, et la crise des missiles d’octobre 1962 qui fait craindre un conflit armé à grande échelle. L’influence de Cuba s’exprime par la suite avec le déploiement de troupes dans différents pays en appui à des mouvements armés communistes. La fin de l’Union soviétique, en 1991, marque cependant un virage, La Havane se retrouvant de plus en plus isolée. Sur le plan domestique, le régime castriste met de l’avant des réformes sociales, malgré les retombées négatives du blocus, notamment en améliorant ses systèmes d’éducation et de santé. La répression exercée à l’endroit des dissidents ternit cependant sa réputation, des dizaines de milliers de personnes étant emprisonnées pour des raisons politiques ou s’exilant à l’étranger. La santé déclinante de Fidel Castro, président de Cuba depuis 1976, l’amène à céder définitivement le pouvoir à son frère Raul en 2008, bien qu’il demeure secrétaire général du Parti communiste jusqu’en 2011. Sa mort, le 25 novembre 2016, est suivie par un deuil national. Elle survient un an après l’annonce du rétablissement des relations entre Cuba et les États-Unis. Ce développement rend l’héritage historique de Castro, héros révolutionnaire charismatique pour les uns, leader autocrate pour les autres, encore plus difficile à cerner.

Dans les médias...


Irina Chikoff, « Le révolutionnaire et le despote »

«…Le vieux croque-mitaine du capitalisme est mort. Tel un Alceste des tropiques, Fidel Castro se sera entêté jusqu'au bout à défendre la révolution cubaine. Depuis que la maladie l'a obligé à céder le pouvoir à son frère Raul, en 2006, il s'était mis à commenter l'actualité planétaire dans des éditoriaux au journal officiel Granma , intitulés Réflexions du camarade Fidel . Il avait beau savoir, lui qui faisait surveiller chacun par son voisin, que la jeunesse de son pays, lasse de ses slogans éculés, ne l'appelait plus que « el loco » , le fou, il s'obstinait à jouer le « dernier des Mohicans ». Muré dans un orgueil hypertrophié, le Lider Maximo ne voulait plus rien entendre, rien voir et surtout pas les façades lépreuses de La Havane. Il était devenu une statue qui devait briller pour l'éternité comme un « phare devant les yeux du monde » .L'annonce récente d'un rapprochement avec l'Amérique de Barack Obama l'avait laissé sans voix. Il laisse à la postérité l'image d'un révolutionnaire pur et dur qui aura été trahi par ses amis - les Soviétiques - comme par ses ennemis - les Yankees. »

Le Figaro (France), 28 novembre 2016, p. 16.

La rédaction de Mediapart, « Fidel Castro, « père » de la révolution cubaine, est mort »

«…Castro, orateur hors pair, a inspiré les mouvements de gauche dans le monde entier et plusieurs dirigeants latino-américains, Evo Morales en Bolivie et Hugo Chavez au Venezuela, par exemple, qu'il présentait comme ses héritiers. En envoyant près de 20 000 médecins cubains soigner les plus pauvres, d'abord au Venezuela, puis jusqu'au Pakistan, en Indonésie et au Timor oriental, le dirigeant cubain a su se créer des alliés fidèles. Pour la jeunesse altermondialiste, Castro et le « Che », mort en 1967 en Bolivie, sont devenus des icônes de la révolution. Assumant à la fois les fonctions de dirigeant du Parti communiste et de président, le Líder Maximo a conduit le pays d'une main de fer. Malgré les difficultés économiques dans les années 1990, il a refusé toute concession au capitalisme, malgré l'effondrement du bloc soviétique. Il est accusé d'avoir soumis les onze millions de Cubains à la pauvreté collective dans un État policier, les privant de toute liberté politique. Il y a moins d'un an encore, Amnesty international dénonçait la répression contre les opposants, toujours en vigueur.

Mediapart (France), 26 novembre 2016.

Bernard Duraud, « Fidel, conquérant de l’impossible »

«…C'est un monument qui vient de disparaître. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas Fidel Castro, l'homme n'a cessé de fasciner. Amis ou ennemis l'appelaient « Fidel », petit nom dont les Cubains l'avaient affublé. La mort de Fidel Castro va attrister les uns, ceux portant le deuil d'un capitaine révolutionnaire du navire dénommé Cuba, le David du Goliath américain, autant qu'elle va réjouir les autres qui ne voyaient en lui qu'un tyran ou un dictateur. Entre laudateurs et procureurs, il y a un petit pays pauvre vivant de la monoculture du sucre, amarré au large des côtes américaines, Cuba à l'existence incertaine depuis la révolution de 1959, tant on a voulu lui faire rendre gorge et tant le prix a été lourd à payer. Fidel et Cuba, difficile de dissocier l'un de l'autre. Le premier avait hérité d'un « enfer » et s'était mis en tête « de commencer à construire un paradis socialiste ». La seconde, environ cinquante ans plus tard, a vu s'accomplir une oeuvre immense, mais tout est loin d'y aller pour le mieux. C'est donc entre ombre et lumière que Fidel entre au panthéon des personnages hors du commun qui ont marqué l'histoire. »

L’Humanité (France), 28 novembre 2016.

S.A., « Fidel Castro dies at 90; Cuban Revolutionary Who Defied the U.S. »

«...His legacy in Cuba and elsewhere has been a mixed record of social progress and abject poverty, of racial equality and political persecution, of medical advances and a degree of misery comparable to the conditions that existed in Cuba when he entered Havana as a victorious guerrilla commander in 1959. That image made him a symbol of revolution throughout the world and an inspiration to many imitators. Hugo Chávez of Venezuela considered Mr. Castro his ideological godfather. Subcommander Marcos began a revolt in the mountains of southern Mexico in 1994, using many of the same tactics. Even Mr. Castro's spotty performance as an aging autocrat in charge of a foundering economy could not undermine his image. But beyond anything else, it was Mr. Castro's obsession with the United States, and America's obsession with him, that shaped his rule. After he embraced Communism, Washington portrayed him as a devil and a tyrant and repeatedly tried to remove him from power through an ill-fated invasion at the Bay of Pigs in 1961, an economic embargo that has lasted decades, assassination plots and even bizarre plans to undercut his prestige by making his beard fall out. Mr. Castro's defiance of American power made him a beacon of resistance in Latin America and elsewhere, and his bushy beard, long Cuban cigar and green fatigues became universal symbols of rebellion. »

New York Times (États-Unis), 27 novembre 2016, p. A1.

Gouvernance et gouvernement [ 25 novembre 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Cuba
FaibleRaul CastroRaul Castro

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2011 - 2016



mars
2016
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novembre
2016
Décès de l’ex-dirigeant cubain Fidel Castro


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