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25 octobre 1983

Débarquement de troupes américaines à la Grenade

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le renversement du gouvernement de l'État insulaire de Grenade et son remplacement par un régime marxiste entraînent une intervention militaire des États-Unis et d'autres pays des Caraïbes.

Un coup d'État dirigé par le général Hudson Austin en octobre 1983 mène à l'arrestation et à l'exécution du premier ministre Maurice Bishop et de certains de ses ministres. L'avènement au pouvoir d'un Conseil militaire révolutionnaire marxiste, les relations que celui-ci entretient avec Cuba et la construction d'un aéroport à Point Saline inquiètent les États-Unis. Prétextant la sécurité des Américains résidant à la Grenade ainsi qu'une demande d'aide de l'Organisation des États des Caraïbes de l'Est, le président Ronald Reagan décide d'intervenir militairement. Des milliers de soldats des États-Unis et de pays des Caraïbes -Antigua, Barbade, Dominica, Jamaïque, Sainte-Lucie, Saint-Vincent- débarquent dans l'île. Malgré la résistance de Grenadiens et de Cubains, le régime est renversé et Austin arrêté. L'invasion est dénoncée dans des pays comme l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et le Nicaragua, mais les élections du 3 décembre 1983 permettront au New National Party de Herbert Blaize, favorable à de bonnes relations avec les États-Unis, de prendre le pouvoir.

Dans les médias...


Guy Sitbon, « La tentation de la Grenade »

«...En tout, plus de quinze mille soldats ont été mobilisés pour occuper un espace minuscule. Renversons la formule de Churchill, un Américain s'exclame : « Jamais il n'aura fallu tant d'hommes pour libérer si peu de gens ! » L'ennui le plus sérieux, c'est que, pour l'instant du moins, la population n'a pas du tout l'air de marcher. On découvre que les gens de la Grenade ont des idées assez différentes de celles des Bostoniens. Le gouvernement révolutionnaire était bien sanguinaire et dictatorial, mais pas tellement impopulaire. Pas plus ici qu'ailleurs en Amérique méridionale, les troupes de Reagan ne sont le symbole de la libération. C'est même un peu le contraire. L'essentiel de l'élite politique est plutôt castriste, et les fonctionnaires de Washington ont un mal de chien à dénicher la demi-douzaine de collaborateurs disposés à constituer un gouvernement démocratique à peu près présentable. Bref, on se met à envier les Russes qui se cassent les dents en Afghanistan, mais réussissent quand même à trouver sur place des nationaux complaisants. »

Le Nouvel Observateur (France), 4 novembre 1983, p. 33.

Jean-Louis Roy, « L'invasion de la Grenade »

«...Forçant la communauté internationale à se détourner momentanément du drame de Beyrouth, l'administration américaine a mis son prestige, une partie de sa force, et sa crédibilité dans une entreprise indéfendable. L'invasion de la Grenade déborde la simple opération militaire visant à nettoyer une lie où les valeurs et les droits démocratiques ont été violés, niés et contrariés par les leaders successifs du pays depuis son indépendance. Cette île, si minuscule soit-elle, jouit de la souveraineté. À ce titre, l'État de Grenade est inviolable sauf pour des motifs tout à fait exceptionnels et pouvant être établis hors de tout doute. Or ces preuves n'ont été fournies ni par le président Reagan, ni par le secrétaire d'État, M. Shultz, ni par aucun des porte parole de l'administration américaine. Les motifs invoqués pour justifier l'invasion ne sont pas concluants, pour dire le moins. Protection des ressortissants, sécurité nationale, restauration de la loi et de l'ordre et rétablissement des institutions démocratiques, tels sont ces motifs. À une semaine du coup militaire qui a renversé le gouvernement de Maurice Bishop et selon les informations disponibles, aucun d'entre eux n'est recevable. »

Le Devoir (Québec, Canada), 27 octobre 1983, p. 14.

Walter Isaacson et al., « Weighing the Proper Role »

«...Reagan and his advisers argue that the high stakes and legitimate objectives in each case justify the perils. The invasion of Grenada was necessary, they say, to protect the lives of Americans. But in fact the Marines' mission had a more brazen goal. U.S. timidity in recent years has encouraged Soviet mischief in diverse parts of the world. Particularly in the Caribbean, the U.S. has felt it has a responsibility to stand up against hostile influences and ensure that there are « no more Cubas. » The Administration seized on the situation in Grenada to demonstrate, after years of near paralysis, that the U.S. is again able to use military force as an extension of its political will. With a symbolic significance far greater than Grenada's size warranted, the takeover was meant to show that the U.S. could forcefully roll back a tide of Soviet successes in the Third World. Both U.S. strategic interests and the welfare of Grenada and its neighbors are well served, the Administration's argument goes, by ejecting the Cubans and their East-bloc partners. »

Time (États-Unis), 7 novembre 1983, p. 44.

Gouvernance et gouvernement [ 25 octobre 1983 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

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États-Unis
ÉlevéRonald Reagan

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Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1973 - 1993



septembre
1974
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

octobre
1983
Débarquement de troupes américaines à la Grenade


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