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26 novembre 2016

Ouverture du seizième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Hery Rajaonarimampianina

Les représentants des pays ayant le français en partage sont réunis pour la première fois à Antananarivo, la capitale de Madagascar, lors de leur seizième sommet dont le thème est : « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone ».

Antananarivo devait accueillir le sommet de 2010, mais le coup d’État de 2009, forçant le départ du président Marc Ravalomanana, entraîne son déplacement à Montreux, en Suisse. La tenue du sommet des 26 et 27 novembre 2016 constitue pour le président Hery Rajaonarimampiana, en poste depuis janvier 2014, une occasion de mettre son pays en évidence. Des routes et d’autres structures sont construites pour l’occasion, ce que le gouvernement présente comme des investissements à long terme, alors que des critiques dénoncent les coûts élevés de l’événement. Des représentants de 80 pays, dont une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, assistent au sommet centré sur la croissance partagée et le développement responsable. Ce thème touche particulièrement les Malgaches qui veulent se tourner vers les énergies durables, comme l’hydroélectricité. En marge du sommet, le pays hôte signe également des accords économiques avec la France, un de ses principaux partenaires commerciaux. D’autres sujets sont abordés, comme la menace du radicalisme islamique, la lutte aux changements climatiques, la crise des migrants, le développement des liens économiques au sein de la Francophonie ou le respect des droits humains. Ce thème fait l’objet d’un discours remarqué du premier ministre canadien Justin Trudeau, un nouveau venu à ce sommet. Il s’agit aussi d’un premier sommet avec Michaëlle Jean à la présidence de l’Organisation internationale de la Francophonie, et d’un dernier pour le président français François Hollande qui annoncera le 1er décembre ne pas être candidat à sa succession. L’Argentine, la Corée du Sud, la Nouvelle-Calédonie et l’Ontario, une province du Canada, sont acceptés comme membres observateurs à cette occasion, alors que la candidature de l’Arabie Saoudite comme membre associé, une demande qui alimente les débats, est reportée au prochain sommet. Celui-ci aura lieu en Arménie en 2018.

Dans les médias...


Serge Mathias Tomondji, « Francophonie – Les bons comptes du sommet d’Antananarivo »

«...Si les fruits du rendez-vous francophone d'Antananarivo a tenu la promesse des fleurs, c'est aussi en raison de ce qu'il a mis la jeunesse à l'honneur. Une journée entière lui a ainsi été consacrée et, pour la première fois, les jeunes francophones ont véritablement participé aux travaux des différentes instances de l'OIF, déclamant au surplus une déclaration digne d'intérêt devant la conférence des chefs d'État. On notera aussi, au titre des acquis de ce sommet, l'adoption d'une résolution introduite par le Bénin et le Canada pour proscrire les mariages forcés et les mariages précoces. Toutes choses qui, associées au succès populaire et à la bonne organisation de la rencontre, font dire au Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qu'Antananarivo 2016 aura décidément été un « incroyable sommet » ! (…) Le moins que l'on puisse dire au lendemain de ce 16e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, c'est que l'OIF portée par Michaëlle Jean, qui réussit déjà formidablement à amener des millions de jeunes francophones des cinq continents à être... « libres ensemble », investit avec bonheur le chantier de la francophonie économique. C'est sans doute ainsi que l'OIF incarnera, au final, pour les plus de 273 millions de personnes de son espace, cette « Francophonie des solutions », génératrice de bien-être commun, à travers la sauvegarde des valeurs humaines et démocratiques, d'une part, et le développement socioéconomique, d'autre part. »

AllAfrica, 28 novembre 2016.

Christian Rioux, « De La Havane à Madagascar »

«...Justin Trudeau n'avait-il pratiquement rien de concret à dire sur la lutte contre le terrorisme, le renforcement des forces de l'ONU en Afrique et la lutte contre Daesh. Il n'était pas venu pour ça. La " coolitude " de l'époque n'est plus révolutionnaire, mais morale. Elle s'intéresse aux moeurs des peuples comme nos missionnaires se passionnaient pour les âmes. Ainsi Justin Trudeau était-il venu à Madagascar pour se proclamer féministe et prêcher aux Africains la bonne parole... LGBTQ2 ! Il y avait d'ailleurs quelque chose d'irréel à voir notre premier ministre manier cet acronyme devant une foule qui se demandait de quoi il pouvait bien parler ; et à l'entendre dire, comme un adolescent, que si son discours dérangeait, c'était " tant mieux ". Non pas que ces combats n'ont pas à être menés, mais encore doivent-ils l'être en prenant en compte l'évolution et la réalité de chacun. En considérant, par exemple, que nombre de pays africains ont eu des femmes ministres bien avant le Canada, comme le rappelait opportunément un éditorialiste de L'Express de Madagascar. Ainsi en va-t-il plus généralement de l'OIF depuis que notre ancienne gouverneure générale en a pris les rênes. Du moins sent-on une inflexion évidente vers plus de communication et moins de diplomatie. »

Le Devoir (Québec, Canada), 2 décembre 2016, p. A4.

Patrice Rabe, « Quels bénéfices tirés du Sommet de la Francophonie ? »

«...les invités de ce XVIe Sommet de la Francophonie savent que c'est un pays aux énormes potentialités et qu'il est possible de l'aider à exploiter ses immenses richesses agricoles et minières. Vu sous cet angle, cette grande réunion internationale est un succès. Mais, il y a l'envers du décor. La pauvreté de la majorité des Malgaches interpelle tous ceux qui parcourent le pays. La crise des cinq années de transition a laissé des stigmates que le régime actuel n'a pas réussi à effacer. Les groupes de contestation qui ont perturbé cette fameuse stabilité dont se vante le régime ont été mis au pas. L'opposition est rentrée dans le rang et propose une refondation de l'État. Elle a décidé de respecter la trêve demandée par le régime pendant ce sommet. Mais cela n'empêche pas la société civile et la presse de parler de tous les problèmes traversés par le pays. La pauvreté, la corruption, ou la mauvaise gouvernance sont décrites de manière objective. Les journalistes étrangers présents ne sont pas en reste. La station de télévision TV5 Monde a consacré plusieurs reportages à Madagascar. Ses reporters n'ont pas masqué la réalité, mais ils ont aussi montré tous les atouts de notre pays. C'est donc un travail de professionnel que ces derniers ont fait. A l'arrivée, c'est une image très objective qu'ils ont présentée de Madagascar. Il y aura un avant et un après Sommet de la Francophonie. Quels avantages le pays va-t-il en tirer ? Nous le saurons très vite. »

AllAfrica, 26 novembre 2016.

Guyonne de Montjou, « Michaëlle Jean le charme inefficace de la francophonie »

«...Grâce à son sourire, la francophonie a gagné en charme et en vivacité. Il n'est pas certain, en revanche, qu'elle ait redoublé d'efficacité. Deux ans après son arrivée à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean tient son premier sommet ce week-end à Antananarivo, capitale de l'un des pays les plus pauvres du monde, Madagascar. Le rendez-vous doit réunir une trentaine de chefs d'État autour d'un thème ambitieux : « Croissance partagée et développement responsable ». Regroupant 57 États et gouvernements et 23 pays observateurs, l'OIF reste trop inexistante au regard des 274 millions de locuteurs francophones que compte la planète. Première non-Africaine élue à ce poste, cette Canadienne née à Port-au-Prince (Haïti) il y a 59 ans, peine à imprimer sa marque à l'heure où de nombreuses crises traversent l'Afrique, continent accueillant la majorité des francophones du monde. Son prédécesseur, Abdou Diouf, jouissait d'une aura qui fonctionnait comme un sésame dans ces contrées. L'ancien chef d'État du Sénégal, qui est resté douze ans à la tête de l'Organisation, reconnu pour son intelligence politique, parvenait à imposer des équipes d'observateurs de l'OIF lors de scrutins cruciaux ou bien dépêchait des missions de médiation en cas de contentieux postélectoral. Michaëlle Jean semble moins réactive. »

Le Figaro magazine (France), 25 novembre 2016, p. 26.

Gouvernance et gouvernement [ 26 novembre 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Madagascar
IntermédiaireHery RajaonarimampianinaOlivier Mahafaly Solonandrasana

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



décembre
2006
[Résultats] Élection présidentielle

septembre
2007
[Résultats] Élections législatives

mars
2009
Renversement du président malgache Marc Ravalomanana

octobre
2013
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2013
[Résultats] Élections législatives

novembre
2016
Ouverture du seizième Sommet de la Francophonie


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