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1 janvier 2017

Entrée en fonction d’Antonio Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le Portugais Antonio Guterres, un ex-premier ministre de son pays qui a également été haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, accède au poste de secrétaire général des Nations unies (ONU) le 1er janvier 2017. Il succède au sud-coréen Ban Ki-moon qui a effectué deux mandats entre 2006 et 2016.

Même s’il n’y a pas de règle le forçant à quitter ses fonctions, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, se retire à la fin de 2016 après avoir effectué deux mandats. Désireuse de donner une certaine transparence à la course à sa succession, l’organisation demande aux pays membres de transmettre des candidatures répondant aux critères exigés pour le poste. En tout, 13 personnes sont sur les rangs, dont 6 femmes et plusieurs candidats d’Europe de l’Est, ce qui, advenant la victoire de l'un d'entre eux, constituerait une première pour un secrétaire général. C’est toutefois le Portugais Antonio Gutteres qui domine les votes tenus de façon informelle en 2016 au sein des 15 membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité. Il est finalement recommandé par cette instance à l’Assemblée générale le 6 octobre. Celle-ci l’élit par acclamation le 13 octobre. Âgé de 67 ans, le nouveau secrétaire général a une longue expérience politique et diplomatique. Premier ministre du Portugal de 1995 à 2002, ce socialiste, que l’on qualifie de « modéré », est également familier avec les rouages de l’ONU puisqu’il a été haut-commissaire pour les réfugiés de 2005 à 2015. Plusieurs dossiers épineux ont marqué ses mandats, dont la crise des migrants syriens et la croissance rapide du nombre de déplacés à travers le monde. Guterres a procédé à des coupures dans la bureaucratie du Haut-commissariat au profit des activités sur le terrain, une approche que plusieurs souhaitent le voir adopter dans le poste qu’il occupe à partir du 1er janvier 2017. Le nouveau secrétaire général définit lui-même ses priorités comme étant la gestion, le développement durable et le maintien de la paix. Malgré les défis posés par les conflits en Syrie et au Yémen et le problème général des réfugiés qui ne semble pas en voie de se résorber, il souhaite d’ailleurs faire de 2017 « une année pour la paix ».

Dans les médias...


François Reynaert, « Les pompiers de la planète »

«...Selon la charte de l'organisation, il ne sera rien d'autre que le chef de l'administration et donc, formellement, un exécutant aux ordres des organes de pouvoir, le Conseil de Sécurité, l'assemblée générale. Dans les faits, il sera la tête et les jambes de la maison. On s'en doute, cela n'est pas de tout repos. En quittant ses fonctions en 1952, Trygve Lie, premier titulaire du poste, avait ainsi passé le relais au deuxième : « Bienvenue dans le boulot le plus impossible de la terre. » Égrenant les uns après les autres les dossiers qui attendent l'impétrant - l'horreur des guerres sans fin de Syrie et du Yémen, le chaos lybien, la crise des réfugiés, sans parler des questions climatiques - la presse multiplie les superlatifs épouvantés et les « sans précédent ». Rassurons M. Gutteres sur un point. Le monde d'aujourd'hui paraît atroce. Tous ses prédécesseurs ont été enclins à penser que celui qu'ils avaient à gérer était pire. Dans un contexte de regain de tensions entre la Russie et l'Occident et de montée en puissance de la Chine, on note aussi que le nouveau « modérateur du monde » aura du mal à mettre en oeuvre une politique qui mette d'accord ses patrons, c'est-à-dire les grandes puissances. Là encore, quoi de neuf? »

L’Obs (France), 13 octobre 2016, p. 30-31.

Virginie Robert, « Antonio Gutteres, le réformateur »

«…Volontariste, ce catholique plein de compassion a profondément restructuré l'agence de l'ONU, réduisant d'un tiers les effectifs installés au siège, à Genève, pour les réaffecter, autant que possible, sur le terrain. « Vous ne pouvez imaginer ce que c'est que de voir de tels niveaux de souffrance », avait-il avoué lors d'un débat organisé par « The Guardian ». (…) Sa nomination au poste de secrétaire général, fait unique, a été acquise à l'unanimité. Il va falloir maintenant qu'il mène les 193 pays de l'organisation vers la réforme majeure de l'institution qu'il appelle de ses voeux et qui doit, dit-il, « reconnaître ses insuffisances » . Comme il va falloir qu'il se fasse entendre des États sur les dossiers difficiles de la Syrie, du Yémen ou du Soudan du Sud. D'ores et déjà, les ONG s'inquiètent de sa capacité à vaincre l'égoïsme et l'opportunisme des États. Mais d'aucuns se souviennent de son extrême habileté à avoir organisé l'intervention des Nations unies au Timor oriental, une ancienne colonie portugaise, en 1999. Tout comme ils reconnaissent en lui un formidable tribun, polyglotte de surcroît, ce qui lui a valu le surnom de « marteau piqueur parlant ». »

Les Échos (France), 2 janvier 2017, p. 5.

S.A., « ONU : pourquoi Antonio Guterres a mis tout le monde d’accord »

«...Dans un contexte de très vive tension entre Moscou et Washington, symbolisé par la rupture des pourparlers sur la Syrie, la sélection en douceur d'Antonio Guterres offre un rare moment d'unité. « C'est une excellente nouvelle, sur la méthode et sur le fond, pour les Nations unies », s'est félicité l'ambassadeur français, François Delattre. Un autre diplomate occidental salue quant à lui « la sérénité » et « le professionnalisme » des membres du Conseil, «assez remarquable dans le contexte syrien». « On ne s'attendait pas à ce que le processus se termine aussi rapidement », admet-il. En coulisses, peu estiment toutefois que cet accord sur l'identité du successeur de Ban Ki Moon puisse contribuer au réchauffement des relations russo-américaines ou à une avancée diplomatique sur la Syrie. Enfin, ceux qui espéraient que le neuvième secrétaire général de l'ONU serait, pour la première fois, une femme, seront probablement déçus par le choix d'Antonio Guterres. Les candidates en lice, parmi lesquels Irina Bokova, la commissaire européenne Kristalina Georgieva et l'ancienne patronne du PNUD Helen Clarke, n'ont jamais semblé en mesure de s'imposer. « Nous étions favorables à ce qu'une femme prenne la tête de l'ONU mais cela n'a jamais été une condition sine qua non , explique un diplomate du Conseil. La compétence et les mérites de chaque personne étaient le critère principal ». Un point sur lequel Antonio Guterres, 67 ans, a visiblement été le seul à faire l'unanimité. »

Libération (France), 6 octobre 2016.

S.A., « A New Voice for a Complicated World »

«...By any measure, António Guterres of Portugal is an excellent choice to replace Ban Ki-moon of South Korea as the next United Nations secretary general. He has experience, energy and diplomatic finesse, all of which he'll need to lead the United Nations as it confronts regional wars, rising tensions between Russia and the West, China's aggressive posture in Asia and the refugee crisis in the Middle East and Europe. Against these challenges, the secretary general post has only limited power, and its diplomatic influence is even more attenuated with stateless terrorist groups and insurgencies that cross international borders. A good part of Mr. Guterres's work will be to figure out how the United Nations, a 193-member body, can navigate a world in which terrorism and war are melded and now are driven by multiple forces. (…) Mr. Guterres, a forceful personality and an effective political communicator, may become, as Matthew Rycroft, the British ambassador to the United Nations, said, the kind of secretary general "who will provide a convening power and a moral authority at a time when the world is divided on issues, above all like Syria." If Security Council members permit Mr. Guterres to do that, he may yet restore the mission and reputation of an international institution that is still trying to find its role in a perilous and complicated world. »

The New York Times (États-Unis), 6 octobre 2016, p. A26.

Gouvernance et gouvernement [ 1 janvier 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Portugal
ÉlevéMarcelo Rebelo de SousaAntonio Costa

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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