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12 décembre 2016

Démission du premier ministre de la Nouvelle-Zélande, John Key

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

John Key

Cinq jours après en avoir fait l’annonce, le premier ministre néo-zélandais, John Key, quitte officiellement ses fonctions le 12 décembre 2016. La nouvelle étonne d’autant plus que Key, en poste depuis 2008, et son Parti national mènent largement dans les sondages à moins d’un an des élections prévues pour l’automne 2017.

Deux ans après avoir accédé à la tête du Parti national (PN), une formation de centre droit, Key met fin au règne des travaillistes et ramène sa formation au pouvoir à la suite des élections générales du 8 novembre 2008. Il occupe le poste de premier ministre et guide le PN à deux autres victoires électorales, en 2011 et 2014. Considéré comme un pragmatique, cet habile communicateur de 55 ans semble en voie d’obtenir de nouveau les faveurs de l’électorat aux législatives de l’automne 2017. L’économie du pays, qui s’est bien relevée de la crise de 2008, est en bonne position avec un excédent budgétaire en 2015 et un taux de croissance enviable. Key se dit déçu par le rejet de la proposition d’un nouveau drapeau, lors d’un référendum tenu le 3 mars 2016, et la non ratification probable du Partenariat transpacifique. Sa popularité et celle du PN dans les sondages laissent tout de même présager une réélection facile en 2017. C’est ce qui explique la surprise provoquée par l’annonce de sa démission, le 5 décembre 2016, démission qui devient effective le 12 décembre. Déclarant qu’il avait donné « tout ce qu’il avait » à son travail, Key justifie sa position en évoquant, entre autres raisons, le désir de passer plus de temps avec sa famille. Celui qui occupe le poste de vice-premier ministre et de ministre des Finances, Bill English, lui succède. Ce dernier possède une vaste expérience, ayant déjà été brièvement ministre des Finances en 1999, puis chef de l’opposition entre 2001 et 2003. Il avait alors mené le PN à sa pire performance électorale, en 2002, permettant aux travaillistes de reprendre le pouvoir. En 2016, English compte sur l’appui des autres partis de la coalition gouvernementale ainsi que d’autres candidats potentiels qui se désistent à son profit.

Dans les médias...


Charlotte Chabas, « Nouvelle-Zélande : l’incompréhensible hara-kiri du « premier ministre le plus populaire de l’histoire »

«...Trois semaines après un tremblement de terre de magnitude 7,8, c'est un nouveau séisme, d'ordre politique cette fois, qui est venu ébranler l'île, lundi 5 décembre. L'homme-clé du pays, le premier ministre, John Key, a annoncé sa démission après huit années à la tête de la nation, et une popularité jamais entamée. «Cela me semble être le bon moment pour partir», a simplement expliqué le chef du Parti national depuis dix ans, qui était pourtant quasi assuré de remporter un quatrième mandat en 2017. (…) Il y avait pourtant eu quelques entailles dans le mythe. La reconstruction de Christchurch, tout d'abord, qui n'allait pas assez vite au goût de nombre de ses habitants, malgré un budget de plus de 50 milliards de dollars néo-zélandais (33 milliards d'euros) en cinq ans. Plus récemment, il y avait surtout eu le camouflet du référendum sur le drapeau national . Si John Key avait fait campagne pour le changement en défendant l'oriflamme ornée de la fougère des All Blacks, l'équipe nationale de rugby, les Néo-Zélandais avaient choisi de garder leur Union Jack orné de la croix du Sud, pourtant qualifié de «relique coloniale» par le premier ministre. Depuis plusieurs mois, John Key, toujours adepte de l'autocritique, multipliait les blagues sur le désamour de ses compatriotes, déplorant les files qui «deviennent de plus en plus courtes et clairsemées quand il s'agit de prendre un selfie avec moi». Un constat qui ne trouvait pourtant nul écho dans les sondages d'opinion… »

Le Monde (France), 6 décembre 2016.

Fran O’Sullivan, « From Brand Key to Brand Bill »

«…Keating's success undoubtedly rested on his combative yet charming personality. But most assessments of the Hawke/Keating years say his fundamental contribution was as Treasurer. That is what English is up against too. Brand Key may have reached the end of its political utility in New Zealand, but on the international stage John Key has been a tremendous asset to this country. His personality and his track record in the international financial world have opened doors for New Zealand businesses like no other Prime Minister before him. That is where the prime ministerial vacuum will be felt most acutely. And in a time when the world is in flux - think Brexit, Donald Trump and TPP - his absence will be felt. The truth is that the sometimes gauche image Key presented at home was not the predominant impression he presented offshore. His personal gifts enabled him to establish commonality with many leaders. But it was his mastery of international trends that made them seek him out. Filling those shoes will be a job for a political leader of the future. »

The New Zealand Herald (New Zealand), 10 décembre 2016.

Gouvernance et gouvernement [ 12 décembre 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Nouvelle-Zélande
ÉlevéPatsy ReddyBill English

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2016
Démission du premier ministre de la Nouvelle-Zélande, John Key


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