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20 janvier 2017

Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Donald Trump

Lors de son assermentation à Washington, le 20 janvier 2017, le nouveau président des États-Unis, le républicain Donald Trump, fait un portrait sombre de la situation et promet à ses compatriotes de faire des intérêts de son pays sa priorité (America First). Une foule importante assiste à l’événement auquel participent aussi des milliers d’opposants.

La victoire surprise de Trump, un homme d’affaires milliardaire devenu une personnalité médiatique, continue d’intriguer les analystes pendant la période de transition entre son élection, le 8 novembre 2016, et son assermentation, le 20 janvier 2017. Plusieurs nominations, dont celles de Jeff Sessions (procureur général) et Rex Tillerson (secrétaire d’État), alimentent les manchettes, de même que la décision du président élu de faire de son gendre, Jared Kushner, son principal conseiller. De possibles assouplissements avec la Russie suscitent également des tensions entre Trump et la Central Intelligence Agency (CIA). Quatre anciens présidents, dont le dernier en poste, Barack Obama, assistent à l’assermentation du nouveau chef de l’État, le 20 janvier 2017. Trump prononce alors un court discours dans lequel il fait un portrait glauque de la situation des États-Unis. Sur un ton résolu, il exprime une volonté de rupture et promet de faire des intérêts de son pays sa priorité. Parmi les engagements pris au cours de la campagne, le président veut, entre autres, construire un mur pour endiguer l’immigration illégale provenant du Mexique, relancer l’industrie américaine par des mesures protectionnistes, revoir l’implication de son pays au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et promouvoir la production accrue de sources d’énergie, notamment le charbon. Le premier geste posé par le président Trump est de signer un décret donnant aux États plus de flexibilité dans l’application de la réforme de la santé adoptée sous son prédécesseur (Obamacare). Il veut éventuellement abolir et remplacer celle-ci. Des milliers d’opposants manifestent leur inquiétude à Washington le jour de l’assermentation. Deux jours plus tard, des centaines de milliers de femmes se rassemblent à travers les États-Unis, et même dans d’autres pays, pour exprimer leur insatisfaction à l’endroit des politiques de Trump, mais aussi de son attitude à leur endroit.

Dans les médias...


William Bourton, « L’Amérique part à l’aventure »

«...À quoi rassembleront les États-Unis de Donald Trump ? La question inquiète et divise, en Amérique comme dans le vaste monde, tant le milliardaire républicain multiplia foucades et rodomontades durant la campagne électorale, sans vraiment s’acheter une conduite une fois la victoire acquise. Le nouveau président américain est-il vraiment prêt à pactiser avec la Russie de Poutine, à se brouiller avec Pékin, à reconsidérer fondamentalement le fonctionnement de l’Otan, à mettre la Corée du Nord au pas, à revoir l’accord sur le nucléaire iranien, à renégocier certains traités commerciaux, à faire monter un mur le long de la frontière mexicaine, à dénoncer l’accord sur le climat arraché par son prédécesseur, à gouverner son pays comme on gère une entreprise ? À un moment ou à un autre, Trump a répondu par l’affirmative à chacune de ces questions lourdes de conséquences. Et ses éventuelles reculades ultérieures n’ont fait que rajouter de la confusion à une situation déjà passablement anxiogène. « Nous sommes sous le coup de l’imprévu radical, ce qui n’est pas une chose banale dans le monde politique, opine le philosophe et historien français Marcel Gauchet (...) Il y a toujours des événements imprévus, mais les acteurs sont relativement prévisibles. On ne savait pas absolument ce qu’allait faire Barack Obama quand il a pris ses fonctions, mais on l’entrevoyait suffisamment pour être tranquilles. Là, nous avons une sorte de trublion incontrôlable, même par ses propres troupes apparemment, qui entre sur la scène de la plus grande puissance mondiale… Il faut se préparer à naviguer dans une mer dont nous n’avons pas la carte ! »»

Le Soir (Belgique), 20 janvier 2017.

Valérie de Graffenreid, « Un discours populiste et de rupture »

«...Quand Donald Trump se sent égratigné, il réplique aussitôt, attaque, y compris pour s'en prendre aux médias et boycotter des journalistes. Un comportement qualifié de puéril par de nombreux observateurs, qui étonne de la part de quelqu'un amené à diriger la première puissance du monde. (...) Un comportement jeté aux oubliettes, maintenant qu'il est dans ses habits présidentiels et censé prendre de la hauteur? C'est la question à laquelle personne n'est encore en mesure de répondre. Laissons-lui le bénéfice du doute. Mais le ton de son discours, lui qui n'a pas d'expérience politique, diplomatique ou militaire, n'a pas vraiment rassuré ceux qui déjà le contestaient ou doutent de sa légitimité. Le nouveau président aurait pu se montrer rassurant et pacificateur, il aurait pu se présenter comme le président de « tous les Américains » - il l'avait fait avec une certaine humilité le jour de son élection -, mais il a préféré rester lui-même. En se montrant méprisant envers les institutions qui l'ont élu. Donald Trump, dont la cote de popularité est au plus bas, sera jugé sur ses actes. Et sa capacité de « rendre l'Amérique meilleure », son slogan préféré, en commençant par cicatriser la blessure laissée par son élection qui révèle un pays profondément divisé. Il devra prouver qu'il n'est pas uniquement le président d'une seule moitié de l'Amérique. »

Le Temps (Suisse), 21 janvier 2017, p. 4.

Frédéric Autran, « Trump, l’Amérique sans filet »

«...La fête pour les uns, un cauchemar pour les autres. Jamais, dans l'histoire moderne des Etats-Unis, l'investiture d'un nouveau président n'avait à ce point divisé les Américains. (...) Sa victoire acquise, certains espéraient que le candidat Trump laisserait place à un président assagi. Mais après avoir mené une campagne inclassable, mélange guère subtil de nationalisme, de promesse d'autorité et de politique-spectacle, le milliardaire n'est pas rentré dans le rang. Si la période de transition offre un aperçu de sa présidence, elle n'est pas de nature à rassurer ses opposants. En deux mois et demi, Trump a conservé les mêmes méthodes : usage intensif de Twitter pour attaquer ses détracteurs, déclarations mensongères, hostilité affichée envers la presse, guerre ouverte avec les services de renseignement. Il a stupéfait la communauté internationale par ses déclarations approximatives, voire contradictoires, sur des dossiers diplomatiques sensibles (conflit israélo-palestinien, sanctions contre la Russie, avenir de l'Union européenne). Quant à son futur cabinet, Donald Trump l'a bâti à son image. Blanc, masculin, riche, vieux. Et très inexpérimenté. Le grand saut dans l'inconnu débute ce vendredi. »

Libération (France), 20 janvier 2017, p. 2.

Sam Haroun, « Trump n’est pas le fou qu’on pense »

«...Derrière les propos excessifs et parfois incendiaires du président Donald Trump se dessine, en filigrane, une politique cohérente, pragmatique mais hégémonique, axée sur une stratégie d’éclatement des grands ensembles économiques (libre-échange nord-américain et transpacifique, Union européenne) et de réaménagement des alliances sécuritaires (OTAN, possiblement NORAD). Le président veut avoir les coudées franches et monnayer la protection que les États-Unis octroient à leurs alliés non seulement en termes financiers, mais aussi sous forme de conditions économiques et politiques favorables aux intérêts américains. C’est le retour au rapport de force classique des grandes puissances du XIXe siècle, quand les puissances européennes se partageaient des zones d’influence en Europe et dans le monde. Sauf qu’aujourd’hui, et à la différence du XIXe siècle, où les puissances s’équilibraient plus ou moins, les États-Unis sont la superpuissance inégalée en forces militaires, économiques et technologiques. Quand il parle du Brexit, M. Trump semble exulter. La divine surprise ! Et il en rajoute en prédisant que d’autres pays européens suivront. Pourquoi ? Parce que l’Union européenne est le seul ensemble économique capable de rivaliser avec les États-Unis. À cet égard, le Canada et le Mexique sont des États dont on peut exiger beaucoup et à moindre coût. Toute autre est la configuration européenne, forte d’un marché de près d’un demi-milliard d’habitants et d’une économie grosso modo performante. Négocier bilatéralement avec un pays de la zone euro est, pour les États-Unis, infiniment plus avantageux que de négocier avec le bloc euro : c’est un rapport de fort à faible, et les États-Unis sont les plus forts. »

Le Devoir (Québec, Canada), 21 janvier 2017.

Tim Stanley, « Pulling no punches in a country that is irreparably divided »

«...There was no transition from candidate to president, no attempt to reach beyond the demographic that he conquered so ruthlessly. There was poetry in his speech, such as when he spoke of abandoned factories as « tombstones ». But there was no conquest of fear, morning in America, city on a hill or any other compromise of Trump's central campaign message that life is horrible and getting worse. Even the promise of change was couched in language that shocked polite ears: « This American carnage stops right here and stops right now. » And patriotism was defined by equal suffering: « We all bleed the same red blood of painfulness. » There was a call for unity in his speech, but it was unity on Trump's terms. The audience seemed to like it, and why wouldn't they? They come to Washington not to improve or reform it but to stamp it out - flatten the earth beneath their cowboy boots. This is a cultural civil war America is going through. People have fundamentally different world views and aspirations. Trump would be lying - he would look even more ridiculous - if he claimed to speak for everyone. He won't change, ever. Within minutes of the inauguration ending, he was tweeting. One of the guests said to me that America is divided not only over the issues but over what the issues really are. They seem to live in contrary realities. »

The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 21 janvier 2017, p, 2-3.

Gouvernance et gouvernement [ 20 janvier 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéBarack H. Obama

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2012 - 2016



octobre
2012
Déferlement de l'ouragan Sandy sur les Caraïbes et les États-Unis

novembre
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

novembre
2012
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2012
[Résultats] Élections législatives

septembre
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
[Résultats] Élections législatives

décembre
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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