Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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7 mai 2017

Élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République française

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Emmanuel Macron

Le centriste Emmanuel Macron remporte l’élection présidentielle française en défaisant la candidate du Front national, Marine Le Pen, au second tour. Macron obtient 20 753 798 votes (66,1 %) contre 10 653 798 (33,9 %) pour son adversaire.

Le premier tour de la présidentielle française, le 23 avril 2017, est marqué par une situation unique. Sur les 11 candidats en lice, quatre ont une chance d’accéder au second tour. Le président sortant, le socialiste François Hollande, est absent du groupe puisqu’il ne sollicite pas un deuxième mandat. D’abord considéré comme le favori, l’ex-premier ministre François Fillon (2007-2012), du parti de droite Les Républicains (ex-Union pour un mouvement populaire), chute dans les sondages après des accusations d’emplois fictifs contre des proches, dont sa femme Pénélope. Emmanuel Macron, un ex-ministre dans le gouvernement socialiste de François Hollande, dirige pour sa part le mouvement centriste En marche!, fondé le 6 avril 2016. À sa deuxième tentative présidentielle, le candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon surprend en talonnant aussi les meneurs. Le groupe est complété par Marine Le Pen du Front national, un parti conservateur, méfiant à l’endroit des institutions européennes et souhaitant des restrictions majeures en matière d’immigration. Lors du premier tour, Macron (24 %) et Le Pen (21,3 %) arrivent en tête, devançant Fillon (20 %), Mélenchon (19,6 %) et Benoit Hamon du Parti socialiste, qui s’effondre avec 6,4 % des voix. La défaite de Fillon, la déconfiture des socialistes, le nombre record d'abstentions (25,4 %) et de votes blancs (plus de 3 millions) sont interprétés comme l’expression d’un rejet à l’endroit des partis de pouvoir traditionnels et un reflet de la division de l’électorat. Un débat télévisé acrimonieux entre Macron et Le Pen, le 3 mai, met la table au second tour. Le 7 mai, Macron (66,1 %) remporte une victoire convaincante contre Le Pen (33,9 %). À 39 ans, il devient le plus jeune président de l’histoire de la Ve République. Favorable à l’Europe, celui-ci s’engage à rassembler les Français. Les clivages observés lors du vote risquent toutefois de s’exprimer encore lors des législatives de juin.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Benoît Hopquin, « Manu de France »

«...Les mauvais joueurs diront que l'homme n'est qu'un concours de circonstances, que, comme ces pillards des champs de bataille, il a prospéré sur ce charnier à ciel ouvert qu'était devenu le système politique français. Les complotistes, eux, crieront... au complot. Des médias, bien sûr, puisque, à chaque élection, s'il est un perdant certain, avec peut-être Jacques Cheminade, c'est bien la presse. Elle sera brûlée comme sorcière de papier. Reste qu'il fallait oser. Il a osé. Puisque la présidentielle française n'est plus la rencontre d'un homme et d'un peuple mais plutôt celle d'un homme et d'une époque. Voire d'une communication et d'un espoir. Macron a bousculé les oracles, pire, moqué la science politique. Elle entend bien se venger, lui promet des migraines -législatives. Peut-être. Sûrement. On verra. En attendant, admirons tout de même cette élection hors normes. Inclinons-nous devant Alexandre de Macronie, Emmanuel le Conquérant. Car, pour une conquête, ce fut une conquête. Une cavalcade, une charge de hussard, sabre au clair, idées un peu moins, dans la morne plaine française. Nous voilà avec un huitième président de la Ve République. Les éloges fleurissent, s'épanouissent en bouquets. A son tour, la machine à dithyrambes est en marche et rien ne pourra l'arrêter. Voilà qu'Emmanuel serait le Messie. Il y aurait en lui du Obama, du Blair, du Merkel, du Bonaparte, du que-sais-je. Pour le moment, il n'est encore que Macron. Il semble qu'il s'en contentera bien. »

Le Monde (France), 9 mai 2017, p. 27.

Michel Winock, « L’illusion du bipartisme »

«...Une réalité historique que le système masquait jusqu'à présent refait surface: la France politique est multiforme, le multipartisme est dans son ADN, les contradictions entre groupes, personnes, intérêts, régions, classes, religions, idéologies n'ont jamais cessé. «Notre ennemi héréditaire: la division», disait Giscard. Tocqueville notait déjà dans son «Ancien Régime et la Révolution» que l'individualisme dominait la société de son temps et, au prix d'un oxymore, pouvait parler d'«individualisme collectif», qu'on peut aussi appeler corporatisme, particularisme, clientélisme, etc. La fonction des grands partis a été de construire de l'union au-delà des divergences, de canaliser les opinions, de créer du consensus entre leurs adhérents. On peut douter que l'élection du 23 avril annonce la fin des partis. Ils ne sont pas morts ou ils renaîtront. Mais sans doute pas le prétendu bipartisme. Pour l'heure, les législatives décideront. L'hypothèse d'une Assemblée fractionnée sans groupe majoritaire est plausible. Un retour à la IVe République? On peut aussi imaginer, comme cela se passe en d'autres démocraties européennes, un gouvernement de coalition fondé sur un engagement contractuel entre des groupes aptes au compromis. Le chaos ou le renouvellement peut ainsi sortir de la défaite des deux grands partis de gouvernement. »

cité dans l’article « 12 intellectuels tirent les leçons de l’élection de Macron », L’Obs (France), 18 mai 2017.

Jean-Marc Vittori, « De la victoire de l’espoir à la lutte contre le désespoir »

«...La France s'est choisi le plus jeune président de son histoire. La victoire d'Emmanuel Macron constitue un signe de renouveau, de vitalité et d'espérance dans un pays trop souvent devenu la patrie de la défiance. C'est ainsi que son élection a été interprétée un peu partout dans le monde, dès lors qu'on s'éloignait des politiciens français tout à leur rancoeur de s'être fait voler l'élection par un intrus et à leur souci de sauver les meubles dans des élections législatives imprévisibles. Mais cette victoire de l'espoir constitue aussi un gigantesque défi pour celui qui a su la remporter. Car il y a en face un désespoir profond qui a poussé des millions d'électeurs à voter Le Pen et lui faire atteindre le record de voix obtenu par l'extrême droite en France. Un désespoir qui a aussi incité d'autres millions de Français à voter blanc, nul ou à s'abstenir. Au moins, le nouveau président en est-il conscient, lui qui a parlé le soir de son élection de sa volonté d'apaiser les peurs et de renouer avec l'optimisme. Jamais sans doute la France n'aura paru aussi polarisée que lors de cette élection. »

Les Échos (France), 9 mai 2017, p. 12.

Agnès Gruda, « L’élection de la nouvelle donne »

«...Les analystes s'attendaient à ce que la vague abstentionniste, portée particulièrement par des électeurs de gauche qui refusaient de choisir entre « l'extrême finance et l'extrême droite », favorise Marine Le Pen. Ça n'a pas été le cas. Pourquoi ? « Probablement parce que le refus de choisir a joué aussi chez les électeurs de droite », avance Marc-Antoine Dilhac, professeur affilié à la Chaire de recherche en éthique publique et théorie politique de l'Université de Montréal. Selon lui, ces derniers temps, Marine Le Pen avait réussi à faire un peu oublier le caractère hargneux du Front national (FN). Mais sa performance au débat du 3 mai a fait remonter son agressivité à la surface, lui aliénant de nombreux électeurs « qui ont compris qu'ils ne pouvaient pas voter pour elle ». « En France, l'agressivité dans un débat présidentiel, ça ne passe pas », résume Marc-Antoine Dilhac. Créditée de 40 % de votes avant le débat, la candidate du FN a vu ses appuis s'effriter dans les jours qui ont suivi. Les abstentions, à droite et à gauche, ont fini par s'annuler, aboutissant au résultat d'hier, alors que Marine Le Pen a fait face à un barrage d'électeurs opposés à l'extrême droite. »

La Presse (Québec, Canada), 8 mai 2017.

Adam Nossiter, « Why Macron Won : Luck, Skill and France’s Dark History »

«...In the end Ms. Le Pen failed to « undemonize,» spectacularly. She failed during the course of the campaign, when her angry rallies drew the Front inexorably back into the swamp from which it had emerged. And then she failed decisively in one of the campaign’s critical moments, last week’s debate with Mr. Macron, when she effectively « redemonized » herself and the party, as many French commentators noted. It was an hourslong tirade against Mr. Macron, laced with name-calling and epithets, and woefully deficient in substance. She appeared lost on subject after subject, fumbling on one of her signature issues — withdrawing from the euro — that is opposed by a majority of French. Something essential about Ms. Le Pen, and the National Front, had been revealed to France. Mr. Macron, on the other hand, demonstrated a quality that French voters, unlike many Anglo-Saxon ones, have long found essential in their successful candidates: cool mastery of the critical issues confronting the country. Where Ms. Le Pen repeatedly lost herself in the weeds, Mr. Macron sailed right through them. Whether he will now be able to translate that knowledge into action is another question. So far he has been the beneficiary of spectacular luck. »

New York Times (États-Unis), 7 mai 2017.

Gouvernance et gouvernement [ 7 mai 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéFrançois HollandeBernard Cazeneuve

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2012 - 2016



avril
2012
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2012
Élection de François Hollande à la présidence de la République française

juin
2012
Élection d'une majorité de gauche aux législatives en France

juin
2012
[Résultats] Élections législatives

mai
2014
Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


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