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13 septembre 1984

Formation en Israël d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Shimon Peres

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Shimon Peres

Les résultats serrés des élections législatives du 23 juillet 1984 amènent les deux formations qui ont la plus forte représentation à la Knesset, le Parti travailliste et le Likoud, à former un gouvernement d'union nationale. Il sera d'abord dirigé par le travailliste Shimon Peres.

L'inflation, les grèves et le mécontentement suscité par l'intervention militaire au Liban jouent contre le gouvernement du Likoud de Yitzhak Shamir lors des élections législatives du 23 juillet 1984. Les travaillistes font élire 44 députés, contre 41 pour le Likoud, sur les 120 sièges que compte la Knesset. Sans une claire majorité, les deux partis entreprennent des négociations qui aboutissent, à l'appel du président Chaim Herzog, à la formation d'un gouvernement d'union nationale. Des formules de compromis sont adoptées comme l'alternance au poste de premier ministre. C'est d'abord le travailliste Shimon Peres, un ex-ministre de la Défense, qui occupera cette fonction, avant que Yitzhak Shamir du Likoud ne lui succède à mi-mandat, en 1988. Les dix ministres qui composent le cabinet proviennent des différents partis représentés à la Knesset. Yitzhak Rabin conservera le poste stratégique de la Défense. Les résultats peu concluants des législatives du 1er novembre 1988 entraîneront la mise sur pied d'un autre gouvernement d'union nationale, dirigé par Yitzhak Shamir.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., « Un moindre mal »

«...Ce dénouement « révolutionnaire » de la crise née des élections du 23 juillet ne suscite pas le moindre enthousiasme, fût-ce parmi ses promoteurs. M. Pérès admet lui-même que l'équipe qu'il s'apprête à animer constitue un « gouvernement de désaccord » dont les deux principales composantes s'opposent sur plusieurs dossiers essentiels touchant l'avenir des territoires occupés et la solution au problème palestinien. Rares sont ceux qui, en Israël, osent espérer une « divine surprise » et pas un seul membre du nouveau cabinet ne croit que celui-ci survivra jusqu'à son terme légal, l'automne 1988. L'union nationale est perçue par tous comme un moindre mal, rien de plus. Le principal risque est de voir cette « grande coalition » sombrer dans l'immobilisme. C'est précisément parce qu'il affirmait redouter l'avènement d'un « gouvernement de paralysie nationale » que le leader travailliste avait, à la veille du scrutin législatif, rejeté l'offre faite par M. Shamir. La stricte parité qui régente le cabinet et la manière élégante dont les plus graves sujets de discorde ont été provisoirement « évacués » du pacte gouvernemental faute d'être réglés réduiront considérablement la marge de manoeuvre et la force de persuasion de M. Pérès lorsqu'il lui faudra, le moment venu, trancher dans le vif. »

Le Monde (France), 14 septembre 1984, p. 1.

Samuel Seguev, « Israël : l'aigle à deux têtes »

«...En politique étrangère, les écueils s'amoncellent, qui divisent déjà les conjoints malgré eux. Rabin, le nouveau ministre de la Défense, souhaite évacuer le Sud-Liban, en confiant le contrôle de la région à une force internationale (Finul) renforcée. Le Likoud, au contraire, préconise le maintien de Tsahal jusqu'au jour où le général pro-israélien Antoine Lahad, commandant l'Armée du Liban libre, pourra assurer l'imperméabilité de la frontière. Quant aux négociations de paix, pierre angulaire de la vie politique, nul n'oserait prédire leur évolution. Shimon Pérès préparerait des initiatives diplomatiques, notamment en direction d'Amman, du Caire et de Rabat. Mais sera-t-il en mesure, sous la haute surveillance du Likoud, de négocier un compromis territorial en Cisjordanie ? Certains murmurent déjà que les partenaires ombrageux de Shimon Pérès préféreraient encore retourner devant les urnes. »

L'Express (France), 21 septembre 1984, p. 41.

Jean-Claude Leclerc, « Le fruit du compromis »

«...Contrairement à un cabinet de coalition avec une foule de petits partis, le gouvernement d'union nationale aura l'appui d'une forte majorité au Parlement. Sur toutes les grandes questions qui divisent l'opinion israélienne et les partis eux mêmes, le nouveau cabinet et ses deux comités (économie, défense et affaires étrangères) devront chercher de difficiles consensus. Une fois obtenu, ce genre d'accord national permettrait toutefois à Israël de bouger, enfin dans des directions aujourd'hui désespérément bloquées. Dans l'immédiat, le gouvernement sera libéré des liens dont les petits partis l'entravaient. Par contre, l'opposition risque d'être réduite à un rôle marginal, ce qui n'est pas de nature à revigorer une démocratie visiblement chancelante. Paradoxalement, le cabinet n'en sera pas plus fort. Le gouvernement bicéphale, en effet, n'a pas la promesse d'un mandat fructueux. Il risque, sinon de tomber à la première crise, du moins de tergiverser, ainsi que MM. Pérès et Shamir en ont donné le spectacle pendant plus d'un mois. Le péril le plus clair, toutefois, c'est que ce « gouvernement de désaccord », comme l'appelle M. Pérès, s'accorde mais sur de si faibles bases qu'il empire les choses au lieu de les régler. »

Le Devoir (Québec, Canada), 15 septembre 1984, p. 8.

Éditorial

«...To be sure, Labor and Likud make somewhat strange bedfellows, with their sharply divergent views on such critical national issues as the new Jewish settlements on the West Bank. But on other matters, such as controlling Israel's rampaging inflation and finding a formula for removing Israel's troops from southern Lebanon, some diplomatic experts believe that a Peres-Shamir government could make progress. If there was one clear message from last July's parliamentary elections, it was that Israeli voters were not convinced that either major political bloc had the right formula for peace or prosperity. It was those inconclusive elections (...) that really produced the need for a national unity government. It is far too soon to know if the joint government idea will get off the ground, let alone work. But if Israel can end, or at least set aside for now, its internal political problems by an agreement between two sharply divided political blocs to bury the political hatchet in the course of national unity, perhaps other problems in that unhappy corner of the world can also be finally addressed. »

San Francisco Chronicle (États-Unis), 3 septembre 1984.

Gouvernance et gouvernement [ 13 septembre 1984 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireChaim HerzogYitzhak Shamir

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1979 - 1989



juin
1981
[Résultats] Élections législatives

juillet
1984
[Résultats] Élections législatives

septembre
1984
Formation en Israël d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Shimon Peres

décembre
1987
Début d'un soulèvement dans la bande de Gaza et en Cisjordanie

novembre
1988
[Résultats] Élections législatives


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