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22 mars 2017

Début d’une série d’attentats terroristes au Royaume-Uni

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Attentats de Londres

Après avoir foncé sur des passants avec sa voiture, un Britannique sème l’émoi à Londres le 22 mars 2017 en poignardant mortellement un policier de faction près du Parlement. Cet attentat qui fait 6 morts, incluant l’agresseur, est suivi par d’autres en mai et en juin, relançant le débat sur la menace terroriste au Royaume-Uni en pleine campagne électorale.

L’attentat sur le pont de Westminster fait 6 morts en tout, incluant l’assaillant qui est abattu par les forces policières. Cet acte est revendiqué par l’organisation État islamique (EI), un groupe terroriste s’identifiant à la cause de l’EI. Cet État autoproclamé du Moyen-Orient se retrouve à ce moment dans une situation de plus en plus précaire face à des troupes de plusieurs pays de la région, appuyées par une vaste coalition dont fait partie le Royaume-Uni. Le 22 mai 2017, un autre attentat a lieu. Cette fois, il survient à Manchester. Un jeune Britannique d’origine libyenne se fait alors exploser à la fin d’un concert de la chanteuse Ariana Grande. Le choc fait 22 morts et 116 blessés, dont plusieurs enfants et adolescents. Un concert bénéfice, intitulé « One Love Manchester », est mis sur pied le 4 juin afin de venir en aide aux victimes. Il prend une dimension particulière alors que la veille, le 3 juin, un autre attentat a lieu près du pont de Londres. Après avoir chargé sur des piétons à bord d’un véhicule, trois personnes s’en prennent ensuite avec des couteaux à des clients et employés de restaurants de Borough Market. Leur assaut fait des dizaines de blessés et 10 morts, incluant les trois terroristes, des islamistes radicalisés qui auraient crié leur allégeance musulmane pendant leur assaut. L’EI revendique d’ailleurs cet attentat, le troisième à survenir en moins de trois mois au Royaume-Uni. Selon la police, plusieurs autres complots auraient également été déjoués pendant cette période. Les événements de mai et juin se déroulent en pleine campagne électorale. Celle-ci est même interrompue brièvement à la suite de l’attentat de Manchester. Dans un discours, la première ministre Theresa May fait directement allusion à la situation. Elle prévoit renforcer la lutte au terrorisme, déclarant que, jusque-là, le Royaume-Uni a fait preuve de trop de tolérance face à l’extrémisme.

Dans les médias...


Yves Cornu, « Manchester face à ses démons »

«...Les premiers tâtonnements de l'enquête ont permis aux plus candides de conserver leurs illusions, abrités derrière la réputation de tolérance de cette métropole dont plus du tiers de la population est d'origine étrangère et où chrétiens, musulmans, hindous, juifs, sikhs cohabitent d'ordinaire sans heurts. La cause était donc entendue : Abedi était un loup solitaire, un gamin vulnérable, buveur de vodka et fumeur de chichon repenti, ne se sentant ni tout à fait libyen ni vraiment anglais, qui a laissé libre cours à sa haine de la société. Parce que des hooligans ont tué un de ses amis il y a quelques années, ou parce qu'il tenait tous les Britanniques pour responsables des bombardements de la coalition internationale en Syrie et en Irak. Au fil des jours, la réalité s'est révélée tout autre : celui que ses copains avaient surnommé Dumbo en raison de ses grandes oreilles était membre d'un réseau affilié à Daech que la police a, depuis, démantelé en grande partie. Le cas Abedi a surtout ouvert les yeux des Mancuniens sur un phénomène qu'ils ignoraient ou ne voulaient pas voir. Les Libyens qui, fuyant le régime de Mouammar Kadhafi, ont fait souche à partir des années 1970 dans les quartiers sud de Moss Side, Chorlton et Fallowfield se sont pour la plupart bien intégrés. Mais une minorité issue de la deuxième génération a basculé dans le djihadisme. »

Marianne (France), 1er juin 2017, p. 46 à 49.

Éric Albert, « Le flegme britannique à l’abri de la terreur »

«...Sur le perron de Downing Street, elle (la première ministre Theresa May) a changé de ton dimanche matin par rapport à ses déclarations lors des deux attentats précédents. « Il y a bien trop de tolérance envers l'extrémisme dans notre pays », a-t-elle lancé. Et de conclure: « Enough is enough » ( « assez c'est assez » ). Ces propos sont accueillis avec une pointe de scepticisme près de Borough Market. Après tout, Theresa May a été responsable de la lutte antiterroriste en tant que ministre de l'Intérieur pendant six ans, avant de devenir première ministre. Mais sur le fond, l'approbation semble forte. Même le prêtre de St George The Martyr, l'église locale, applaudit. Si vingt drapeaux suspendus au toit de sa paroisse célèbrent l'origine diverse des membres de sa congrégation, il estime que le Royaume-Uni ne fera pas l'économie « d'une discussion sérieuse sur l'islam et le rôle des mosquées ». Ce qu'un riverain, préférant l'anonymat, résume à sa manière un peu plus directe: « Il faut que le gouvernement puisse surveiller de près ce qu'il se dit dans les mosquées. On rend des jeunes complètement fous là-dedans. » Pour l'instant, il n'est pas question d'explosion de colère dans les rues. Mais sur la façade d'unité, les lézardes se multiplient. »

Le Temps (Suisse), 6 juin 2017, p. 6.

Yves Boisvert, « La théorie du loup solitaire »

«...La théorie du loup solitaire consistait à dire : ces terroristes nouveau genre sont pratiquement insaisissables. Ils n'ont pas de complices qui peuvent les trahir, ils n'ont de contact avec personne, ils ne laissent d'indice nulle part... Ceux de Londres samedi étaient trois. Ceux du soir du Bataclan étaient tout un commando. Ils ont été en contact, ils ont comploté, ils se sont équipés... mais on n'a pas pu les arrêter. Dans le cas de Manchester, le terroriste avait été dénoncé par sa propre mosquée pour ses propos extrémistes. Plusieurs signes laissaient entrevoir une radicalisation violente. Les terroristes de Bruxelles aussi étaient en réseau. Ça fait beaucoup, beaucoup de gens prêts à se suicider. Ça fait beaucoup d'enquêtes, et malgré les arrestations nombreuses, les complots déjoués (deux pendant la campagne présidentielle en France), des attentats qui augmentent en nombre. Al-Qaïda a été combattu, le groupe État islamique lui a succédé. Et même si l'on éradique Daesh, on n'aura pas éliminé le terrorisme islamiste. On n'a qu'à constater l'augmentation du nombre d'actes terroristes depuis cinq ans dans les pays développés. Elle est inversement proportionnelle aux succès militaires annoncés face au groupe État islamique. Pendant ce temps, d'autres mouvements terroristes font des milliers de morts en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, au Nigeria... Il n'y aura donc pas de moment où l'ennemi, d'un seul coup, déposera les armes pour signer un traité de paix. C'est une lutte qui ne fait peut-être que commencer, qui sera longue, compliquée et multiple. »

La Presse (Québec, Canada), 5 juin 2017.

Ronald McKay, « Manchester and the blowback from UK’s role in Libya »

«...In light of the Manchester attack and with Salman Abedi said to be known to the security services, this apparent freedom of movement back and forward between the UK and Libya poses some serious questions for the British authorities. In its rush to see the Gaddafi regime overthrown the British Government would appear to have made a serious miscalculation in terms of the security threat to the UK such an open door policy created. It could be argued, too, that while political leaders this week strived to promote national unity, they did at the exclusion of these unpalatable facts. As the veteran Middle East-watcher and writer Patrick Cockburn wrote last week, « if Saddam and Gaddafi had not been overthrown, it is unlikely that Salman Abedi would have been in a position to slaughter people in Manchester ». As far back as 2003, the likely impact of Britain's involvement in wars in the Middle East was spelled out in a Joint Intelligence Committee (JIC) assessment, just before the start of the invasion of Iraq by American and British forces. Declassified for use by the Chilcot Inquiry and though receiving little attention at the time, the report made clear that attacks against Western interests especially in the US and UK were « likely » and would be aimed at « maximum impact ». The assessment concluded: « The worldwide threat from other Islamist groups and individuals will increase significantly. » Last week's outrage in Manchester was just the latest manifestation of that « maximum impact » strategy by the terrorists. »

Sunday Herald, (Royaume-Uni), 28 mai 2017.

Gouvernance et gouvernement [ 22 mars 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IITheresa May

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2012 - 2016



juillet
2012
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

septembre
2014
Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


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