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18 juin 2017

Élection du parti La République en marche ! aux législatives en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Emmanuel Macron

La République en marche !, le parti du président nouvellement élu Emmanuel Macron, obtient un succès aux législatives en faisant élire 308 des 577 députés qui siégeront à l’Assemblée nationale française. Il devance nettement Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS), qui sont tous les deux en net recul par rapport aux législatives de 2012.

La victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle du 7 mai 2017 marque l’émergence d’une nouveau parti politique centriste : la République en marche (LREM) ! Cette formation a vu le jour le 6 avril 2016, sous le nom En marche ! Malgré ce succès, plusieurs pensent toutefois qu’il sera difficile de mettre sur pied une équipe de candidats susceptible de remporter les législatives. Dès le mois de mai, LREM prend cependant la tête dans les sondages. Lors du premier tour, le 11 juin, elle arrive clairement en tête, laissant même présager une récolte d’environ 400 sièges sur les 577 de l’Hémicycle. Lors du second tour, le 18 juin, LREM remporte la victoire avec 308 députés. À cette majorité, s’ajoutent les 42 élus du Mouvement démocratique (Modem), un autre parti centriste participant au gouvernement. Cette domination bouleverse l’échiquier politique français. Victorieux aux législatives de 2012, le PS bascule à 30 sièges, une chute historique laissant entrevoir de profondes remises en question. Malgré leurs 112 sièges, Les Républicains, qui arrivent deuxième, enregistrent eux aussi un recul important par rapport aux partis de droite qui les ont précédés. Cette performance des partis de pouvoir traditionnels fait dire à des analystes que les élections de 2017 pourraient bien marquer la fin d’une époque en France. La France insoumise, une formation d’extrême gauche, obtient pour sa part le statut de groupe parlementaire fixé à un seuil de 15 députés. Ce n’est pas le cas pour le Front national qui fait tout de même élire 8 candidats, dont le chef Marine LePen. Le taux de participation de 42,6 %, un plancher historique, indique un désintérêt de l’électorat pour ce deuxième tour qui se solde pourtant par une vague de changements. Alors que plusieurs personnalités connues sont battues, le scrutin permet l’arrivée de 424 nouveaux visages à l’Assemblée nationale, du jamais-vu. Sur les 577 députés, celle-ci comptera aussi 224 femmes (38,8 %), un autre sommet.

Pour en savoir plus:

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean-Marc Vittori, « La France qui espère et la France qui grinche »

«...Étrange moment de l'histoire de France. Au terme d'un interminable processus électoral entamé voilà près de sept mois, où certains Français sont allés voter huit fois, le pays a enfin un nouveau président, soutenu par une confortable majorité à l'Assemblée. A l'international, ce président donne une impression de modernité, de souffle et d'espérance que la France n'a pas montrés depuis très longtemps. Tous les voyageurs rentrés ces derniers jours de l'étranger racontent une anecdote qui en témoigne. En France, c'est l'inverse. Après une campagne délétère, un climat morose persiste. Ce président aurait été mal élu, sur une base trop étroite, même s'il a eu au premier tour de l'élection présidentielle 3 millions de voix de plus que Jacques Chirac en 2002, dont l'élection n'avait pas suscité pareilles réserves. (...) le moment actuel éclaire crûment la France, comme une lumière rasante en fin de journée. Ou plutôt les France. La France qui grinche et la France qui espère. Celle qui n'est jamais contente et préfère le faire savoir haut et fort plutôt que de prendre le risque d'agir. Et celle qui défriche les voies de l'avenir, le plus souvent loin des micros, des caméras et souvent de la capitale. Une troisième France, en revanche, reste dans l'ombre, dont elle ne sort que par éruptions sporadiques. Celle des métiers menacés de disparition, des usines qui ferment, comme Whirlpool à Amiens, des cités de banlieue sans horizon, des éleveurs en voie d'asphyxie.»

Les Échos (France), 20 juin 2017, p. 10.

Richard Werly, « Macron, un plébiscite sous surveillance »

«...La France a donné le pouvoir à un président centriste, qui revendique de prendre les bonnes idées de la droite et de la gauche. Mais la France ne se réveille pas centriste à l'issue de ces législatives. Les pôles de radicalité constatés durant la campagne présidentielle sont confirmés. A gauche, la volonté d'un affrontement plus dur avec ce gouvernement est confirmée. Jean-Luc Mélenchon a remporté sa bataille personnelle contre le Parti socialiste, et la démission immédiate du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis (battu au premier tour), prouve que tout a changé. Les financements qui vont découler de ce rapport de force électoral condamnent le PS à une quasi-disparition dont Emmanuel Macron a sans doute parlé dimanche soir, lors de son entretien téléphonique avec Angela Merkel, confrontée elle aussi à des élections en septembre. C'est la mort de la social-démocratie qui a été sonnée hier soir, par la moitié des Français qui se sont rendus aux urnes. Le « système Macron » est bel et bien aujourd'hui hégémonique. Il va surtout, dès cette semaine, montrer son vrai visage. Le renouvellement du personnel politique n'a jamais, en France, été aussi important. La plupart des élus LREM n'ont jamais assumé de mandat politique auparavant. C'est une autre France qui sera aux commandes de l'Assemblée nationale, avec un autre défi: celui de préserver son unité dans les difficultés immanquables de l'exercice du pouvoir. Tout démarre maintenant pour le quinquennat Macron.»

Le Temps (Suisse), 19 juin 2017, p. 4.

Alexis Brézet, « Majorité absolue, responsabilité absolue »

«...Les prédécesseurs de Macron, même quand l'arithmétique parlementaire pouvait donner le sentiment qu'ils avaient les coudées franches, ont toujours dû compter avec des alliés indociles, des barons exigeants, des féaux encombrants ou des députés élus depuis des lustres qui estimaient que leur élection devait tout à leurs propres mérites. Rien de tel aujourd'hui : Emmanuel Macron n'a besoin de personne pour composer sa majorité ; allié au MoDem de François Bayrou, il peut fort bien s'en passer. Son parti n'existait pas avant lui. Les députés «marcheurs» ne tiennent leur légitimité que de lui seul. Quant aux ralliés, leur avenir est suspendu à son bon vouloir… Jamais président n'aura eu, vis-à-vis de sa majorité, les mains aussi libres. Ajoutons à cela qu'une large partie des médias est culturellement acquise au mélange de libéralisme économique et de progressisme sociétal qu'il a professé durant la campagne ; que pour les milieux économiques son élection est une bénédiction ; qu'il bénéficie enfin d'un a priori favorable dans la haute administration dont il est lui-même issu, et l'on mesurera le caractère incroyablement favorable de la conjonction politique qui entoure son élection. Ajoutons encore, pour couronner le tout, que les hasards providentiels du calendrier électoral font qu'après les sénatoriales de la rentrée, Emmanuel Macron aura devant lui deux années sans élection (jusqu'aux européennes de 2019), et l'on devra convenir que l'expression «pleins pouvoirs», reprise à l'envi ces derniers jours, n'est pas un vain mot. »

Le Figaro (France), 18 juin 2017.

Sébastien Billard, « Le Pen, Mélenchon, Ruffin...Ils veulent incarner l’opposition à Macron »

«...Élue députée, Marine Le Pen sauve les meubles. Marine Le Pen récupère par ailleurs avec cette élection une immunité parlementaire, trois jours seulement après que le Parlement européen a levé son immunité de députée européenne... (...) Pari réussi aussi pour Jean-Luc Mélenchon. A 65 ans, le leader de la France insoumise va faire son entrée à l'Assemblée nationale, dans la foulée d'une présidentielle à l'issue de laquelle il avait recueilli 19% des suffrages. Il disposera par rapport à sa rivale Marine Le Pen d'un atout supplémentaire : contrairement au FN, la France insoumise fait mieux que prévu et sera en mesure de former un groupe parlementaire, avec 17 sièges. De quoi peser davantage lors des débats et en commissions. « Le peuple français dispose à l'Assemblée nationale d'un groupe cohérent, discipliné, offensif : La France insoumise. Et c'est lui qui appellera le pays le moment venu à une résistance sociale », a-t-il lâché dimanche soir après l'annonce des premiers résultats. Législatives : Mélenchon saute sur l'Assemblée pour mieux défier Macron. A gauche, La France insoumise reste devancée par le PS en nombre de députés. Mais avec ce groupe parlementaire, elle s'installe dans le paysage politique français, et menace de plus en plus sérieusement le leadership socialiste. Jean-Luc Mélenchon et son groupe pourrait disposer d'un véritable espace pour incarner l'opposition de gauche. »

L’Obs (France), 19 juin 2017.

François Brousseau, « Victoire avec bémols »

«...Majorité confortable ? En fait, l'avenir le dira, parce que -- comme toujours -- les chiffres peuvent être trompeurs... Sans compter le programme de réformes annoncé, dont les difficultés ne dépendront pas uniquement de la grosseur des troupes qui le porteront. Même s'ils ne disent pas tout, les chiffres de cette élection méritent qu'on s'y arrête. La majorité parlementaire de M. Macron, amplifiée par le système uninominal majoritaire à deux tours, ne correspond pas à une majorité sociale. (...) Les victoires " écrasantes ", d'abord de M. Macron, puis de son parti sorti du néant, sont légales, légitimes, incontestables. La percée décisive d'un parti centriste --... où il faudra encore voir ce que " centrisme " veut dire ! -- est sans précédent en France, terre traditionnelle de la " guerre civile gauche-droite ". Mais ce " triomphe " repose sur une base sociologique faible. Et même si, par hypothèse, la cohésion et la discipline du nouveau groupe dominant s'avéraient fortes et durables à l'Assemblée nationale, les réformes économiques annoncées (libéralisation des lois du travail) pourraient susciter une forte résistance sociale. Pourtant, à l'international, devant l'Europe et l'Allemagne, M. Macron a besoin de ces réformes... s'il veut ensuite être autre chose que ce qu'ont été ses deux prédécesseurs : des nains face au pouvoir d'Angela Merkel. Oui, attention aux victoires trop écrasantes : elles peuvent s'avérer trompeuses. »

Le Devoir (Québec, Canada), 19 juin 2017, p. B1.

Gouvernance et gouvernement [ 18 juin 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéEmmanuel MacronÉdouard Philippe

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2012 - 2016



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2012
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2012
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juin
2012
Élection d'une majorité de gauche aux législatives en France

juin
2012
[Résultats] Élections législatives

mai
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Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


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