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4 juillet 2017

Lancement d’un missile nord-coréen qui serait capable d’atteindre les États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le lancement d’un missile intercontinental Hwasong-14 par la Corée du Nord, le 4 juillet 2017, accentue les tensions avec ses voisins asiatiques ainsi que la communauté internationale. Ce test a une signification particulière pour les États-Unis, puisque selon des analystes ce missile avait la capacité d’atteindre l’Alaska.

Le premier essai nucléaire nord-coréen sous le régime autoritaire de Kim Jong-il, le 9 octobre 2006, inquiète. Le programme se poursuit sous son fils, Kim Jong-un, qui lui succède en décembre 2011. La Corée du Nord accentue ses tests de missiles. Les scientifiques redoutent qu’elle puisse éventuellement exercer une frappe nucléaire à longue distance en recourant à une ogive miniaturisée. Ce qui n'est pas encore le cas en 2016 et 2017, même si des essais nucléaires sont effectués. Ils entraînent une condamnation du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que des sanctions. Ils incitent aussi la Corée du Sud à installer le système antimissiles Thaad. Des manoeuvres américaines sont effectuées dans le secteur et le président Donald Trump dit ne pas écarter une intervention militaire en Corée du Nord. Il affirme aussi qu’il serait prêt à rencontrer Kim Jong-un dans les « circonstances appropriées » afin de discuter. Trump presse également le dirigeant chinois Xi Jinping d’exercer son influence sur le leader nord-coréen. Le 4 juillet, un nouveau test de missile change la donne. Selon des experts, l’engin tombé dans la mer du Japon aurait pu atteindre l’Alaska, en territoire américain. Le 28 juillet, un autre missile testé aurait eu la capacité de frapper le cœur de l’Amérique. Les Nations unies annoncent de nouvelles sanctions économiques. Le 8 août, Trump va plus loin, déclarant qu’une menace contre son pays attirerait à la Corée du Nord « fire and fury » comme le monde n’en avait jamais vu. Kim Jong-un réagit en disant faire « l’examen attentif » d’une frappe sur Guam, une île de l’océan Pacifique où l’on retrouve une base militaire américaine. Cette annonce provoque de fortes réactions dans le monde, dont la crainte que cette escalade verbale ne mène à un geste aux conséquences catastrophiques. Le 15 août, Kim Jong-un annonce que le projet de tir sur Guam ne serait considéré que si des « actions irresponsables » étaient posées par Washington.

Dans les médias...


Yann Rousseau, Claude Fouquet, « Corée du Nord : les grandes questions géopolitiques que pose le dernier tir balistique »

«...Le pays ermite est soumis depuis onze ans à de multiples restrictions mises en place soit par les Nations unies, soit directement par des États. Mais ces initiatives n'ont jamais produit l'effet escompté par la communauté internationale. Malgré les embargos sur des dizaines de produits et les mesures contre les personnalités du régime, Pyongyang continue de faire de ses programmes balistique et nucléaire sa priorité absolue, quitte à retarder le développement économique de son territoire ou à sacrifier le bien-être de sa population. Constatant l'inefficacité de cette stratégie, plusieurs voix d'experts commencent à s'élever pour plaider pour une nouvelle approche, moins antagoniste. Le nouveau président sud-coréen de centre gauche, Moon Jae-in, propose ainsi de renouer une forme de dialogue avec Kim Jong-un. Il a même proposé de se rendre directement dans la capitale nord-coréenne. Mais cette ouverture ne semble pas convaincre l'administration de Donald Trump, qui craint d'y voir une forme de validation du nouveau statut de puissance nucléaire de Pyongyang. Ces derniers mois, Washington avait assuré que « toutes les options étaient sur la table » pour résoudre la crise nord-coréenne et avait même laissé entendre, à la grande stupeur de ses alliés japonais et sud-coréen, qu'une opération militaire était envisageable. Les derniers progrès technologiques de Pyongyang rendent toutefois cette option de plus en plus périlleuse et hasardeuse. »

Les Échos (France), 5 juillet 2017, p. 8.

Isabelle Lasserre, « Entre les États-Unis et la Corée du Nord, la guerre à portée de mots »

«...Le dictateur nord-coréen, qui redoute une « guerre préventive » américaine, n'a aucune raison de marquer une pause dans sa course au nucléaire, seul moyen de sanctuariser son régime. L'actualité récente en Libye et en Ukraine, deux pays ayant accepté de se débarrasser de l'arme atomique sous la pression de la communauté internationale, a rappelé à tous les candidats au statut nucléaire que la bombe est le meilleur moyen pour assurer la survie d'un régime quand il est dans le collimateur d'une grande puissance. Kadhafi a disparu et l'Ukraine a été attaquée par la Russie... En refusant d'honorer la ligne rouge qu'il avait tracée en Syrie sur les armes chimiques, Barack Obama avait discrédité les États-Unis sur la scène internationale. En dessinant une autre ligne rouge en Corée du Nord sur l'arme nucléaire - « Ça n'arrivera pas » - au début de son mandat, Donald Trump risque-t-il aujourd'hui de mener le conflit avec la Corée du Nord au bord du précipice ? Les autorités américaines l'ont répété à plusieurs reprises cette année. Si la diplomatie et les sanctions sont toujours considérées comme des solutions préférables pour bloquer le développement du programme nucléaire nord-coréen, l'option militaire est « sur la table ». McMaster, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, l'a redit cette semaine : une Corée du Nord nucléaire serait « intolérable » pour Donald Trump.»

Le Figaro (France), 10 août 2017, p. 6.

Arnaud Vaulerin, « La Corée du Nord à l’heure du clash test »

«...Début juillet, dans un long discours à Berlin - capitale réunifiée -, le nouveau président sud-coréen, Moon Jae-in, a déroulé une feuille de route ambitieuse pour la péninsule coréenne : traité de paix - les deux Corées sont toujours formellement en guerre depuis 1953 -, grands chantiers économiques, retrouvailles familiales et refus de toute volonté de provoquer l'effondrement du régime et de cibler son dirigeant. Moon s'est posé en héritier de la «politique du rayon de soleil» quand, entre 1998 et 2008, le Sud et le Nord se serraient la main et se rencontraient. Mais la «sunshine policy» n'est-elle pas démonétisée ? «Les Sud-Coréens ont cru à cette politique, mais aujourd'hui ils sont nombreux à estimer qu'elle a échoué. Pis, elle a aidé le Nord à se nucléariser», juge le professeur Changhee Park. L'idée, soutenue par Pékin, de réactiver les pourparlers à six (deux Corées, Japon, Russie, Chine et États-Unis) qui, entre 2003 et 2009, visait à la dénucléarisation de la Corée du Nord, est vue avec la même suspicion. Moon saura-t-il se faire entendre de Kim ? Ce dernier n'a pas répondu aux offres de rencontre avec le président sud-coréen, ni à celles du chef d'État américain. Le dictateur nord-coréen reste méconnu et menaçant, comme Trump reste imprévisible et inquiétant. »

Libération (France), 1er août 2017, p. 12.

Sarah R. Champagne, « La Corée du Nord provoque pour survivre »

«...le 9 octobre 2006, la Corée du Nord procède à son premier essai nucléaire souterrain. En 2002, George W. Bush la place dans la liste des États voyous, en invoquant la certitude que les Nord-Coréens enrichissent de l'uranium en secret. En 2016, devant l'essai réussi d'une bombe à hydrogène, la bombe H, encore plus puissante qu'une bombe atomique ordinaire, le chef du Pentagone évoque « des conséquences ». À chaque épisode, des menaces, jamais encore mises à exécution, faut-il noter : « Les États-Unis sont de moins en moins crédibles, mais ils appliquent encore une diplomatie coercitive pour avoir des concessions », ajoute M. (Jean-François) Bélanger, spécialiste de la prolifération nucléaire. Si Washington affirme sa présence aux côtés d'un de ses plus grands alliés dans la région, la Coréedu Sud, le point de rupture a encore été repoussé. (…) Une lecture partagée par Benoit Hardy-Chartrand, chercheur au Centre pour l'innovation dans la gouvernance internationale (CIGI) : « Le gouvernement Trump espère dissuader avec un discours de plus en plus belliqueux, il joue la ligne dure », dit-il. Cette rhétorique de la peur fait écho à la propre stratégie de Kim Jong-un. Ainsi, quand le missile renferme la mort aux yeux du simple spectateur, le leader et l'expert y voient l'expression la plus forte de la dissuasion. Les bravades nord-coréennes sont devenues une question de survie pour le pays, l'obsession de la possession nucléaire, un élément constitutif de cet État totalitaire. »

Le Devoir (Québec-Canada), 8 juillet 2017, p. B1.

Joby Warrick, « The Secret of Kim’s success? Some Experts see Russian Echoes in North Korea’s missile advances »

«...The key new element was most likely North Korean leader Kim Jong Un himself, who accelerated the pace of the country's nuclear and missile development soon after taking power. « They are serious about trying to create a capability that could threaten the United States,» (Michael) Elleman said. The lingering Soviet legacy partly explains why North Korean technology tends to be decades behind that of the United States and other modern military powers, said David S. Cohen, a former deputy director of the CIA who had advised the Obamaadministration on North Korea's weapons advances. « The missiles they're shooting now have some new engineering, but it's all based on old Soviet models, » Cohen said. Unable to purchase advanced technology on the open market, North Korea also remains dependent on smugglers and black-marketeers to obtain some of the parts it needs, particularly electronics, Cohen said. But he cautioned against underestimating a North Korean leadership that repeatedly displayed ingenuity in working with old designs and systems as well as a determination to succeed in the face of international isolation and censure. »

The Washington Post (États-Unis), 8 juillet 2017.

Gouvernance et gouvernement [ 4 juillet 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Nord
FaibleKim Jong-unPak Pong Ju

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2007 - 2016



février
2007
Entente sur un éventuel démantèlement du programme nucléaire nord-coréen

décembre
2011
Décès du leader nord-coréen Kim Jong-il


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Spéculations galopantes sur la succession du dirigeant nord-coréen

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