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26 août 2017

Manifestation d’envergure contre le terrorisme à Barcelone, en Espagne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

En réaction à deux attentats meurtriers survenus les 17 et 18 août 2017, des centaines de milliers d’Espagnols, dont le roi Felipe VI, marchent contre le terrorisme à Barcelone. Ces événements surviennent au cours d’un mois d’août où de nombreux attentats ont eu lieu, tant en Asie qu’en Afrique.

L’Espagne n’a pas subi d’attentat terroriste majeur depuis celui de la gare d’Atocha, à Madrid, en mars 2004. Cette période d’accalmie prend fin le 17 août 2017, alors qu’une fourgonnette lancée sur la Rambla, une avenue piétonne de Barcelone, fait 15 morts et une centaine de blessés. Une autre voiture fonce dans la foule le lendemain à Cambrils, une commune de la Catalogne. Des policiers sont blessés, mais les terroristes sont abattus, comme ce fut le cas la veille. De jeunes musulmans radicalisés sont à l’origine de ces actes, revendiqués par le présumé État islamique (EI) dont la situation au Moyen-Orient est de plus en plus précaire. On retrouverait beaucoup de radicalisme en Catalogne, qui serait un foyer d’activités pour le djihadisme en Espagne. Selon la police, des liens unissent les auteurs des deux attentats qui auraient pu être pires. En effet, le 16 août, donc avant les événements de la Rambla, une explosion accidentelle a éclaté dans une commune d’Alcanar. Elle a fait deux morts dans un groupe terroriste équipé pour un attentat d’envergure. Trois jours de deuil sont déclarés pour les victimes du 17 et du 18 août, alors qu’une manifestation contre l’islamisation de l’Europe se déroule sur la Rambla. Le 20 août, une messe a lieu à la basilique Sagrada Familia, Elle est suivie par une importante démonstration dans Barcelone, le 26 août. Les banderoles « Je n’ai pas peur » sont portées dans la foule évaluée à des centaines de milliers de personnes, dont le premier ministre Mariano Rajoy et le roi Felipe VI. Une tension supplémentaire provient du fait que les Catalans tiendront un référendum sur leur auto-détermination le 1er octobre, un exercice que le gouvernement espagnol ne reconnaît pas. Les événements de Barcelone surviennent au coeur d’un mois d’août marqué par de nombreux actes terroristes : Afghanistan (1er août), Burkina Faso (13 août), Nigeria (15 août), etc.

Dans les médias...


Luis Lemo, « La foire d’empoigne des islamologues »

«...Rarement le débat public n'aura été aussi enflammé. « Nous sommes devant un effet cumulatif », confirme Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, professeur d'histoire internationale au Graduate Institute de Genève, qui étudie depuis quinze ans l'émergence et les transformations d'Al-Qaida, puis de l'Etat islamique. Ce qui est frappant à ses yeux, comme lors de la récente attaque de Barcelone, c'est une même séquence qui se répète, avec des condamnations très rapides, une très forte émotion, puis la mise en place d'un cercle vicieux. « On en reste à afficher le « ils nous en veulent pour ce que nous sommes » . Mais à partir de là devrait s'imposer un impératif de réflexion. Désormais, l'association a été faite entre la religion musulmane et les mouvements radicaux. Or, faute de casser cette association, nous ouvrons la porte à toutes les intolérances, au risque de nourrir le populisme et l'autoritarisme. » Selon lui, l'Occident en est arrivé aujourd'hui à « rationaliser le racisme ». (...) Et le monde des islamologues, censé éclairer le débat public sur le djihadisme, n'est-il donc d'aucun secours? En France, la division est profonde entre deux de ses principales figures, Gilles Kepel et Olivier Roy. Pour mémoire: le premier parle d'une « radicalisation de l'islam », tandis que le second lui oppose une « islamisation de la radicalité » . La querelle ne se résume pas à un jeu sur les mots. En simplifiant (beaucoup), c'est la source du mal qui est en jeu. »

Le Temps (Suisse), 23 août 2017, p. 3.

S.A., « Fragile unité à Barcelone »

«...La présence hautement symbolique - et inédite, dans un rassemblement populaire - du roi d'Espagne, Felipe VI, accompagné du président du gouvernement espagnol, de ses ministres, ainsi que de l'ensemble des présidents des communautés régionales et des dirigeants des partis politiques nationaux, aux côtés des dirigeants indépendantistes catalans, derrière des représentants de la société civile en tête du cortège, devait illustrer la volonté des Catalans et des Espagnols d'afficher un front uni après la tragédie. Pourtant, si, en France et ailleurs en Europe, les attentats terroristes sont généralement l'occasion d'un sursaut d'union nationale, il en va différemment en Espagne : l'unité apparente de ces derniers jours à Barcelone semble bien fragile. Dans deux semaines, pour marquer la fête nationale de la Catalogne, le 11 septembre, les mêmes artères de Barcelone seront à nouveau noires de monde, mais avec un message opposé, celui de l'indépendance de la région. (...) Pour les nationalistes catalans, l'épreuve du terrorisme est, justement, un signe supplémentaire de la nécessité de se séparer de Madrid, pour traiter « d'égal à égal » avec l'Espagne. Nul ne sait, ni à Madrid ni à Barcelone, ce que les semaines à venir réservent à l'unité de l'Espagne. »

Le Monde (France), 28 août 2017, p. 25.

Gaël de Santis, « Barcelone reste une « ville ouverte au monde »»

«…La manifestation était ouverte par 75 membres des services de sécurité (police catalane et nationale, agents des services d'urgence) qui ont joué un rôle important à la suite des attaques meurtrières. Six mois après la grande manifestation du 18 février en faveur de l'accueil des réfugiés, les habitants de Barcelone n'ont pas changé de ligne. Plusieurs pancartes appelaient à ne pas se laisser aller aux amalgames, les attentats ayant été revendiqués par l'organisation de l'« État islamique ». « La meilleure réponse : la paix », « Non à l'islamophobie », pouvait-on lire sur plusieurs pancartes. Ce climat avait été précédé par des gestes de la part des familles des victimes. Ainsi, un père d'un enfant de 3 ans mort sur les Ramblas a-t-il, mardi dernier, pris dans ses bras l'imam de sa ville. La maire de Barcelone, Ada Colau, qui avait décrit au soir des attentats sa ville comme « courageuse » et « ouverte au monde », a vu dans cette accolade « la défaite de ceux qui nous ont fait mal ». Ce rassemblement intervient à un moment où la vie politique est clivée comme jamais, à l'approche du référendum du 1er octobre, convoqué par les autorités régionales sur l'indépendance de la Catalogne. Le roi Felipe VI et le premier ministre conservateur Mariano Rajoy ont été hués par les manifestants. »

L’Humanité (France), 28 août 2017.

S.A., « The post-attack truce between Catalonia and Spain will not last »

«...Spain rightly prides itself on its tolerance towards immigrants. Most of the Ripoll group had arrived from Morocco as small children, and were apparently well-integrated. They spoke Catalan, had jobs and played in a local football team. None of that was enough to prevent them attacking their adopted country. There is a second reason why the events of August 17th pose unusually sharp questions for Spain’s political leaders. Catalonia’s regional government is bent on organising an unconstitutional referendum on independence on October 1st. Should the « yes » side win, a unilateral declaration of independence will follow. The conservative government of Mariano Rajoy in Madrid is determined to stop the referendum. Both Mr Rajoy and Carles Puigdemont, the pro-independence president of the Catalan government, have been careful not to politicise the attacks. (They have learned the lessons of 2004, when the conservative government wrongly blamed the bombings on ETA, helping the opposition Socialists to win the election three days later.) Mr Rajoy went to Barcelona, met Mr Puigdemont and called for unity. Mr Puigdemont reciprocated: « Our absolute and sole priority is to attend to the victims and pursue the criminals, » he declared. Yet the underlying political tension has surfaced in coded form. »

The Economist (Royaume-Uni), 26 août 2017.

Gouvernance et gouvernement [ 26 août 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Espagne
ÉlevéPhilippe VI (Felipe VI)Mariano Rajoy Brey

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2012 - 2016



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2014
Annonce de l'abdication du roi d'Espagne, Juan Carlos 1er

novembre
2014
Tenue d'une consultation sur l'auto-détermination de la Catalogne

septembre
2015
Élections régionales au Parlement de Catalogne

décembre
2015
Tenue d'élections législatives en Espagne

décembre
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
[Résultats] Élections législatives


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