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22 octobre 2017

Réélection au Japon du Parti libéral démocrate de Shinzo Abe

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Shinzo Abe

Le Parti libéral démocrate (PLD) du premier ministre Shinzo Abe est réélu avec 284 sièges, ce qui lui donne la majorité à la Diète. C’est moins qu’aux législatives de 2015, mais cette fois le PLD fait face à une opposition plus divisée à la suite de la dissolution du Parti démocratique (PD) juste avant le déclenchement de la campagne.

Le 27 mars 2016, le Parti démocratique du Japon (PDJ), le principal parti d’opposition au PLD, fusionne avec le Parti de l’innovation au Japon pour former le PD. Cette décision est prise afin de rivaliser avec le PLD, les membres du PD contestant les politiques économiques d’Abe et sa volonté de remettre en question la Constitution pacifiste du pays. Des échecs aux élections sénatoriales et pour le poste de gouverneur de Tokyo (juillet 2016) affectent le PD qui est dissout le 28 septembre 2017. Deux nouveaux partis émergent. Plus à droite, le Parti de l’espoir (PDE) de la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, voit le jour le 25 septembre. Puis, le 2 octobre, le Parti démocratique constitutionnel (PDC), plus à gauche, se lance dans la bataille. Cette situation favorise le PLD et Abe qui a déclenché des élections précipitées, prétextant le contexte de la menace des missiles nord-coréens. La question de la situation démographique du Japon, une des sociétés les plus vieilles au monde, est également mentionnée, de même qu’une éventuelle hausse de taxes, en 2019, servant à financer des mesures sociales plutôt qu’à rembourser la dette. L’administration Abe est également touchée par quelques scandales. Cela n’empêche pas les électeurs de lui réitérer leur confiance. Avec 284 élus, plus les 29 du Komeito, un parti allié, le PLD obtient les 2/3 des sièges nécessaires pour enclencher le processus de révision de l’article 9 de la Constitution sur le renoncement à une armée ou à l’usage de la force dans des conflits internationaux. Avec peu de temps pour s’organiser, puisque la campagne ne dure que 12 jours, le PDE réussit tout de même à obtenir 55 sièges, contre 50 pour le PDE. Le gouvernement, dont la popularité demeure fragile, a profité de la division de l’opposition. Le faible taux de participation de 53,6 % indique aussi un désintérêt de l’électorat à l’endroit de l’offre politique proposée.

Pour en savoir plus:

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Bernard Delattre, « Le typhon Abe a tout balayé sur son passage »

«...Le camp du Premier ministre a été servi par les divisions, l’impréparation, voire l’amateurisme de l’opposition. Les deux plus grands partis qui la représenteront au sein de la chambre basse du Parlement ont été créés… il y a moins d’un mois. Dès lors, ils n’ont pas eu assez de temps pour incarner une alternative organisée et crédible à la majorité. Encore figure de proue de cette opposition fin septembre, la flamboyante gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, est apparue livide, dimanche soir. Elle a concédé que ces résultats électoraux étaient « extrêmement durs ». Elle a échoué à rejeter les libéraux de Shinzo Abe dans l’opposition au niveau national, comme elle avait réussi à le faire à l’échelon de la capitale lors des élections régionales cet été. En plus, son « Parti de l’Espoir » pourrait ne même pas être le premier parti d’opposition. Les résultats provisoires le donnaient dépassé par une nouvelle formation de centre gauche, le Parti démocrate constitutionnel. Ces faiblesses de l’opposition seront tout bénéfice pour Shinzo Abe, vu l’immensité de la tâche qui l’attend. Car, indéniablement, le plus dur reste à faire pour un Premier ministre qui n’a remporté qu’une victoire par défaut : faute d’alternative, et servi par un contexte international très particulier. »

Le Soir (Belgique), 23 octobre 2017, p. 7.

Régis Arnaud, « Au Japon, Shinzo Abe remporte son pari électoral »

«...L'autre vainqueur de dimanche est Yukio Edano (le chef du Parti démocratique constitutionnel). Ce dernier a réussi un pari presque impossible. Sans argent, sans moyens, éjecté de son propre parti, il était comme un ronin, ces samouraïs sans maître qui erraient déboussolés en temps de paix dans le Japon médiéval. Il a constitué en deux semaines la deuxième force politique du pays autour de laquelle tournera désormais l'opposition à Shinzo Abe. Ses troupes ont su magistralement user de Twitter et des réseaux sociaux, comme le montre le montant des dons individuels que son parti a collecté: 85 millions de yens (635.000 euros) en quelques jours. Il ne peut pas pavoiser pour autant: son parti ne compte encore qu'une cinquantaine de députés, soit cinq fois moins que la coalition au pouvoir. La grande perdante de la soirée est sans conteste Yuriko Koike. La gouverneure de Tokyo avait monté de bric et de broc un «Parti de l'espoir» à la droite de Shinzo Abe qui avait pendant quelques jours séduit les médias locaux. Mais cette coalition formée sur des calculs égoïstes plutôt que sur des convictions, ou même des intérêts, communs, avait commencé à se désagréger dès le lendemain de sa naissance. Sentant la fragilité de son attelage et la médiocrité de ses nouvelles troupes, Yuriko Koike avait finalement opté pour demeurer gouverneure et ne pas se présenter. »

Le Figaro (France), 22 octobre 2017.

Philippe Mesmer, « Confortable majorité parlementaire pour le premier ministre japonais »

«...Le premier ministre devrait également lancer les débats sur la révision de la Constitution, l'objectif qu'il a toujours poursuivi. Il l'a évoquée pendant la campagne, soulignant l'importance d'inscrire l'existence des Forces d'autodéfense dans le texte fondamental. Celles-ci ne figurent pas dans la Constitution, qui dispose, dans son article 9, que le pays ne doit pas entretenir de force militaire sur son territoire. Elles ont donc un statut ambigu. Un amendement dans ce sens a de grandes chances d'être accepté par le Parlement, les partis au pouvoir détenant, dans les deux Chambres, les deux tiers des sièges exigés pour valider un tel texte. Il serait ensuite, comme l'exige la loi, soumis à un référendum. Les débats s'annoncent pourtant vifs car la population reste partagée sur une modification d'un texte qui a accompagné le rapide développement économique de l'Archipel depuis les années 1950, au point d'en devenir l'un des fondements. Le détail des résultats du vote de dimanche montre que M. Abe, dont la cote de popularité reste modérée depuis le printemps, et les scandales de trafic d'influence liés aux entreprises Moritomo et Kake Gakuen, dans lesquels il serait impliqué, n'a pas obtenu un blanc-seing des électeurs. Même si le passage du typhon Lan peut avoir incité certains à ne pas aller voter, beaucoup de Japonais ont choisi de s'abstenir : la participation n'a pas dépassé 53,6 %, le deuxième plus bas niveau depuis 1945. »

Le Monde (France), 24 octobre 2017, p. 6.

François Brousseau, « Shinzo Abe, défi asiatique »

«...Le pari gagné de Shinzo Abe, avec les deux tiers des sièges à son Parti libéral-démocrate, fait monter les enchères au Japon et en Asie. Un oeil sur la Chine conquérante, l'autre sur une Corée du Nord inquiétante, Tokyo fait face à des défis considérables, socio-économiques, mais aussi diplomatiques et militaires. M. Abe, s'il termine le troisième mandat qu'il vient d'obtenir, deviendra le premier ministre japonais qui aura été le plus longtemps au pouvoir depuis la Deuxième Guerre mondiale. Pendant son premier mandat, il n'a réussi qu'à moitié sa réforme économique de relance par la dépense publique et la " planche à billets "... même si le Japon reste la troisième économie du monde, une extraordinaire machine innovatrice et exportatrice. Et ce, malgré le problème de la déflation (c'est un des seuls pays au monde où les prix baissent régulièrement) et les défis, concomitants, du vieillissement de la population et de l'intégration des femmes sur le marché du travail. Mais les urgences de Shinzo Abe réélu se trouvent à l'international. Il a dit hier que sa priorité absolue, c'est la menace nord-coréenne et la nécessité d'y faire face. »

Le Devoir (Québec, Canada), 23 octobre 2017, p. B1.

Samuel Osborne, Mari Yamaguchi, « What does Shinzo Abe’s election win mean for Japan ? »

«...in the short-term, Mr Abe will use the victory to silence critics and continue with policies he has pursued since taking office in December 2012: a hard-line on North Korea; close ties with Washington, including more purchases of American missile interceptors; a push for nuclear energy and an « Abenomics » platform to address a growing pensions crisis. « This was a gamble that seems to have paid off for Shinzo Abe,» John Nilsson-Wright, senior lecturer in modern Japanese studies at Cambridge University, told The Independent. « He anticipated the opposition would not have enough time to put together a credible alternative.» He added: « We saw at the beginning of the election lots of expectation that public opinion would shift against the government off the back of Abe's personal unpopularity, caused by two high-profile corruption scandals. But this has been an election that has been not so much for [the Liberal Democratic Party] as a vote against a divided opposition.» Mr Abe said he will have a « deep discussion » on North Korean policies with Donald Trump during his planned visit to Japan on 5-7 November. He described Japan's decreasing population and ageing as « the biggest challenge »for Abenomics, driving Japan's economic recovery from deflation. « The problem is progressing by the minute, and we cannot afford waiting around,» he said. »

The Independent (Royaume-Uni), 24 octobre 2017, p. 23.

Gouvernance et gouvernement [ 22 octobre 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Japon
ÉlevéAkihito (Tsugu-no-miya)Shinzo Abe

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2012 - 2016



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2012
Élection au Japon du Parti libéral démocrate de Shinzo Abe

décembre
2012
[Résultats] Élections législatives

décembre
2014
Réélection au Japon du Parti libéral démocrate de Shinzo Abe

décembre
2014
[Résultats] Élections législatives


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