Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 avril 2018

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20 novembre 1998

Début de la construction de la station spatiale internationale

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La construction de la station spatiale internationale débute le 20 novembre 1998 avec la mise en orbite du module russe Zarya et du module américain Unity. Cet effort international permettra de récolter des données primordiales sur les composantes de l’espace, sur les réactions humaines dans celle-ci et sur la fiabilité des techniques de construction complexes dans l’espace.

Dès les années 1970, les grandes puissances spatiales, c’est-à-dire l’Union soviétique et les États-Unis, projettent de construire une station spatiale. C’est surtout à partir du milieu des années 1980 qu’un effort international se constitue. À la suite d’un discours du président américain Ronald Reagan en 1984, la National Aeronautics and Space Administration (NASA) décide de développer un projet de station spatiale dans un cadre international. En 1985, l’Agence européenne spatiale, le Canada et le Japon joignent le projet. Puis, en 1993, la Russie est invitée à unir ses efforts à l’équipe internationale. La Station spatiale internationale (SSI) nait donc de la fusion du projet américain (nommé Freedom), soviétique (Mir 2) et du laboratoire européen Colombus. Ainsi, au début de la construction de la SSI, en 1998, 15 pays collaborent pour mener à terme le projet estimé à environ 150 milliards de dollars. La construction débute avec la mise en orbite du module russe Zarya en novembre 1998 puis, trois semaines plus tard, l’arrivée d’un deuxième module, le nœud de jonction américain Unity. Il sera assemblé au premier. Un troisième module, Zvezda, arrive en juillet 2000. L’assemblage de ces trois modules permet, le 2 novembre 2000, une occupation humaine permanente de la station. La construction sera poursuivie par 45 missions internationales visant à transporter et réunir les composantes de la SSI. La configuration finale est atteinte en juillet 2011 (sauf pour le laboratoire russe Nauka et le bras robotique européen). La SSI permet d’étudier les composantes de l’espace, mais aussi les réactions humaines dans celle-ci. Ces répercussions ne sont pas liées qu’à l’espace. La SSI a notamment fait des recherches sur la mise au point de vaccins et développé des programmes d’éducation pour les jeunes scientifiques. Par les images satellitaires, elle facilite aussi l’intervention de secours à la suite de catastrophes.

Dans les médias...


Alain Perez, « Coup d’envoi de la station spatiale sur fond de polémiques »

«...Retardée de près de deux ans, critiquée pour son coût exorbitant, contestée par les scientifiques, la station spatiale internationale dont le premier élément est mis en orbite aujourd'hui est loin de faire l'unanimité. Le lancement du module Zarya (« aube » en russe) se déroule dans une relative indifférence et sur un fond de polémiques même s'il s'agit, selon les termes de l'administrateur de la Nasa, Daniel Goldin, « du plus grand programme scientifique international jamais entrepris ». Un projet voulu et financé par les Américains qui vont régler les trois quarts d'une facture estimée à un total compris entre 40 et 60 milliards de dollars selon les sources. (...) Le module Zarya - construit par le russe Khrounitchev pour le compte de Boeing, maître d'oeuvre de la station - a connu nombre de retards et de problèmes financiers qui résument les difficultés que rencontre la station cofinancée et construite par 16 pays. L'agence spatiale russe (RKA), dont les finances sont à sec, a dû à plusieurs reprises lancer des appels au secours auprès des Américains. En réaction, plusieurs membres du Congrès américain ont vivement critiqué un projet « échappant à tout contrôle financier » dont un élément essentiel avait été confié a un partenaire peu fiable représentant « une menace majeure » pour l'ensemble du programme. Un rapport officiel publié au printemps a même dénoncé la conception d'un projet « techniquement complexe et plein de défis » ».

Les Échos (France), 20 novembre 1998, p. 8.

Françoise Monier, « Le Meccano de l’espace »

«...L'idée est née dans les années 70, quand les Etats-Unis ont pris la tête de la course dans l'espace. Une fois la Lune conquise, on s'est aperçu qu'elle n'était ni habitable ni exploitable. Le spatial a donc eu besoin d'un nouvel objectif. Les politiques choisirent de satisfaire l'un des plus vieux rêves de l'humanité: envoyer des hommes habiter le cosmos. On sait maintenant que ce n'est pas une mince affaire. (...) Avec cette station spatiale, entreprise en 1984 par les Américains, commence l'ère de la colonisation permanente. Baptisée au départ « Freedom » (liberté), l'ISS (International Space Station) devait symboliser la supériorité du modèle démocratique et consacrer, par sa dimension, la puissance américaine. La version actuelle signe la fin de la surenchère ruineuse entre les deux supergrands et le début de leur coopération. Les ambitions ont été réduites. Désormais, la station se compose du minimum nécessaire pour que sept pionniers expérimentent la vie et le travail hors de l'atmosphère terrestre. Et la Nasa a fait appel à tous les volontaires. 16 pays ont répondu, du Canada, qui fabrique un robot à bras articulé pour assembler les morceaux, à la Russie, qui est étroitement associée à la construction et aux équipages. En passant par l'Europe, qui bâtira Columbus, un laboratoire pour technologies de pointe, ainsi que l'ATV (Automated Transfer Vehicle), une sorte de camionnette volante pour transférer les pièces des navettes à la station. »

L’Express (France), 19 novembre 1998, p. 62.

Hervé Morin, « L’homme dans l’espace, pour quoi faire? »

«...Le coût de la station équivaut à celui du projet lunaire Apollo ou de l'initiative de défense stratégique (IDS), la « guerre des étoiles » du président Reagan, souvent considérée comme l'un des facteurs ayant accéléré la chute de l'empire soviétique. Mais cette fois, la coopération internationale a succédé à une logique d'affrontement bipolaire et seize nations sont associées au projet. Ce n'est certes pas par bonté d'âme que les États-Unis ont invité ces partenaires à leur table. Il s'agit avant tout de partager l'addition et, par la même occasion, de faire fabriquer certains composants à moindre prix par la Russie tout en profitant de son avance technologique en matière de vols humains. Mais les Russes désargentés se sont révélés piètres convives, réclamant des crédits pour se mêler au festin, menaçant de gâcher la fête en allongeant les délais de fourniture de leurs modules dans un chantage qui n'est pas sans rappeler celui que mènent les Ukrainiens autour de Tchernobyl. Quant aux Européens, ils prennent part aux agapes du bout des lèvres, avec un laboratoire bien plus modeste que celui des Japonais. Pourtant, aucun gouvernement ne s'est dérobé. Pour des raisons politiques : difficile, pour une nation industrielle et spatiale, de ne pas être ce que Daniel Goldin, patron de la NASA, qualifie « d'entreprise internationale scientifique et technologique sans précédent ». Ne serait-ce que pour tenir son rang. »

Le Monde (France), 21 novembre 1998, p. 1.

Olivier-Louis Robert, « Les ouvriers de l’espace enfin à l’oeuvre »

«...Selon David Homan, directeur du laboratoire, les images réalistes produites par le VRLab servent déjà à préparer les équipages d'une douzaine de missions prochaines. « On a développé une banque d'images virtuelles sur les amarrages, sur l'utilisation des bras manipulateurs et sur les sorties dans l'espace, tout ça en intégrant les commentaires que nous font les astronautes lorsqu'ils reviennent de leurs missions.» Les travaux d'assemblage de la Station spatiale internationale, qui ont débuté le 20 novembre avec la mise en orbite du module Zaria, seront certainement les plus complexes et les plus difficiles jamais réalisés en orbite. Étalés sur presque six ans, 37 vols de la navette spatiale américaine, et, pour la Russie, l'emploi de trois fusées Proton ainsi que d'une cinquantaine de fusées Soyouz , seront nécessaires pour terminer l'assemblage de l'énorme structure de 456 tonnes. Pour ajouter à cela, tous les éléments de la station seront assemblés et testés dans l'espace et non au sol. Selon une analogie employée par les dirigeants de l'Agence spatiale canadienne, c'est comme si on entreprenait la construction d'un paquebot de croisière en assemblant ses éléments, non pas en cale sèche, mais directement sur l'océan. Jusqu'à maintenant, les 92 missions réalisées par la navette spatiale poursuivaient des objectifs uniques, indépendants l'un de l'autre. A l'ère de la station spatiale, ce n'est plus le cas. Chacun des vols d'assemblage construit sur le précédent et prépare le suivant. »

La Presse (Québec, Canada), 29 novembre 1998, p. C12.

Gouvernance et gouvernement [ 20 novembre 1998 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéBill Clinton

Russie
LimitéBoris EltsineYevgeny Maksimovich Primakov

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1993 - 2003



novembre
1994
[Résultats] Élections législatives

novembre
1996
Réélection de Bill Clinton à la présidence des États-Unis

novembre
1996
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1996
[Résultats] Élections législatives

octobre
1998
Déferlement de l’ouragan Mitch sur les Caraïbes

novembre
1998
Début de la construction de la station spatiale internationale

novembre
1998
[Résultats] Élections législatives

novembre
1999
Ouverture d'une conférence de l'Organisation mondiale du commerce à Seattle

septembre
2000
Ouverture du Sommet du Millénaire à New York

novembre
2000
Élection de George W. Bush à la présidence des États-Unis

novembre
2000
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2000
[Résultats] Élections législatives

septembre
2001
Attentats terroristes aux États-Unis (11 septembre)

octobre
2001
Bombardements par les Américains et les Britanniques en Afghanistan

septembre
2002
Dévoilement de la doctrine Bush

novembre
2002
[Résultats] Élections législatives

avril
2003
Fin du Projet Génome humain


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