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18 octobre 2017

Ouverture du XIXe Congrès du Parti communiste chinois

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le XIXe congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui se déroule à Beijing permet au secrétaire général Xi Jinping de consolider son emprise sur l’appareil qui domine la politique nationale. Certains parlent même de couronnement pour décrire la position de cet homme de 64 ans dont la pensée sera incorporée dans la Constitution du parti.

Plus de 2280 délégués du PCC sont réunis dans le Palais de l’Assemblée du peuple à Beijing, le 18 avril 2017, pour entendre le discours d’ouverture du secrétaire général Xi Jinping. Pendant plus de 3 heures, celui-ci explique le programme de rajeunissement national qu’il propose à ses concitoyens, notamment son désir de voir la Chine assumer un leadership mondial dans les enjeux économiques, politiques, militaires et même environnementaux. Bien qu’il déplore les problèmes de corruption et d’inégalité dans le développement du pays, il promet une nouvelle ère et fixe des objectifs ambitieux à son pays. Signe de son influence, sa pensée en 14 points sur le « socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » est incorporée dans la Constitution le 24 octobre. Xi Jinping y précise sa vision, entre autres en ce qui a trait à l’importance du leadership du PCC, au respect de la règle de droit socialiste, à celui de la nature ou au renforcement de la sécurité nationale. Il s’agit d’un geste sans précédent depuis Deng Xiaoping, ce qui incite plusieurs observateurs à considérer Xi Jinping comme le leader chinois le plus puissant depuis Mao Zedong et Deng Xiaoping. Le mandat de 5 ans du secrétaire général est renouvelé à cette occasion. Il continue également de siéger sur le Bureau politique du PCC, l’organe le plus influent du pays, avec le premier ministre Lu Keqiang, alors que les 5 autres membres sont renouvelés. On assiste aussi à plusieurs départs au sein du politburo et du comité central. L’arrivée de nouveaux membres favoriserait le renforcement du leadership de Xi Jinping au sein du parti. Puisqu’aucun autre dirigeant ne semble se profiler pour le prochain congrès, comme c’est la coutume, des analystes se demandent même si le secrétaire général ne se prépare pas pour un troisième mandat en 2022, ce qui nécessiterait des changements aux règles du PCC.

Dans les médias...


Raphaël Balenieri, « Xi et seulement Xi »

«...Plus de 1,3 million de fonctionnaires punis pour corruption, des visites officielles dans 56 pays, plusieurs lois controversées pour assurer la sécurité nationale, deux nouvelles banques multilatérales et un gigantesque plan Marshall à la chinoise - les «Nouvelles Routes de la soie» - afin de symboliser le grand retour de la Chine sur la scène internationale. Cinq ans après son arrivée au pouvoir, fin 2012, la «révolution» du président chinois, Xi Jinping, est totale. Le dirigeant de 64 ans, qui doit se succéder à lui-même pour un nouveau mandat de cinq ans lors du 19e Congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui s'est ouvert à Pékin mercredi pour six jours, a imprimé sa marque partout. Aucun champ d'action n'a échappé à son pouvoir hypercentralisé, personnel et autoritaire. Secrétaire général du PCC, chef de l'Etat, chef des armées, président d'une ribambelle de «groupes dirigeants» et de nouvelles «commissions» : le numéro 1 chinois a cumulé toutes les casquettes. Il s'est emparé de l'économie, domaine pourtant traditionnellement réservé au Premier ministre. Reprenant d'une main de fer le Parti et la société civile, il a dessiné simultanément les contours d'une mondialisation à la chinoise, s'imposant de fait comme le premier diplomate du pays. »

Libération (France), 19 octobre 2017, p. 2.

Pierre Haski, « L’irrésistible ascension de Xi Jinping, « Grand Timonier » du siècle chinois »

«...Depuis son arrivée à la tête du Parti et de l'État en 2012, le numéro un chinois a fait le pari de la modernisation de la Chine sans rien lâcher sur le plan des libertés. Il se présente même, comme le souligne très justement le journaliste du « Monde » François Bougon, dans son livre « Dans la tête de Xi Jinping » (Actes Sud), comme l'anti-Gorbatchev : la perestroïka sans la glasnost, les réformes économiques sans la transparence, le pouvoir absolu et éternel du Parti communiste, même dénué de contenu idéologique. (…) Les Occidentaux, qui s'attendaient à une émergence en douceur de la Chine insérée dans la mondialisation qu'ils avaient façonnée, se retrouvent depuis 2008, et surtout depuis 2012, avec un pays qui affirme de plus en plus nettement sa puissance - sans concessions en interne, et en changeant progressivement les règles du jeu dans sa région et au-delà. Xi Jinping est l'homme de cette assurance implacable : ce « prince rouge », dont le père avait été un dirigeant révolutionnaire avant de souffrir pendant la Révolution culturelle, a accumulé plus de pouvoirs qu'aucun autre dirigeant depuis les « pères fondateurs » Mao Zedong et Deng Xiaoping. Le 19e Congrès du PCC devrait le conforter dans cette position, avec un renouvellement des instances dirigeantes qui portera sa marque personnelle et celle de sa doctrine excluant toute concession aux « valeurs universelles » considérées comme celles de l'Occident. »

L’Obs (France), 18 octobre 2017.

Brice Pedroletti, « Xi Jinping, l’empereur rouge »

«...Le nationalisme est essentiel à la légitimité du parti, qui a, sous Xi Jinping, redoublé en intensité. « Mao était connu pour vouloir exporter la révolution. L'ère nouvelle, sous Xi Jinping, c'est exporter du capital. Xi Jinping nourrit le rêve d'un grand empire rouge », dit l'historien chinois Zhang Lifan. L'économie chinoise est son arme la plus efficace. Les « routes de la soie » et l'internationalisation du yuan en sont les moyens stratégiques. « Or, tout cela, poursuit l'historien , nécessite de la puissance militaire en appui. Donc, il faut s'attendre à ce que la Chine étende dans le monde son empreinte militaire comme elle vient de le faire avec sa première base à Djibouti. Les investissements dans ces domaines sont substantiels, car Pékin s'est fixé comme objectif de devenir une puissance maritime alors qu'elle ne l'était pas. » Les défis à relever n'en restent pas moins nombreux pour le président Xi : l'économie vacille, et le numéro un chinois est réputé s'être fait beaucoup d'ennemis à l'intérieur du système. Et à la périphérie, la puissance chinoise continue d'inquiéter : Hongkong et Taïwan sont entrées en rébellion sous son mandat. L'accroissement des tensions sur la péninsule coréenne, avec un Donald Trump irascible et incontrôlable, est déjà un test pour cette « diplomatie de grande puissance » que Pékin se targue de déployer. Un danger en perspective, mais aussi une opportunité. »

Le Monde.fr (France), 18 octobre 2017.

Guy Taillefer, « Le tout-puissant empereur chinois XI »

«...La " nouvelle ère du socialisme à la chinoise " annoncée par le président Xi Jinping promet une Chine " renaissante " lancée dans un grand élan d'expansion internationale. Mais le projet est dystopique sur le fond -- et donc bancal -- puisqu'il passe par une négation totale des voix critiques, y compris au sein du parti, et une volonté ahurissante de contrôle social. C'est le " centralisme démocratique " poussé à l'extrême. Aucun champ d'action n'échappe plus à l'autorité du président Xi Jinping à l'issue du 19e Congrès du Parti communiste chinois (PCC). L'homme de 64 ans portera à peu près tous les chapeaux : secrétaire générale du PCC, chef de l'État, chef de l'armée... Le congrès qui vient de se terminer l'a littéralement déifié, comme il devient le premier dirigeant du pays à voir, de son vivant, son nom inscrit dans la charte du Parti. M. Xi concentre aujourd'hui d'autant plus de pouvoir qu'officiellement reconduit mercredi dans ses fonctions, il a désobéi à la règle tacite voulant que le leader du pays nomme un successeur. Si bien que la " nouvelle ère " qu'il promet pour son pays semble, entre autres choses, vouloir dire qu'il prépare le terrain -- par un scénario à la Vladimir Poutine ? -- au prolongement de son règne à la tête du pays au-delà de la limite permise des deux mandats de cinq ans. »

Le Devoir (Québec, Canada), 26 octobre 2017, p. A6.

Liu Xiaoming, « China’s new commitment to the World »

«...there is a new development in theory. The Congress has adopted the Xi Jinping Thought on socialism with Chinese characteristics for the new era. This is the latest adaptation of Marxism to Chinese conditions and the CPC's understanding of the laws of social progress. As in the past, the CPC is determined but not rigid; it is always ready to learn but never to copy blindly; and it is committed to blazing its own trail in line with China's conditions and the trend of the times. Then there is a new priority. This is to address unbalanced and inadequate development to meet the people's ever-growing needs for a better life. The CPC has solved the subsistence issue for over one billion people and is leading the nation to achieve moderate prosperity. Now the focus will be on satisfying people's needs for greater democracy, rule of law, justice, security and a better environment. Thirdly, there is a new road map for China's development in the coming decades. These are the goals of building a moderately prosperous society by the 100th anniversary of the CPC in 2020, realising socialist modernisation by 2035, and building Chinaas a modern socialist country that is prosperous, strong, democratic, culturally advanced, harmonious and beautiful by the middle of this century when the People's Republic celebrates its 100-year anniversary. Above all, there is a new central leadership. »

The Telegraph (Royaume-Uni), 26 octobre 2017, p. 18.

Gouvernance et gouvernement [ 18 octobre 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleXi JinpingLi Keqiang

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2012 - 2016



novembre
2012
Ouverture du XVIIIe congrès du Parti communiste chinois

septembre
2014
Mouvement de protestation populaire à Hong Kong

octobre
2015
Fin de la politique de l'enfant unique en Chine


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Le nucléaire chinois avance à grands pas

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Le parti indépendantiste HKNP s'attire les foudres de Pékin

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