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23 juillet 1971

Décès du président libérien William Tubman

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Considéré comme le père de la nation, William Tubman, le président du Liberia de 1943 à 1971, est reconnu pour sa volonté de moderniser de différentes façons ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. Il meurt à Londres à l’âge de 75 ans, à la suite d’une intervention médicale.

Un avocat de formation, William Tubman devient en 1923 le plus jeune sénateur de l’histoire du Liberia à l’âge de 28 ans. En 1929, il devient conseiller légal du vice-président Allen Yancy, avant de démissionner du Sénat en 1931 à cause d’un scandale liant le gouvernement à la traite d’esclaves. Élu député en 1934, il démissionne trois ans plus tard pour devenir juge à la Cour suprême. À la tête du True Whig Party, il est élu président du Liberia à 48 ans en 1943, sans opposition. Sur sept élections entre 1943 et 1971, il n’a d’ailleurs des opposants qu’à deux reprises, soit en 1955 et 1959. L’impact de William Tubman est majeur. D’abord, il modernise le Liberia par des travaux majeurs comme la construction de rues pavées dans la capitale Monrovia, d’hôpitaux et de chemins de fer. Sa présidence est aussi marquée par une forte prospérité économique. Sa politique de « la porte ouverte » résulte en une augmentation marquée des investissements étrangers, surtout américains, allemands et suédois. Leur exploitation du fer contribue à faire du Liberia un des principaux exportateurs mondiaux de ce minerai. Enfin, sa présidence a des conséquences sur l’unité nationale, grâce à l’adoption de politiques d’intégration et d’unité ayant pour but de réduire les inégalités. Par exemple, le droit de vote est accordé aux femmes en 1946. On tente également d’intégrer les autochtones, qui forment la majorité de la population, dans la vie politique. À l’international, Tubman s’aligne avec les États-Unis, tout en participant activement à plusieurs sommets, dont les conférences de Bandoeng, d’Accra et de Monrovia. Son rôle dans la modernisation et la prospérité du pays contribue à l’image de Tubman, considéré comme le père de la nation libérienne. À sa mort, en 1971, le vice-président William Tolbert lui succède. Toutefois, sa présidence sera difficile, notamment parce qu’il tente des réformes agraires qui ne satisferont pas les paysans.

Dans les médias...


Philippe Decraerne, « L’énigmatique « oncle Shad »»

«...C’est de l’accession de « Shad » à la magistrature suprême que date le commencement de la mise en valeur économique du Libéria. Longtemps considéré comme une « chasse-gardée » de la Firestone, le pays est aujourd’hui le premier exportateur africain de minerai de fer, et possède, grâce au système du « pavillon de complaisance », une des plus importantes flottes marchandes du monde. En diversifiant ainsi les ressources économiques nationales, William Tubman est parvenu à soustraire plus efficacement le Libéria à l’emprise étrangère. Pour avoir su mettre en concurrence les entreprises capitalistes du monde entier, pour être parvenu à convaincre Washington que l’intérêt bien compris des États-Unis d’Amérique consistait à laisser une plus large autonomie d’action aux Libériens, pour avoir contraint ses compatriotes à mettre un terme à la ségrégation raciale et sociale qui élevait une barrière apparemment infranchissable entre « freeman » et « natives », William Tubman s’est révélé comme le premier et le plus grand des hommes d’État libériens.»

Le Monde (France), 25-26 juillet 1971, p. 2.

Pierre Roche, « Liberia : la mort de l’oncle Shad »

«...En matière commerciale, il avait rompu avec l’isolationnisme et la xénophobie ancienne du Libéria pour proclamer la politique de la « porte ouverte » [...] Sur le plan de la politique africaine, le président Tubman se classait parmi les « sages » (lire : les « modérés »). Il s’est toujours efforcé de faire prévaloir dans les conflits inter-africains des solutions de conciliation. Il a pratiqué une politique de bon voisinage à l’égard de tous les pays d’Afrique de l’Ouest, même à l’égard de la Libye, dont il était loin de partager l’idéologie. Il aurait souhaité la formation d’un groupement économique des pays de l’Ouest africain. Modéré, il ne transigeait cependant pas en matière de nationalisme africain, et il a été constamment hostile, en particulier, au Portugal, à la Rhodésie et à l’Afrique du Sud. Récemment, il fut l’un des plus fermes adversaires du « dialogue » avec le régime de Prétoria. Sur le plan des grandes puissances, il ne cachait pas ses préférences pour l’Occident. Il n’a jamais voulu en particulier entretenir de relations diplomatiques avec l’URSS ou avec la Chine populaire. »

Jeune Afrique (France), 3 août 1971, p. 30-31.

S.A., « A Patriarch Yields the Reins »

«...he was the oldest, established, permanent, doting, elected patriarch on the continent. Indeed, so popular was Old Daddy with his subjects that the only thing that could oust him from office was death [...] To Westerners, Tubman was a faintly improbable figure in a top hat and cutaway, a stickler for formality who lived in a $6 million, neon-lit palace. To his people, he was a father figure, accessible and gregarious, always ready to hoof a lively quadrille, Liberia’s national dance. He sought to present an air of omniscience, insisting on approving all government expenditures of more than $200 and even extending his jurisdiction down to settling his staff’s marital problems. Despite the comic-opera façade, however, Tubman made some substantial contributions to Africa’s oldest independent black state. His rule was characterized by both stability and a modicum of physical progress. By means of education and arm-twisting, Tubman did all he could to wipe the differences between native tribesmen and the elitist Americo-Liberians (descendants of Liberia’s freed slave founders). »

Time (édition canadienne), 2 août 1971, p. 32-33.

Gouvernance et gouvernement [ 23 juillet 1971 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Liberia
FaibleWilliam Richard Tolbert

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1961 - 1981



juillet
1971
Décès du président libérien William Tubman


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